SSS Interview : Terence Fixmer [FR/ENG]

L’un des tauliers de la techno en France en interview.

modele
Par David Robert
Publié le 18 octobre 2013 | 13:43

Enchainer deux dates d’affilée en France n’est pas si banal finalement pour Terence Fixmer. Lui qui est né et qui vit dans notre hexagone joue en effet bien plus souvent à l’étranger que dans le pays du vin, du pain, du camembert, du béret et de la moustache. A l’occasion d’un doublet ce week-end, le premier au DV1 à Lyon ce soir par Uncivil et le second à La Machine du Moulin Rouge à Paris demain par nos confrères de chez Gouru.fr, nous avons interviewé un des tauliers de la techno en France.

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1) Là où pas mal de producteurs techno multiplient les alias pour leurs productions, et surtout quand ils réorientent leurs projets, tu as toujours gardé ton vrai nom comme seule véritable casquette (même si tu as quelquefois produit sous Eisbär sur la Fabric D’Agoria, Gemini 9 et Scanner à la fin des 90). 
Est-ce quelque chose qui entre dans une certaine démarche réfléchie de ta part ?
Pourquoi ne jamais avoir voulu créer un autre véritable alias parallèle ?

- Au tout départ, dans les années 90, c’est vrai qu’il y avait une question de mode : beaucoup de producteurs sortaient des disques avec des noms de projets à consonance futuriste. C’était l’esprit techno à cette époque… J’étais jeune aussi, je commençais à produire et je n’avais pas encore défini ou trouvé mon nom. Voilà pourquoi j’ai sorti des titres sous plusieurs alias.
Quand, en tant que producteur, j’ai commencé à mieux maîtriser mes machines et la création musicale, j’ai par le même biais trouvé mon identité musicale. Je me suis alors dis que je pouvais signer mes morceaux sous mon vrai nom.
Et évidemment, quand je sors des disques sous Terence Fixmer, cela correspond à une identité personnelle musicale. Raison pour laquelle, comme tu l’as dit, j’ai sorti par exemple un titre sous le nom d’Eisbar pour la compilation d’Agoria : ce titre correspond à un autre univers, beaucoup plus deep et dubby qui pourrait du coup désorienter. 
Cependant j’essaie d’être de moins en moins catalogué par un son, et par exemple sur mes dernières sorties sur Electric Deluxe, je n’ai pas hésité à mettre un titre assez dubby comme le “When the Sun”…

Par ailleurs, qui dit que je n’ai pas d’autre alias ? L’intérêt est de garder les alias secrets… ;)
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2) Dans la même idée, il est vrai que, et ce n’est pas réellement nouveau, les producteurs techno ont souvent infusé leurs sorties de productions ambient, indus, noise ou encore drone, ces morceaux agissant quelques part comme le ciment des briques techno, et servant donc à lier les productions techno.
Il semblerait que toi, à l’image de ton Comedy Of Menace, tu aies actuellement pris le parti de produire de la techno dans sa forme la plus entière, sans la parasiter avec autre chose. Comme si tu cherchais la techno dans sa forme la plus pure possible. Est-ce le cas ?

- On va dire que d’une certaine manière je suis un puriste. Mais pour l’album “Comedy of Menace”, que je considère évidemment comme Techno, chaque auditeur peut y entendre selon sa propre culture musicale des sonorités industrielles voir plastikmanienne ! Mais comment se définir exactement…?
L’intérêt pour moi est de faire une musique techno avant tout, avec de l’âme, avec une atmosphère; que chaque titre ait sa propre identité, sa propre histoire, reconnaissable entre les autres. 
Je n’ai jamais été fan de morceaux qui tournent comme des boucles, qui rentrent par une oreille qui ressortent cinq minutes après par l’autre côté, et dont on oublie toute la substance et l’ambiance.

Faire de la techno, c’est un art. Pour qu’un morceau se retienne, il doit y avoir absolument une âme à l’intérieur.

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3) Les EP que tu sors sur ton label Planete Rouge sont assez distillés. A quel moment tu te dis : “tiens, ces morceaux là ils seront pour mon label” ?
Dans la même idée, le nombre de producteurs signés y est assez réduit, comment en es tu venu à sortir Hubot ou encore Alexey Volkov ? Quelle est ta démarche et tes perspectives avec Planete Rouge ?

