SSS Interview : Richard Fearless (Death In Vegas) [FR/ENG]

Après presque 20 ans de route en tant que tête de Death In Vegas, Richard Fearless persiste et signe, et répond à nos questions

Seeksicksound Interview - Richard Fearless (Death In Vegas)
Par Alexandre Aelov
Publié le 31 octobre 2014 | 14:24

Richard Fearless est ce qu’on pourrait appeler une légende. On s’abstiendra pourtant d’un qualificatif un peu trop clinquant pour un artiste dont le talent dépasse les clivages, tant sa discographie commencée en 1995 traverse à peu près tous les genres électroniques et non électroniques, et ce toujours dans la discrétion.
Tête pensante de Death In Vegas, créature musicale protéiforme qui n’a jamais cessé de se renouveler, artiste total qui a également travaillé dans la photo, le film, la mode, il avait surpris tout le monde en relançant la bête en 2011 avec Trans-Love Energies, brillant album qui mettait fin à 7 ans de quasi-silence. Avec la sortie de deux EP sur son label Drone, incluant des remixes de D’Marc Cantu et de Legowelt, il attire de nouveau les regards de la scène électronique et reprend son activité première, celle de DJ.

A l’occasion de son passage le vendredi 31 octobre à l’Iboat, invité par Shadowplay, il a bien voulu répondre à quelques questions.

 

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- Tu as récemment relancé ton label, Drone, avec à la clé deux sorties signées par toi-même et remixées par D’Marc Cantu et Legowelt. Comment t’es venue l’envie de le ressusciter, 9 ans après Satan’s Circus ?

_ En fait, j’ai décidé de lancer le label quand j’ai sorti Satan’s Circus, mais ça n’était pas le mien, je ne gérais pas le truc. Quelques temps après, j’ai ressenti le besoin de fonctionner autrement, de changer la manière dont ma musique était distribuée. J’ai passé un an à travailler sur Trans-Love Energies, et deux semaines avant sa sortie, il était déjà sur internet. T’entends ça ? J’ai ressenti une telle frustration…
Je me suis dit que je voulais quelque chose qui aille plus vite, de la composition au pressage du disque, je voulais que mon studio devienne une petite usine où tout se fait de manière plus complète et fluide. Après toutes ces années à composer de la musique, je voulais quelque chose qui corresponde vraiment à ma vision des choses.

 

j’ai commencé en tant que DJ, et après tout ce temps, hé bien la boucle est bouclée

 

- Ce retour peut tout de même paraître un peu étrange, parce que tu étais jusque là très focalisé sur ton groupe, Black Acid, et ces deux EP sur Drone reviennent à de la pure musique électronique…

_ Je ne trouve pas ça si bizarre en fin de compte, parce que je travaille constamment sur tout un tas de choses, musicalement et visuellement. En fait, aujourd’hui, les groupes que je découvre ne m’inspirent pas. Je découvre tout un tas de nouveaux trucs, bien sur, mais malgré tout, dans 99% des cas, ça ne me transporte pas…
Je trouve énormément plus d’inspiration dans la musique électronique d’aujourd’hui, ce qui n’est pas mal au final, parce que j’ai commencé en tant que DJ, et après tout ce temps, hé bien la boucle est bouclée.

Cette manière de fonctionner, de digger, de toujours chercher du son neuf, ça correspond vraiment à ma manière de faire. Et même si Death In Vegas, c’est moi, je vois plutôt la chose comme une grosse machine, et je ressens le besoin de me concentrer de nouveau sur des choses plus directes, et ça passe par une approche purement électronique, avec des morceaux orientés dancefloor.

 

 

- Pourtant Death In Vegas était tout à fait dans cette optique au début, tout était une sorte de grosse collection de disques, de samples…

_ Les choses ont beaucoup évolué, car j’essaie toujours (et c’est encore le cas aujourd’hui) de revoir ma manière de faire, de pousser les choses plus loin. Au travers de Drone, j’essaie de construire une fondation solide pour Death In Vegas. Les premières sorties sont signées Richard Fearless, les deux prochaines seront signées par d’autres artistes, mais il y aura des sorties de Death In Vegas, c’est le but.

 

- D’autres artistes ?

_ La seule chose que je peux te dire, c’est que la troisième sera de D’Marc Cantu. J’ai toujours aimé ce qu’il faisait et je l’ai soutenu au maximum. La quatrième sera une surprise !

