SSS Interview : Presha (FR/ENG)

Presha fait partie de ceux qui ont réussi à réanimer la drum & bass. Discussion avec ce défricheur et véritable aventurier :

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Par Martin Drazel
Publié le 29 juillet 2015 | 12:44

Défricheur et véritable aventurier de la drum & bass, Presha a su montrer sa capacité à renouveler un genre que beaucoup considéraient comme semi-mort, grâce à ses labels Samurai Music, Samurai Red Seal et Samurai Horo. Animé par une passion sans limites, il nous livre autour de quelques questions quelques aspects de son univers.

 

1/ Hello Presha. Pourrais-tu commencer par te présenter un peu, nous raconter ta carrière et les moments clés de celle-ci, qui t’ont amené à créer Samurai Music ?

Mon nom est Geoff Wright, je viens de Nouvelle-Zélande et je vis à Berlin. J’ai toujours été un mélomane et j’ai été impliqué dans la musique d’une manière ou d’une autre depuis trente ans. Ces dernières années, je me suis principalement focalisé sur mes labels : Samurai Music, Red Seal, Horo, et dorénavant Shiro, ainsi qu’un amour inconditionnel pour le Djing. Je pense que ce lien est un bon résumé de ma vie : http://www.audioculture.co.nz/people/dj-presha

 

2/ Pourquoi « Samurai Music » ? As-tu une approche musicale suivant une sorte de code d’honneur ? Ou bien est-ce juste un effet de style ?

J’avais une société de distribution avant le label qui s’appelait ainsi. Le nom vient d’une période de ma vie où j’avais besoin d’une image puissante me permettant de traverser des changements de vie radicaux. Cela peut paraître un peu gros, mais ça a marché.

 

Il y a beaucoup de passion et peu de profit.

 

3/ La sélection pour les sorties sur tes labels semble très méticuleuse et suivant une conception qui t’est propre. Comment es-tu arrivé à un tel son ? La quantité de risques pris, notamment sur Horo, est assez significative d’une gestion passionnelle plutôt que mercantile, est-il donc difficile de faire vivre les labels ?

A vrai dire, c’est juste une somme de mes goûts. Ils varient beaucoup, comme le montre le catalogue, car la découverte de nouveaux sons et de nouvelles approches qui changent la perception sensorielle de la musique a toujours été ce que j’aime.
J’ai la chance d’avoir des artistes vraiment talentueux avec qui j’échange régulièrement et qui ont l’esprit ouvert et des expériences de vie similaires aux miennes. Ces partages influencent évidemment mes goûts. Il y a beaucoup de passion et peu de profit. J’ai eu de bons retours, autant d’artistes mais surtout de clients ces dernières années.

 

4/ Tu sembles particulièrement attaché au format vinyle, Horo étant à nouveau un bel exemple pour cela avec cette politique du « no digital » et ces disques collectors. Qu’est-ce qui t’attire tant dans ce format ? Pourquoi persister alors qu’une grande majorité des djs actuels n’utilisent plus de vinyles ?

Le changement récent que j’ai fait sur ça était d’essayer de ne pas faire de sorties sans digital si elles sont jouées en club. Généralement les sorties qui sont uniquement sur vinyles sont plus destinées à l’écoute, et j’apprécie toujours autant  d’écouter des disques chez moi.
C’est l’un des rares plaisirs restants pour un mélomane et je me sens toujours plus à l’aise chez un disquaire que face à n’importe quelle autre genre de boutique. Ça reflète qui je suis et de qui j’ai toujours été donc ça se retrouve dans les préférences de format des labels. Pour moi, rien ne vaut une pochette avec un beau design, et je soutiens activement de ma poche les autres labels qui le font.

 

5/ Malgré cette prise de risque, ton business semble bien fonctionner, vu que tu as repris Auxiliary, Cylon et d’autres sur ton web site/shop online. Comptes-tu élargir encore ce réseau de distribution, ou bien cela se cantonne t’il aux personnes qui te sont proches, comme ASC ou bien Loxy ?

C’est vraiment nouveau, en fait je ne suis pas vraiment le distributeur, juste le fabricant et le gérant de la boutique en ligne. La fermeture de ST Holdings a laissé quelques personnes désabusées et à la recherche d’un autre moyen de sortir leur musique, et j’étais dans une position où je pouvais les aider. Je travaille aussi avec Nucleus & Paradox et leur label Esoteric et quelques autres qui seront annoncés bientôt. La boutique va accueillir d’autres disques et ainsi devenir une véritable plate-forme.

