SSS Interview: In Paradisum (Mondkopf, Low Jack, Guillaume Heuguet) [FR/ENG]

Entretien à trois têtes.

in paradisum
Par Alexandre Aelov
Publié le 5 août 2013 | 17:08

Pour clore notre saison 2012/2013 en juin dernier, nous avions établi une collaboration avec un label français devenu incontournable : In Paradisum. Pour l’occasion, Mondkopf et Low Jack ont assuré respectivement un set et un live d’une grande qualité (suivis par Regis, dont vous pouvez lire l’interview ici) portant haut les exigences que le label véhicule au travers de sorties surprenantes et de soirées parisiennes épaisses. C’est une interview croisée que les deux musiciens nous ont accordée, accompagnés de Guillaume Heuguet, co-fondateur avec Mondkopf dudit label. Entretien à trois têtes donc, histoire de demander au Cerbère ce qu’il pense de ses Enfers.

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1) In Paradisum a beau être un jeune label, il est devenu rapidement un des plus prometteurs dans le paysage électronique français aujourd’hui. Quel était l’objectif premier de celui-ci ? Avec le temps, la ligne directrice a-t-elle évolué ?

Mondkopf: A la base, Fool House se terminait, et il me fallait trouver un autre label, c’est à partir de là qu’on a décidé avec Guillaume de fonder notre propre truc. Ça devait être une sorte de Nemesis de Fool House, et puis c’est devenu un label à part entière, après la signature de mon premier maxi.

SSS : Le premier, c’est à dire Day of Anger ?

M: Oui… et non, Day of Anger est le numéro 0 de In Paradisum en quelque sorte, une sortie officieuse. Le premier est véritablement Ease Your Pain. Après ça on a eu pas mal de morceaux d’amis à nous qui nous plaisaient énormément, on les a donc signés sur ce tout nouveau nom.

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2) D’une part, Mondkopf, on constate qu’après ton album Rising Doom en 2011 et la création d’In Paradisum ton son s’est fait plus radical, s’orientant vers des approches noise ou ambient plus marquées. De même pour toi Low Jack, on voit que ton travail sorti sur In Paradisum est plus brutal que ton EP Free Pyjamas sorti sur Delsin. Est-ce que le label représente pour vous un espace de liberté privilégié ?

Guillaume Heuguet: En fait, c’est vraiment la sortie de Ease Your Pain qui a déclenché ça. On en a discuté tous les trois, et on s’est dit qu’il y avait tout un tas d’approches vers lesquelles on se tournait depuis un moment que cette nouvelle plate-forme pouvait nous permettre de développer. On s’est rendu compte qu’on avait passé un cap qui nous permettait de sortir ce genre de choses.

Low Jack : C’est clair que les choses que je vais proposer à Paul et Guillaume seront les moins évidentes. Par exemple, je leur ai fait écouter ce que j’ai sorti sur Delsin, mais je ne leur aurais pas demandé de le sortir. Spontanément, je vais leur proposer les trucs les plus barjo, et c’est l’image qui peut coller à In Paradisum, mais par exemple, les maxis de Qoso je les trouve pas si extrêmes que ça. C’est plus une question de spontanéité, je peux composer sans me poser de questions dans ce cas-là.

GH : Like It Soft, ton maxi, c’était exactement dans cette optique que tu nous l’as passé.

LJ : Oui, Qoso était venu chez moi à Nantes, je faisais pas encore de musique sous le nom de Low Jack à l’époque, mais c’était du jam pendant plusieurs jours, vraiment une composition très libre, et In Paradisum a permis de le sortir en fin de compte.

M: Parmi les premières sorties, c’était aussi le cas de Somaticae pour son maxi (Dressed Like A Bubblegum/ Lack Of Serotonin). Il avait deux extraits de son live qu’il avait postés en ligne, et ça nous a séduit directement.

GH : Quand on lui a proposé, il comprenait pas trop. Il nous disait que c’était que des bouts de live et pas des morceaux, mais on a vraiment insisté pour le sortir en maxi, parce que ça nous plaisait, quelle que soit la forme.

