SSS Interview : Moresounds [FR/ENG]

A l’occasion de la sortie de son nouvel EP, l’inimitable Moresounds répond à nos questions.

tmp_17830-Moresounds-DROP-2104165486
Par Martin Drazel
Publié le 23 avril 2015 | 11:50

Article réalisé en collaboration avec Thibaud Marty

Trublion venu tout droit du hip-hop, Moresounds a su s’imposer au sein de la scène drum & bass avec une approche radicale et atypique. Sa musique, à la fois teintée de ragga et d’inspirations jamaïcaines et pourtant très dansante et sautillante, à l’instar d’une jungle de terroir, est inimitable.

Il  a répondu à quelques unes de nos questions, à l’occasion de la sortie de son dernier EP, « Pure niceness », fraîchement signé sur le label de Fracture : Astrophonica.

 

1 / Hello Moresounds. Tout d’abord, peux-tu te présenter un peu ?

Moresounds est un projet solo qui a commencé vers 2005. Totalement orienté hip-hop à la base avec des influences dub, ainsi que quelques collaborations avec des Mcs.
Ensuite je me suis tourné vers des productions plus instrumentales (cf le SNAFU EP), puis je me suis laissé porter par les nouveaux styles hybrides et les inspirations du moment.

2 / Tu as un parcours atypique, des soirées squat aux clubs anglais. Comment passe-t-on de la rave au club ?

Je viens des alentours de Montpellier. Quand je suis venu m’installer à Paris vers 2006, il a fallu que je trouve un endroit pour travailler. J’avais pas vraiment les moyens de louer un studio, et des amis venaient d’ouvrir un lieu à Ménilmontant : le Cleub.
J’y ai trouvé un espace pour travailler. Nous avons organisé durant deux ans environ beaucoup de soirées et de concerts. Bref, j’ai bossé mon son là-bas et après avoir rejoint Cosmic Bridge, j’ai fait mes premiers lives en Angleterre, vu mon affiliation à un label UK.
Je n’ai jamais joué en free party vu que je venais du hip-hop, mais j’y ai pas mal traîné car mon frère et mon cousin ont été des acteurs de ce milieu à la fin des années 90. Ils sortient des disques (KGB, JMF, Okupe, Random, etc…) et jouaient dans des teufs avec les Spiral, Radiobomb, Mas I Mas, Interlope, et d’autres. Ils m’ont beaucoup appris et influencé sur la manière de composer et de jouer avec des machines.

3 / Tu as signé, entre autres,  « Nuff Music », un track à quatre mains avec Om Unit, sur son label. Comment cette collab a-t-elle vu le jour ?

J’étais à Londres pour la release party du « Moresounds EP » sur Astrophonica (label de Fracture) fin 2013. Une pure soirée avec Alix Perez, Fracture, Sarah Farina, Ashes et Loefah.
Je suis passé voir Om Unit à son studio le temps de mon séjour, on a bossé un track qui est devenu « Nuff Music » sur la compilation Cosmology. On a aussi bossé un autre track avec Fracture cette semaine-là, ça a donné la collaboration « Dead And Bury » qui apparaît sur mon dernier EP chez Astrophonica : Pure Niceness.

4 / Ton approche totalement orientée hardware est un peu ta marque de fabrique, non ? Comment choisis-tu tes machines ?

J’ai appris et commencé à faire du son avec du hardware, et depuis j’ai amassé pas mal de matos. J’essaye, j’achète, je revends, je prête, je troque…
C’est vraiment plus agréable de jouer ou encore chercher des sons sur un vrai synthé que de cliquer avec une souris sur un écran… J’utilise aussi des plugs et des instruments virtuels bien sûr, mais j’aime vraiment mélanger les deux.

5 / Tu utilise beaucoup de samples « classiques », comme le amen-break. Ne trouve-tu pas qu’ils ont été trop exploités ?

Trop exploités ? Non, je ne pense pas. Au vu de la multitude de morceaux qui ont été fait avec ces samples, je trouve plutôt intéressant de voir comment chacun se les approprie.
Dans mes origines hip-hop, le sampling ou bien utiliser des samples « classiques » ne pose aucun problème. L’important c’est surtout ce que l’on fait avec, c’est ça qui est intéressant.
Je pense que tous ces samples sont inépuisables… Surtout le amen break.

6 / Comment fais-tu la transition entre ton live et tes compositions ? Est-ce méthodique, ou bien fais-tu tout ça au feeling ?

Pour jouer mes morceaux en live, j’éclate les pistes des morceaux sur ma table de mixage pour pouvoir affecter des effets sur les sons que je choisis. Cela demande donc un peu de préparation. Après, le mix en live se fait totalement au feeling.

7 / Aurais-tu un artiste phare avec qui tu aimerais collaborer, et pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Scientist : il détient le savoir et les recettes ancestrales du dub.

8 / Ce mélange juke/Jamaïque est vraiment ta signature. Comment es-tu arrivé à ce son ?

C’est dû à mes principales influences : hip-hop, reggae, dub et jungle, que j’écoutais à fond dans les années 90. J’ai pris une grosse gifle la première fois où j’ai entendu de la ragga jungle, j’en écoutais pas mal à l’époque.
En découvrant le footwork dernièrement, j’ai retrouvé une espèce de fraîcheur, de croisement de ces styles ; surtout quand Om Unit a sorti ses edits jungle sous le pseudo Philip D.Kick, ou encore sa collaboration avec Machinedrum : « Dream Continuum ».
J’ai toujours mis des touches dub dans mes morceaux. Tout ça mélangé donne mon son.

9 / Peux-tu nous partager quelques unes de tes perles, ces morceaux indispensables à tes yeux qui ont façonné ta carrière (tous genres confondus) ?