 

 

Lorsque j’ai découvert cette musique, la culture de la dubplate était comme une religion pour moi

 

6/ Ce goût du risque réapparaît aussi sur tes choix artistiques, à l’instar des EP de FIS, de Pact Infernal ou encore de Kiyoko, qui sont clairement des objets musicaux et ambiants plutôt que dance-floor. Pourtant Samurai Music continue de sortir des artistes en vogue et des morceaux très dansants. Comment jongles-tu entre ces deux aspects de tes labels ?

Principalement parce que je suis un DJ depuis vingt ans et quelques et que j’aime toujours autant ça, et que chaque situation ne se prête pas à la prise de risques. Je n’irais pas jouer la plupart de ces morceaux dans un club. Les styles se mélangent de plus en plus, mais globalement j’aime jouer un mix selon ma conception du clubing, et c’est à ça que sert Samurai Music.
Lorsque j’ai découvert cette musique, la culture de la dubplate était comme une religion pour moi et aujourd’hui encore ça me procure un réel plaisir de savoir que je peux débarquer dans un club avec une sélection que la plupart des gens n’ont jamais entendu. C’est ce qui a alimenté mon attraction pour cette musique : l’inconnu. Je ne crois pas que la musique que je sors soit à la mode, mais peut-être ne suis-je pas au courant !

 

7/ Il y a aussi un drôle de jeu d’équilibriste entre la lumière et les ténèbres, à l’exemple des albums de Tokyo Prose (particulièrement doux), celui de Clarity (profondément sombre) ou encore le récent ASC (très spatial). S’agirait-il d’une mystérieuse ligne directrice ?

Il n’y a rien de mystérieux là-dedans à mon avis, encore une fois c’est juste mes goûts, et les phases de découvertes et d’obsessions musicales que je traverse. Beaucoup de ces artistes sont aussi devenus de bons amis et nous avons des goûts similaires qui évoluent au travers de nos aventures communes. Tant que ça leur convient que je sorte leur musique et que ça me plaît, ça continuera.

 

8/ Nous avions lu dans ton interview pour TEA que tu développais une notion de « grey area » dans laquelle des artistes signés sur tes labels (principalement Horo) naviguaient entre ta conception de la techno et des tempos plus proches de la d&b.
Qu’en est-il aujourd’hui, avec l’immense ouverture qu’a connu la techno plus « classique » ces dernières années ? Où te situes-tu dans cette grande métamorphose du mouvement techno ?

C’est à peu près pareil. Pour moi, ils emmènent leur musique vers de nouveaux horizons. J’ai été harcelé récemment sur Twitter par des gens qui étaient assez agacés car je prétendais que nos artistes étaient novateurs, donc je fais attention lorsque je dis que c’est complètement nouveau, mais ça l’est pour moi.
En ce moment, ce sont surtout les univers de ASC, Sam KDC, Synth Sense, Ancestral Voices et ENA qui me stimulent. Plus de la moitié de mes récents mixs sont constitués de leurs nouveautés, qui sont perçues par le public comme associées à de la techno plutôt qu’à de la D&B.

Nous allons lancer avec ASC un label coopératif qui s’étendra sur ce concept de « Grey area ». J’écoute énormément de techno, évidemment lorsqu’on vit à Berlin elle est partout, et il y a beaucoup de choses intéressantes à la frontière des genres. Les soirées Contort et ce que fait Kerridge sont aussi d’autres sources d’inspiration.
J’ai joué pour eux il y a quelques semaines et c’était une toute nouvelle expérience. J’étais très honoré d’être invité à jouer, et tellement heureux que tout se passe bien, que cela m’a apporté de nouvelles idées pour ce que l’ont fait.

 

 

9/ Tu viens tout juste d’annoncer la création de deux nouveaux labels, Shiro et Altar. Le premier te permet de sortir des artistes inconnus, mais le second ne serait-il pas ce projet techno dont on parle ?

Shiro est un label pour des artistes qui n’ont jamais eu de sortie vinyles auparavant. Ce sera principalement de la D&B plus orientée dance-floor. Altar n’est pas un label Samurai mais c’est un label techno/electronica dirigé par des amis que j’aide. Juste de la super musique que je veux soutenir.

