SSS Interview : Blawan [FR/EN]

« Je vis à Londres par nécessité, parce que tout est là, tout gravite autour de cette ville »

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Par Alexandre Aelov
Publié le 20 mars 2013 | 22:48

Certains artistes impressionnent par la fulgurance de leur ascension. C’est le cas de Blawan. Mais le parcours de Jamie Roberts ne se résume pas à la trajectoire d’une comète. Depuis bientôt trois ans, ce jeune producteur londonien traverse l’espace musical britannique en livrant de nombreuses productions dont l’ecclectisme n’a d’égal que la qualité, s’extrayant de ses racines garage pour rejoindre les cieux désolés du titan Surgeon, en passant par des formes déconstruites mêlant techno et bass music. Blawan, c’est aussi des collaborations avec Pariah (Karenn) ou The Analogue Cops (Parassela).

Ce producteur aux mille visages a bien voulu répondre à nos questions lors de son passage remarqué à l’iBoat pour la CTRL le 25 janvier dernier, et c’est un artiste franc, passionné et intègre que nous avons découvert.

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1) Depuis la sortie de ton premier EP il y a deux ans tout s’est accéléré pour toi. Tu as déclaré que cet enchaînement rapide de sorties avait été possible du fait que la plupart des morceaux étaient déjà composés en 2010. Pourtant, lorsqu’on écoute ces Ep du premier au dernier, la variété des approches est flagrante, tout comme l’évolution de ton son, que ce soit du point de vue technique (tu es passé du numérique aux machines) que dans la forme (d’un style garage/bass à une approche plus techno). Est-ce que c’était voulu ? Est-ce que cette évolution s’est faite progressivement ou est-ce que tout s’est fait presque simultanément ?

C’est à peu près ça, j’ai tout composé en 2008/2009 et mon premier Ep est sorti en 2010. Pourtant, rien n’était planifié, tout est sorti un peu de nulle part, je sortais de l’université et j’ai simplement cherché une direction à prendre. Les trois premiers EP sont nés de cette tentative de trouver mon son.

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2) En parlant de technique, tu insistes souvent sur le fait que les machines produisent un son bien plus vivant, et une approche plus brute, plus immédiate en studio. Mais ton style laisse penser que tu dois avoir des tas de vieux disques chez toi prêts à infuser dans ta production, et pas seulement en tant qu’influences. Utilises-tu des samples ? Tant qu’on y est, quelle musique a influencé ton univers sonore en premier lieu ?

J’avoue, j’ai énormément de disques, et je suis très influencé par le travail de sampling mais je n’en utilise pas beaucoup personnellement. Je ne sample jamais des disques. Je connais beaucoup d’artistes qui le font, mais pour ma part je ne l’ai fait qu’une ou deux fois, à partir de vieux vinyles complètement inconnus. Je n’aime pas l’idée de sampler des titres récents. J’ai toujours aimé les samples vocaux, très dance, mais pour le reste, ça consiste bien trop souvent à piller des pistes entières pour les recycler bêtement. Je n’aime pas ça. Cependant, avec les samples vocaux, tu as la possibilité de les intégrer à un contexte totalement différent, et d’entendre les choses d’une toute autre manière. Mes toutes premières influences venaient du post-punk, puis je me suis pas mal intéressé à la musique industrielle (Throbbing Gristle, Neon Judgement), et le fait qu’au Royaume Uni le post-punk et l’industrielle soient liés d’une manière ou d’une autre à la dance m’ont finalement fait tomber dans les synthés !

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3) Tu as été batteur pendant très longtemps, comment cela a-t-il influé sur ton travail ?

J’ai commencé la batterie à neuf ans, mais je dirais que c’est plutôt quelque chose d’inconscient aujourd’hui. Je ne pense pas concrètement en tant que batteur quand je compose.

