SSS Interview : Timoka [FR/ENG]

Après avoir publié son premier album chez Holger, Timoka nous dévoile ses influences pour mieux entrer dans son univers à la croisée des genres.

Timoka-Web
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 17 octobre 2014 | 14:57

Il y a quelques semaines, Timoka publiait chez Holger son premier album, Tulgey, faisant suite à un premier EP l’an dernier. La personnalité de l’artiste, résidant actuellement en Suisse, s’y dévoilait doucement, mêlant sans complexe synthés atmosphériques, rythmiques entre downtempo et dub techno, expérimentations ouvertes et bien d’autres éléments, pour un ensemble hétéroclite mais accrocheur, où l’on revient depuis régulièrement se lover. Face à un tel mélange, nous avons décidé de lui demander une liste de titres l’ayant plus particulièrement influencé, afin de faciliter l’entrée dans un univers à découvrir.

 

Autechre_ConfieldAutechre – Uviol [Confield, Warp Records, 2001]

Quand j’étais plus jeune, j’écoutais vraiment plein de trucs très, très différents, qui allaient du hip hop 90s à Haydn, en passant par la Gabba Techno de Rotterdam ou Enya – oui, Enya. Et puis, sans trop savoir pourquoi, je me suis intéressé à la musique électronique expérimentale, à des trucs qui repoussaient les limites, alors même que je ne savais pas trop ce qu’étaient les limites. Kid 606 a joué dans ma ville et c’était un grand choc, j’ai vraiment cru que mon cerveau allait fondre. Du coup, le lendemain, je suis allé chez mon disquaire, j’ai demandé des trucs de ce gars et le DJ qui travaillait là m’a donné quelques CDs. Il se trouve que l’un d’entre eux n’était pas de Kid 606  : c’était Confield d’Autechre. C’est là que ma vie a vraiment changé. Vraiment, je n’ai jamais retrouvé cette expérience. La musique sur Confield, qui était vraiment repoussante pour certains fans des premiers trucs d’Autechre, a ouvert mon esprit à ce genre de nouvelle musique qu’on appelait alors IDM (on l’appelle toujours IDM aujourd’hui – c’est plutôt lourd, non  ? La musique n’est pas intelligente, elle est juste de la musique, c’est l’auditeur qui peut être intelligent… bref). J’ai acheté tous les albums du duo ensuite, et j’ai été très fan pendant un certain temps. Ce morceau, Uviol, est assez représentatif de l’ensemble de l’oeuvre d’Autechre.

 

WARPLP101R-Packshot-800Boards of Canada – The Devil is in the Detail [Geogaddi, Warp Records, 2002]

Assez rapidement après ma période Autechre, j’ai commencé à écouter les autres trucs de chez Warp et, quelle surprise, j’aimais aussi Aphex Twin et Boards of Canada. Je n’étais pas un très grand fan des trucs rythmiques de BoC, mais les pads, les mélodies et les atmosphères sur Geogaddi sont vraiment géniales. Beaucoup de choses ont été écrites sur ce fameux «  feeling  » de Boards of Canada, sur les références mystérieuses qu’ils introduisent dans leur musique, sur leur approche visuelle, mais ce qui m’intéresse personnellement, c’est que ce sentiment étrange de souvenirs perdus que j’ai en écoutant Boards of Canada, alors même que ces souvenirs ne sont pas les miens, est si plaisant et flippant à la fois qu’il est resté bloqué dans mon esprit, et qu’il n’en repartira jamais. Ces sortes d’histoires cachées, de mémoires fragmentées, sont très importantes dans ma propre musique. Je sais bien que plagier Boards of Canada est une sorte de tendance, et je n’ai vraiment pas envie de sonner comme un rip-off, mais je pense qu’un certain niveau d’affinité est acceptable.
Ce morceau, The Devil is in the Detail, issu de l’album Geogaddi, est vraiment un exemple parfait de ce sentiment étrange, c’est à la fois flippant, triste, plein de mystères et d’histoires, mais le tout est écrit dans un langage qu’on ne connaît pas. Tous les petits interludes sur Geogaddi sont des vrais chefs-d’oeuvre de la musique électronique.