LJ : Ce côté impro c’est vraiment ce qui se retrouve dans les maxis au final, ça résume bien l’état d’esprit du label.

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3) Qu’il s’agisse de vos productions ou de celles des autres artistes du label aux horizons très différents tels que Qoso, Ricardo Tobar, Somaticae ou Saaad/Insiden, chaque sortie se positionne toujours dans un certain décalage par rapport au genre dans lequel on pourrait la caser. Est-ce qu’à ce titre on pourrait considérer In Paradisum comme un label « expérimental » (de la même manière que Lucy décrit Stroboscopic Artefacts par exemple) ?

GH : « Expérimental », je sais pas… Mais c’est vrai que l’expérimentation compte pour beaucoup. D’habitude, un label qui presse du vinyle pose des contraintes, il faut qu’il y ait du feedback de DJ etc. Nous on s’en fout un peu. Ce qui va me plaire, c’est me dire que le type est parti de telle ou telle base et en a fait quelque chose de surprenant. Il y a cette part de fraîcheur, de décalage comme tu dis qui compte pas mal dans nos choix, c’est vrai.

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4) Pour rester dans le sujet, quel est votre rapport personnel à l’expérimentation ? Plus largement, pensez vous qu’elle est fondamentalement nécessaire dans le paysage techno d’aujourd’hui ?

M: J’irais jamais dire que je suis un musicien « expérimental ». D’un côté je suis un « bidouilleur », oui, mais je pousse pas les choses jusqu’à ce point. Ensuite, les gars de Insiden par exemple, eux vont chercher à bricoler leurs propres effets, leurs propres circuits, et sont très influencés par des artistes qui eux pour le coup sont estampillés « expérimentaux ».

LJ : Pour ma part, j’aime aborder les choses un peu naïvement, explorer un peu tout, continuer à être surpris par cette exploration. Bon, ça reste du gros bricolage, j’ai pas de grosses connaissances théoriques en son, mais j’aime avancer en essayant de trouver toujours d’autres façons de faire. Guillaume peut en témoigner, j’ai des phases, un mois ça sera une méthode, le mois d’après une autre, je me lasse vite en fait !

M: Le but, c’est avant tout de créer, pas forcément de chercher la manière la plus complexe de le faire.

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5) Vous développez via le label une esthétique fortement inspirée des canons du métal extrême (black, doom, goth). Le nom même du label correspond à l’incipit d’un chant inclut traditionnellement dans l’office funèbre catholique, clôturant la cérémonie pour guider le défunt vers les cieux. Venant d’inspirations musicales et esthétiques probablement différentes, en quoi cette esthétique est importante et d’une certaine manière fédératrice pour vous ? Quelle lien fait-elle avec ces autres genres de musique ?

M: Jules, notre graphiste, bosse pour des groupes de black metal, de post hardcore etc. Je voyais l’esthétique techno, et au final j’étais bien plus attiré par l’esthétique métal, vu que j’en écoute énormément.

GH : Le fait qu’on sorte de la musique électronique avec une esthétique comme ça, d’emblée ça nous a donné beaucoup de liberté. Personne allait venir nous dire que tel morceau était trop lent, un autre trop long, l’autre avec trop de bruit. Ça a fait sauter d’avance beaucoup de barrières.

LJ : Personnellement, j’ai pas ce background musical, mais au final tu te rends compte qu’il y a plein de ponts qui apparaissent. Je suis assez fasciné par tout ce qui touche à l’état de transe, les choses assez primitives, spirituelles, chamaniques, et c’est une esthétique qui finalement peut aussi convenir. Paul m’a fait découvrir très récemment Sunn O))), et même si la logique est différente, on retrouve la même finalité.

