SSS Interview : Ivan Smagghe

« On a toujours pensé le label comme politique. »

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Label

Genre

Par David Robert
Publié le 17 janvier 2013 | 18:32

A l’occasion de sa venue à l’I.Boat samedi prochain (places à gagner ici) Ivan Smagghe a répondu (un peu) à nos quelques questions.
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1) Tu accueilles Marc Pinol lors de ta prochaine résidence Kill The DJ à l’I.Boat. Pourquoi l’avoir choisi ? Il a signé notamment sur Meant Records dont il est assez proche. Comment vois-tu ces labels français qui font de la résistance par rapport à d’autres pays dans lesquels la techno est mieux implantée ?


Marc est un de mes amis et simplement un de mes djs préférés. Il a fallu le pousser pour qu’il se lance, c’est un grand timide et quelqu’un de très humble, tant mieux. Concernant les labels, je ne vois pas très bien ce que tu veux dire, il y a plein de labels en France, dans tout les genres, ceux qui font de la résistance ne sont pas forcement ceux qu’on croit… En tout cas, il y a des gens dont on se sent proches, d’autres moins…

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2) Tu as été disquaire dans un des plus prestigieux magasins de disque, Rough Trade. La musique qui se dématérialise et qui perd parfois en qualité c’est quelque chose qui te fait peur ? Que tu approuves ?


C’est un état de fait et cela ne m’intéresse pas beaucoup d’en discuter.

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3) Justement, en parlant de nouvelles technologies, est ce que tu as dans l’idée de développer tes prestations avec des nouveaux instruments ou technologies expérimentales (Reactable par exemple) ?

Non, j’utilise juste Traktor pour des raisons pratiques (trop long de graver des cds, platines vinyles défectueuses, mais je l’utilise de la façon la plus classique possible. Je suis un DJ qui joue des disques, c’est tout…

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4) Est-ce que selon toi être Dj et dénicher des perles rares qui méritent d’être mises en avant est un acte plus fort que de produire sa propre musique ? Tu penses que c’est un lien idéal entre le producteur et l’auditeur, loin des circuits de distribution plus classiques ?

j’ai toujours conçu la prod et le fait de passer des disques comme des choses assez séparées. En un sens, oui, on fait le ‘passeur’ donc mettre en avant ce que qui ne le sera pas sinon, on y pense. Sans pour autant se forcer a ‘être underground’ ou quoi que ce soit. Je ne connais que deux sortes de disques, les bons et les mauvais.

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5) A ce titre, est ce que des concepts comme les lives et sets en ligne du type Boiler Room (pour lequel tu as joué) sont des médias vers lesquelles tu aimerais te tourner d’avantage ? Pouvoir diffuser ta musique à une infinité d’individus en instantané est un potentiel énorme. Qu’en penses-tu ?

Bof, je n’ai rien contre mais vraiment rien vraiment pour non plus. Ce genre de trucs ne peut remplacer un club puant la sueur mais pourquoi ne pas le faire… C’est juste un autre exercice… Je dois être un peu trop vieux pour réaliser ce ‘ potentiel énorme ’.


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6) Comment vois-tu la place de Kill the Dj et son positionnement par rapport aux scènes électroniques ? Penses-tu qu’il faut revenir à une idée militante du label musical, à l’image de Underground Resistance pour n’en citer qu’un ?

‘Revenir’ ? On a toujours pensé le label comme politique. A notre manière, avec tout ce qui se passe en ce moment, toutes ces reculades lamentables, plus que jamais.

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7) Tu as très peu (voir pas du tout) d’autoproduction. Est-ce que tu considères tes mixes ou tes remixes comme des productions à part entière ou comme des choses plus ponctuelles, des collaborations pour le plaisir ? Tu as des projets en cours dont tu aimerais nous faire part ?

je fais des remixes pour des amis et des artistes que j’aime bien… de plus en plus (à venir : The Asphodels, Le Carroussel, Suuns…). Apres, je focus pour l’instant sur l’album d’It’s a Fine Line, mon projet avec Tim Paris. Ca devrait être prêt pour l’été.

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8) Tu as quitté Blackstrobe en 2007 pour des raisons de désaccords musicaux sur l’orientation du projet. Qu’est-ce que tu aimerais idéalement développer ? Un projet polymorphe qui soit comme la discothèque idéale de demain ?

Et bien, justement avec It’s A Fine Line, c’est de ne pas definir qui est important.

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9) Puisqu’on parle de bibliothèque de Babel (discothèque, pour le coup), tu as déclaré dans une interview que Jorge Luis Borges serait (tout comme Georges Orwell) premier ministre du gouvernement idéal si tu étais président. Orwell, on comprend pourquoi, vu ton engagement politique, mais pourquoi Borges ? « L’imagination au pouvoir » ? Quelle place prend la littérature dans ton parcours musical ?

La litterature est sûrement ce qui me permet de continuer a faire de la musique. J’ai toujours beaucoup lu mais j’ai aussi un blog de bouquins depuis quelques temps, Discipline in Disorder et on va, fingers crossed, commencer bientôt à publier des traductions de trucs anglais introuvables en Francais.

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10) Si on te dit « Avoir trouvé du Henri Michaux à un after après un de tes mixes, c’était le point final parfait ! », ça t’évoque quoi ? S’il y avait un livre à lire par excellence en écoutant l’un de tes dj mix ou compilations , ce serait lequel ?

Ah ah, surement pas Henri Michaux. C’est vraiment une drôle de question, plutôt bonne mais a laquelle je ne sais pas répondre…

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11) Tu as été chroniqueur à la radio avec Nova, ont suivis les Inrocks’. Aujourd’hui, on constate que tu t’investis un tant soit peu sur internet puisque tu tiens un blogspot et un compte facebook aussi évidemment.


Investissement minimal. Un blog, voir Twitter sont des formes encore classiques. Le facebook est géré par mon management, je ne sais même pas comment ca marche et je ne veux pas le savoir. J’en comprends l’utilité mais aussi le caractère invasif. C’est soit ça, soit les livres et les films. Mon choix est fait.

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12) Tu as des projets spécifiques à développer sur internet dans l’avenir ? Et que penses-tu des projets comme le nôtre qui sont une évolution des magazines classiques et des fanzines papier d’antan ?

Le site ivansmagghe.com est presqu’au point. Ce sera un croisement de tout ces autres points… Tout ce qui permet une diffusion et une reflexion intelligente sans privilegier les modes virales et autres idioties me parait une bonne chose donc je vous souhaite plein de bonnes choses pour la suite…

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