 
Radiohead.amnesiac.albumartRadiohead – Hunting Bears [Amnesiac, 2001]

Pour moi, Radiohead resterait l’un des meilleurs groupes que j’ai entendu s’ils n’avaient fait que Kid A et Amnesiac, même si je n’ai jamais été un grand fan de musiques à base de guitare, en particulier le truc classique, le groupe guitare/basse/batteries/clavier. Quand j’ai entendu les morceaux sur Kid A, j’ai été surpris, alors qu’à la base je n’écoutais l’album qu’à cause de sa pochette. Il s’agissait d’un groupe avec un chanteur, mais la musique ressemblait aux trucs de Warp Records. Plus tard, j’ai entendu l’histoire derrière les deux albums, la pause par rapport au concept de groupe dont Thom Yorke avait besoin. J’ai voyagé dans les montagnes un peu après avoir acheté ces deux albums et j’avais mon Disc-man (vous vous souvenez de ce truc?) avec moi tout le temps  : cette musique est un peu la bande-son de cette époque pour moi. Hunting Bears correspond plus particulièrement avec son titre :) c’était la première fois que j’entendais de la musique avec des arrangements aussi fins, une qualité de composition qui égalait celle de la musique classique. J’étais persuadé que la pop music ne pouvait pas faire ça  : j’avais tout faux.

 

220px-Tricky_-_MaxinquayeTricky – Overcome [Maxinquaye, Island, 1995]

L’album Maxinquaye de Tricky était ma première véritable rencontre avec la musique trip hop  ; Massive Attack et Portishead sont venus ensuite. Je suis toujours un grand fan des premiers albums de Massive Attack et de Portishead, mais la musique de Tricky a eu un impact différent sur moi. C’était plus brut, plus sale, il utilise des samples vraiment étranges et ses rythmiques, surtout sur le morceau Overcome sont assez exceptionnels, exotiques et merveilleux. Je pense que c’est avec Tricky que mon intérêt pour les rythmes et percussions non-Occidentaux a commencé. Ce morceau est un peu comme une marche dans une forêt dense, c’est très répétitif, tu marches, tu marches, mais en même temps c’est très étrange, il y a beaucoup d’ombre et des choses bougent dans l’obscurité. Pour moi, la musique a beaucoup à voir avec les histoires, et je suis fasciné par les histoires dans des environnements naturels hybrides. Une version plus moderne de ce morceau serait «  Calling All Workers  », par Roll The Dice. Je peux presque sentir le bois brûlé en écoutant ça…

 
clusterCluster – Gissander [Qua, Nepenthe/Klengbad, 2009]

Moebius et Roedelius, voilà pour la combinaison. Avec de tels noms, il fallait faire quelque chose d’important  : ils l’ont fait et le font encore. Le krautrock n’était pas si important que ça pour moi, tout du moins par les trucs les plus kraut, du style Neu!, Amon Düül. Mais Cluster, ou leur première version, Kluster, ont trouvé leur place dans mon cœur. Ma première expérience avec ça était le morceau Hollywood, lors d’un voyage en voiture, et j’étais persuadé d’écouter un truc nouveau. Mais non, ça datait de 1974, haha  ! Je me sens tellement stupide quand je parle de musique (comme maintenant) et que je fais comme si j’y connaissais quelque chose. Tu découvres toujours de nouveaux trucs qui ont influencé des générations de musiciens. Cluster ne sont pas seulement des pionniers de la musique électronique, ils produisent toujours de la musique qui est si belle et intemporelle que j’ai juste envie d’arrêter de composer quand je l’entends. Tout l’album Qua est un chef-d’oeuvre, non seulement en termes de composition, d’arrangement, mais aussi parce que c’est l’un des albums les mieux mixés de l’histoire de la musique électronique. Gissander est un bon exemple mais bien sûr, Youtube n’en donne pas une bonne image – comme pour tous les morceaux précédents… Achetez le vinyle ou des fichiers digitaux de qualité, par pitié  : non seulement c’est bon pour votre plaisir audiophile, mais aussi pour votre santé, oui oui. Il y a une étude qui montre qu’écouter des fichiers de mauvaise qualité audio pourrait réduire votre durée de vie d’environ 2 jours par mp3. Les jeunes sont un groupe à haut risque. Bref, pardon.