 

 Tout le monde doit payer le loyer, mais si faire de la musique à danser pour avoir des bookings est ta décision, ne critique pas ceux qui ne veulent pas faire ce sacrifice

 

10/ Tu as aussi une longue carrière en tant qu’agent/promoteur avant d’être patron de labels. Qu’est-ce qu’on apprend à être agent ? Est-ce que cette expérience t’as permis d’aborder la gestion d’un label d’une manière plus sereine, en ayant connaissance des risques ?

J’ai eu une courte carrière en tant qu’agent, plutôt une longue carrière en tant que promoteur. Mais oui cela aide clairement à connaître de plus près ces choses avec lesquelles les artistes doivent gérer côté booking, comment cela oriente leurs créations, et vice-versa.
Je suis assez déçu que tant de musique aujourd’hui dépende des bookings et que ça ait changé le cours d’énormément de carrières et détourné la créativité de beaucoup d’artistes. Je vois des artistes qui repoussaient les limites sans se soucier des autres et je pense que, sous l’effet de la peur, ils ont besoin de faire de la musique à danser pour avoir des bookings. Il n’y a rien de mal à ça. Tout le monde doit payer le loyer, mais si c’est ta décision, ne critique pas ceux qui ne veulent pas faire ce sacrifice.

 

Je sens qu’on se dirige vers une période où l’électronique expérimentale va prendre de l’importance

 

11/ Comment envisages-tu l’avenir des labels ? Il y a t’il une ligne artistique définie sur plusieurs années pour Samurai Music, Red Seal ou encore Horo ?

C’est toujours grisant de penser au futur, mais je mentirais si je racontais que j’ai prévu plus loin que 6 à 8 mois. Tout change si souvent qu’il est mieux de gérer au feeling et voir ce qu’il advient. Je sens qu’on se dirige vers une période où l’électronique expérimentale va prendre de l’importance. Nous avons un ensemble assez excitant de remixes à venir qui devraient en surprendre plus d’un.
J’ai la certitude d’avoir un fabuleux noyau d’artistes avec qui j’adore travailler et qui font une musique incroyable, donc je me laisse guider par leurs nouveautés. Nous verrons bien ce qu’ils m’envoient et nous avancerons à partir de ça.

 

Mon nouveau rêve seraient des événements qui se terminent tôt et n’impliquent ni alcool ni cigarettes

 

12/ Tu reviens d’une tournée japonaise, ce qui doit être une consécration, au vu de ton projet largement inspiré par ce pays. Que peux-tu nous dire sur ce voyage ? As-tu vécu des expériences qui changeront ton approche des labels et des musiques qu’ils véhiculent ?

J’ai eu la chance d’être invité par les gens de Hangover à Tokyo et ceux de Night Birds à Osaka pour quelques soirées. Le Japon est une expérience incroyable, et les personnes là-bas sont tellement gentilles et polies que cela me touche toujours d’être là-bas. Bien sûr cette fois-ci c’était différent vu le lien que j’ai avec ENA et la scène locale, donc c’était vraiment spécial.
En fait je n’ai pas vraiment eu de temps libre car j’ai enchaîné quatre soirées en trois jours, mais chacune d’elle était une expérience unique. Je me suis fait beaucoup de nouveaux amis et j’ai testé plein de nouveaux sons ainsi qu’un nouveau style de mix, et tout s’est très bien passé.

Le Japon est définitivement l’endroit où tu peux essayer de nouvelles choses, le public là-bas a l’esprit très ouvert. Jouer à Dommune était un grand honneur et leur concept est quelque chose que je souhaiterais beaucoup ramener à Berlin, ce qui pourrait bien être mon prochain projet. Mon nouveau rêve seraient des événements qui se terminent tôt et n’impliquent ni alcool ni cigarettes, ni même la pression du dance-floor. Une petite pièce avec une régie DJ parfaite et un système qui diffuse la musique telle qu’elle devrait être entendue, et bien entendu une bonne machine à café !

 

Article réalise en collaboration avec Thibaud Marty

A pioneer and a real adventurer of the drum and bass genre, with his labels Samurai Music, Samurai Red Seal and Samurai Horo Presha has managed to breathe new life into a genre that many considered as half-dead. Led by a boundless passion, he shares with us some aspects of his universe around a couple of questions.