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4) Ton son a évolué de quelque chose proche de la dubstep à des formes plus garage/bass puis à des lignes plus techno. Est-ce qu’il y a un centre de gravité autour duquel tourne ta production ? Ta musique est devenue de plus en plus picturale, peuplée d’ambiances et de sons (sur Long Distance Open Water Worker ou His He She & She par exemple), est-ce que tu as tendance maintenant à fixer ta composition sur des images précises plutôt que sur des questions de style ?

En fait, je ne pense pas baser ma composition sur quoi que ce soit. Lorsque je me mets à composer, je me pose en studio, je me mets bien, puis je bidouille les machines. J’ai composé Why they hide their boddies under my garage à partir de quelque chose de précis, ce sample qui me rappelle mon enfance, mais ça n’est qu’après que l’EP s’est construit autour de cette track. C’est un cas à part. Il peut m’arriver de fonctionner comme ça, mais ma recette habituelle, c’est du jam, du jam, et encore du jam.

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5) On voit dans l’évolution du style « garage » aujourd’hui que les perspectives sont de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que les producteurs se rapprochent d’artistes venant d’autres genres (comme ton ami Pariah sur son EP Rift et récemment en collab avec Midland) ou bien explorent des territoires encore insoupçonnés (on pense à Burial avec son EP Truant/Rough Sleeper). Penses-tu que ce fil rouge « garage » est plus apte que d’autres bases à rejoindre d’autres genres, la techno par exemple, et à créer de surprenants résultats ? Que penses-tu que ça puisse apporter à d’autres musiques, en tant que genre mais aussi comme esprit, comme paysage sonore ? Au final, tu penses qu’il est toujours cohérent de parler de « garage » ?

C’est une bonne question, parce qu’ici au Royaume Uni énormément de gens viennent du garage. Ceux de ma génération, les personnes entre 25 et 30 ans disons, ont grandi dans le revival garage, puis se sont mis à en mixer puis en produire. Par exemple, mon premier EP (Fram), je l’ai composé spécialement pour Hessle Audio, parce que je voulais qu’il sonne comme ce qu’ils sortaient à l’époque. J’ai composé ces tracks dans l’espoir qu’un jour je pourrais signer chez eux. Le garage pour moi était une porte grande ouverte dans l’industrie musicale. A vrai dire, je n’ai jamais voulu faire précisément ce type de son, et ces deux titres ont été au final les seuls qu’on puisse vraiment associer à ce genre. Je ne sais pas trop si le garage a encore beaucoup d’influence aujourd’hui, en fait il meurt à petit feu, j’en ai bien peur, mais je pense qu’un très grand nombre de personnes ont commencé avec ça ici.

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6) Quels sont selon toi les artistes les plus intéressants aujourd’hui dans cette voie ? Plus globalement, qui t’influence le plus aujourd’hui ?

Il y a beaucoup de personnes qui m’inspirent ces temps-ci, mais pas forcément via la musique, même si pour beaucoup il s’agit de musiciens. Du point de vue esthétique, ce que fait Truss m’intéresse énormément, il est en train de faire de très bonnes collaborations et je suis ça de près.
C’est assez difficile de dire qui m’inspire musicalement, j’ai beaucoup de respect pour les productions des autres, je n’aime pas trop faire de préférences. Mais bon, si je devais quand même nommer quelqu’un, ce serait sans hésiter Surgeon, comme musicien et aussi comme personne, il me guide, c’est le monstre absolu de la techno!

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7) Vu depuis la France, on a l’impression que toute cette histoire de garage est très britannique, un truc londonien. Est-ce que tu as l’impression que Londres est une ville plus à même de faire se rencontrer des artistes de différentes scènes que d’autres capitales en Europe ? Comme musicien, comment perçois-tu le rapport entre ces scènes à Londres ?

Clairement, je vis à Londres par nécessité, parce que tout est là, tout gravite autour de cette ville. Par exemple, dans un rayon d’un kilomètre carré autour de là où je vis, tu as Icicle, Alix Perez, Perc, D-Bridge, un nombre fou de musiciens. Tu vas dans une supérette, et hop tu croises James Ruskin qui achète du lait ! De là où je viens, dans le nord de l’Angleterre, il y a tout un tas de scènes locales, comme à Leeds par exemple, mais elles souffrent du fait que tout le monde se connaît. Ici, tu peux faire ton truc, développer ton style sans entrer en conflit avec qui que ce soit. Je dois avouer que c’est agréable.