Voici les premières idées qui me passent par la tête :
King Tubby : Dread locks dub
Notorious B.I.G. : Ready to die (tout l’album)
69db : Live at Jérusalem
Quasimoto : The unsee (tout l’album)
J & J : Physix
DJ Rashad : I don’t give a fuck
Cut Killer & La Cliqua : Mix tape n°11
Various artists : Jungle hits volume 2

10 / Que fais-tu en dehors de ton activité artistique ?

Du vélo…

11 / Pour finir, et pour la blague : pourquoi le blase « Moresounds » ?

Il n’y a pas vraiment de petite histoire croustillante à ce sujet, mais il fallait trouver un nom pour ma page Myspace (RIP).
More… Sounds : Moresounds. J’ai tapé « ok ».
C’est simple, efficace et passe-partout. En plus, j’aime bien ne pas rester cloisonné dans un style musical précis et pour le coup c’est le nom qui colle parfaitement à cette vision des choses.

A troublemaker coming from a hip-hop background, Moresounds has broken through the drum & bass ranks with a radical, atypical approach. His music, a homegrown take on jungle with jamaican inspirations, yet remaining very dancing, is like no other.

Fresh off the release of « Pure Niceness », his latest EP on Fracture’s label Astrophonica, he answered a few of our questions.

 

1 / Hello Moresounds. Can you introduce yourself a little bit ?

Moresounds is a solo project that I started in 2005, heavily hip-hop oriented at the beginning, with some dub influences, and also a few collabs with Mcs.
Then I leaned towards more instrumental stuff (like the SNAFU EP), and then I let myself be driven by more hybrid styles and inspirations of the moment.

2 / You’ve carved an unusual path for yourself, from squat parties to English clubs. How did you switch from the rave to the club ?

I’m from the south of France, near Montpellier. When I came to live in Paris around 2006, I had to find a place to work. I didn’t have the funds to rent a recording studio, and some friends had just opened a new place around Ménilmontant : « le Cleub ».
I found a room to work there. We put together a lot of gigs and concerts there for two years. Anyway, I worked on my sound there, then after joining Cosmic Bridge, I performed my first live shows in the UK, as I was linked to a british label.
I never played in free parties as I came from hip-hop, but I attended quite a few because my brother and my cousin were both activists of this scene in the late 90′s. They had a few releases (KGB, JMF, Okupe, Random…) and played in parties with crews like Spiral Tribe, Radiobomb, Mas I Mas, Interlope… They taught and influenced me a lot on how to make and play music with hardware.

3 / You signed a collaboration track with Om Unit, « Nuff Music », on his label. How did this one happen ?

I was in London for the release party of my « Moresounds EP » on Fracture’s label Astrophonica, late 2013. It was a great night, with Alix Perez, Fracture, Sarah Farina, Ashes and Loefah. I visited Om Unit’s studio and we worked on a track which became « Nuff Music » on the Cosmology compilation. That same week, we also worked on another track with Fracture that became « Dead and Bury », which is out on my « Pure Niceness EP » on Astrophonica.
4 / This « strictly hardware » way of doing music is part of your trademark, isn’t it ? How do you pick your hardware ?

I learned and started making music with hardware. I have accumulated a lot of hardware ever since… I try, buy, sell, lend, trade….
It’s really more pleasant to play, to search and work new sounds on a keyboard, rather than point and click with a mouse on a screen. I also use software and plug-ins obviously, but I really love to mix the two.

5 / You use a lot of « classic » samples, like the Amen break. Don’t you think they are over-used ?

Over-used ? No, I don’t think so. When you see how many tracks have been made with those samples, I think it’s interesting to see how they are used. Coming from a hip-hop background, it’s part of it to use classic samples. The most important is what one does with them, that’s what is most interesting. I think those samples will never be over-used, especially the Amen break.

6 / How do you make the transition between your live act and your production ? Is there a particular method, or do you do everything instinctively ?

To play my tracks on a live set, I split the elements of my tracks so I can affect fxs wherever I want. So there’s a little bit of preparation indeed. Then, the live mix goes with the flow.

7 / If there is one artist you’d love to collaborate with, who would it be and why ?

Scientist, because he’s got the knowledge and ancestry of dub.

8 / That blend of juke and Jamaica is really your signature. How did you find your way to this sound ?

It comes from my main influences : hip-hop, reggae, dub and jungle, that I’d listen to a lot in the 90′s. I took a big slap in the face when I heard ragga jungle for the first time, I’d listen to a lot of it back then.
When I discovered the footwork movement lately, the crossing over of all these styles felt fresh to me, especially when Om Unit released his jungle edits under the pseudo Philip D.Kick, or his « Dream Continuum » collab with Machinedrum. And then I’ve always put a dubby touch into my tracks. So, an addition of all this is what defines my sound.

9 / Can you share some of your musical treasures with us, some essential tracks that shaped your career ?

Here are the first ideas off the top of my head :
King Tubby : Dread locks dub
Notorious B.I.G. : Ready to die (the whole album)
69db : Live at Jérusalem
Quasimoto : The unsee (the whole album)
J & J : Physix
DJ Rashad : I don’t give a fuck
Cut Killer & La Cliqua : Mix tape n°11
Various artists : Jungle hits volume 2

10 / What do you do besides your artistic activities ?

Bike riding.

11 / And for the joke : why the name « Moresounds »?

There’s nothing nothing particular to say about it. I had to find a name for my myspace page (RIP). « More »… « Sounds » : Moresounds. I just pressed « ok ».
It’s simple, efficient, all-purpose. Futhermore, I don’t like to be linked to one exclusive genre, and in this regard it’s just the right name to reflect my vision of things.

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top