SSS Interview : Perc [FR/EN]

Perc se prête avec sérieux au jeu de l’interview.

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Par David Robert
Publié le 12 janvier 2013 | 14:53

Invité aux côtés de Sigha lors de la résidence SSS à l’I.Boat (Bordeaux), Perc s’est collé avec sérieux à l’entretien habituel. En résulte une interview dont les réponses sont riches, claires et sans esquives. A noter que son SSS podcast est toujours disponible ici.

Merci Mr Wells !
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1) Cela fait maintenant un peu plus d’un an que ton album Wicker and Steel est sorti, et avec le recul il apparaît de plus en plus comme une sorte de manifeste de ce que serait vraiment l’essence du « son Perc ». Le long monologue d’ouverture intégré au surprenant enchevêtrement ambient sur Choice, ou bien le sample de fond sur Pre Steel rappelant fortement Trans Europe Express de Kraftwerk ou l’Etude aux chemins de fer de Pierre Schaeffer*, tous ces éléments semblent faire de cet album à la fois un retour aux sources mêmes de la techno, à son matériau brut (l’environnement urbain, industriel qui a contribué à sa naissance), mais pose aussi des perspectives immenses.
Comment voyais-tu sa création à l’époque ? Avec du recul, comment appréhendes-tu le chemin parcouru depuis ?

Durant plusieurs années j’ai tenté à trois ou quatre reprises de construire un album, mais ça n’est que lorsque j’ai composé « My Head is Slowly Exploding » que j’ai su que je tenais une ligne directrice cohérente. J’avais en projet de réaliser un album où tous les morceaux seraient composés à partir de hardware joué live. J’ai finalement achevé cinq morceaux en suivant cette méthode, mais seul « Snow Chain » fut intégré à l’album. Je voulais que celui-ci soit à la croisée de ma vie urbaine actuelle et des souvenirs de mon enfance dans la campagne anglaise, mais pour être franc, à l’écoute de l’album, c’est le côté urbain qui domine clairement même si je reconnais ici ou là des bribes de souvenirs.
Avec le recul, je suis toujours aussi satisfait de cet album. Je me dis toujours que je pourrais modifier la production sur quelques points, mais ce sont des détails. Les réactions très nombreuses et en grande majorité positives font qu’aujourd’hui cet album ne fait plus partie de moi, avec le temps il est devenu un album que chacun s’est approprié, et c’est le cas tout particulièrement pour les Londoniens.
Depuis que l’album est sorti sur Perc Trax mon son a évolué naturellement, et même si j’entends parfois des des tracks d’autres producteurs qui pourraient avoir été influencés d’une manière ou d’une autre par « Wicker and Steel », je pense qu’il constitue tout de même un élément à part dans la production techno récente, que ce soit sur le plan du projet en soi ou de la vision artistique plus globale dont il rend compte.

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2) En considérant ton EP A New Brutality sorti en juin dernier et ta participation à la compilation Stellate I chez Stroboscopic Artefacts en mai, les tournants pris ont pu surprendre par leur radicalité. Qu’il s’agisse d’apports noise et industriels poussés jusqu’au bout ou bien de compositions ambient parfaitement maîtrisées, ta marge de manœuvre semble s’étendre sur des horizons que tu n’avais jusque là abordés qu’au sein de tes mixes.
Est-ce qu’il s’agit pour toi d’explorer ponctuellement des territoires sonores périphériques et extrêmes, ou bien est-ce pleinement un moyen de dessiner l’avenir de la techno, après être revenu à ses sources ?