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8) Les previews de Trade, ton EP à venir avec Surgeon, sont vraiment fous ! (ndr: sorti le 5 février) Encore une fois, tu prends un tournant par rapport à ta ligne garage, et vous arrivez tous les deux à créer de la complexité sur chaque track, différente à chaque fois. Comment as-tu décidé de travailler avec Surgeon ? Tu te sentais plus proche de la techno à ce moment-là ? Est-ce que vous avez travaillé en tout analogique ou plutôt coordonné vos deux approches ?

Je suis d’abord devenu ami avec Surgeon bien avant de faire de la musique avec lui. J’ai pas mal de problèmes de santé, et il m’a aidé, en m’apprenant le yoga, puis l’idée de faire de la musique est venue peu à peu. Surgeon est vraiment l’influence majeure de ma vie. Si ma carrière s’arrêtait là, maintenant, peu importe j’ai produit avec Surgeon! Cette amitié est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, il est toujours de bon conseil, il connaît parfaitement l’univers dans lequel il évolue, il m’aide beaucoup à tracer ma voie et à savoir ce que je veux dans la vie. Comme je l’ai dit un peu plus haut, ça n’est pas qu’une affaire de musique.

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9) Comment tu vois ton futur proche du point de vue de ta production ? Doit-on s’attendre à un album ou préfères-tu expérimenter d’avantage ?

Pour le moment, ce sera d’autres EP et des collaborations. L’idée d’un album m’effraie un peu, je ne voudrais pas réaliser un album dancefloor. Si je dois faire un album un jour, alors ce sera une vraie pièce de musique, avec un maximum d’expérimentations, mais pour le moment je ne me sens pas prêt à ça.

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10) Tu as signé sur beaucoup de labels depuis le début. Pourquoi ? Est-ce que chaque production concordait avec un label précis ? Il y en a un en particulier avec lequel tu aimerais travailler durablement ?

J’ai travaillé avec de nombreux labels du fait des personnes que j’ai rencontrées. Je pense que j’aimerais signer à nouveau sur Hessle, ils ont été un tel tremplin pour moi, je leur en suis reconnaissant. Par contre, j’ai signé avec R&S parce que je connaissais quelqu’un chez eux, mais c’est n’importe quoi, l’arnaque totale, le prestigieux label d’origine a complètement pété un plomb. Tu sais, on fait tous des erreurs, hé bien c’était une erreur de signer chez eux. Ils m’ont convaincu, mais au final ça m’a dégoûté. Un label, c’est une grande famille, et tu dois composer avec tous ces gens, je pense que signer sur un label doit être bien plus que simplement envoyer ta démo et signer un papier. Pour moi, ça doit être une question d’amitié avant tout.

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11) Tu as beaucoup tourné récemment. Rétrospectivement, comment tu vis aujourd’hui cet équilibre entre ton temps passé en studio et tes dates très régulières ? Comment les deux se nourrissent l’un l’autre ? Que penses-tu du live en comparaison ?

C’est un équilibre difficile à gérer, surtout ces temps-ci. J’ai une vie à côté, j’ai une petite amie par exemple, et me débrouiller avec tout ça n’est pas toujours facile, tu dois faire des compromis. J’espère que d’ici quelques années je pourrai freiner un peu, et donner à chaque personne et à chaque chose le temps qu’il faut. Je ne mixe pas non plus comme si j’allais à l’usine ! C’est ma passion, il y a quelques temps j’étais à des années lumière de là où j’en suis à présent, j’étais un banal fermier qui se lève à 4h du matin et travaille toute la journée. Et puis tout a changé, je me suis souvent demandé ce que c’était que tout ce bordel qui m’arrivait tout à coup, puis j’ai pris confiance, parce que j’aime ça, plus que tout au monde. Le jour où je n’aimerai plus ça, je m’arrêterai aussitôt. Il n’y a aucun intérêt à faire quelque chose que tu n’aimes pas à fond. Je joue énormément parce que j’ai besoin d’argent, mais par dessus tout je joue parce que j’aime ça. Je me sens avant tout DJ, donc pour parler live, j’aimerais vraiment mélanger à la fois les vinyles et les machines, tout en symbiose, ça collerait parfaitement avec ma vision des choses.