 

1/ Hello Presha. could you start by introducing yourself a little bit, telling us about your career and its key moments that lead you to create Samurai Music ?

My name is Geoff Wright, I come from New Zealand and now live in Berlin. I have always been a music lover and have been involved with music one way or the other for the last 30 years. In recent years my main focus has been my record labels Samurai Music, Red Seal, Horo, and now Shiro as well as a continuing love of DJing. I think this is a good summary of my life : http://www.audioculture.co.nz/people/dj-presha

 

2/ Why the name « Samurai Music » ? Do you follow a kind of code of honour when it comes to your musical approach ? Or is it just for the style ?

I had a distribution company before the label called that. The name comes from a period in my life where I needed a powerful self image to get me through some sharp life changes. It might sound corny but it worked.

 

3/ The track selection for your labels seems to be really meticulous, and following a conception that is personal. How did you get to that particular sound ? The amount of risks you take, with Horo in particular, seems to indicate that you manage your music out of passion rather than profit, so it is difficult to make these labels exist ?

It’s really just a summation of my taste. I do change my taste quite a bit as the catalogue shows, but that’s always been the thing I loved about music is the discovery of new sounds and approaches that change your perception of what music feels like.
I am lucky to have some really talented artists I speak to and share music with on a regular basis who are very like minded and have similar life experiences to me. These exchanges obviously influence my taste. There’s a lot of passion and a bit of profit. I have had some good support from both artists and music buyers especially in recent years.

 

There’s a lot of passion and a bit of profit.

 

4/ You seem really keen on the vinyl format, and again Horo is a great example for that, with that « no digital » policy and limited records. What entices you so much with that format , and why sticking with it while most of the djs don’t really use them anymore ?

The one change I have made with that recently is I try to not release records without digital if they would be played on a dancefloor. Generally the releases that are vinyl only are more focused on listening, and I still enjoy listening to records at home that way.
It’s one of the few material pleasures left for a music lover and I still feel more comfortable in a record shop than any other type of shop personally. It’s a part of who I am and have always been so it’s reflected in the labels format preference. There is still nothing better for me than a well designed record package and I am active in supporting other labels that make them with my own money.

 

5/ In spite of your bold approach, your business seems to be working fine, as you have started hosting Auxiliary, Cylon and other labels on your website/online shop. Are you planning to enlarge this distribution network, or does it stay between you and close friends, as ASC or Loxy ?

It’s a fairly new thing, I am not actually distributing though, just manufacturing and running the online store. The closing of ST Holdings left a few people disillusioned and looking for a way to release their music and I was in a position where I could help out.
I am also working with Nucleus & Paradox with their Esoteric label and a few others that will be announced soon. The shop itself will start to stock a few more records and turn more into a bit more of an actual shop.

 

 

When I discovered this music the dub plate culture was like a religion to me

 

6/ That appetite for risk seems obvious on certain artistic choices, like FIS, Pact Infernal or Kiyoko EP’s, which clearly are musical and ambient rather than dance-floor oriented. Yet Samurai Music keep releasing « fashionable » artists and danceable tracks. How do you switch between those two aspects of your labels ?

Mainly because I have been a DJ for 20 odd years and I still love to do it, and you can’t always play the more adventurous stuff in every situation. I also wouldn’t want to play a lot of it in the club. The lines are more and more blurred now but mostly I still like to play my version of a club set and that’s what the Samurai Music label is for.

When I discovered this music the dub plate culture was like a religion to me an still today I get a charge off knowing I can turn up at a club with a set of tunes most people haven’t heard before. That was the essence of the attraction to this music for me, the unknown. I am not sure much of the music I release would pass for ‘fashionable’ but maybe I am blissfully unaware of that.

 

7/ There’s also a weird oscillating balance between darkness and light, like Tokyo Prose’s album (really soft), Clarity’s (deeply dark) or even the latest ASC LP (mostly spacy). Are these personal taste-related choices ? Or should we see a a mysterious artistic guideline there ?

Nothing mysterious at all imo, again it’s just my taste, and the phases of musical discovery and obsession I go through. Also a lot of these artists are people that have become good friends and we have similar tastes and evolve through our journeys together. As long as they are happy with me releasing their music and I dig it, it will continue.

