SSS Interview : Shifted [FR/ENG]

 » Je considère d’avantage la techno comme une forme artistique qui permet de s’exprimer au travers d’un sound-design »

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Par Alexandre Aelov
Publié le 1 mai 2013 | 15:33

Le 16 mars dernier, nous avons eu l’honneur d’accueillir à l’Iboat la tête pensante du label Avian : Shifted. Une soirée mémorable, un talent qui n’est plus à démontrer, Shifted est un producteur qui en quelques années a réussi non seulement à imposer un style dans la nouvelle génération techno européenne, mais également à repousser les perspectives et les limites du genre. C’est un univers musical obscur, sans concession, c’est une violence assumée et empreinte de références pointues, c’est une techno dont nous nous étions déjà fait l’écho (ici ou ). C’est enfin une interview au ton clair et direct que l’énigmatique et anonyme producteur anglais a bien voulu nous accorder, exercice assez rare dans son cas. On aurait tort de s’en priver.

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1) Peux-tu décrire l’univers musical de Shifted ? Cet espace sombre aux lignes floues peut parfois sembler difficile d’approche au premier abord. Comment es-tu arrivé à ce résultat ?

Disons que, si on veut « décrire » Shifted, il faut avant tout considérer les éléments qui me différencient des autres producteurs. A l’origine, il y a ce qui me fascine dans la techno, à savoir une pulsation qui peut être transformée de toutes les manières possibles. J’ai toujours aimé par dessus tout l’exploration des textures sonores. En arrière-plan il y a cette rythmique très basique, quasi primitive, ces quatre temps sur lesquels tu peux bâtir tout ce que tu veux, et c’est là selon moi que réside toute la beauté de la techno comme médium. Je considère d’avantage la techno comme une forme artistique qui permet de s’exprimer au travers d’un sound-design bien plus que comme un genre musical, à vrai dire.

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2) Depuis la sortie de ton album, on a l’impression que ton son se radicalise sur une ligne techno plus dure ou même dans certains de tes travaux orientés drone. Ressens-tu le besoin de repousser constamment les limites pour avancer ?

Je me lasse facilement d’explorer le même terrain sonore. Tout ce que j’ai fait jusque là, comme également mon nouveau projet Covered in Sand, c’est autant de manières d’explorer d’autres univers sonores, sans perdre de vue la ligne directrice de Shifted. Même dans les choses les plus extrêmes que j’ai pu faire avec Shifted j’ai gardé une vision très précise de comment ma production devait sonner. Je ne veux pas tout regrouper sous le même nom, pour éviter toute confusion. J’avais énormément d’alias lorsque j’ai commencé, puis j’ai lancé Pacific Blue juste pour le délire, quelque chose uniquement basé sur du rythme, orienté dancefloor. Aujourd’hui sous Covered in Sand je développe des choses plus influencées par, disons, des artistes de la scène noise contemporaine, ou des labels comme Sähkö, Blast First Petite etc, et peut-être aussi par des disques de drum’n'bass expérimentale de la fin des années 90. En fait, il s’agit pour moi de savoir me positionner par rapport à tout ce qui m’a construit musicalement, tout ce qui m’a influencé, tout en créant quelque chose de personnel. Du moins, j’espère y arriver !

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3) Peux-tu nous en dire plus au sujet de Covered in Sand ? Qu’est ce que ce projet apporte à ton travail, quelles sont les nouvelles perspectives que tu veux aborder par ce biais ?

Covered in Sand est l’occasion pour moi d’être plus extrême, d’une certaine manière. Par exemple, dans l’ep que j’ai sorti (ndlr : Heaven’s Gate Suicides) j’ai abordé de nouvelles techniques, majoritairement des traitements de rythmes, afin de pousser les tracks le plus loin possible. C’est tout sauf de l’ambient, et pas exactement une production noise non plus. L’objectif principal était d’utiliser des méthodes de productions très simples, mais de la manière la plus brutale possible. J’aime l’idée que quand tu écoutes ces tracks très fort, tu sois presque obligé de te boucher les oreilles. J’aime jouer avec ce point limite où l’extrême devient dérangeant, ou la musique devient quelque chose que tu ressens physiquement avant même de l’entendre, même si c’est d’une manière négative. Il y a tellement de productions qui se laissent écouter simplement, sans rien faire à l’auditeur. C’est mon intention avec Covered in Sand. J’aimerais également faire un album sous ce nom. Il est peut-être encore trop tôt pour y penser mais c’est quelque chose qui me tient à cœur, tout comme le deuxième album de Shifted qui est aux deux tiers terminé à l’heure actuelle.