1) Since your first EP was published two years ago, things went really fast for you. You’ve said that this fast rythm of publication was permitted by the fact that most of your releases were composed in 2010 then able to be out in a row. But when we listen to each one of your EP, it’s impressive to see the huge variety of approaches you’ve developped, and yet there is a clear evolution of your sound, both in the technique (from computer to machines), and in the forms (from garage/bass like to technoid approach). Was it thought to be like that ? Was this evolution progressive or did everything came out in a short time ?

It’s basically that, I wrote everything in 2008/9 then my first release was out in 2010. There wasn’t any plan in the kind of music I would write. It just came sort of out of nowhere, I was just finishing university, and I was just trying to find a direction to go in. The first three Eps born out of this attempt to find a sound.

 

2) Talking about technique, you often insist on the vivid sound permitted by machines, and a rougher, direct process in studio. But your style may let us think that you have tons of old records ready to infuse in your work, and not limited to influences. Do you use samples ? By the way, what music influenced your early musical landscapes ?

Yes I have a lot of records, for instance, and I pick a lot of influences from sample but I don’t use samples a lot. I never use samples from records, I know a lot of artists do this, but I only did this way a couple of times with quite obscure, old records. I don’t like sampling new records. I’ve always been influenced by sampling, mostly from vocal samples, the dance kind. For the other kind of samples, there has always been this stealing that consists to take a line and make it your own, I don’t like this. But with vocal samples, I like to put them in a completelly different context, so this is a true new way to ear this. My very early influences were mostly post-punk, then I got into industrial music (Throbbing Gristle, Neon Judgement), and the fact that in the UK post punk and industrial music were related to dance music got me into synthesizers.

 

 

3) You have been a drummer for a long time, how does this influence your work ?

I’ve been drumming since I was nine years old, I would say that it’s more a subconscious acting today, I don’t actually physicaly think about it when I write music.

 

4) Your sound has evolved from something close to dubstep to some kind of garage/bass music then to 4/4 techno perspectives. Is there something like a center of gravity your production turns around ? Your music has become more and more pictural, full of ambiances and sounds (as in Long Distance Open Water Worker and His He She & She), do you now tend more to base your composition on precise images than on form and style questions ?

I wouldn’t say I try to base my composition around anything. In fact, I get into the production by getting really stoned in the studio then jamming. I wrote Why they hide their boddies under my garage on purpose, I used the sample because it reminded me when I was a little kid, but this is only after I wrote that track that the idea of an EP came out, so I can say that the EP was built in this case around this precise track. Sometimes it’s like that, but most of the time it’s jamming, jamming a lot.

 

5) As we can see in the evolution of the « garage » sound today, there are many perspectives as artists get closer to producers of other genres (like your mate Pariah on his Rift EP and with Midland recently) or go deeper in explorations (as Burial proved with Truant/Rough Sleeper). Do you think that this garage guideline is more able to fit with other genres (like techno for example) and to create surprising results than other basis ? What do you think it can bring to other musics, as a genre, but also as a spirit, as a soundscape ? In the end do your think that it is still relevant to talk about « garage » ?

It’s an interesting question because a lot of people in UK came from garage. In my generation, the people around 25 years old, grew up in this garage revival, then went on playing it and producing it. For example, my first EP (Fram) was built for Hessle, because I would like to sound like the things they released at the time. I wrote the tracks thinking that one day I would be signing on Hessle Audio. Garage was for me an avenue to get into the music industry actually, I’ve never really wanted to get into that precise kind of sound, and those two tracks were the only true garage ones I’ve ever made. I don’t know if garage has much inflence on music today, it’s kind of dying I’m afraid, but I think that a lot of people definitelly started out with this in UK in particular.