- Je marche au coup de foudre et au feeling. Planete Rouge est né en 1998, ce qui fait, sans m’en rendre compte, déjà pas mal d’années d’existence..! Mais ce n’ est pas un label qui travaille sur la communication ou encore le marketing. Il n y a pas de sorties régulières : ça peut être trois maxis par an, ou rien sur six ou dix mois… Malgré tout je constate qu’il est reconnu par beaucoup d’artistes et garde une image qualitative et très underground.
Actuellement, je me concentre sur quelques artistes comme Alexey Volkov. Ce russe a vraiment un son que j’aime beaucoup, quelque chose sans compromis et profond. Il en est de même pour Hubot, qui est un véritable passionné de machines et de modulaires !
 Aussi j’ai un peu poussé Emmanuel top à refaire des sorties, et je suis très content de l’avoir sorti de son silence en sortant Addiction et Flex il y a deux ans. 
Je reçois beaucoup de démos, mais le problème c’est que je passe pas mal de temps moi-même en production et un label nécessite beaucoup de temps. Je préfère ainsi me concentrer sur trois / quatre artistes pour ne pas trop m’éparpiller.
Je prépare pour Planete Rouge les sorties de NX1, d’Alexey Volkov, de Hubot, et de moi-même. Je travaille aussi actuellement sur mon nouvel album et peut être que je le ferai sous Planete Rouge !

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4) Tu es de fait extrêmement lié à Electric Deluxe et signes une bonne partie de tes productions sous ce label. Peux-tu nous décrire un peu comment tu en es venu à signer sur Electric Deluxe ?
Comment considères-tu ce label dans le paysage techno actuel, et ta place au sein de ce label ?

- Je connais Speedy J, le patron d’Electric Deluxe, depuis longtemps. C’est un artiste légendaire et pionnier de la techno, alors quand il m’a parlé de la création de son label, j’ai forcément trouvé ça intéressant ! Il m’a proposé de sortir un EP, et tout a commencé avec “Machine”.
 Jochem, aka Speedy j, est un vrai artiste. Il comprend donc les artistes, et leur laisse carte blanche. J’aime son ouverture d’esprit et la place qu’il offre à la créativité libre.
C’est un label très qualitatif et qui, à mes yeux, est monté très vite parmi les meilleurs labels techno. 
Concernant ma place dans le label, je peux dire que je fais partie des premiers artistes signés et que dans le catalogue, je dois être celui qui a le plus de sorties.

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5) Tu as signé deux EP sur Turbo il y a deux ans. A l’époque, je me souviens que tu nous avais dit que le label n’avait pas forcément une excellente image en Allemagne et qu’il était plus difficilement concevable pour certains de tes proches dans le milieu techno de jouer du turbo que d’un autre label. 
Aujourd’hui, comment tu regardes ces signatures sur Turbo ? Pourquoi avoir sorti cet EP sur ce label ?

- C’est vrai que Turbo il y a deux ans était plutôt très orienté « electro », alors que mon son a plus une couleur sombre, hypnotique, « berghainique » et de fait très orienté scène techno allemande. Donc forcément pas mal d’artistes et de djs techno que je connais ne pensait pas forcément à écouter Turbo.
Je connais Tiga depuis pas mal d »années (depuis l’époque Gigolo) et je lui avais envoyé quelques titres à l’époque. Il m’a demandé s’il pouvait les sortir sur Turbo. Comme j’avais mon album dans les bacs sur Electric Deluxe, je lui ai donné ces titres, ce qui fut une bonne chose car j’ai constaté qu’ils touchaient un autre auditoire.
Concernant l’orientation de Turbo, je trouve d’ailleurs qu’aujourd’hui le label sort de bonnes plaques techno comme celles de Clouds, Milano etc !

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6) Tu nous avais aussi parlé à l’époque des Ghostwriters, producteurs de l’ombre qui produisent pour d’autres artistes. Peux-tu nous en redire un peu plus ?
Avec quel oeil et quel avis vois-tu cette démarche, tant du côté du producteur de l’ombre que du côté de celui qui vient récupérer les productions pour les sortir sous son nom (on pense à des gars comme Dubfire, si on se trompe pas) ?

- Evidemment il y’a beaucoup d’artistes assez connus qui ne font pas leurs disques eux-mêmes et bénéficient de ghostwriters. C’est un peu le revers de la médaille : la musique techno est devenue très populaire, entraîne du marketing, du business. Toutes ces choses deviennent par conséquent en partie néfaste à l’art même.
J’aime les artistes qui s’expriment eux-mêmes, dont on peu reconnaître l’identité. S’il y a des gens derrière, on ne sait plus quelle est vraiment l’expression personnelle de l’artiste et cela devient purement et simplement un produit marketing. On fait de belles photos, on achète de la pub dans les magazines mais au final on ne fait pas ses disques soi-même… 
Quelque part je dois être old school.
Dans les débuts de la techno, c’était vraiment du bricolage : on essayait de faire des titres comme on pouvait et c’était ça l’important, chaque personne amoureuse de la techno essayait de faire soit même ses propres morceaux. Surtout qu’avec l’avancée informatique, chacun peut produire soit-même ses morceaux, plus besoin de tonnes de matériel analogique._________________

7) Parlons (un peu) de ton projet avec le chanteur de Nitzer Ebb qui a démarré au début des années 2000 et qui a duré 8 ans. Comment as-tu rencontré Douglas Mc Carthy, et à quel moment avez vous décidé de travailler ensemble ? Parle nous un peu de la genèse du projet.

