SSS Interview : Bloody Mary / The Jaydes [FR/ENG]

Bloody Mary passe par la case interview à l’occasion des débuts de son groupe The Jaydes.

The-Jaydes-credit-Alberto-Morelli

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 30 avril 2014 | 10:43

Artiste à la discographie déjà bien fournie, Bloody Mary nous avait notamment marqué lors de la sortie de son premier album Black Pearl en 2009, qui y voyait la Française relocalisée à Berlin définir sa personnalité musicale à part. Cinq ans et un nombre incalculable de sets confirmant sa réputation de DJ plus tard, nous la retrouvons dans The Jaydes, duo qu’elle forme avec Attan et déjà auteur d’un album aux facettes multiples mais toujours abordées avec succès. L’occasion de lui poser quelques questions quant au groupe, à l’album et à ses projets.

 

 

1) The Jaydes a été composé uniquement à l’aide de machines analogiques, et cela se ressent clairement dans l’album. Etait-ce voulu de donner une tonalité « old school » à cet album ? D’ailleurs, du point de vue technique, quel matériel avez-vous utilisé ?

L’album n’a été composé qu’avec du matériel analogique. On a surtout utilisé des machines Roland, comme les TR-909, TR-707, TR-606 et autres pour les percussions. On a aussi utilisé le Access Virus, le Nord Modular et le Roland Juno 106 pour les synthés.

2) Après cet album cent pour cent analogique, penses-tu qu’il existe une sorte de hiérarchie en termes de qualité de rendu, entre les morceaux créés à partir de machines et ceux crées par ordinateur ?

Il n’y a pas de hiérarchie en musique. Chacun est libre de faire sa musique de la manière qu’il souhaite. On a choisi le matériel analogique parce que nous sommes des collectionneurs, que l’on aime sa sonorité brute, mais aussi parce que c’est ainsi que l’on fait notre live pour recréer les sessions studio.

3) L’album est assez éclectique, abordant divers courants et atmosphères. Y’avait-il une volonté d’expérimentation derrière tout cela ? Plus généralement, a-t-il été facile de trouver le son de The Jaydes ?

Quand on a commencé à enregistrer, on s’est retrouvé avec quelque chose comme vingt morceaux. A partir de ceux-là, on a choisi nos neuf préférés. Quand ils ont été finis, on a réalisé que mis ensemble, ils racontaient une histoire, une histoire qui aurait été coupée si l’on avait choisi de les sortir dans des EPs. Le format d’album paraissait être le plus approprié.

4) On te connait surtout pour tes prestations de DJ house à la sélection impeccable. Le projet « The Jaydes » a ouvert la voie à de nouvelles possibilités scéniques de par son style brut et direct. Est-ce qu’un projet live set t’intéresserait ?

On a commencé à tourner avec un live show en mars. Notre live est entièrement analogique.

5) Tu t’étais inspiré de Baudelaire et ses « fleurs du mal » pour l’atmosphère de ton premier album. Est-ce que l’idée d’utiliser une référence littéraire comme fil conducteur est présente aussi dans The Jaydes ou dans d’autres de tes productions ?

Non, j’ai seulement utilisé ce concept pour Black Pearl, en 2009.

6 Tu as un seul album solo à ton actif (Black Pearl sorti en 2009). Est ce que tu comptes revenir sur des projets avec Bloody Mary après The Jaydes ou bien désires-tu te diriger vers d’autres albums collaboratifs ?

The Jaydes n’est pas une collaboration, c’est un duo. Pour 2014, c’est un peu difficile de penser à mes projets personnels, parce qu’il y a beaucoup de choses prévues pour ce qui est de sorties de The Jaydes ou de notre live show.

7) Tu as eu beaucoup de différentes collaborations avec des vocalistes ou des partenaires de production. Je pense à Danton Eeprom, Argenis Brito, et plus récemment Attan. Qu’est-ce que ces différentes collaborations apportent à ton travail d’artiste ?

Comme je le disais, avec Sébastien ce n’est pas une collaboration, mais un duo. Sur notre album, on collabore avec MAMA, Hollis P. Monroe et Overnite, en tant que chanteurs. Je chante aussi sur quelques morceaux.

8) Comment, justement, se répartit le travail avec Attan dans The Jaydes ? Est-ce que
vous avez des rôles bien définis, ou bien les choses évoluent-elles au gré de vos
sessions jam ?

Il n’y a pas de règle dans notre travail. On joue tous les deux les mélodies et les percussions.

9) Tu vis à Berlin depuis maintenant plusieurs années mais tu es née à Marseille. Qu’est-ce qui, comme beaucoup d’artistes, t’as fait migrer dans la capitale allemande ?

Je vis à Berlin depuis 2005. Je suis tombé amoureuse de la ville en raison de son calme, l’absence de circulation, le fait qu’il y ait beaucoup d’espaces verts. Après avoir tourné tout autour du monde, il n’y a pas de ville que l’on puisse comparer à Berlin ;)

10) En dehors de Berlin, on remarque que tu joues très régulièrement au Royaume-
Uni, notamment à Londres et Birmingham. Quelles sont les scènes locales qui
t’intéressent le plus dans ces régions ? Pour toi, quelle est la zone la plus dynamique
pour la musique électronique en ce moment ?

