SSS Interview : Mike Dehnert [FR/ENG]

Producteur discret mais qui impose le respect, Mike Dehnert a accepté d’avoir une courte entrevue avec nous avant son passage à Paris pour la Technorama

SSS Interview mike dehnert

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Par Alexandre Aelov
Publié le 3 avril 2014 | 19:35

Mike Dehnert est de ces producteurs prolifiques mais discrets. Fort d’une discographie qui impose le respect, toujours techno mais vaste dans les approches, chacune de ses sorties suscite la curiosité, tant sur Delsin que sur son label Fachwerk. Dans le cadre de la Technorama qui se tiendra ce vendredi au Rex, l’équipe ayant eu la bonne idée de faire venir l’allemand en terres françaises pour cette nouvelle édition très attendue, nous avons pu lui poser quelques questions.

 

- On en sait finalement peu sur toi. Tu n’as pas délivré beaucoup d’interviews et tu restes assez discret malgré la reconnaissance de tes productions, de ton label mais aussi de tes représentations (Dj sets et lives). Penses tu que la surmédiatisation est néfaste d’une certaine manière à la techno ?

Absolument. Je pense que communiquer par la musique est plus important que de poster des photos de ton repas… Vraiment, il n’y a pas de moyen plus direct et plus personnel d’interagir que via la musique. C’est un langage universel, tout simplement.

 

- On va en profiter pour justement te demander de nous parler un peu de toi. Quelles sont tes inspirations et ton univers culturel au sens large ?

Je ne sais pas vraiment… J’essaie de me focaliser sur une émotion précise, de poser une situation tout au long de la track. Ce qui m’influence, c’est ma vie de tous les jours, j’essaie de transcrire en musique les images que je garde de ce que je vis.

 

- Récemment, tu sortais sur Delsin Records ton nouvel album intitulé Lichtbedingt. S’en dégage quelque chose de plus aérien, et de plus lumineux – comme son nom pourrait l’indiquer – par rapport à Framework sorti il y a trois ans, et fait d’une sombre techno. Ce nouvel opus signifie t-il la volonté de vouloir faire quelque chose de nouveau face à la scène techno actuelle qui flirte avec des musiques opaques comme l’industrielle, le drone etc ?

Oui, absolument. Bien sûr, je fais toujours de la techno, et il m’arrive encore de m’aventurer dans des franges plus sombres, mais disons qu’aujourd’hui, avec de l’expérience, j’ai d’avantage l’opportunité d’expérimenter, de développer d’autres émotions, d’autres formes.

 

- Là ou pas mal de producteurs mettent un point d’honneur à ne travailler que sur du matériel analogique pour défendre une façon de produire, tu dis certes travailler sur du matériel 100% analogique, mais que ce n’est pas par déni du digital. Quel est ton positionnement par rapport au purisme analogique et ceux qui défendent l’analogique comme seul moyen de production respectable ? Pour toi seule la manière de produire compte-t-elle ou seul compte le résultat ?

Je n’ai pas trop d’opinion à ce sujet… à vrai dire je ne savais même pas que ça faisait débat. Peu importe ce que j’utilise, puisque je parviens au même rendu en fin de compte. Tout ce qui importe est ce qui sort à la fin.

 

- Le titre de ton album est d’ailleurs une référence à l’importance de la lumière en club. Ainsi penses tu que ton album doit se faire dans un club pour pouvoir accéder pleinement à son essence ? En élargissant, la techno est elle aujourd’hui une musique qui ne peut prendre parfaitement vie qu’en club ?

La lumière est un élément majeur. Beaucoup de choses dépendent des contrastes, des formes. Tu peux très bien jouer un set techno très sombre dans une salle baignée d’une ambiance house très positive, ou au contraire jouer un set house puissant dans une ambiance plus sombre et brute, tout dépendra de la lumière. C’est elle qui crée la manière dont la musique te transportera.

 

- Depuis 2010, tu agis également sous le pseudonyme MD2, side project fait d’une techno plus minimaliste, parfois aux allures de dub-techno. A ce jour, MD2 réunit 6 excellents EP’s. Envisages-tu un format album ?

Non, du tout.

 

- Ton label Fachwerk gravite essentiellement autour de trois artistes depuis six ans: Romain Lindau, Sascha Rydell et toi. Est ce une volonté d’avoir ainsi fermé ton label ? Quel était l’objectif du label à sa création ? 

Avant tout, Fachwerk est simplement un moyen de publier la musique que j’aime et au travers de laquelle je communique. Roman et Sascha sont des amis proches, on était en cours ensemble, et on partage cette même passion, voilà pourquoi je les ai signés sur mon label.

 

- Mais malgré ce cercle fermé d’artistes, la première sortie de l’année est signée de l’anglais Roberto (habitué d’Affin). Peut-on y voir une ouverture vers d’autres artiste pour la suite ? L’objectif du label est il en train d’évoluer ?

Éventuellement, mais de manière occasionnelle. Je ne veux pas m’éloigner de la ligne directrice de base.