 

l’esprit DIY aujourd’hui est totalement surestimé… selon moi ça n’a aucun sens de démarrer un label en ne pressant que des séries de 200 exemplaires

 

- Quel rapport tu entretiens avec cette scène électronique, les mecs de Clone, de Creme Organization par exemple ?

_ J’ai une relation à cette musique et à ces artistes bien plus proche que ce que les gens pourraient penser. Ça tient au fait qu’en tant que DJ « techno », cette face de la musique électronique m’a toujours touché. Même dans ce que j’ai fait avec Death In Vegas au final, si tu prends une chanson comme Help Yourself, et que tu écoutes la répétition, la manière dont elle évolue et se développe, tout ça est très inspiré de toutes mes influences de Detroit et Chicago.
C’est quelque chose qui a toujours été présent, mais maintenant je l’aborde d’une manière plus simple, plus directe. Pour être franc, j’ai du jouer en tout dans mes DJ sets, disons… une vingtaine de fois des morceaux de Death In Vegas. J’aime malgré tout séparer ces différents projets.

En conclusion, je dirais que ma relation à cette musique est assez complexe. En tout cas, ce que je vois aujourd’hui, c’est une scène en pleine santé, avec des tas de bons artistes, de nouveaux labels, de très bonnes choses qui sortent chaque jour.

Bien sûr il y a des côtés un peu moins idylliques, par exemple l’esprit DIY aujourd’hui est totalement surestimé, n’importe qui peut faire du très bon son avec peu d’argent donc ça ne veut plus dire grand chose, et selon moi ça n’a aucun sens de démarrer un label en ne pressant que des séries de 200 exemplaires, surtout quand, pour des labels qui acquièrent une grosse visibilité comme L.I.E.S, il y a une vraie demande (ça a du sens pour certains mecs sur Discogs par contre). Mais, bon, je pense sincèrement qu’on vit une époque assez folle en terme de musique électronique.

 

- Est-ce que tu penses qu’à l’époque, tu as composé Satan’s Circus avec les mêmes objectifs que tu te donnes aujourd’hui et les mêmes considérations envers la musique électronique ? Je veux dire, tu penses que c’était, bien avant l’heure, l’esprit actuel de Richard Fearless ?

_ Pour moi, il sonne bien plus comme un disque de Death In Vegas ! Pas mal de gens ces dernières années, ou des groupes comme The Horrors, sont venus me voir et m’ont dit « mais mec tu te rends pas compte de l’influence que Satan’s Circus a eu sur nous ! », mais quand le disque est sorti, je n’avais pas du tout conscience qu’il pourrait influencer qui que ce soit. La maison de disque nous a totalement lâchés quand elle a écouté ce qu’on lui a envoyé. Ils ne pouvaient pas comprendre un tel album, totalement instrumental comme ça.

Avec du recul, je me dis que cet album avait peut être une longueur d’avance, et que si la maison de disques avait eu plus de courage, les choses seraient très différentes aujourd’hui. Ça a eu des conséquences importantes. Sans ça, je ne serais pas parti vivre aux Etats-Unis, je n’aurais pas fait des études de photographie, je n’aurais pas fondé Black Acid… tout est relatif au final.

Il y a 6 mois, j’étais en voiture avec quelqu’un qui avait la cassette de Satan’s Circus. Je n’avais pas écouté l’album depuis qu’il était sorti, et j’ai été surpris, vraiment, de me rendre compte à quel point il sonnait… actuel. Il a aussi marqué un tournant dans notre rapport à la presse. Il y a eu de très bonne critiques, mais on s’est tellement fait descendre par certains, parce qu’il y a des gens qui n’y ont pas vu ce qu’ils attendaient, alors que pour nous c’était le plus osé qu’on puisse faire, le plus osé qu’on ait fait.
Tu vois l’ironie du truc…

 

 

- C’est clair… Beaucoup de choses ont changé, mais quelque chose qui est toujours resté présent, c’est un goût pour la collaboration, parfois avec des figures imposantes comme Iggy Pop ou Liam Gallagher. Tu as envie de continuer sur cette voie aujourd’hui ?

_ Certains personnes, certains groupes m’ont demandé de produire leurs albums, oui, de tenir ce rôle. C’est intéressant comme type de collaboration, mais je pense que la bonne personne ne s’est pas encore présentée. Ma priorité pour le moment c’est Drone et ma propre musique. Si je m’investis dans un projet, auprès d’un groupe par exemple, il faut que je puisse tout donner. Actuellement, ça n’est pas le bon moment.