- J’ai toujours été un grand fan de Nitzer Ebb, ils font partie de ma culture et éducation musicale. Dans les années 2000, Mute m’avait contacté pour me demander de remixer un titre classique du groupe « Let Your Body Learn ». Je suis par la suite rentré en contact avec Douglas Mc Carthy, le chanteur de Nitzer EBB. Le groupe à ce moment était en rupture depuis dix ans. 
Je lui ai demandé si il était intéressé par un projet avec moi. C’est ainsi qu’on a créé Fixmer/Mc Carthy.
Ce fut un mélange de techno, EBM avec beaucoup d’énergie et de puissance pendant les lives. 
On a sorti deux albums et tourné un peu partout ! J’ai concentré pas mal d’années sur ce projet, et à un moment donné j’ai eu envie de me recentrer sur mes productions solos. Douglas lui a reformé Nitzer EBB pour une tournée Reunification.
Mais le projet n’est pas arrêté pour autant ! On fait quelques dates ensemble sous Fixmer/Mc Carthy pour des festivals et on prévoit un prochain album aussi…
 On a déjà quelques titres prêts ! Maintenant on prend notre temps, car on travaille aussi sur des projets solos, donc on verra. Peut-être que l’album sera prêt pour 2014 / 2015.

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8) Jusqu’à encore assez récemment, les gens avaient du mal à te séparer de tes collabs avec Mc Carthy et à l’esthétique de techno Body Music (TBM) que l’on t’avait collée au corps. Le son Terence Fixmer est pourtant aujourd’hui résolument techno. Penses-tu que les gens et la presse ont tendance à coller des étiquettes et ont du mal à s’en séparer ?

- Oui je remarque que beaucoup de journalistes collent des étiquettes. Mais surtout je remarque parfois le manque de culture de certains ! 
J’ai eu de fait une étiquette techno / EBM par des titres comme “Electrostatic” en 98 ou mon premier album “Muscle Machine”. Je fus décrit par beaucoup comme l’artiste qui a lancé ce mouvement de techno mélangeant les ambiances ou le type de séquence EBM. De plus, mon projet avec Douglas, leader de Nitzer ebb, qui est le groupe EBM par définition, a renforcé cette image Tech/ EBM.
Alors certes, j’adore ce mélange; mais je ne me définis pas que par cette influence. Surtout que depuis quatre / cinq ans je montre d’autres facettes, et principalement celle d’une techno qui reste sombre, énergique mais plus hypnotique.
C’est pourquoi aujourd’hui je rigole quand je vois que certains journalistes décrivent par exemple mon dernier titre “Bells” sorti sur Electric Deluxe comme Tech/ EBM ! Je me dis qu’ils ont du voir cette étiquette quelque part que à propos de moi, ne savent même pas ce que l’ EBM est, et recollent cette image ! Ce qui montre parfois la qualité journalistique de certains :) _________________

9) Speedy J nous disait il y a quelques semaines que « ce qui est en train de se passer en France et principalement à Paris en matière de techno est incroyable ». Quel est ton sentiment, toi qui est français, par rapport à ce bouillonnement actuel au sein de la capital ?

- Marcel Dettmann me disait la même chose dernièrement. J’ai une vision forcément différente vu que je suis dans le pays, mais il est clair que de voir de plus en plus de bonnes soirées techno avec de très bons guests fait forcément plaisir ! Je suis aussi et surtout parfois étonné de voir des guests étrangers très pointus et underground jouer ici.
 C’est super et ça montre qu’au delà du marketing et des magazines, il y a des gens qui ont les oreilles ouvertes et invitent des artistes de qualité, sans pour autant qu’ils soient plébiscités par la presse.

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10) Tu sembles d’ailleurs assez lointain de la France. T’y sens tu encore attaché ?