 

8/ You said on your TEA interview that your are pushing a concept of « grey area », in which the artists signed on your labels (mostly Horo) would be standing somewhere in between your conception of techno music and d&b related BPMs. Seeing as how standard techno has opened up a lot these last few years, what’s the current state of that grey area right now? Where do you stand in regard with that transformation of he techno movement?

It’s kind’ve the same. The same people are pushing things into fresh areas for me at least. I recently got harassed on twitter by some people who were quite annoyed at me saying any of our artists were doing anything new, so I’m cautious to say it’s totally fresh but it’s fresh for me. Mostly ASC, Sam KDC, Synth Sense, Ancestral Voices and ENA are really lighting up my ears at the moment and I have been playing more than half my sets recently with their newer stuff that people hear more as techno related than DnB.

ASC and I are about to launch a collaborative label that will expand on this ‘Grey Area’ concept some more. I listen to a lot of techno, obviously living in Berlin it’s everywhere, and there is a lot of cool stuff on the edges.
The Contort parties here and what Kerridge is doing is also really inspiring. I played a set for them a few weeks ago and it was a whole new experience. I was very honoured to be asked to play there and so happy it went well and opened up some new ideas for me and what we do.

 

 

9/ You have just recently announced the birth of two new labels, Shiro and Altar. Can you explain the idea behind those two labels, and what makes them different from those you already run ?

Shiro is a label for artists that have never had a vinyl release before. This will mostly be more floor oriented DnB music. Altar is not a Samurai label but it’s a techno / electronica label that I am helping some friends run. Just great music I wanted to get behind.

 

Everyone has to pay the rent, but if that’s your decision, don’t begrudge others that are not willing to make that sacrifice

 

10/ You also have a long career as an agent/promoter before becoming a label boss. What does one learn while being an agent ? Does that experience helps approaching label management duties in a more calm way, knowing the risks ?

I had a short career as an agent, more of a long career as a promoter. But yes it definitely helps knowing intimately the things that artists deal with on the bookings side and how their music creation feeds into it and vice versa. I feel a bit disappointed that so much music these days revolves around bookings now and it has changed the course of a lot of peoples careers and stunted their creativity.

I see artists that were formerly really pushing boundaries dismissive of anything that is pushing boundaries now and I think a lot of time that comes out of insecurity of them realising they need to make floor music to get bookings. There is nothing at all wrong with that. Everyone has to pay the rent, but if that’s your decision, don’t begrudge others that are not willing to make that sacrifice.

 

I do feel a drift towards a more experimental electronic period becoming a bit more dominant

 

11/ How do you see the future of your labels ? Is there a definite artistic plan for the following years for Samurai Music, Red Seal or even Horo, or do you run all that by feeling ?

It’s always exciting to think of the future, but I’d be lying if I said there was any more than a 6-8 month plan. Things change so often it’s best to run it by feeling and see what happens. I do feel a drift towards a more experimental electronic period becoming a bit more dominant. We do have a pretty exciting set of remixes on the horizon that will surprise a few people.
I know for sure I have an amazing core of artists I love working with who make incredible music and am driven by the new music they send so let’s see what they send me and we will go from there.

 

My new dream is events that finish early and don’t involve alcohol or cigarettes

 

12/ You recently came back from a japanese tour, which had to feel like a full circle, since your project seems heavily inspired by this country. What can you tell us about this journey ? Did you experience things that would change your approach of labels and of the music they put us through ?

I was very lucky the team at Hangover in Tokyo and the guys from Night Birds in Osaka took me over for a couple of dates. Japan is such an incredible experience, and the people there are so amazingly kind and polite, it always affects me deeply being there. Of course this time was different as I have a strong connection with ENA and the scene there through releasing his music, so it was all the more special. I actually didn’t get a lot of spare time as I played 4 sets in 3 days and was in and out quite quickly, but every gig was a unique experience and I made a lot of new friends and tested out a bunch of new music and a new style of playing for myself and it worked very well.

Japan is definitely the place where you can try new things, the crowds there are very open minded. Playing at Dommune was a huge honour and their concept is something I would very much like to have here in Berlin, that might just be my next project.
My new dream is events that finish early and don’t involve alcohol or cigarettes or the pressure of a dancefloor. A small room with a perfect DJ Set up – a system that delivers the music how it should be heard and of course a good coffee machine !

This article was made in collaboration with Thibaud Marty

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