Je pense que la réception de «Wicker and Steel » m’a apporté la confiance suffisante pour explorer des voies plus expérimentales puis les sortir sur format vinyle plutôt qu’en digital qui est pourtant moins risqué financièrement. Je n’aime pas me répéter et aligner une production en usant des mêmes recettes mais il y a cependant des thèmes récurrents dans ma musique, et certains morceaux peuvent être considérés comme la progression d’un même concept. Lorsque je sens que j’ai poussé un concept jusqu’au bout, alors quelque chose de totalement différent peut apparaître.
Par exemple, j’ai eu trois propositions de remix pour lesquelles on me demandait de prendre simplement quelques sons de l’original et d’en faire quelque chose qui sonne exactement comme « A New Brutality », mais je refuse de faire ça, tout comme je refuserais aujourd’hui d’éditer des copies de « Up » qui date de 2007. Il y a suffisamment de personnes qui l’ont déjà fait de toute façon sans que j’aie besoin de m’en mêler.

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3) A quoi doit-on s’attendre dans tes prochaines productions ? Peux-tu nous en dire plus sur la place de ces nombreux apports dans ton travail à venir?

Pour le moment je n’ai pas de tracks originales de prévues, je préfère explorer de nouvelles voies, quelque chose de neuf. Il n’y a rien de pire selon moi que les artistes qui sortent un album puis quelques mois plus tard recommencent à faire des Eps qui sonnent exactement pareil.
Un album, pour moi, est une pierre angulaire, un jalon dans le parcours musical de chacun, et une fois qu’il est créé, il faut avancer, passer à autre chose. « A New Brutality » est un changement radical par rapport à « Wicker and Steel » et ce qui suivra sera quelque chose de différent également.
En ce qui concerne mes influences, j’écoute de tout, maintenant quant à vous dire quels sont les artistes qui m’influenceront le plus dans ces nouvelles perspective, je ne saurais pas vous dire pour le moment. Ce que je peux vous dire en revanche c’est qu’il y aura un tournant radical par rapport à ce qui se fait le plus en matière de drone/dub techno ces temps-ci. Je ne me suis jamais senti proche de ces influences, mais aujourd’hui je peux dire que mon parcours est vraiment aux antipodes de ça.

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4) Comment vois-tu le rôle de Perc Trax dans la scène techno londonienne actuelle?

Hmmm, du fait que je suis au cœur de Perc Trax je manque peut être de recul, quelqu’un d’extérieur à la chose serait certainement plus à même de donner une impression juste.
Le label ne s’aligne pas sur Berlin, c’est un fait, même si bien sûr il y a des influences berlinoises dans les sorties du label. Je ne suis pas chauvin pour autant, je n’aime pas trop en rajouter sur le côté « londonien » de la chose (je n’y fais pas référence dans l’artwork par exemple) mais je dois avouer qu’il y a une certaine fierté à voir Perc Trax reconnu comme un label important ici, et cela contribue à marquer la distinction qui se précise actuellement entre la scène britannique et ce qui se fait ailleurs alors ça me va.


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5) On remarque en France depuis 2/3 ans maximum une montée en puissance de la techno, et notamment dans sa frange la plus deep. Es-tu du même avis ? Si oui, quelles en sont les raisons à ton avis ?

Pour être honnête, je connais peu la scène française actuelle.
Je sais que Paris n’est pas aussi active sur le plan techno que d’autres capitales européennes, mais des personnes comme Mondkopf et toute l’équipe d’In Paradisum (ndlr : des places sont à gagner pour la prochaine soirée In Paradisum avec notamment Perc et Andy Stott) par exemple font un travail remarquable pour dynamiser cette scène. En dehors de Paris je n’en ai aucune idée, mais l’émergence d’une techno plus profonde pourrait s’expliquer par un son plus accessible que d’autres franges plus industrielles. Mais à part ça, je ne saurais pas vous en dire plus.

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6) Tu évoquais il y a quelques temps la disparition progressive des disquaires et par conséquent d’une partie du tissu social qui permettait aux différents acteurs de cette scène de se retrouver, d’échanger, d’évoluer. Dans quelles voies la situation peut selon toi évoluer aujourd’hui?