- C’est vrai que je joue plus souvent à l’étranger qu’en France. Mais ça a toujours été comme ça depuis mes débuts, certainement du au fait que mon nom ne sonne pas français. J’ai habité cinq ans sur Berlin aussi et y suis très souvent, je signe quasiment tous mes disques sur des labels étrangers (Electric deux, CLR, Prologue, Turbo etc), mon agent est allemand..
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Et puis j’habite lille :) _________________

11) Peux-tu nous parler un peu des projets qui arrivent pour Terence Fixmer et pour ton label Planete Rouge ?

- En prévision il y a un nouveau maxi d’Alexey Volkov, d’Hubot, de NX1, de moi-même et peut-être même mon album.

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12) Les sorties qui t’ont marqué récemment ?

- Il y a en a beaucoup mais j’aime les productions de Rrose, Claudio PRC, Giorgio Gigli, Silent Servant ou encore Lori.

1) When many techno producers have many aliases, especially when they develop several projects, you’ve always kept your own name as your single stage name (even if you produced under Eisbär on Agoria’s Fabric, Gemini 9 and Scanner at the end of the 90′s). Do you do this on a special purpose ?

- At the very beginning, in the 90′s, there was a certain hype, a lot of producers used to release things under futuristic names. It was the techno spirit of the time… I was young and I was just starting producing, I didn’t have one precise name to produce under. Basically, that’s why I released under different aliases back then.
When, as a producer, I began to work well on my machines and in the same time managed to find my musical identity, I realized that I could release music under my real name !
Of course, when there is something out under Terence Fixmer, it’s something very personal. As you noticed it, I released something under the name Eisbär for Agoria’s compilation, because it’s a totally different universe, deeper, way more dubby.
However, I try to be as broad as possible, in terms of sound identity. For example, on my last releases on Electric Delue, I didn’t hesitate to include a quite dubby track like « When the Sun ».
And, well, after all, who knows ? Maybe I have other aliases… ? The point is to keep it secret…

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2) Speaking about techno producers, they often include ambient, industrial, noise or drone tracks into their releases, to make a bond between their techno productions. In a way, you seem to develop a one-way techno, as in Comedy Of Menace, without any turn aside. Do you try to express the purest form of techno ?

- Yes, in some way, I’m a purist. But for the Comedy of Menace album, which I really consider as a trully techno album, each people can hear, depending on his cultural influences, industrial or even plastikmanian aspects ! But I don’t know how to define it preciselly…
The point for me is to create techno music above all, with soul, with an atmosphere. I want each track to have its own identity, its own story, unique among the others.
I have never been a big fan of tracks going in loops, that you can forget easily due to their lack of originality and soul. Creating techno is an art. If you want a track to remain, you have to give it a soul.

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3) The Eps released on your label Planete Rouge are quite rare and the producers you signed on are just a few. How do you decide that you’ll sign something on this ? How did you come to release tracks by Hubot or Alexey Volkov ?

- I need to feel it, spontaneously. Planete Rouge was born in 1998, quite a long time ago indeed ! But it’s not that oriented on marketing or comunication. There are not often releases out on this imprint, maybe one maxi per year, or a stop for 6 or 10 months… But in the end I realize that it’s renowned among artists for this underground and quality aspect.
Latelly, I’ve been focusing on Alexey Volkov. This russian guy really has a sound that I love, uncompromising and really deep. Same thing for Hubot, he is a true machine maniac ! I tried to encourage Emmanuel Top to release new stuff, and I’m really glad it worked with Addiction and Flexil two years ago.
I receive a lot of demos, but the problem is that I spend a lot of time myself in the studio and a label is time-consuming, so I prefer to focus on three or four artists in order to stay focused.
I’m planning for Planete Rouge a few more releases by NX1, Alexey Volkov, Hubot and myself. I’m also working on my new album, and maybe it will be out on Planete Rouge !

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4) You are bound to Electric Deluxe and you release a big part of your productions on this imprint. Can you tell us a bit how did you come to sign on Electric Deluxe ? How do you see the place of this label today among the techno scene, and your own place in this label ?

- I’ve known Speedy J for a long time. He’s a legend and a techno pioneer, so when he told me about the creation of the label, you bet that I was completelly in ! He offered me to release an EP, and everything began with Machine. Jochem is a real artist. He knows how artists work, and let them be themselves. I really like his open-mindedness and the space he gives to creativity. This label is really focused on quality works and for me it’s one of the best among the techno landscape today.

About my own place in it, I can say that I’m one of the first signed on it, I may be the one with the most releases.

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5) You signed two Eps on Turbo a couple of years ago. At the time, I can remember you saying that it wasn’t well seen in Germany and that your friends didn’t understand that choice. Today, how do you consider those releases your signed on Turbo ? Why did you work with them ?