 

- De nombreuses sorties de ton label sont d’ailleurs épuisées. Et si on regarde la page Discogs, on peut voir en commentaire “Represses needed, please! Not everybody can afford these high prices.”. Que penses tu des gens qui spéculent sur les vinyles et les vendent à des prix exorbitants (on pense par exemple au LP de Sandwell District qui plafonnait à 9000$ il y a encore quelques temps) ? A ton avis, les labels ont-ils un rôle à jouer dans ces cas-là ?

Sérieusement ?? J’ai deux exemplaires de cet album chez moi, c’est parfait ! Peut-être que je ferai un jour un repressage de toutes les sorties Fachwerk, mais ça n’est pas à l’ordre du jour. Pour le moment, je préfère dépenser mon énergie à créer de nouvelles choses.

 

- Par rapprochement, quel est ton positionnement par rapport au vinyle souvent considéré comme seul “média pur” pour mixer ?

Premièrement, le son est meilleur, c’est net. Ensuite, le processus qui mène à la sortie d’un format vinyle est bien plus intense que pour du digital. Il faut d’abord réfléchir à l’ordre, la disposition en faces, c’est très important de savoir quel morceau ouvre et quel morceau ferme un EP, ça prend tout son sens en vinyle. Toutes ces étapes, y compris l’artwork, les testpressings, le temps d’envoyer le tout à l’usine, c’est tout un processus créatif qui se retrouve dans l’objet fini. C’est très important pour moi.

Mike Dehnert is surely one busy yet discreet musician. With a interesting discography worth of great respect, always techno but slightly opened to various forms and approaches, each new release gathers the right attention, on Delsin or on his own imprint Fachwerk. He’s invited this friday in Paris by the Technorama team to rumble the Rex Club, thus we had the opportunity to ask him a few questions.

 

- There is not many details running about you. You haven’t given much interviews and you remain quite discreet despite of the recognition your productions, your label and your live acts and sets gathered. Do you think that an excessive media exposure tends to cause harm to techno music ?

Yes, for me communicating with music is more important  than posting what you had for dinner… I think there is no other way to get personal than only with the music. Music is an universal language.

 

- By the way, could you tell us a bit more about your inspiration and what builds you musical universe ?

I have no idea… I try to keep a emotion, to set up a situation along the track. I’m influenced by the normal everyday life, I try to do a picture out of a situation, an emotion, and translate it into music.

 

- You released recently your first album on Delsin, called Framework. You seem to have put in it more light, as the title suggests, more space than in the previous one, Framework, three years ago. Does it mean that you are standing now in an aesthetic position out of the range of this modern techno melting with dark abstract genres ?

Yes, absolutelly. I’m always into techno of course, and also sometimes in the darker side of techno but now, with experience and time, I’ve managed to find more space to experiment with some other emotions  and forms. I’m mean, as I told you, I try to translate emotions into music, and I think that things tend to evolve now.

 

- A lot of producers claim to be analog fanatics, defending an analog-only way to create. You declare working on 100% analog gear but that it’s not in opposition to digital stuff. What is your opinion regarding the fight over analog/digital production methods ?

I have no idea about this fight, never heard about this. For me it doesn’t matter what I use because I can sound very analog with digital stuff and in the same way sound digital with analog stuff. For me what matters is how it sounds in the end.

 

- The title of your album also evokes the role of the lights in clubs. Do you think that these tracks are made to be listened in clubs, if we want to catch its essence ? In a more general view, do you think that techno is necessarily a music that can’t be fully vivid if not listened in this kind of context ?

I think a lot of things depend on the light,contrasts, forms… Whether you play a dark techno set for a vivid dancefloor and housy room, or the opposite, if you play a groovy house set in a concrete dark place, your feelings will depend so much on the light. It’s a essential element for your listening.

 

- Since 2010, you also produce music under the MD2 alias, a more minimalistic project, somehow dub-techno sometimes. Since then, you’ve released 6 excellent Eps under this name, do you plan to release an album ?

No, not really.

 

- Your label Fachwerk is mainly focused on 3 artists : Roman Lindau, Sascha Rydell and yourself. What was the main idea behind the label ? How do you perceive it’s artistic line among today’s techno scene ?

The main idea behind my label is I love music and comunicate with the music. Roman and Sascha are friend of mine since school time and we have the same passion for the music, so it’s all a friendship thing.

 

- However, you released a record from Roberto on Fachwerk. Does it mean an opening towards other artists in the future ?

Yes, but just a bit. I want to stay focused on the main line.

 

- A lot of the releases on your label are sold out everywhere. And if we look at the Discogs page, the prices a jumping high sometimes, and people ask for represses. What do you think about the people making a business on speculation over records, with top prices being at incredible costs (sometimes ridicoulous, like this seller puting Sandwell District’s album at 9000$) ? Do you think that labels has a role to play to prevent that kind of things ?

Cool!! I have two copies of that album at home! Maybe I will do a very special Fachwerk repress box but at this moment I spend all my energy to do new things…

 

- In extension, what are the reasons for you to be attached to vinyl pressings, as a label owner and musician ?

First, that sounds definitely better. Then, you know, the process to make the decision which tracks you select for a vinyl release is much more intensive than digital becouse you have to think about side A, side B, how it sounds like. It’s important to chose properly what will be on the sides. All these steps take time and ake sense, the testpressing, the artwork, then when you have the final product in your hands, you realize it has been a whole creative process.

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