 
MI0000318965Ken Nordine – Truth Mute [A Transparent Mask, Asphodel, 2001]

Je suis un grand amateur de Spoken Word. Pas seulement la forme artistique, j’aime vraiment entendre les gens parler. J’aime les émissions de radio, les audio books. Quand une voix attire mon attention, je peux ressentir encore plus de choses qu’avec de la musique ou des sons. L’un de mes plus grands rêves serait de travailler avec un narrateur professionnel qui aurait une voix comme celle de Ken Nordine. Nordine a inventé le terme «  Word Jazz  », mais c’est beaucoup plus que juste des mots et du jazz, c’est vraiment un maître pour le récit, il crée une ambiance avec sa voix, c’est incroyable. Truth Mute peut vous mener dans des endroits qu’on ne retrouve que dans les rêves.

 

philip-glass-philip-glass-robert-wilson-the-civil-wars-a-tree-is-best-measured-when-it-is-down-101384054Philip Glass – The CIVIL warS (Scene C) [The CIVIL warS, Nonesuch, 1999]

Philip Glass est là pour représenter les compositeurs minimalistes  : Steve Reich, Terry Riley, Michael Nyman, Arvo Pärt, La Monte Young, … C’est un autre terme un peu irritant, refusé par beaucoup de compositeurs, mais ça donne une assez bonne image de cette musique. Je pourrais expliquer pourquoi j’aime ce genre de musique, surtout celle de Nyman et de Pärt, mais j’ai choisi Glass et son opéra The Civil WarS du fait de l’utilisation de voix dans sa musique. Si vous avez le temps, écoutez-le en entier, ça vaut le coup. Il y a deux narrateurs, une femme et un homme, je ne sais pas exactement de quoi ils parlent. C’est le problème avec les opéras, il faut les regarder et parfois lire le texte tout en écoutant. En l’occurence, la femme répète  : «  Oh Boy, it must have been a terrible war  ». J’étais un petit garçon quand j’ai entendu cet opéra pour la première fois et cette ligne m’a tiré des larmes, et le fait encore. Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas psychiatre. Pour moi, c’est aussi la meilleure musique pour dessiner. Le dessin, c’est quelque chose d’assez similaire à certains mouvements répétitifs en musique minimaliste, ou en musique polyrythmique.

 
Kishori Amonkar- Raag Hamsadhwani‬ [Raag Hamsadhwani, Pan Music, 1993]

A partir de la musique minimaliste, mon intérêt pour les gammes et rythmes non-Occidentaux s’est éveillé. Je ne suis pas très calé en musiques indiennes, arabes ou japonaises, mais j’adore ça à la manière d’un enfant. Mes oreilles sont vierges quand elles écoutent des gammes inconnues, des intervalles étranges, et je suis souvent impressionné par la technique que ces musiciens doivent avoir en jouant des gammes microtonales. Presque toute la musique occidentale se fonde sur 12 intervalles également espacés dans une octave, et la plupart des compositions n’en utilisent que quelques uns. Du coup, écouter de la musique qui a 22 ou 31 intervalles par octave entraîne ton oreille. Je ne suis pas du tout quelqu’un de spirituel, je ne suis pas intéressé par la méditation, par les trucs du style «  atteindre un niveau supérieur  », mais cette musique est vraiment très belle.