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4) Tu es proche de Sigha (que nous avions invité en septembre aux côtés de Perc). Tu as signé des productions sur son label, Our Circula Sound, et vous partagez souvent des dates depuis la soirée Exploration à Paris. Son arrivée dans le paysage techno est récente et comme pour toi tout s’est accéléré pour lui. Vous représentez tous deux une nouvelle génération techno, qu’est ce qui vous a rapproché ?

J’ai rencontré James au travers de la musique, et il est devenu mon ami le plus proche dans la « scène » techno. Nous venons tous deux de Londres, nous faisons de la musique assez similaire, et on s’est vite rendu compte que nous avions les mêmes influences et les mêmes goûts artistiques, en plus de s’apprécier énormément. Il a un disque qui va bientôt sortir chez Avian, j’ai sorti deux productions sur Our Circula Sound, et il y en aura d’autres. Je pense que quand tu évolues dans ce milieu, et que, comme moi, tu es un peu à part dans le paysage qui t’entoure (je veux dire, je ne suis pas celui qui va se montrer à chaque soirée, dans chaque événement où il faut être, ce genre de choses), il est d’autant plus important d’avoir un lien fort avec quelqu’un, une amitié comme celle-ci. Il est toujours le premier à qui j’envoie ma musique quand j’ai terminé une track (et il en fait de même), et il me dit si c’est bon ou affreux. Il est vital d’avoir, quand tu travailles dans la musique, une personne de confiance qui peut te dire si tu fais fausse route ou non.

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5) Comme tu le dis toi-même, tu as fondé Avian avec ton ami Ventress pour le plaisir de signer vos propres productions, sans une ligne directrice précise. Aujourd’hui, est-ce que les choses ont changé ?

Absolument. Quand nous avons lancé Avian, je n’avais jamais dirigé un label auparavant et l’idée était de sortir des disques de Ventress et moi-même, mais nous ne prévoyions pas d’en sortir plus d’un ou deux par an. Mais on a été très surpris du succès assez rapide des premières sorties, et des amis ont commencé à m’envoyer des morceaux, donc j’ai saisi l’opportunité d’avoir une petite plate-forme pour sortir tout ça. En effet, les choses ont changé aujourd’hui, nous produisons plus d’artistes, et nous vendons un peu partout dans le monde, mais j’apprécie le côté do it yourself du truc qui est resté. Ce que j’aime le plus, c’est de faire quelque chose en studio, puis de penser à l’artwork, puis d’aller en studio de mastering et de tout planifier moi-même. C’est ce qu’il y a de plus satisfaisant dans l’histoire.

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6) Là où certains artistes sortent leurs productions sur de nombreux labels, tu restes fidèles à quelques uns. Est-ce que tu penses à l’avenir te tourner vers d’autres labels ou préfères tu rester proche de ceux qui t’ont soutenu depuis le début ?

Oui, je pense que c’est important. Beaucoup de personnes sortiraient leur musique sur n’importe quel label juste pour être signés, et je pense que c’est clairement se tirer une balle dans le pied. Parfois, sortir un disque n’est pas la bonne chose à faire. Parfois, il vaut mieux ne rien sortir du tout, et publier le bon disque, au bon endroit, au bon moment. La relation que j’ai avec Luke Slater, sur le label de qui (Mote Evolver) j’ai signé mon album et plusieurs EP, est très importante car je peux lui faire confiance, à lui et toute l’équipe. Ils ont été les premières personnes à me soutenir au travers de mon album. Il en va de même pour Our Circula Sound et Avian, ce sont les trois labels auxquels je veux rester fidèle. Même si je respecte tel ou tel label et que j’admire telles ou telles productions, je ne veux pas poser le pied quelque part s’il n’y a pas cette amitié, cette relation privilégiée avec les personnes. Je pense qu’il est vraiment préférable de toujours rester fidèle à ceux que vous connaissez et en qui vous avez confiance.