6) What are, according to you, the artists that make the most interesting work today in this way ? Globally, who influences you the most nowadays ?

There are a lot of people influencing me today, but not necessarily through music itself, even though some of them are producers. On the aesthetic side, I have a great influence from someone like Truss, he’s doing some really good colaborations these days. It’s quite hard to say musically because I respect everyone’s music, I don’t make preferences in my influences. My biggest influence today, if I had to say, is Surgeon, as a musician and as a person, he is my guide, the big monster of techno !

 

7) From France, we have the impression that this is really a UK and London thing. From your point of view, do you have the impression that London is more likely to make artists from different scenes meet and compose together ? As a musician, how do you see the electronic music community in London ?

To tell the truth, I live in London because it’s a necessity, everythig is graviting around it. For example where I live, within a square mile radius around my corner, there are Icicle, Alix Perez, Perc, D-Bridge, a lot of people doing music. You go to a shop, you’ll see James Ruskin buying milk ! From where I come in northern England, there are little scenes, like in Leeds, but it suffers from the fact that everybody knows everybody. Here you can make your style without stepping on someones’ feet. It’s enjoyabe.

 

8) The previews of Trade, your upcoming EP with Surgeon, sound amazing ! (note: out 5th february) You are again taking a turn from what appears to be your « garage guideline » and you two manage to create a different complexity in each track. How did you take the decision to work with Surgeon ? Did you feel closer to techno at the time ? Did you both work on a full analog process this time or did you mixed your own way with Surgeon’s one ?

First I became friend with Surgeon before the music. I had a lot of health problems and he helped me, by teaching me yoga, and the idea to make music came later. Surgeon was like my biggest influence in the world. If my career would end today it would be okay, now that I’ve released this EP with him ! This friendship is the greatest thing that happened to me, he is always of good advice, he perfectly knows the thing, he helps me going my way and knowing what I want in life. As I said previously, it’s not only music.

 

9) How do you plan your near future, regarding the production ? Should we expect an album ? Do you prefer experimenting more colaborations before ?

Right now, more singles and colaborations will come. An album is a little bit frightening, I wouldn’t like to release a dancefloor album. I would really like to write a true piece of music, with massive experimentation, but I don’t think I’m ready for the moment.

 

10) You have signed on many labels since you began releasing. What where the reasons for that ? Did each production fit to a special label or was it more odd ? Is there a  label you would sign on and work with for a long time ?

I’ve worked with many different labels because of people who I’ve met. I think that Hessle has been such a startkick for me, I would like to sign again with them because I’m gratefull for this oportunity. In comparison, I’ve sign with R&S because of the guy I knew from there, but R&S is a complete lawyers bullshit, the original brilliant label turned crazy. You know, you make mistakes, and signing with R&S was a mistake. They convinced me to sign here, but I was disgusted. A label is a big thing, and you have to deal with persons, it’s a big familly, and I think that it’s a question of people and not only sending your releases then signing a thing. It has to be a friendship thing for me.

 

11) You have been touring a lot recently. Looking back, how do you feel about the balance in your work between studio time and shows as a DJ, what did each one bring to the other ? What do you think about playing a live show ?

The balance is a tough thing to manage. Today times are tough, I have a personal life, I have a girlfriend for example, and to cope with everything is hard, you have to compromise, I hope that in a couple of years I’ll slow down a little bit, to give each one and each thing the right time. I don’t feel like working. It’s my passion, a few years ago I was miles away from where I am now, I was just a regular farmer working all day waking up at 4AM. Then this total change, asking myself « wtf is going on ? » then I gained confidence because I enjoy it, more than everything. The moment I don’t like it anymore, I stop, there is no point if you don’t fully love what you do. I play that much because I need money, but I play above all because I love it. I feel like a Dj, so talking about live, I’d like to mix vinyl and machines, altogether, that would fit with my vision of things.

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