 

James_Holden_-_The_InheritorsHolden – Gone Feral [The Inheritors, Border Community, 2013]

Ca peut sembler étrange de mettre James Holden entre du Raga indien et Rachmaninov – peut être que non. Mais avec son nouvel album, The Inheritors, Holden m’a montré que la musique électronique pouvait avoir un futur brillant. J’aimais déjà sa musique avant ça, en particulier ses remixes pour Radiohead et Caribou. C’est un des rares producteurs de musique électronique qui mérite le terme de compositeur – c’est vraiment rare aujourd’hui, surtout dans la musique orientée club. Pourtant, Holden joue ses morceaux dans des clubs remplis et ça marche, c’est vraiment génial. Il a aussi créé un label génial pour des artistes géniaux comme Luke Abbott, qui font aussi de la musique électronique de haute qualité. Je ne dis pas ça à cause de la mode pour les synthétiseurs modulaires, je sais qu’ils travaillent tous deux avec des trucs modulaires – je suis aussi accro –, mais ils ne font pas juste des bleeps et des bloops. Gone Feral est vraiment l’un de mes morceaux préférés dans tous les sens  : les percussions, les synthés, la basse, l’énergie, la puissance, tout est parfait. Geoff Barrow de Portishead en a donné une description parfaite  : «  Gone Feral brise mon cerveau et mon cœur en mille morceaux, et me donne de l’espoir  ». C’est exactement ça.

 

4466732Rachmaninov – Piano Concerto No.3 / Martha Argerich [Philips, 1995]

J’ai grandi dans une maison où il n’y avait que de la musique classique, et trois personnes qui jouaient du piano tous les jours. Mon père est obsédé par le piano, plus particulièrement de l’époque classique viennoise, Mozart et Haydn. Rachmaninov m’a un peu changé de cette musique viennoise très douce, c’était russe, sombre, et plein d’émotions, ce que j’ai aimé dès le début. J’ai découvert ce CD, tous ses préludes, ses moments musicaux joués par Andrei Gavrilov dans le bac à CDs de mon père, et c’est devenu la bande-son de mon enfance. Il n’y a pas d’autre musique qui me touche autant, parce que j’ai beaucoup de souvenirs associés très importants. Le Piano Concerto No. 3 est mon concerto de piano préféré  ; il paraît que c’est l’un des plus difficiles à jouer, mais on dit ça au sujet de tous les concertos. La version de Martha Argerich est vraiment très belle, et c’est pour ça que j’adore Youtube  : je peux voir les mains d’Argerich et entendre cette incroyable musique.

A few weeks ago, Timoka published his first album, Tulgey, on Holger Records, following an EP last year. The album softly unveiled the personality of the artist, who is currently based in Switzerland, melting atmospheric synths, downtempo or dub techno rhythms, overt experimentation, as well as many other elements amongst an eclectic, yet welcoming whole, to which we have often returned since. Faced with this mix, we decided to ask him to make a short list of tracks and artists that have influenced his sound, in order to ease access to a musical universe that needs to be discovered.

 

Autechre_ConfieldAutechre – Uviol [Confield, Warp Records, 2001]

When I was young, I listened to an awful lot of different music, very different, from 90s Hip Hop to Haydn to Rotterdam Gabba Techno, and Enya, yes Enya. But somehow I got interested in experimental electronic music and stuff that pushes the boundaries even though I wasn’t aware of any boundaries… Kid 606 came in my hometown and it was a blast, Jesus Christ I thought my brain would melt. I went to the record store the day after and asked about this guy and the DJ working there gave me some CDs. Well, one of them wasn’t Kid 606 but Autechre – Confield. Thats when my life really changed. I honestly never ever had this experience again. The music on Confield, which to some early Autechre fans wasn’t that pleasing at all, opened my mind for this kind of new music, IDM they called it. (They still call it IDM today – it’s irritating, no? I mean, the music isn’t intelligent, music is just music, the listener could be intelligent…, well back to Confield.) I then bought every album from the duo and was quite a fan for some time. This track Uviol should be representative for every album from Autechre.