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7) A ce sujet, ton album est le seul album du catalogue de Mote Evolver. Qu’est ce qui a convaincu Luke Slater de signer cet album selon toi, alors que jusque là il n’avait signé que des Eps ?

Je n’en sais rien. J’avais jusque là sorti deux EPs sur Mote Evolver, et je ne prévoyais pas de sortir un album avant qu’ils me le demandent. Je me souviens simplement d’avoir reçu un mail me demandant si ça me tentait, et je me suis dit « merde ! c’est bien trop de responsabilités pour moi au point où j’en suis ! ». Mais après y avoir réfléchi je me suis dit que c’était l’occasion de faire quelque chose de vraiment important et de franchir un pas qui m’ouvrirait tout un tas d’horizons.

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8) Tu conserves un certain anonymat, contrairement à certains artistes techno d’aujourd’hui qui sont dans une logique de communication bien plus large. On pourrait faire un rapprochement avec certains artistes et collectifs techno pionniers (Basic Channel, Underground Resistance par exemple) ou aujourd’hui avec des noms comme Frozen Border ou Horizontal Ground. Essaies-tu de préserver ces valeurs techno ?

Quand j’ai créé ce projet j’étais très secret vis à vis de ça, et il est clair que je ne m’afficherai jamais en dévoilant mon nom et mes projets antérieurs à Shifted. Je ne pense pas que les gens ont besoin de savoir ça. Quand j’ai commencé, j’avais le souhait un peu naïf que personne ne fasse le lien entre ma musique du moment et mes projets précédents. Je voulais faire table rase, me concentrer sur une seule chose, et ne pas entendre des choses comme « Oh, c’est le type qui faisait ça, t’as écouté ? C’est son nouveau nom, ça sonne plus pareil, blablabla », je voulais réellement que les gens écoutent mes disques parce que ce sont de bons disques (ou de mauvais, à eux de voir). Quand j’ai commencé à acheter des disques, quand j’avais environ 16 ans, je n’avais pas la moindre idée de qui faisait la musique, et c’était très bien comme ça parce qu’au final tout ce qui comptait était de savoir si la musique était bonne ou non ! Je ne vais pas me mettre à porter un masque à la con quand je mixe, quoi que ça puisse encore vouloir dire aujourd’hui. Je ne vois pas l’intérêt. Tu parles d’Underground Resistance, d’accord, tant mieux pour eux, je comprends totalement ce que ça pouvait représenter pour eux d’être masqués à l’époque, quelque chose de politique, mais aujourd’hui en 2013 ça n’a plus aucun sens selon moi.

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9) Pour conclure, considères-tu Shifted comme un combat underground en faveur d’une « révolution techno » (comme le titrait récemment Resident Advisor) ou fais-tu cavalier seul sans te soucier d’appartenir à quoi que soit ?

Hm… Si tu penses à tout ce « retour de la hard techno », je ne me sens pas du tout concerné. Je pense que toute cette histoire devient très vite ennuyante. Si tu veux faire une musique dure et brutale, parfait, mais ça doit être brutal pour une bonne raison ! Ca ne sert à rien de se lancer là-dedans sans but, sans une esthétique, une idée précise derrière tout ça. Sincèrement, je pense que c’est ce dont manque tout ce qui est à la mode actuellement dans le genre. Honnêtement, j’ai eu la chance de signer les premières tracks de MPIA3 et c’est tombé à pic. A l’époque, beaucoup d’autres producteurs produisaient des tracks chiantes de 7 minutes avec un kick de TR909 avec une grosse reverb et un drone fait avec Reaktor par dessus. Quand j’ai écouté les morceaux de MPIA3, elles sortaient complètement du lot, à la fois si complètes et si simples, crue et sauvages au sens premier du terme. Je pense que c’est la raison pour laquelle Avian a été associé à ce soi-disant retour de la techno dure, qui je suppose a toujours été un truc britannique. Je ne vais pas te mentir, notre plus grosse influence reste toute la scène de Birmingham des années 90, mais plus selon moi en termes d’esthétique et dans ce côté do it yourself qu’en terme de brutalité du son.