Je pense que les disquaires qui subsistent aujourd’hui sont bien plus présents en terme de visibilité sur internet et d’intéractions sur les réseaux sociaux qu’ils n’ont pu l’être, mais l ’époque où chaque ville moyenne (ou plus petite) avait quelques disquaires indépendants de qualité est définitivement révolue. Je ne pense pas que la situation puisse changer sans des transformation profondes, via un changement d’approche vis à vis de la technologie pourquoi pas, mais je n’ai aucune idée de comment les choses peuvent évoluer sur ce point.

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7) Avant de pouvoir vivre de la musique de Perc, tu as effectué plusieurs boulots lié à l’industrie du vinyle. Aujourd’hui, là ou beaucoup d’artistes pensent que le vinyle est plus que jamais à porter, tu effectues pas mal de tes représentations uniquement avec ton PC. Quel regard portes-tu sur ce format pour ta musique et celle de ton label ?

J’aime le format vinyle, je pense qu’un format physique est important, que ce soit pour l’artiste lui même ou pour la production et son label. C’est un gage de sérieux. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai stoppé pour le moment l’édition de sorties digitales sur Perc Trax. En aucun cas je suis un puriste du vinyle et je suis le premier à considérer qu’un DJ ne devrait être jugé que sur ce qui sort des enceintes et pas sur le format qu’il utilise. Et toute cette mode de « l’or noir » sur facebook est tout simplement pénible, mais en tant qu’objet précieux je reste très attaché à ce format.

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8) Y aurait-il dans ton travail de production comme dans ton engagement pour ton label une logique globale de revitaliser la techno ? Peut on considérer que tes activités sont liées par ce même combat ? Selon toi, manque-t-il quelque chose, musicalement parlant, dans le paysage techno aujourd’hui ?

J’ai souvent abordé la question et oui, selon moi le genre manque actuellement d’originalité. Trop de personnes copient des recettes à succès, à la recherche d’une reconnaissance rapide et d’un agenda bien fourni. Il suffit que quelqu’un perce avec un son original et aussitôt vous voyez apparaître des copies. Lorsque de jeunes producteurs fonctionnent ainsi, c’est déjà triste, mais lorsque des producteurs renommés de longue date qui étaient auparavant innovants et influents se mettent à fonctionner ainsi pour faire oublier leur perte de vitesse, c’est impardonnable.
Je tiens à rester le plus innonvant possible tant dans ma musique que sur ce que je mets en avant via Perc Trax, et si parfois je fais fausse route, c’est pour moi l’occasion de me remettre en question, mais il est toujours bien plus préférable de prendre des risques qui valent la peine plutôt que d’user de vieilles recettes cent fois entendues.

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9) Tu as sorti un bon nombre d’EP et attendu plus de 10 ans avant de sortir ton premier album. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Pendant plusieurs années, je n’ai pas senti que j’avais une vision assez large et la maîtrise technique suffisante pour aborder un tel projet. J’ai bien fait plusieurs tentatives mais jamais je n’ai mené à bien plus de deux ou trois morceaux d’affilée. « Purple », sorti chez CLR, fut le premier morceau que j’aie composé originalement en vue d’un album, mais le projet s’arrêta là.
Les concerts, mon travail pour le label et les remixes ont également retardé tout projet continu de faire un album, je ne voulais pas tout faire en même temps, il me fallait le temps nécessaire pour le mener d’un trait.

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10) Tes différents EP sont d’ailleurs sortis, et continuent de sortir, sur pas mal de labels. Ce choix de diversité est il quelque chose qui te tient à coeur, qui fait partie d’une réflexion globale, ou est ce simplement que tu n’as pas encore trouvé le label qui te convenait?

Certains projets conviennent à certains labels, c’est pourquoi j’envoie mes productions à différents labels pour lesquels j’ai un grand respect et que je juge les mieux à même de mettre en valeur chaque morceau. Bien évidemment, chaque label a sa manière de promouvoir ses sorties, et ils touchent tous un public différent, donc il est préférable de ne pas travailler avec un trop grand nombre d’entre eux. Travailler avec trop de label peut rendre une image hésitante, donner l’impression que vous vous éparpillez, n’avez pas une vision très claire de votre travail.
Pour le moment, je ne sais pas quel label pourrait correspondre à ce que je recherche en matière de liberté de composition/mastering/artwork/promotion pour un album, mais je suis satisfait des collaborations ponctuelles avec des labels que je respecte tels que Stroboscopic Artefacts, CLR, etc.

