SSS Interview : Dusty Kid

« Je veux juste me concentrer sur la musique. »

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Par David Robert
Publié le 4 juillet 2012 | 14:40

1) Beyond That Hill”, ton dernier album (chronique ici), apparait aux oreilles de beaucoup comme un A Raver’s Diary 2. Aucun contre pied aux auditeurs donc. Ta volonté au moment de créer l’album était d’en déduire une suite logique au premier long format ou est ce lié à une volonté de limiter les risques liés à des changements trop importants ?

En effet, il y a comme deux chapitres. La principal différence entre A Raver’s diary et Beyond that Hill est que A Raver’s diary est plus techno. J’ai essayé d’attirer l’attention de l’auditeur sur des sons plus mélodiques avec mon second album, lui donner un nouveau point de vue. À mon sens le premier n’est pas aussi mélodieux.

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2) Qu’inspirent pour toi les paysages typiquement Américains que tu relies souvent à ta musique ? Les grands espaces presque dénués de structures humaines sont ils quelques choses qui t’inspirent ? Ou peut-être est ce la l’idée de liberté derrière l’American way of life ?

Mes parents sont de la génération Woodstock. Ils écoutaient des trucs psychédéliques. L’idée des espaces américains est donc une sorte de portrait de ce que mes parents écoutaient et de ce que j’écoutais plus jeune. Ces paysages sont donc un reflet de la génération Raver. Les thèmes psychédéliques sont une source d’inspiration. La génération Woodstock avait son propre mode de vie.

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3) Tes deux albums et une bonne partie de tes EP sont signés sur Boxer Recordings (le label d’Beatschubiger & Eric Eltron). Imaginons que tu doives changer de label pour le prochain album, vers qui te tournerais tu (on voit par exemple que tu as quelques affinités avec Systematic, le label de Marc Romboy) ?

 

Le label n’importe pas vraiment quand tu fais de la musique. C’est seulement une façon pratique de distribuer ta musique aux gens. Certain labels se concentrent sur un type de musique. Donc oui forcément, bien choisir son label aide la musique à atteindre plus d’auditeurs. Mais cela n’influence pas spécifiquement ce que je fais.

Je produis de la musique très différente. Et donc en fonction du type de musique que je fais, je choisis le label approprié.

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4) Beaucoup de producteurs ayant acquis une certaine notoriété se lancent dans la création d’un label. Est-ce quelque chose qui t’attire ou pas du tout ? Pourquoi ?

 

Oui. C’est toujours plus facile de produire sa propre musique que de la proposer à différents labels et voir ce qu’ils aiment et ce qu’ils sont prêts à distribuer. Il y a plus de liberté quand tu fais tes propres releases quand tu laisses ça aux labels. Mais je n’ai pas le temps d’occuper d’un label, ce n’est pas mon truc. Je veux juste me concentrer sur la musique.

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5) La recette pour un album, s’il y en une, est-elle de faire passer l’auditeur par de nombreux stades émotionnels avant de lui asséner ce qui pourrait être un coup final, à l’image de ton dernier album ?

 

Je veux que mon album soit comme un voyage.

Construire un album est lié à ce que tu veux communiquer aux gens. Faire de la techno en incrustant différents thèmes musicaux sorties du folk ou de l’underground, impose d’avoir un concept derrière l’idée principal.

Si tu veux faire une suite de pistes totalement différentes, ça sonne comme une compilation et non un album.

Personnellement, je veux que l’auditeur parte pour un voyage quand il écoute mon album, une histoire ayant un début et une fin.

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6) Une fois ce coup donné, en l’occurrence le marathon qu’est That Hug, et que l’album se referme, que conseilles-tu aux auditeurs de faire ?

Au début, l’album est plutôt noir. Forcément, l’humeur se veux plus sombre. Au fur est à mesure, le ton est plus joyeux, ce qui encourage l’ouverture d’esprit. Mais ça dépend de l’auditeur. C’est lui qui décide ce qu’il veux faire après, une fois que la musique est terminée.

 

 

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7) A l’instar des atmosphères, tu sembles vouloir mélanger les genres. Se défaire des frontières est-il quelque chose qui te tient à coeur ?

On en revient à l’idée de savoir ce que tu veux communiquer aux gens aux travers de ta musique. Et comment tu veux le faire.

Le ton de l’album est psychédélique, mais au delà des styles, j’aime bien la notion de gravité pour la musique : quelque chose qui t’attire. Les gens doivent être plus profondément attirés par ta musique quel qu’en soit le genre. Mais ce n’est pas quelque chose que je cherche à atteindre, je préfère que cela vienne naturellement.

 

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8) Tes représentations se font uniquement par le biais de live, un peu comme si tu voulais dire que tu n’es pas un dj, mais un producteur. Est ce le cas ?

 

 

Je me considère comme un musicien et pas comme un DJ en effet. Parfois je préfère mixer la musique d’autres artistes en DJ set mais ce n’est pas quelque chose que je voudrais faire tout le temps. Je veux montrer ce que j’ai réalisé dans mon studio et pas forcément mixer ce que les autres ont fait.

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9) Question d’actualité, comment vois-tu l’industrie de la musique dans quelques années ? Tu peux nous donner ton point de vue concernant le téléchargement, hadopi, la fermeture de Megaupload ?

 

 

Je n’aime pas télécharger de la musique gratuitement. Je suis un musicien et j’aime acheter régulièrement de la musique. Quand tu télécharges quelque chose, la façon dont tu ressens la musique est clairement différente. C’est quand l’album t’appartient que la musique est plus proche de ton Coeur.

La musique gratuite peut atteindre plus de gens c’est vrai, mais quand l’artiste a travaillé, il est normal qu’il soit payé. Comme dans un concert, tu dois payer pour écouter.

Je peux comprendre que certaines personnes n’aient pas l’argent pour acheter et la télécharge gratuitement. Mais il faut reconnaitre que ce n’est pas juste pour l’artiste.

 

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10) Et le futur proche et lointain de Dusty Kid c’est quoi ?

Je travaille sur quelque morceaux. Des choses assez différentes comparées à la musique que j’ai pu faire auparavant. En ce moment je suis dans la “Noisy Music”. Je suis aussi beaucoup influencé par des compositeurs “early minimal”, une dimension parmi d’autres que je veux inclure dans mes prochains albums.

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11) Pour finir, tu pourrais nous faire une petite sélection des sorties du moment ?

 

Il y a un label que je trouve excellent, managé par Lucy. (Ndlr : Stroboscopic Artefacts). Psychedelic, moody, techno… Mon ami Claudio PRC est aussi quelqu’un de très bon. Mais je ne m’intéresse pas trop aux sorties du moment. Je suis plus passionné par retrouver de vieux trucs du passé.

Merci à Adlan Do Badie pour la traduction

LornInterviewSSS

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