1) Can you describe the musical landscape of Shifted? It seems rather difficult for the listener to encircle this dark universe with blurred lines. How do you create it ?

Well, for me Shifted is primarily about how I would differentiate between what I do and what other producers around me do. First, this could be what I really enjoy about techno, namely that this is a pulse you can transform in anyway, I’ve always enjoyed the exploration of texture more than anything else. Behind it you have this very basic, primitive 4/4 beat over which you can do anything, and that to me is the beauty of Techno as a medium . I consider Techno not so much as music but much an art form that allows to express yourself through sound design.

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2) Since the release of your album, we have the impression that your sound becomes more and more radical, in a dark, raw techno approach or in certain drone works you have produced. Do you need to always push away the limits to move forward?

I get bored very quickly of exploring the same territory over and over again. All the stuff I’ve done previously and the new Covered in Sand project, it’s just a way to explore different kinds of sonic territory, without diluting the Shifted project too much. Even with the more extreme things I’ve done with Shifted I’ve got a very definite vision of what I think a Shifted record should sound like. I don’t want to do all the same things under the same name because it becomes very confusing in the end. I had various names in the beginning when I started, then I started the Pacific Blue alias just to have fun doing something that was purely based on rhythm, purely dance floor orientated. Now under Covered in Sand I develop stuff much more influenced by, well, things from the contemporary noise scene, or labels like Sähkö, Blast First Petite etc, and perhaps more experimental Drum & Bass records from the mid to late 90′s. It’s about collecting and referencing the things that really influenced me throughout my musical education, but trying to come out the other end with something personal, I hope anyway!

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3) Can you tell us more about Covered in Sand ? What does it bring to your work? What are the perspectives you want to explore through this ?

Covered in Sand is an opportunity to be more extreme in a way. For example in the record I’ve released so far I developped a few techniques that are new to myself, mostly ways of processing drum sounds etc, to push things in quite an extreme and harsh way. It’s definitely not ambient, and not really a straight up noise record as well. The main goal was to use very simple production methods but in a very extreme way. I like the fact that if you listen to it very loud you’ll have to cover your ears, I like playing with this the point where the extreme becomes disturbing, where this becomes a music that you feel almost before hearing it, even if it’s in a negative way. There are too many things out there that float along and doesn’t really do anything to the listener. That’s my intention with Covered in Sand. I’m thinking about doing a Covered in Sand album. It’s maybe too soon to plan it but I really want to do this, as well as the second Shifted album which is about 60% completed at the moment.

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4) You’re close to Sigha (that we invited in September with Perc). You signed works on his label, Our Circula Sound, and you share shows since the Exploration night in Paris. His coming in the scene is rather recent and like you things went fast for him. You embody both the new techno generation. Is it what made you two get closer ?

Yes, certainly. I met James through techno and I guess he has become my closest friend within the « scene ». We’re both from London, we’re both making similar music, and we quickly realised that we had the same influences and artistic tastes, plus we also get along very well as friends. He has a record coming on soon on Avian, I done a couple of records for Our Circula Sound and there will definitely be more. I think that when you do this job and if like myself you feel like slightly segregated from the scene, I mean I’m not someone who is out to every single party or does things like that, it’s much more important to have a common bond to someone, a friendship like this. He’s the first person I send my music to when I finish it (and it’s the same with him), and he tells me if he thinks it’s good or if I’ve made something awful. You really need, when you work on music, to have someone you trust to tell you if what you’re doing is completely missing the mark.

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5) As you say yourself, you’ve founded Avian with your friend Ventress for the pleasure to sign your own productions, without any precise guideline. Today, is it still the same will, or do you want to give another dimension to this label?