1) It has been a year since your album, Wicker and Steel, has been released, and while looking back at it now, it appears to be like a manifesto of what we can call the « Perc sound ».
The long monologue integrated to the magic ambient pads as an opening on Choice, or the background sample on Pre Steel strongly evoking legendary foundations of electronic music (such as Kraftwerk’s Trans Europe Express or Etude aux chemins de fer by Pierre Shaeffer), all those elements seem to create a tribute to what is truly techno music, its raw sound (urban soundscapes, industrial context that led to its birth), but also set up huge perspectives. How did you conceive the creation of the album at the time? With almost one year past since then, how do you see the way things evolved?

I attempted to start the album 3 or 4 times over a period of a few years and it is only when ‘My Head Is Slowly Exploding’ appeared that I knew I had a blueprint for the rest of the album. At one point I had a plan to make a certain type of album, where all the tracks that were recorded live using just hardware. Five tracks were made with this method but only ‘Snow Chain’ made it into the final tracklist. The album is meant to be a fusion of my current urban existence and my childhood in the English countryside, but to be honest listening to the album now the urban part of the sound is dominant but I can still hear small hints of my early years there.
A year on I am still very satisfied with the album, I can hear a few production changes I would make but they are quite minor. The positive reaction and widespread coverage of the album means it does not feel part of me anymore and is more a techno album for everyone and especially for Londoners. Since Perc Trax released the album my sound has evolved and sometimes I hear tracks by other producers than might have an influence from Wicker & Steel but I still think the album is quite unique amongst recent techno albums in terms of its scope and overall vision.

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2) Considering your EP A New Brutality released last June, and also your contribution to the Stellate 1 compilation in may, the turning points you took may have surprised because of their radicality. On one hand there are noise an industrial aspects pushed to the limits, and on the other there are perfectly developed ambient tracks. The scale of your experiments therefore seems to open on characteristics you only developed in your mixes so far. Does the interest of such experiments lie in single, isolated productions to explore extreme soundscapes, or do you tend to build a sort of perspective for a future techno sound inspired by the Wicker and Steel experience? 

I think the reaction to Wicker & steel has given me a new confidence to explore more experimental ideas and to release them on vinyl rather than giving them a digital release where there is less financial risk. I hate to repeat myself and to make tracks using the same formula but I can see recurring themes in my music and sometimes tracks can be seen as a progression of a concept when I feel that I have gone as far as I can with that concept then something completely different appears. I have already had three remix requests where they have asked for tracks exactly like ‘A New Brutality’ with just some a few sounds from the original track in the breakdown but I refuse to do this, just as I would not make copies of ‘Up’ in 2007, enough other people did that anyway without me joining in.

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3)  So, what should we expect in your upcoming releases? Can you tell us more about the importance of those new influences in your forthcoming work? 

Right now I don’t have any original tracks scheduled for release as I am looking for something new, for me there is nothing worse than an artist releasing their album and then a few months later they go back to releasing EPs with exactly the same sound.
An album is like a putting down a marker in your musical life and once it is released then it is time to change. The 4-track ‘A New Brutality’ EP is a definite change and progression from Wicker & Steel and what comes next will be something different, making a different kind of statement. As for influences as usual I am listening to all kinds of music right now, which artists will influence my new music the most I don’t know yet. One thing I can say is that there will be a definite shift away from anything close to the popular drone/dub techno sound. I have never made too much of that sound and right now it is almost the exact opposite of where I want to be with my music.

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4)  How do you consider the place of Perc Trax in the London techno scene today? 