 

- Et avec Death In Vegas ? Au delà du fait que Trans-Love Energies a beaucoup marqué parce que personne ne s’attendait à ce « retour », c’est un album qui pose quand même un tas de perspectives.

_ Ce qui a réellement changé avec ça, c’est que contrairement à d’habitude où je compose sans me poser la question du live, j’ai maintenant envie de commencer par le live. Même au niveau de l’artwork, je bosse pas mal sur les lumières en ce moment, je trouve ça stimulant de travailler à partir d’une perspective visuelle et ensuite de venir à la musique.

J’essaie toujours de réévaluer les choses, de renouveler ma manière de concevoir tout ça. Pour ça, j’ai besoin que le contexte soit le bon, j’ai besoin d’un cadre, je n’aime pas forcer les choses, c’est pour ça que je travaille toujours sur plusieurs choses en même temps. Quand je sens que c’est le moment idéal pour travailler sur la musique de Death In Vegas, je le fais.

 

 

- Tu parles de visuels. Tu as souvent mis en avant par le passé l’influence que l’Exploding Plastic Inevitable avait eu sur toi (le projet artistique total mis en place par Andy Warhol avec le Velvet Underground, mélangeant musique, danse, scénographie, film, arts visuels, performances etc). Tu prévois de pousser la chose encore plus loin que les lumières ?

_ Oui, d’une certaine manière. Ces dernières années, j’ai bossé sur beaucoup de médiums. J’ai travaillé sur de la danse, j’ai travaillé dans le milieu de la musique classique, sur du théâtre aussi, et tous ces éléments jouent dans ma manière d’aborder les choses. Ceci dit, je ne veux pas non plus importer les choses que j’ai faites de manière simpliste, en refaisant ce qui a déjà été fait.
Si j’ai travaillé sur ces autres supports, c’est justement pour briser le confort dans lequel j’aurais pu m’installer, ça n’aurait aucun sens de céder à cette facilité maintenant en reproduisant ce que j’ai fait dans ces autres domaines.

 

- En tant qu’artiste qui a commencé par du sampling, comment vois-tu aujourd’hui des projets comme Finders Keepers qui essaient de faire revire (depuis quelques années déjà) de vieux disques oubliés ?

_ Les labels de ce genre de labels, comme Minimal Wave aussi, sont une bonne chose. Ensuite, au sujet du sampling, on retombe toujours dans le même débat, la question n’est pas de savoir ce que tu dig, mais de comment tu utilises le matériau.
Je prends un exemple : il y a un type, Edan, un artiste hip hop américain qui est aussi un très bon MC, hé bien son album Beauty and the Beat n’est pas construit de manière classique sur des samples de soul, mais uniquement à partir de musique psychédélique anglaise de années 60. C’est un exemple parmi d’autres, mais ça montre bien que, quelque soit l’époque, il y a 20 ans ou maintenant, l’enjeu reste la créativité.

A peu près tout a déjà été samplé en musique, encore et encore, et je pense que c’est aussi la raison pour laquelle aujourd’hui les gens se tournent vers des bandes originales de vieux films (ce que réédite beaucoup Finders Keepers), ou bien vers des sources musicales ou non musicales un peu étranges ou inhabituelles. Je pense qu’il y a tout un univers de son à fouiller de ce côté là et que même aujourd’hui tout n’a pas été exploré.

 

C’est bon de savoir qu’avec le temps, c’est devenu une sorte de groupe que tu peux transmettre à tes amis, à tes proches, un peu comme une foi, une sorte de religion

 

- Et tu penses qu’aujourd’hui, Death In Vegas pourrait naître de la même manière qu’il y a 20 ans ?

_ J’ai commencé comme DJ, et ma culture musicale, ma manière de faire, reposait sur les disques, donc tout était basé sur des samples. Depuis cette époque, tout s’est fait comme un apprentissage. Je ne fonctionne bien sûr plus comme je le faisais avant. Tu n’as qu’à comparer Opium Shuffle et Gamma Ray, ça saute aux yeux.
Aujourd’hui, je ne vais plus passer des heures à trouver la parfaite boucle rythmique à échantilloner, je préfère passer des heures à travailler sur un son de hi-hat. C’est la même chose dans mon travail de photographe. Il m’a fallu 20 ans pour savoir comment procéder, pour définir mon style et ma méthode.