It has completely changed, to be honest. When we started Avian, I had never run a record label before and the main idea was to put out records by me and records by Ventress, but we didn’t plan to release more than one or two records a year. We were very surprised by the success of the first productions, and friends began to send me tracks, so I took the opportunity of having a little platform to put this stuff out. Now some things have changed, indeed, we are releasing more artists, and the records are sent worldwide, but I still really enjoy the DIY spirit of it. What I appreciate the most is making something in my studio then thinking about the artwork, going to the mastering studio and planning everything myself . For me it’s the most satisfying part of the job.

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6) When certain artists choose a multitude of labels to release their EP, you focus on a few ones as your sound evolves. Do you plan in the future to turn yourself to other labels or will you remain faithful to those who led you where you are today?

Yes, absolutely, I think that it’s a very important thing. A lot of people would release a record on any label just because they want their music out and I think that it’s sometimes like shooting yourself in the foot. Sometimes releasing a record is not the right thing to do, sometimes you should better not having any new music out, then putting out the right record at the right place at the right time. For me having a great relationship with Luke Slater on Mote Evolver, where I released an album after several EPs, is very important because I can trust them and they were the first people to put the effort of supporting me and my music through my album. So, with Our Circula Sound and Avian, those are the three imprints I want to stick with. Even if it’s a really great label I have respect for or whatever, I don’t want to settle somewhere if I don’t have this friendship, this close relationship with people. I think it’s always better to stick to places you really know and you really trust.

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7) By the way, your album is the only album released on Mote Evolver. What convinced Slater to sign an album, while until now he had released only EP there?

I don’t really know. I’ve had released two Eps on Mote Evolver before that, and I didn’t have any plan to do an album before they asked me. I just remember having an e-mail asking me if I was up for it, and I was like « Shit, it’s way too much responsibility to do that at this point ! ». But, after thinking about it i decided it was an opportunity to really put a stamp on something important and have a body of my work which could give me more room to explore.

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8) You keep a certain anonymity, contrary to certain techno artists of today who are in a logic of rather important communication. We can make a link with certain artists and techno collectives of former days (BASIC Channel, UR to quote only them) or today with small groups as Frozen Border or Horizontal Ground. Do you try to protect these techno values?

When I first started this project I was very secretive about it, and for sure I’ll never come out and say what my name is and what I was doing before I started doing the Shifted stuff. I don’t think it’s necessary for people to know that. When I started it, it was in a genuine wish for people not to link what was before and what would be my music now. I wanted to clean it up and focus on one simple thing, and not hearing things like « Oh, this guy from this project, have you listened ? It’s his new project it doesn’t sound like before and blahblahblah », I really wanted people to like the records because they were good records (or not like them if they weren’t). When I started buying records, when I was like 16 or something, I didn’t have a fucking clue who the person making the music was, and it was fine like that because it was only a matter of whether the records was good or not! I’m not gonna wear some stupid fucking mask when I DJ, whatever that really stand for these days. I don’t see the point at all. You mentioned Underground Resistance, well, good for them, I totally understand what it meant at that time, but today in 2013 it doesn’t make any sense in my opinion.

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9) Do you consider Shifted as an underground fight for somehow a techno revolution (as RA titled) ? Or do you do your own way without feeling part of a precise « scene  »?

Well if you think about this whole « revival of hard techno », I don’t really feel that I’m part of that at all. I think that the whole hard techno thing can become very boring very quickly. If you wanna make a rough and hard music, well fine, but it has to be extreme for a fucking reason. It’s pointless making anything without a thought, an aesthetic behind this, it’s pointless. And I think that this is what a lot of this stuff today is missing. To be honest. I was lucky enough to sign the first MPIA3 tracks and it really came at the right time, a lot of other producers were doing dull 7 minute long tracks with big reverbed 909 kick drums and a Reaktor drone stuck over it. When I heard the MPIA3 tracks, they stood out a mile because they were so full on and so basic, rough in a primal kind of way. I think that this is the reason why Avian became associated with this so-called resurgence of hard techno, which has always been a UK thing I guess. I’m not gonna lie about our influences, the biggest influence is the whole 90′s Birmingham thing. but more for me in terms of aesthetics and the DIY way it’s done than in terms of the pace sound of the records.

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