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6) Les soirées In Paradisum s’inscrivent dans une ligne dure et audacieuse, en promouvant les artistes du label tout en les faisant jouer aux côtés de grands noms tels que Surgeon, Ancient Methods, des membres de Perc Trax, de Modern Love, de feu Sandwell District ou des noms plus confidentiels comme Oneohtrix Point Never. Est-ce une manière de jeter un pont entre des artistes esthétiquement proches, ou bien est-ce d’avantage pour renforcer l’identité du label au sein du paysage français?

M : C’est surtout qu’on voulait faire jouer des types qu’on voyait jamais ici !

GH : C’est vrai, tu dis « têtes d’affiche » mais pendant un an on a booké des mecs qui jouaient jamais à Paris. C’est ce qu’on écoutait, et personne les faisait venir ici. Quand on a commencé les soirées, c’était les mercredi au Rex et les types du club étaient là et adoraient au final ! Ça a fait un pont avec le label, et surtout ça nous permet de mélanger une logique club et une logique « non-club ».

M: A chaque fois, les artistes qu’on fait venir, c’est pour forcer un peu le sort. Parfois il faut insister. Oneohtrix Point Never, qui est plutôt gros maintenant, qui vient de signer sur Warp, quand on l’a fait venir à une des premières soirées, le Point Ephémère était à moitié rempli, et là on va le faire revenir. On a envie vraiment d’ouvrir des portes à ces artistes qu’on aime.

LJ : Il y a tellement de soirées techno sur Paris, qu’au final aborder un format concert, ça change aussi, ça peut permettre d’autres choses.

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7) Là où un regain d’intérêt pour la techno dans ses franges les plus dures commence à pointer timidement en France, on constate partout en Europe et dans le monde une résurgence du genre, tant dans les perspectives musicales que dans la visibilité. Quel regard portez-vous sur cette « vague haute » ?

GH : D’un côté, même si on a fait jouer des types qui sont associés à ce milieu, on est pas vraiment là-dedans. On voit les choses de manière un peu plus large, et au final même si nos soirées ont un « cadre » techno, c’est cette liberté de programmation qui nous tient à cœur. Cette vague haute touche peut-être In Paradisum, mais au final on est plus positionnés sur la musique électronique au sens large.

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8) In Paradisum s’est récemment rapproché officiellement du label BLWBCK, d’avantage spécialisé dans les genres drone/noise/expérimental. Y a-t-il nécessité, aujourd’hui plus que jamais, de rapprocher (de décloisonner d’une certaine manière) les scènes underground entre elles?

M: A la base j’ai découvert BLWBCK tout à fait par hasard, via un blog, et j’ai vu que Saaad était toulousain. J’ai décidé de les contacter, et c’était une entente réciproque. On a des goûts très larges et on a envie de faire des rencontres musicales, c’est comme ça que les choses se tissent, plus que par une volonté bien déterminée.

GH : Lucy, d’après ce que tu disais, voulait partir de la techno pour étendre à des expérimentations. Mais on a aucune famille de base, finalement. On écoute beaucoup de choses, et les rapprochements se font naturellement.

LJ : Il y a tout un tas de scènes alternatives, et c’est vrai que ces gens là ne communiquent pas entre eux. Quand on était allé voir Pete Swanson aux Instants Chavirés, y’avait personne de la « scène techno » parisienne au final.

M: On a un peu une vision pop de tout ça… dans le sens noble du terme, on ne cherche pas à cliver ou hiérarchiser.

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9) Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de vos projets respectifs à venir ?

M: Pour ma part un été chargé. Je fais une BO d’un film, le premier d’une jeune réalisatrice française qui doit se tourner à partir du 1er juillet. Je prépare aussi mon prochain live, qui ira avec la sortie de mon prochain album. Au programme aussi , le mix de l’album de La Féline.

LJ : J’ai un maxi qui sort sur In Paradisum en septembre, le plus personnel que j’ai fait je pense. Concernant mon album… j’en suis jamais content, je veux constamment changer des choses, mais il sortira sur In Paradisum !

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10) Concernant le label, y a-t-il de nouveaux artistes qui vont rejoindre l’équipe ?

M: On est une bonne petite famille à présent, chacun avance sur sa musique, c’est assez bien comme ça. Insiden sont en train de travailler sur un album également.