 

WARPLP101R-Packshot-800Boards of Canada – The Devil is in the Detail [Geogaddi, Warp Records, 2002]

Soon after I had my Autechre meltdown I began to listen to other Warp stuff and, what a surprise, I liked Aphex Twin and Boards of Canada, too. I wasn’t a big fan of the rhythmic work from BoC but the synth pads, melodies and ambiances of Geogaddi were mindblowing. A lot has been written about this famous BoC feeling and the haunting references they put into their sounds and also their visual approach on the covers, but all I want to say about that is: This weird feeling of lost memories I have when listening to BoC, even though the memories aren’t mine, is so pleasing and scary at the same time that it stuck in my mind and it will never ever go away. These sort of hidden stories and fragmented memories are very very important in my own music. I know, BoC plagiarism is some sort of trend and I don’t want to sound like a rip-off, not at all, but some kind of affinity is ok, I think.
This track, The Devil is in the Detail from the album Geogaddi is a perfect example of this weird feeling in their music, it’s scary, it’s sad and it’s full of mysteries and stories, but written in a language you don’t know. All the short interlude-ish tracks on Geogaddi are masterpieces of electronic music.


Radiohead.amnesiac.albumartRadiohead – Hunting Bears [Amnesiac, 2001]

For me, Radiohead could have made just Kid A and Amnesiac, they still would be the best band I’ve ever heard although I never was a big fan of guitar music, especially not guitar with drums and bass and keyboard, the classical band… But when I heard the tracks on Kid A, and I listened to this record just because of the artwork at that time, I was surprised. This was a band with a singer, but the music was more like the stuff on Warp Records. Later I heard all the stories behind the two albums, Kid A and Amnesiac, and the break Radiohead, or Thom, needed from the old band concept. I went into the mountains soon after I bought these two albums and I had my Disc-Man (remember that!) on me for the whole time. This music is very much a soundtrack of that time for me. Hunting Bears matches even with the title… :) It was also the first time I heard music with such a fine arrangement and utterly great compositions besides classical music. I was sure « Pop » music couldn’t do that. Well, I was wrong.

 

220px-Tricky_-_MaxinquayeTricky – Overcome [Maxinquaye, Island, 1995]

The album Maxinquaye from Tricky was my first real encounter with the so called Trip Hop music, Massive Attack and Portishead followed later. I am still a big fan of the early Massive Attack albums and also Portishead, but the Tricky stuff had a different impact on me. It was more raw and dirty, he used really weird samples and his rhythms, especially on the track Overcome are exceptional, exotic, marvelous. I think with Tricky my interest in non-western rhythms and percussions began. This track is like walking through a thick forest, it’s repetitive, you walk and walk, but it’s alien, too, some plants are shady and something moves in the dark. Well, music for me is all about stories, and stories in a hybrid nature environment are especially interesting to me. A more modern sound of this would be the track ‪Calling All Workers‬ from ‪Roll The Dice, I really can smell the burned wood when I’m listening to this…‬


clusterCluster – Gissander [Qua, Nepenthe/Klengbad, 2009]

Moebius and Roedelius, what a combination! With such names you have to make something important. Well, they have and still do. Krautrock wasn’t that important for me, at least not the krauty Krautrock like Neu! or Amon Düül. But Cluster or the early version Kluster did find their way into my heart. My first experience was the track Hollywood from Cluster, on a car ride, and I was sure that I’m listening to something new. But no, it’s from 1974! Haha, and I still feel so stupid when I talk about music (like now) and pretend to know something about it. You always discover something that influenced whole generations and musicians. Cluster are not only pioneers in electronic music, but they still produce music so utterly beautiful and timeless I want to quit making music when I hear it. The whole album Qua is a masterpiece, not only in composition and arrangement, but also deserves a mention for one of the best mixed LPs in electronic music I’ve ever heard. Gissander is a good example but Youtube doesn’t do it justice, actually all of the above music… So buy vinyl or some good quality digital files, please, its not only good for audiophile pleasures but also for your health, yes. There is a study which shows that listening to bad audio quality could shorten your life, about 2 days per mp3. So young people are the so-called high risk group. Blabla, sorry.


