SSS Interview : Gerry Read [FR/ENG]

Gerry Read répond à nos questions, pour une interview concise et sybilline.

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Genre

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 6 juin 2014 | 17:28

Electron libre de la scène britannique, Gerry Read enchaîne depuis quatre ans des maxis faisant montre d’une vision unique de la house music, entraînant le genre dans des directions inédites et souvent contradictoires. Alors que le producteur vient de publier son troisième EP de l’année, Socialize / Charcoal, sur Fourth Wave, nous lui posons quelques questions, pour des réponses alternant entre le concis et le sybillin :

 

1) Tes productions ont toujours été variées, mais cette diversité a franchi un nouveau palier cette année – tu as déjà publié trois EPs très différents : Been A Lot Of Places me semblait très minimaliste, Shrubby plus orienté club, avec une touche house, et le nouveau, Socialize, est fait de longues compositions progressives. Est-ce que c’est la façon dont tu vois les choses ? Est-ce que c’était quelque chose de conscient de ta part de chercher de nouvelles directions pour ta musique ?

Rien de tout ça n’était conscient, parce que c’est quelque chose de très mystérieux pour moi. Les choses vont donner l’impression qu’il y a une progression, parce que les morceaux sont publiés dans un certain ordre, mais cet ordre n’est pas forcément chronologique par rapport au moment où les morcaux ont été composés. Mais je suis certain que si quelqu’un les écoute dans l’ordre dans lequel ils ont été publiés, il pensera entendre une forme de progression.

 

2) Je trouve que  « Socialize » est vraiment le sommet de tes productions cette année, un incroyable morceau. Comment écris-tu ce genre de morceaux qui évoluent énormément – est-ce qu’ils sont très précisément composés, ou sortent-ils d’improvisations ? Est-ce que tu as des lignes générales, des idées qui conduisent la musique à mesure qu’elle évolue ?

Comment est-ce qu’un alchimiste crée la pierre philosophale ?

 

3) Tu as travaillé avec Aus Music, le label de Will Saul, pour l’EP Shrubby. Le style de house très carré du label paraîssait un peu étrange par rapport à la musique que tu fais, même si les choses allaient finalement très bien ensemble. Comment t’es-tu retrouvé à travailler avec eux ?

J’ai rencontré Will plusieurs fois et c’est vraiment un chic type. Mon manager lui a envoyé quelques morceaux que l’on pensait qu’il aimerait, et il les a aimées.

4) Les sonorités de ces deux nouveaux morceaux, surtout sur « Socialize », font intervenir un grand nombre d’éléments – quel type d’équipement as-tu utilisé pour les produire ?

Du matériel électronique.

5) Depuis tes premiers disques, tu publies la plupart de tes EPs sur Fourth Wave, le sous-label de Ramp. Tu as aussi publié des choses sur d’autres labels, mais c’est celui avec lequel tu es associé ; en retour, tu es aussi devenu l’artiste central de la discographie du label. Comment est-ce que ta relation avec le label a évolué au fil des années ?

Il y a autant de manières d’être perdu dans la lumière que dans le noir.

6) Tu as franchi l’étape de l’album assez vite, avec Jummy en 2012. Le format album est souvent considéré en musiques électroniques comme un moyen d’aller au-delà de la production de simples titres centrés sur une idée, pour faire quelque chose qui va plus loin. Dans ton cas cependant, des morceaux tels que « Socialize » incluent déjà de nombreuses idées, successivement et simultanément. Est-ce que l’idée de faire un autre album est dans ton esprit ? Est-ce que tu penses que tu retournerais vers des morceaux plus simples pour ça, ou est-ce que tu pourrais l’articuler avec l’approche évolutive de ces nouveaux morceaux ?

En fait, j’ai déjà de quoi sortir environ cinq albums. Tout ce que j’ai fait récemment était orienté vers l’idée d’un album dans ma tête, parce que je ne suis jamais satisfait par la sortie d’un simple single. Il faut publier des singles pour que les choses bougent, mais je les vois plutôt comme des pièces perdues d’un puzzle.

7) Tu as écrit un morceau avec Kevin McPhee en 2011, mais ça reste, à ma connaissance, ta seule collaboration. Est-ce que c’est une coincidence, ou penses-tu que ta musique, tes méthodes de travail, ne se prêtent pas vraiment à un processus de collaboration ?