GH : Les soirées au Rex se transforment en résidence, la prochaine sera le 23 août avec Untold et J.Tijn, et puis il y aura une autre soirée au Trabendo le 27 septembre avec Oneohtrix Point Never, Forest Swords et Basic House.

1) In Paradisum is a young label but it has quickly become one of the most interesting in the french electronic landscape today. What was its main goal ?

M: When Fool House, my first label, has ended, I had to find another one, and at this point we decided with Guillaume to create our own imprint. It was supposed to be a sort of Nemesis of Fool House, but with time it became a true label, after I signed my first release on it.

SSS : The first was Day of Anger ?

M: Well yes… but actually Day of Anger is the n°0 in a way, an unofficial release. The first official one was Ease Your Pain. After this one, we had several tracks from friends of us that we really liked, so we took the occasion to sign them on this imprint.

 

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2) In one hand, Mondkopf, we can see that after your last album, Rising Doom (2011) and the birth of In Paradisum, your sound has become more radical, featuring noise or ambient aspects more than before. Same for you, Low Jack, your work on In Paradisum seems harsher that for example your Free Pyjamas EP out on Delsin. Is the label some kind of artistic haven for you ?

GH : Actually, the relase of Ease Your Pain was the starter. We talked about that at the time, and we realized that there were a lot of musical perspectives that we really enjoyed individually, and this new label was the perfect way to develop this.

LJ : To be honest, the things that I suggest to Paul and Guillaume are the most complex ones. For example, they’ve heard what I signed on Delsin, but I didn’t ask them to release this on In Paradisum. Spontaneously, I’d give them the most fucked up things, and this can be the image that the label gives, but in some way, Qoso’s Eps aren’t that weird. It’s more a question of instinct actually, I can compose for In Paradisum without asking myself questions.

GH : You gave us your first EP, Like It Soft, because of this.

LJ : Yes, Qoso came to my place in Nantes, I wasn’t producing under Low Jack back in the days, and it was pure jam for several days, really a free-minded session. Finally, In Paradisum released this.

M: Among the first releases, we had the same spirit regarding Somaticae’s first EP (Dressed Like A Bubblegum/ Lack Of Serotonin).

GH : When we proposed him to release it, he didn’t get it. He told us that these were only extracts from his live set, not even real tracks, but we insisted to release it as an EP, because we liked it, whatever it was.

LJ : This spontaneous aspect is our motto on the Eps, it’s a state of mind.

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3) Wether it concerns your productions or those from other In Paradisum’s artists such as Qoso, Ricardo Tobar, Somaticae or Saaad/Insiden, each release seems to settle in a certain gap aside from the genre in which we could place it. Regarding this aspect, could we say that In Paradisum is an « experimental » label (as for example Lucy qualifies Stroboscopic Artefacts) ?

GH : « Experimental », I don’t know… But it’s true that experimentation is really important for us. Usually, a label who releases vinyl records asks for DJ feedbacks, that kind of logic. We don’t actualy care about this. What leads my choice is the fact that the musician came from one basis and managed to do something completelly different. There is this care for freshness, this gap as you say, that is very important for the label.

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4) What are your personal views on experimentation ? Do you think it’s necessary in the techno scene today ?

M: I wouldn’t say that I’m an « experimental » musician. Yes, I « do-it-myself », but I don’t push it to the point where it would be only pure experimentation. For example, the guys from Insiden build their own effects, they  work on circuits, and they are really influenced by experimental artists.

LJ : Personally, I love to go on thing naively, to explore everything I can, and to be surprised by what I discover. It remains a DIY thing, I don’t have much knowledge in sound processing and stuff, but I like to build things through exploration. Guillaume can tell, I have phases, one month a method, next month another one, I get bored very easily !

M: I think that the goal remains to create, above all, more than trying to find the most complex way to do it.

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5) You develop on the label an aesthetic identity inspired by extreme metal genres (black, doom, goth). As you all come from different musical influences, how is this visual aspect a link between the artists of the label ?