MI0000318965Ken Nordine – Truth Mute [A Transparent Mask, Asphodel, 2001]

I am a big fan of Spoken Word. Not only the art form Spoken Word. I actually like listening to people talking. I enjoy radio features and audio books very much. When a voice catches my attention my feelings go wild, more as with music or tones. It is one of my biggest dreams to work with a professional narrator with a voice like Ken Nordine. Nordine invented the term Word Jazz, but it’s way more that just words and jazz. He is really a master in storytelling and forms ambiances only with his voice, it’s incredible. Truth Mute takes you to places you otherwise only experience in dreams…

 

philip-glass-philip-glass-robert-wilson-the-civil-wars-a-tree-is-best-measured-when-it-is-down-101384054Philip Glass – The CIVIL warS (Scene C) [The CIVIL warS, Nonesuch, 1999]

Philip Glass should stand here for the so called Minimal Music composers. Steve Reich, Terry Riley, Michael Nyman, Arvo Pärt and La Monte Young just to name a few. It’s again an irritating term (Minimal Music), and most of the composers did refuse this term, but it’s good to give you a picture of this music. I could explain why I like this kind of music, especially the music of Nyman and Pärt, but the reason I chose Glass and his opera The Civil WarS is again because of the use of voices within music. When you find the time, listen to the whole opera, it’s worth it. There is a female and a male speaker, I really don’t know exactly what they are talking about. This is the thing with operas, you have to watch it and maybe read the text while listening, but the female narrator repeatedly says: « Oh Boy, it must have been a terrible war. » I was a young boy when I first heard this opera and this short line moved me to tears, it still does. I don’t know why, I’m not a psychiatrist. It’s also the best music for me to draw to. Drawing is actually quiet similar to some repetitive movements in minimal music or maybe polyrhythmic music…


Kishori Amonkar- Raag Hamsadhwani‬ [Raag Hamsadhwani, Pan Music, 1993]

Through Minimal music, my interest in Non-western scales and rhythms really awoke. I’m quiet an amateurish listener when it comes to Indian or Arabic or Japanese music, but I enjoy it like a child. My ears are very fresh when listening to unknown scales and strange intervals and I am most of the time stunned about the skills these musicians must have when playing microtonal scales. I mean, almost all western music has 12 equally spaced intervals in an octave and most of the music uses only a few of them per track. Listening to music with 22 or 31 tones per octave really trains your ear. I’m not spiritual at all, I’m not interested in meditation or some sort of « reaching-a-deeper-level-bullshit », but this music is just unbelievable beautiful.

 

James_Holden_-_The_InheritorsHolden – Gone Feral [The Inheritors, Border Community, 2013]

Maybe it’s strange to put James Holden between Indian Raga and Rachmaninov. Maybe not. But with his new record The Inheritors, Holden showed me that electronic music could have a bright future. I liked his music before that, especially his remixes for Radiohead and Caribou. He is an electronic music producer who deserves the term composer – he really composes music, which is so so rare in today’s electronic music, especially when it is club orientated. And Holden, he plays his tunes in crowded clubs and it works, it’s wonderful. Also he created a wonderful label for wonderful artists like Luke Abbott who also makes very fine electronic music. I don’t say that because of the modular synthesizer trend, I know that they both work a lot with the modular and I am quiet addicted to it, too, but it’s not bleeps and bloops. Gone Feral is one of my absolute favorites tunes in every musical sense. The percussion, the synths, the bass, this driving energy and power, just perfect! Like Geoff Barrow (Portishead) wrote: « Gone Feral breaks my brain and heart into bits!! Gives me hope. » Exactly!

 

4466732Rachmaninov – Piano Concerto No.3 / Martha Argerich [Philips, 1995]

I grew up in a household with classical music only and three people playing the piano every day. My father has quiet an obsession with piano music, especially from the Vienna classical period, Mozart and Haydn. Rachmaninov was kind of a rescue from this very very sweet Vienna music, it was Russian, it was dark and emotional on a level that I liked right from the beginning. I discovered this CD of all his preludes and moments musicaux played by Andrei Gavrilov in my father’s CD rack and it became the soundtrack of my childhood. There is no other music witch moves me that much because I have so many memories to it, so important ones. The Piano Concerto No.3 is my favorite Piano Concert, they say it’s one of the most difficult to play, but they say that for every concert. Martha Argerich plays it so beautiful and for that I love Youtube, I can watch Argerich’s hands and hear this incredible music!

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