Je joue beaucoup au Royaume-Uni, notamment à Fabric à Londres, The Rainbow à Birmingham, ou bien à Manchester. Il y a une super scène, le public est incroyable et c’est toujours un plaisir d’y jouer. Mais passer des vinyles à Berlin est toujours quelque chose de spécial et de magique, au Panorama Bar, au Tresor ou au Watergate.

11) Ton label, « Dame Music », est une plateforme où les artistes produisent surtout des EP. Cependant The Jaydes est un long format réussi. Comment analyses-tu l’évolution du label et qu’as-tu prévu pour son avenir ?

Après avoir géré le label pendant quatre ans, je continue d’appliquer la même règle : la qualité avant la quantité.

12) Un mot de la fin pour nos lecteurs ?

Merci pour votre soutien pendant toutes ces années. 2014 est une année importante pour moi, parce que l’on joue en live avec The Jaydes, et que rien ne peut être comparé au sentiment que cela engendre. A bientôt sur le dancefloor :)

Crédit photo – Alberto Morelli

As an artist with quite a big discography already, Bloody Mary most notably impressed us when she released her first album, Black Pearl, in 2009, where the French-born, Berlin-based producer defined her unique musical personnality. Five years, and a lot more sets to confirm her DJ reputation, later, we meet her again as a part of The Jaydes, a duo which she founded with Attan, already responsible for an album with various, but successful faces. One perfect occasion to ask her a few questions regarding the band, the album and her projects.

1) The Jaydes was exclusively composed using analogue gear, which can be felt when listening to it. Was it a conscious wish to give the album an « old school » feeling? Technically speaking, which pieces of gear did you use?

The album was composed with analogue gear only. We mostly used Roland equipment like TR-909, TR-707, TR-606 and more for the drums. We also used Access Virus, Nord Modular and Roland Juno 106 for the synths.

2) After this entirely analogue record, do you think there is a kind of hierarchy in terms of rendering quality between the tracks that are created with analogue gear and those made with a computer?

There is no hierarchy in music. Everyone is free to make his own music the way they want. We chose analogue gear because we are collectors, we love the raw sound of it and it is also the way we do our Live recreating our Studio sessions.

3) The album is quite eclectic, dwelling in various styles and atmospheres. Was there a will for experimentation behind this? More generally, was it easy to find The Jaydes’ sound?

When we started recording, we ended up with something like twenty tracks. From that we chose our nine favourites. When they were done, we realised that together they told a story. A story that would have been split up if we had released the tracks as EPs. The album format seemed the best fit.

4) You are mainly known for your house DJ sets with perfect selection. However, The Jaydes opens new possibilities with its raw and direct style. Would you be interested in a live show?

We started touring Live in March 2014. Our Live is a full analogue set up.

5) The atmosphere of your first album was inspired by Baudelaire and his « Fleurs du mal ». Is the idea of using a literary reference as a common thread also present in The Jaydes, or in other productions of yours?

No, I only used this concept on my Black Pearl album in 2009.

6) You only have one solo album in your discography, Black Pearl. Do you intend to go back to Bloody Mary-related projects after The Jaydes, or are there any other collaborative albums on the way?

The Jaydes is not a collaboration, it is a duo. For 2014, it is difficult to think about my personal projects because we have many outlets, aka The Jaydes like releases and Live act.

7) You did a lot of different collaborations with singers or production partners, including Danton Eeprom, Argenis Brito and more recently Attan. What do these different collaborations bring to your work?

As I said, between Sebastien and I, it is not a collaboration but a duo. On our album we collaborate with MAMA, Hollis P.Monroe and Overnite as vocalists. I also sing on a few tracks.

8) Precisely, how is the work process divided between you two in The Jaydes? Do you have clearly defined roles, or do things evolve in the course of the jam sessions?

There is no rule in our work flow. We both play the chords and the drums.

9) You have been living in Berlin for a few years, but you were born in Marseilles. What was it that made you move to the German capital, like many other artists did?

I have been living in Berlin since 2005. I felt in love with this city because of its quietness: no traffic and a lot of green space. After touring around the world, there is no city to compare with Berlin ;)

10) Besides Berlin, you can be found playing frequently in the UK, most notably in London and Birmingham. What are the local scenes that really interest you in these areas? What is the most dynamic area for electronic music at the moment according to you?

I do play a lot in the UK, especialy at like Fabric in London, The Rainbow in Birmingham, or in Manchester. The UK scene is strong and the crowd is unbelievable, and it is always a pleasure to perform there. But spinning wax in Berlin is always something special and magic, in Panoramabar, Tresor or Watergate.

11) Your label « Dame Music » is a platform that mainly released EPs. However, « The Jaydes » is a great full-length record. How do you analyse the evolution of your label, and what have you planned for its future?

After having run the label for almost 4 years I still use the same rule: music quality and not quantity.

12) One last word for our readers?

Thank you for your support throughout all these years. 2014 is an important year for my career as we are performing live as The Jaydes and nothing can be compared to the feeling shared during it. See you soon on the dancefloor :)

Picture credit – Alberto Morelli

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