Kevin m’a trouvé au hasard sur Soundcloud il y a trois ou quatre ans. Je pense qu’on a à peu près discuté un an avant qu’il ne m’envoie ses morceaux, je lui en avais envoyé beaucoup des miens. Il n’avait encore rien publié et il n’y avait aucune info sur Internet à son sujet, il était seulement un nom sur mon écran AIM. Et puis il a fini par m’envoyer des morceaux comme « Sleep » et « Who Loves You », on a commencé à échanger des samples et à parler de trucs de geeks de la production, s’arranger pour que des sons marchent ensemble par exemple. En général, je n’aime pas collaborer, mais c’était vraiment facile de faire des morceaux avec lui parce qu’on était vraiment tous les deux à fond dans ce qu’on faisait, et que nos musiques étaient similaires.

8) Nous sommes en mai, mais tu as déjà publié trois EPs, ce qui est plus que l’an dernier. Est-ce que tu as encore plus de choses prévues ?

C’est vrai, qu’est-ce qui s’est passé l’an passé ? Je ne sais pas. Il ne faut pas s’inquiéter au sujet de la musique. Il y aura toujours de nouveaux morceaux de Gerry Read. Salut.

A unique character on the UK scene, Gerry Read has been releasing records since 2010, demonstrating his own perception of house music, driving the genre in a number of brand new, often contradictory directions. As he just released his third EP of the year, Socialize / Charcoal, on Fourth Wave, we asked him a few questions. Here are his – short and enigmatic – answers:

1) Your works have always been quite diverse, but this year seems to have taken this to another level – you already released three EPs, all of which have been really different: I felt Been A Lot of Places was really minimalistic, Shrubby much more club oriented with a house flavour, and now Socialize is made of long evolving compositions. Is this the way you would articulate it? Was that a conscious effort on your part to try and find new directions for your music?

None of it is a concious effort because it’s all a very arcane process for me. It’s going to look like some sort of progression because they are released to the public in a certain order, but that order isn’t necessarily chronological in regards to when they were made. But I’m sure if anybody listened to them in the order they have come out they would think they’re hearing some sort of progression.

2) I thought « Socialize » in particular was stunning, the highlight out of your different productions this year in my opinion. How do you write these kinds of mutating compositions – are they carefully crafted or do they evolve out of jam sessions? Do you have general guidelines or ideas that conduct the music as it evolves?

How does the alchemist create the philosophers stone ?

3) You worked with Will Saul’s Aus Music label for the Shrubby EP. Aus Music’s brand of perfectly-refined house initially seemed like a weird match with your own twist on the sound, even though things really worked in the end – how did you get to work with them?

I met Will a few times and he’s as cool as a cucumber. My manager then sent him some tunes we thought he would like and he did.

4) The sound on these two new tracks, especially on « Socialize », seems to involve a wide variety of sonic elements – what kind of gear did you use to produce them?

The electronic kind.

5) From your very first records until now, you have released most of your EPs on Ramp’s Fourth Wave sublabel. Even though you have also released stuff on other labels, you are most associated with it; in return, you have also grown to be Fourth Wave’s central artist. How has your relationship with the label evolved through the years?

There are as many ways to be lost in the light as in the dark.

6) You’ve gone through the album step quite early in your career with Jummy in 2012. The album is often considered in electronic music as a way to go beyond producing single tracks focused on one idea and doing something that goes further than that. In your case however, tracks such as « Socialize » already include a vast number of successive and simultaneous ideas. Would you be interested in producing another album? Do you think you would need to go back to simpler tracks for that, or could you articulate it with the evolving approach of those new tracks?

I’m already sitting on about 5 albums. Everything I have made recently has predominantly contributed towards an album in my head, because I’m nowhere near satisfied enough with just making a single. You need singles to keep things moving but I hear them  as  lost pieces of a puzzle.

7) On the same idea, you wrote a track with Kevin McPhee in 2011, but that is in my knowledge the only collaboration you’ve ever done. Is this pure coincidence, or do you feel your music, your methods do not really lend themselves to a collaborating process?

Kevin randomly found me on Soundcloud 3-4 years ago. I think we chatted for about a year before he even sent me any of his tunes, I’d sent him loads of mine. He didn’t have anything released and there was no info online about him, he was just a name on my AIM screen. Eventually he ended up sending me tracks like ‘Sleep’ and ‘Who Loves You’ and we started swapping samples and talking about nerdy production stuff like making sounds fit together. I don’t usually like collaborating but making tunes  with Kevin  came really easily because we were both really into what we were both doing and our music  sounded similar..

8) We are in May, but you have already released three EPs, which is more than you did last year. Have you already got more things planned?

True, what happened last year ? I don’t know. Please don’t worry about music. There will always be new Gerry Read tunes. Bye.

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