- Well, you’re right, two years ago Turbo was really « electro » oriented, whereas my sound is darker, more hypnotic, « berghainic », and really german techno-oriented. So, well, a lot of artists I know wouldn’t have thought about Turbo…
I’ve know Tiga for years (since his Gigolo era), and I sent him a couple of tracks at the time. He asked me if he could release them on Turbo. I already had my album out on Electric Deluxe, so I decided to give him the tracks, to see if it could touch a different audience.
About Turbo’s orientation, I think that today the label releases some good techno things, such as Clouds or Milano !

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6) At the time, you told us about the ghostwriters, those producers making tracks for other producers. Can you tell us more about it ? How do you consider those people, the producer and the one who signs the music under his name (we think about Dubfire, for example) ?

- That’s a fact, a lot of well known artists don’t do their own tracks and have ghostwriters. It’s the seamy side of the thing : techno music has become very popular, and brings whith it a lot of marketing, business. All those things become negative for the art itself. I like artists who express themselves, whom you can feel the personality. If there are people behind them, you can’t figure out the feelings of the artists, and it simply becomes a marketing product.
I must be old school… In the beginning, techno was a do-it-yourself thing : people tried to do tracks as they could and this was the important thing. Each techno lover had to do it his way. With the computers, each one can produce his own tracks, you don’t need tons of gear and machines anymore, but, well, people do pretty pictures, people appear in magazines, and in the end, people don’t have time to make music, it seems…

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7) Let’s talk about your project with Nitzer Ebb frontman, which started in the early 2000′s and last 8 years. How did you meet Douglas Mc Carthy, and when did you decide to work together ?

- I’ve always been a big fan of Nitzer Ebb, they are part of my musical culture. In the 2000′s, Mute contacted me to remix one of their classic tunes : Let Your Body Learn. I met Douglas Mc Carthy after this. The band had split 10 years ago, and I asked him if he was interested by a project with me. That’s how we created FixmerMcCarthy. It was a mixing between techno and EBM, with a lot of energy and power during the lives.
We released two albums and we toured a bit everywhere ! I had spent quite a few years on this project, and there was a time when I felt the need to re-focus on my solo project. Douglas reformed Nitzer Ebb fo the Reunification tour. But we didn’t stop the project ! We sometimes do a few shows together under Fixmer/McCarthy for festivals, and we are planning an album too… Actually we have a few tracks ready ! Now we take our time, because we also work on solo projects, so we’ll see. Maybe the album will be ready for 2014/15. else.

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8) Until recently, you were strongly associated to your productions with Mc Carthy and to the Techno Body Music (TBM) style. But the Terence Fixmer sound is trully techno today. Do you think that both people and press tend to categorize you and don’t look further ?

- Yes, I noticed that journalists like to put names on things. But I notice even more often the lack of culture they show !
I was categorized as a techno/EBM artist because of tracks like Electrostatic in 98 or my first album Muscle Machine. I was described by many as the artist who launched the hype of techno with EBM sequences. If you add the project with Douglas, leader of « the » EBM band by definition, this stengthened this image.
Honestly I love this kind of mix, but I don’t define my music by these influences. I have been doing other things during the last 5 years, mainly the dark techno stuff, full of energy but really hypnotic. That’s why journalists describing my last release, Bells, on Electric Deluxe, as an techno/EBM one make me laugh ! I suppose they have seen somewhere that I was once categorized like this, without even knowing what EBM is. That proves the quality of certain people’s work…

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9) Speedy J told us recently that « there is something incredible hapenning today in France, especially in Paris where the techno scene is amazing ». What is your feeling about it, as you are a french artist, regarding this up wave in Paris ?

- Marcel Dettmann told me the same. Of course I have a different look upon this, as I am french, but I’m really glad that there are a lot of good things hapenning ! I’m really surprised (in the good way) to see really interesting foreign artists, underground ones, invited to the capital. It proves that beyond the marketing and what magazines say, there are people out there openning their hears and willing to invite quality artists.

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10)By the way, you seem a little far from France these days. Do you still feel bound to it ?

- That’s true, I play more abroad than in France. But, well, it has been like that since my beginnings, maybe because my name doesn’t sound that french. I’ve lived for five years in Berlin and I often go back there. Plus, I sign most of my records on foreign labels (Electric Delue, CLR, Prologue, Turbo, etc), and my manager is german.
And you know, I live in Lille !

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11) Can you tell us more about your upcoming projects for Terence Fixmer and your label ?

- I plan to release a new maxi from Alexey Volkov, Hubot and NX1, from myself, and maybe an album.

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12) Any recent release that had your attention ?

- There are a lot of ones, but I especially like stuff by Rrose, Claudio PRC, Giorgio Gigli, Silent Servant or Lori.

 

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