SSS Interview : Cassegrain [FR/ENG]

A l’occasion de la sortie de leur nouvel EP et dans l’attente de leur premier album, les deux têtes de Prologue nous ont accordé une interview : Cassegrain.

SSS Interview : Cassegrain
Par Alexandre Aelov
Publié le 13 juillet 2014 | 15:39

Un peu d’hypnose tribale, une pincée de mythologie Babylonienne et quelques boîtes de légumes, voilà le menu de cette SSS interview : Cassegrain.

 

-Vous avez sorti un nouvel EP sur Prologue, Blood Distributed as Pure Colour, et il est décrit comme étant une exploration des sensations internes du corps, créant ainsi un nouvel état de conscience. C’est le cas ? Vous pouvez nous en dire plus sur le concept du disque ?

Oui, c’est lié à une vision ancienne du sang et du corps. On a essayé de faire se rencontrer une sorte d’hypnose tribale avec l’intensité de morceaux taillés pour le club, dans un mélange plus organique. C’est ce qui sous-tend tout l’EP, et l’album à venir également.

 

- Formellement, le disque passe de percussions tribales (qui évoquent fortement le Shaman’s Path de Dino Sabatini) en drones tournoyants très progressifs à la Rrose. Globalement, la manière dont vous avez construit les tracks semble plus chargée qu’auparavant, avec un spectre sonore plus dense et des structures plus mûres depuis Tiamat. Est-ce que cet EP représente un pas en avant pour vous ?

Nous avons changé notre manière de travailler à l’époque de Tiamat. Depuis que nous vivons dans la même ville on peut aborder la chose de manière plus directe, plus naturelle, on a fait de longues sessions d’enregistrement, et le résultat est une plus grande cohérence.

 

- Vous avez très rapidement développé un grand nombre de formes, mais toujours en restant cohérents dans l’ensemble. Partagez vous des influences communes ?

Oui, d’une certaine manière. Il y a des points de jonctions, comme par exemple la musique expérimentale très sombre, le début des années 90, l’IDM aussi. Pas tellement d’artistes en commun, mais la plupart sont sur Warp. Nous ne puisons pas dans la techno old school ou ce genre de choses, on a vraiment commencé avec des trucs très perchées, on s’y retrouve, et c’est ce qu’on essaie d’introduire dans un format plus dansant. La techno est plus un point de jonction qu’un point de départ pour nous. D’une manière générale, la techno d’aujourd’hui est très ouverte à ce genre d’expérimentations.

 

 Tiamat est une référence à une créature primordiale qui préside au Chaos et aux mers dans la mythologie Babylonienne, une sorte de Léviathan en apparence, dont le cadavre donne naissance à la Terre et au Ciel après avoir été tuée par Marduk

 

- Vous utilisez un grand nombre de machines et vous basez votre travail presque à 100% sur des sources analogiques. Pourriez vous dire laquelle est à la base de votre processus créatif ?

La source provient toujours d’oscillateurs analogiques, mais pour les effets par exemple, on utilise de l’analogique et du digital. On travaille uniquement en hardware et on utilise l’ordinateur seulement pour le séquençage. Disons que notre base reste l’Analog Four d’Elektron, et la Jomox M-Base. Les pédales Eventide sont très importantes également pour les effets. Parfois on utilise nos propres samples tirés d’instruments électriques ou acoustiques.

 

- Au sujet de Prologue, vous êtes restés très fidèles au label même s’il vous est arrivé de signer des sorties sur d’autres. Qu’est ce qui le rend différent à vos yeux ?

Disons qu’on y est comme à la maison. Tom, qui gère le label, nous a énormément soutenu, il est toujours très enthousiaste lorsqu’on lui fait écouter de nouveaux trucs. En plus de ça, on peut vraiment être impliqués à 100% dans la sortie du disque, on propose par exemple nos propres artworks. Pour Tiamat, c’est un ami à nous qui a pris la photo. Pour ce nouvel EP, c’est le frère d’Alex qui a travaillé sur les visuels. On peut vraiment tout lier : la musique, les visuels, le concept. Tiamat est une référence à une créature primordiale qui préside au Chaos et aux mers dans la mythologie Babylonienne, une sorte de Léviathan en apparence, dont le cadavre donne naissance à la Terre et au Ciel après avoir été tuée par Marduk. La photo de la pochette est une sorte de calme avant la tempête, sombre mais pleine de grâce. On peut faire le lien très librement entre toutes ces choses, et c’est ça qu’on aime dans le fait d’être membres de la famille Prologue.

 

- Votre collaboration avec Tin Man a apporté un autre regard sur votre production, permettant par la même occasion à votre musique de sortir de la catégorie « dark techno mentale » un peu réductrice tout en proposant des perspectives nouvelles. Vous pouvez nous en dire plus sur vos projets actuels ?

On a trouvé un bon studio il y a quelques temps et on y est restés quelques jours avec lui. On peut dire que ça s’est plutôt bien passé ! C’était la première fois qu’on pouvait travailler tous les trois dans la même pièce, parce qu’il vit à Vienne. La session n’était pas à 100% acid cette fois-ci, c’était une vraie collaboration, plus organique. Mais pour le moment on ne peut pas dire s’il en sortira quelque chose ou non. On verra bien !