M: Jules, our graphic designer, works for several black metal or post hardcore bands. I was considering the techno aesthetic, and, as I listen a lot of this stuff, I was much more inspired by these visuals.

GH : The fact that the music we release is associated with such visuals gave us much freedom. Nobody would come to tell us that a track was too slow, another one too long or too noisy. This permitted us a lot of things, to go further.

LJ : I don’t have this background, but in the end you realize that there are a lot of common binds. I’m fascinated by everything related to the state of trance, to primitive spiritual things, to shamanism , and this aesthetic can match this. Paul made me discover very recently Sunn O))), and even if the logic is different, the purpose is the same.

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6) In Paradisum parties follow a hard and audacious line, by promoting the artists of the label while making them play beside big names such as Surgeon, Ancient Methods, members of Perc Trax, Modern Love, Sandwell District or more confidential names like Oneohtrix Point Never. Is it a way to create a link between aesthetically close artists, either is it to strengthen the identity of the label within the French elecronic landscape ?

M: It’s mainly because we would like to see guys that nobody booked here !

GH : That’s right, you say « big names » but during one year we have invited artists who had never played in Paris before. That’s what we enjoyed, but nobody used to program them. When we started our parties at the Rex club, on wednesdays, the guys of the staff were there and really liked it ! It made a connexion with the label, and this permitted us to have both a club and a non-club logic.

M: Each time we invite artists, it’s to push things forward. Sometimes, we have to insist. Oneohtrix Point Never, for example, who recently signed on Warp, well, the night he played at our party, the Point Ephémère was barely half-full, and we plan to invite him again. We really want to open doors to artists we like and want to support.

LJ : There are so many techno parties in Paris, in a way if we plan things as concerts instead of only making club nights, it changes the perspective and we can experience different stuff.

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7) There seems to be an very little increase of interest for techno, even the darkest one, in France today, whereas in Europe and in the world the genre is uprising both in visibility and creativity. How do you see this « upper wave » ?

GH : On one side, even if we made those guys play who are associated with this scene, we are not really part of it. We see things in a little wider way, and even if our parties have a techno frame, above all what counts for us is the freedom to do things as we want to. Maybe this upper wave touches In Paradisum, but we are much more positioned on electronic music in the broad sense.

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8) In Paradisum has recently come close to the label BLWBCK, more oriented to drone/noise/experimental genres. Is there a necessity, in your opinion, and today more than ever, to make underground scenes meet ?

M: I discovered BLWBCK by sheer luck, via a blog, and I saw that Saaad was from Toulouse. I decided to contact them, and there was an instant mutual agreement. We have very wide tastes and we want to discover new grounds, meet other musicians, things weave like that.

GH : Lucy, as you said, wants to start from a techno basis to extend to experimentations. But, you see, in a way we don’t have a music familly, we don’t have such a basis. We listen to a lot of things, and finally ends meet.

LJ : There is a lot of alternative scenes, and it’s true that those people don’t communicate between them. When we went to see Pete Swanson at the Instants Chavirés, there was nobody there from the parisian « techno scene ».

M: We have a pop vision of all of this, in the noble meaning of the word. We don’t try to split things.

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9) Can you tell us more about your forthcoming projects ?

M: Busy summer for me. I’m working on an OST for a movie, the first one by a young french filmmaker which may begin in July. I’m also working on my next live show, made with material from my next album. And I’ll also work on the mixing of La Féline’s next album.

LJ : I have a maxi soon out on In Paradisum in September, the most personnal I’ve ever made. About my album… well I’m never satisfied, I always want to change things, but it will definitelly be out on the label !

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10) And about the label, are there new artists joining the team ?

M: We are a good little familly now, each one is working on his stuff, things are ok like that. Insiden are working on an album as well.

GH : The parties at the Rex are becoming resident. The next one will be on the 23rd of August, with Untold and J.Tijn, and there will be another night at the Trabendo on the 27th of September, with Oneohtrix Point Never, Forest Swords and Basic House.

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