Hmmm, it is hard to see its position when I am right at the centre of it all, it would probably be better for an outsider to say how they perceive the label. The label does not kneel down to Berlin even though of course there is some influence from Berlin on some of the music Perc Trax releases.
I never push the London thing too hard and don’t reference the city in artwork etc but I am proud that people see Perc Trax as a London label and if it represents the distinction that is occurring right now between UK/London techno and sounds being made elsewhere then that is fine for me.


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5)  Since a couple of years it has been quite a fact that there is in France a significant rise in the people interest for the techno scene, especially for the deep side. Is it your impression? What are the reasons to explain this, according to you? 

To be honest I don’t know that much about the French scene right now.
I know that Paris is not as strong as some European capital cities for techno but people like Mondkopf and his In Paradisium crew are doing some great work to help techno in Paris. Outside of Paris I don’t know, the rise of deeper techno might be helped by the fact it is more accessible that harsher, industrial sounds but apart from that I can’t really say any more.

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6) A couple of years ago you were talking about the progressive disappearance of records shops and consequently of the social network which permitted to different people of the scene to meet each others, to share, to build. In which direction can the situation evolve now? 

I think the records shops that remain now are much more proactive in terms of their web presence and social media interaction but still the times when all small to medium sized towns had a few good independent vinyl stores is gone and will never come back. I don’t think the situation will evolve much more without some huge, probably technology driven, change occurring and I am not really the man to predict what that might be.

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7) Before you can live from your music as Perc, you did several jobs in the vinyl records industry. Nowadays, as a lot of artists agree to the fact that vinyl record is to support, you play most of your shows on laptop. What is your opinion on the vinyl record and how do you consider this in your own music and label? 

I like vinyl as I believe that a physical representation of a release is something important both for the artist himself and to add a level of seriousness and respect to the release and label. This is why for now I have stopped all Perc Trax digital-only releases. That said I am in no way a vinyl purist and believe that a DJ should be judged on what comes out the speakers and not what format it plays from. All that ‘vinyl for me!’ and ‘black gold’ nonsense on facebook is just irritating and it taints the allure of releasing vinyl but as a physical artefact and something to collect and cherish I still love the format.

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8) Is it relevant to consider both your work as a label director as well as your production linked in the same struggle to bring new life in techno music today? Is there something, according to you, that lacks musically in this genre? 

I’ve spoken about this before and yes, the genre does currently lack originality. Too many people copy successful formulas looking for a quick and easy way to greater recognition and to get more gigs. Someone breaks out with an original sound and then a few months later the copies appear.
When it is done by new producers is it bad but when it is done by older artists, who were once innovative but are now way past their best then it is unforgivable, I try to be original in the music I make and the music Perc Trax releases. If occasionally I get it wrong then that is a chance I am willing to take rather than playing it safe and copying already proven formulas.

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9) You have released quite a lot of EPs and waited for more than 10 years before this first album. Why did you wait so long? 

For a few years I did not feel like I had the width of vision and the technical skills to make an engaging album and after that there were a few attempts at an album that never got past 2 or 3 tracks. ‘Purple’, which was eventually released by CLR, was the first track written for an attempt at an album but in the end that plan did not work out. Plus gigs, label work and remixes get in the way of making an album and to focus on an album you have to clear away all the other work so you can concentrate on it fully.

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10) By the way, your EPs has been (and are still) out on some different labels. Is this choice to sign on several labels bound to a global creative will or haven’t you simply found yet the label that fits to what you want for your production?

Certain projects fit certain labels so I try to send tracks to labels I respect that will present the track in the best way. Of course different labels have different ways of promoting their releases and reach different groups of people so it is good to work with a few significant labels. Working with too many is bad I think and makes you look uncertain and fickle. Right now I can’t think of a label that would give me enough control over tracklist/mastering/artwork/promotion to record an album for them but I am happy to make tracks and EPs for the labels I respect like Stroboscopic Artefacts, CLR etc.

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