 

- Vous aviez déclaré que l’EP Coptic avait quelque chose à voir avec l’idée d’une conspiration alien et que vous aimiez particulièrement l’esthétique mystique dans la techno d’aujourd’hui. Quel imaginaire porte votre musique ? Vous allez puiser de l’inspiration dans d’autres arts ?

Même si nous développons des concepts dans les disques qu’on sort chez Prologue, on prend toujours la musique comme point de départ. Les connections se font ensuite.

 

- Vous préparez un album, pouvez vous nous donner quelques indices sur comment il sonnera ?

On en est qu’au début. Pour te donner une image… « d’anciens artefacts liés aux animaux et à la nature ». Ce sera quelque chose d’intense, certaines tracks jouables en club et d’autres faites pour une écoute plus attentive. Il est trop tôt pour en dire plus.

 

- Un dernier mot (qui intéressera surtout nos lecteurs français) : pourquoi Cassegrain ?

Au début on ne connaissait pas du tout la marque française de conserves ! Il nous fallait vite trouver un nom, et Cassegrain renvoie à un certain type de lentilles pour télescope. Ça n’est qu’après que des français nous ont dit pour les boîtes de légumes !

- You’ve release a new 12 » on Prologue this month, called Blood Distributed as Pure Colour, and it’s said to be focused on the inner sensations of the body, connecting to a different state of consciousness. Is that right ? Can you tell us more about the concept ?

Yes, it’s related to an ancient vision of blood and body. We tried to connect some kind of tribal hypnotic feeling and a club intensity, something more organic. This is what lies beneath the EP and the album as well.

 

- Formally, it’s evolving from tribal beats ­driven explorations (strongly evoking Dino Sabatini‘s Shaman’s Path on Prologue) to slowly whirling Rrose­-esque madness. Globally the way you build your tracks appears to be more filled than before, with thicker layers and construction more mature since the Tiamat release. Does this new EP represent a step forward?

Well, we have changed the way we worked since Tiamat. Since we are now living in the same city we can work in a more direct way, more natural. We’ve worked through long recording sessions, this resulted in more unity.

 

- You developed quickly a vast range of techno forms, always remaining deeply coherent but blurring the lines in the same way. Do you share common influences ?

Yes, kind of. We have meeting points, like early 90′s, dark experimental music, IDM too. Not many artists, but several are from Warp. We don’t have roots in old school techno or whatever, we started with weirder stuff and now we try to put it into a danceable format. Techno is a meeting point more than a starting point. Generally techno is really open to that kind of experiments.

 

- You have quite a big range of machines and use almost 100% of analogue source. Can you describe your favourite machine each, the corner stone of your creative process ?

The source is analogue oscillators, but for the effects, for example, we use analogue as well as digital treatment also. We work on hardware for all the process and use the computer for sequencing. Let’s say that our main machine is an Analogue Four from Electron and the Jomox M­-Base, Eventide pedals play a very important role for the effects. Sometimes we use our own samples from acoustic or electric instruments.

 

- Talking about Prologue, you’re sticking to this family even if you have released records on other ones. What makes it different from the others ?

It’s kind of a home for us. Tom, who runs the label, has been very supportive with us, he’s always very excited with the new stuff we bring. And we can be very involved with everything you know, we propose our artworks. For Tiamat it’s a friend of us who did the picture. For this new EP, it’s Alex’s brother who worked on the visuals. We can bind the music, the pictures, the concept. Tiamat refers to a Leviathan-­like primordial creature, ruler of Chaos and the seas in Babylonian mythology, which corpse creates the Earth and the Sky after being killed by Marduk. The picture of the record is a sort of calm before the storm, dark yet beautiful. We can relate everything freely, and that’s what we like with being part of the Prologue family.

 

- Your collaboration with Tin Man has brought another look on your production, allowing your music not to be categorized as only a straight « dark techno » project and drawing in the same time very fresh perspectives. Can you tell us more about your present projects with him ?

Well, recently we’ve found a good studio and we spent a couple of days with him. Things went well actually ! It was the first time we were working the 3 of us in the same room, because he lives in Vienna. This session wasn’t 100% acid, it was a true collaboration, more organic. But for the moment, we can’t tell you if there will be something out or not. Wait and see !

 

- You’ve said once that your Coptic EP had something to do with alien conspiracy and that you liked the whole mystical aesthetic in nowadays techno. What imaginary lies beneath your music ? Do you gather inspiration from other arts ?

Even if we sometimes develop concepts with the records on Prologue, we always begin with the music. The connections come after.

 

- There is an album incoming, can you give us some clues about how it will sound like ?

We’re just at the beginning. Let’s say… « ancient naturalistic animalistic elements ». It will be something with intensity, some tracks playable in clubs and others for home listening. It’s too early to talk about it much more.

 

- Last word (well this is especially important for our french readers I guess…) : why « Cassegrain » ?

At the beginning we didn’t know about the canned vegetables french brand ! We were under time pressure to choose a name, and Cassegrain refers to a type of lens for a telescope. Afterwards we were made aware of the brand from some people in France!

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