Je pense que les gens qui aiment Death In Vegas et suivent le projet depuis un moment ont compris ça, et savent qu’il est en constante évolution. Bien sûr, il y aura toujours des gens qui attendront que je refasse un Aisha à chaque album, mais bon. Ce changement constant fait partie de l’âme de Death In Vegas.
C’est bon de savoir qu’avec le temps, c’est devenu une sorte de groupe que tu peux transmettre à tes amis, à tes proches, un peu comme une foi, une sorte de religion, quelque chose qui dépasse totalement les questions de forme, de styles, d’influences, et qui peut toucher n’importe qui.

Richard Fearless could easily be named a legend. But we won’t be too fancy about a discreet artist, whose discography has been crossing the borders since 1995 and disrupting the expectations while in the same time building strong new grounds.
Head of Death In Vegas, total artist also working on video, photography, fashion, the man surprised eveybody in 2011 by re-launching the machine with Trans-Love Energies, a brilliant album that broke almost 7 years of silence. He recently released two Eps on his own label Drone, featuring remixes by D’Marc Cantu and Legowelt, and is back to his first love: Djing.
The occasion for us to ask him a few questions…

 

- You’ve recently re-launched your own label, Drone, with two releases by yourself remixed by D’Marc Cantu and Legowelt. How did you come to the idea of resurrecting it, 9 years after Satan’s Circus ?

_ To be honest, I decided to launch it when I released Satan’s Circus, but it was not my label at all, I didn’t manage this. But some time after this, I wanted to do things differently, to change the way my music was distributed. For example, I’ve worked on Trans-Love Energies for about a year, and two weeks before it comes out, it was already on the internet. You hear that ?
I felt this frustration, and I wanted something that could be quicker, from the composing to the pressing of the records, I wanted my studio to be like a factory with a fast process. After all this time releasing music, I simply wanted something that fits to my own vision of things.

 

I started as a DJ, and weirdly I’ve gone full circle

 

- This relaunch can appear as a bit odd, because at the time you were really into doing music with your Black Acid band, and the two fresh Eps out on Drone are focused on pure dance music…

_ It’s not that odd, because in the end, I work constantly on different things, musically, and visually too. The fact is that, nowadays, I’m not really inspired by the bands I discover. I discover a lot of new music from bands, of course, but 99% of it, well… I find a lot more inspiration in today’s electronic music, which is good in a way, because I started as a DJ, and weirdly I’ve gone full circle.
This way of functioning, to gather records, to dig, to look for fresh things, it’s close to the way I proceed. Even if Death In Vegas is me, this is a big machine, and sometimes I need to focus on more direct things, and this goes though this pure electronic approach, towards dance stuff.

 

- But Death In Vegas was all about it in the begining, about collecting records, mashing them up, in some way.

_ It evolved a lot, but I’m always trying – and that’s what I’m trying to do today – to question the way I want to push it forward. And through Drone, I’m trying to do the groundwork for Death In Vegas. The two first releases are from Richard Fearless, the next two will be by other artists, but there will be Death In Vegas releases too.

 

- Other artists ? Who ?

_ Well, the only thing I can tell you is that the 3rd will be by D’Marc Cantu. I’ve been supporting his releases for a long time now. 4th release is gonna be a surprise !

 

the DIY aspect of nowadays stuff is somehow overrated (…) it doesn’t really make sense to press 200 copies

 

- What is your relation to this electronic scene, guys from Clone or Creme Organization for example ?

_ My relation to these artists and this music has always been closer than what people would probably think because as a « techno DJ », I’ve always embraced this side of electronic music. Even in Death In Vegas, if you take for example a song like Help Yourself, if you listen the repetition, the way it develops, it’s filled with this energy that I took from my early Detroit and Chicago influences. It’s always been there, but now I make things a lot easier for me, I can go straight forward to this.
I’ll tell you, as a DJ I’ve played something like, well, 20 times some Death In Vegas music. I like those things to be separated at some degree. Just to say in the end that there is this special relation between me and this kind of music.

What I see is that today this scene is a really healthy one, with tons of good artists, new labels, quality stuff every day. Of course there are bad sides, the DIY aspect of nowadays stuff is somehow overrated, anyone can do quality stuff with a few money, and it doesn’t really make sense to press 200 copies when you are a newcoming label (except for some guys on discogs, of course), even more when you have quite a big audience like L.I.E.S and when there is a demand. But I think that this time is an exciting time for electronic music.

 

- And do you think that back in the days, you built Satan’s Circus with the same focus and concerns about electronic music ? I mean, do you think that it was, very early, the spirit of Richard Fearless today ?

_ Well, for me, it sounds more like a Death In Vegas record ! Some people in the past years, or bands like The Horrors, came to me and told me «Oh man you don’t realize how much Satan’s Circus have influenced us », but when it was out, I didn’t have conscience of it. The record company dropped us out when they’ve heard it. They couldn’t understand the thing, an all instrumental album like this.
Looking back to this, maybe it was a bit ahead of its time, and if, maybe, the record company had been brave enough, this would be a very different situation. It had a lot of consequences. If things had been different, I wouldn’t have settled in the US, I wouldn’t have studied photography, I wouldn’t have founded Black Acid… it’s all relative in the end.

6 months ago, I was in a car with someone who had the tape. I hadn’t listened to the album since its release, and I was surprised myself by how it sounded, very… fresh. It was also a turning point in our relation with the press. It had very good reviews, but also a lot of terrible ones, because for some people it wasn’t the « flavor of the month » anymore, even if for me it was something brave, the bravest thing I had composed yet. The irony…

 

- Indeed… A lot of things changed, but something that remained constant through your works, is the taste for collaborations, some of them really massive like Iggy Pop or Liam Gallagher. Do you still plan to work that way ?

_ Some bands, some people, asked me to produce their albums, to have this place. It’s interesting, but I guess that the right person hasn’t come yet. My priority for the moment is Drone and my personal stuff. If I involve myself with a band, I have to give everything to it. It’s not the right moment.

 

- And what about Death In Vegas, now ? Beside the fact that Trans-Love Energies wasn’t expected, it sets a lot of perspectives.

_ Well, the thing that changes now, is that, usually when I compose some music, I never think about live, but now I want to start from the beginning as a live. Even in the artwork, I’m working a lot on lights at the moment, I find it exciting to work from a visual perspective. I try to re-setup things as far as I can, as I do for every record.
And for this I need the right context, the right situation, I don’t like to force things, and I work on things all the time. When it’s time for Death In Vegas, then I create for it.

 

 

- You talk about visuals, and you’ve pointed out in the past the influence that The Exploding Plastic Inevitable had on you (the total artistic project made by Andy Warhol around The Velvet Underground, mixing music, dance, scenography, film, art, performance etc). Do you plan to push it even beyond the light show ?

_ Yeah, in some way. The past years, I’ve worked on a lot of mediums. I’ve worked on dance, in the classical field, I’ve worked on theatre, and there are a lot of elements that inspire my approach. But I don’t want to redo these things, because I’ve worked on it to disrupt my comfort, to move things, so it wouldn’t make sense to make a jump in the past on my new creation.

 

- As someone who started with sampling, how do you see nowadays projects like Finders Keepers, which try to resurect old records from the grave ?

_ I think that labels like this or Minimal Wave, labels who try to search things from the past, are a good thing. About the « sample culture », it’s always the same debate, to know how to be creative with it. Look, for example, a guy called Edan, he’s an american hip hop artists, a good MC, his album The Beauty and the Beat isn’t built on samples from soul music as old school hip hop used to be. It’s based on 60′s brit psychedelia. It’s just an example, but it shows that the only way to do interesting stuff is not the sample you take, but the way you use it.

Quite everything in music has been sampled, picked up again and again, and in my opinion this is why people turn their researches towards movie soundtracks or other unusual musical or non musical sound sources. But I guess there is still a whole world of sample to discover, even today.

 

- Do you think that today, Death In Vegas would be possible the way it was born back in the days ?

_ I basically began as a DJ, and my musical culture was based on the records, so the music was based on the samples. It has been a learning curve, I don’t do things as I used to. Compare Opium Shuffle and Gamma Ray, it’s obvious. Now I’m obsessed by different things than taking hours looking for the perfect beat loop, I’m more focused on working on this precise hi-hat sound, you know. For example, as a photographer – my artwork being based mainly on photography – it took me 20 years to really find my own way, it’s the same in music.

I really think that the people who like Death In Vegas’ music understand this, and see this as a constantly evolving project. Of course, there are people who would like to ear Aisha album after album, well, but I think that this constant changes are part of the soul of this project.
It’s good to know that Death In Vegas has become with time something like, well, a band that you can pass to people you like, something like a faith, like a cult in some way, that goes far beyond the question of form, of styles, and which can touch anybody.

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    4 Comments

    1. Howard Goldman 31 octobre 2014 at 5:23

      yes génial merci

    2. Arturs Barabass 31 octobre 2014 at 11:40

      its a fantastic interview, plenty of generous information! With such a vast diversity of influences in his work, Richard Fearless is offering a seductive future

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