Step-Art – Playground

La scène dub française se porte bien, merci !

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8.6

10

Par Martin Drazel
Publié le 6 mars 2017 | 11:52

Step-Art fait partie de ces acteurs modestes du dub français qui méritent pourtant beaucoup plus d’attention. Après un unique maxi chez Stand High Records, il nous livre son tout premier album, Playground, sur le même label. Ce premier essai d’un long format est pleinement concrétisé par l’agréable panel de l’album, qui vogue entre dub pur et dubstep bien ghetto.

Introduit par une courte escapade dans une jungle électronique où résonne une basse lointaine, Playground développe son identité dès le second morceau. « Lovin’ Death » fait office d’introduction à l’univers de Step-Art : mélodies enjouées, skank central, basse caverneuse et rythme jonché entre dub électro et dubstep, le tout saupoudré d’évolutions quasiment organiques. Cette culture sound-sytem bien marquée résonne à nouveau sur « Groove Lost », sorte de réminiscence des vieux dubs électroniques servis par Jah Shaka. Arthur Baillet réussit même le tour de force de rendre vraiment plaisantes des sonorités aux premier abord quelque peu simplistes. Cette envie de complexité au sein de sons faciles d’accès se retrouve tout le long de l’album, lui procurant une authentique cohésion.

« Angel Dust » dévie vers un monde plus rêveur, sorte de trip-hop relaxant grâce à cette mélodie planante à souhait. Aucun doute, nous sommes totalement dans un univers de stoner, mais qui a tout de même évité l’écueil de l’écho à outrage ou d’un simple combo basse/percussions. Step-Art compte bien amener sa vision du dub plus loin que les recettes auxquelles le genre se cantonne habituellement, le résultat n’étant que meilleur.
Ce pont au sein de l’album nous emmène sur des morceaux plus lourds et aussi plus efficaces, à l’image de « Gangsta Riot » et son clairon sonnant la charge. Le rythme s’alourdit et prend des allures de stepper pour y introduire des sons presque acidulés, générant un mélange assez étonnant.

La suite logique est bien entendu l’arrivée en grande pompe du dubstep avec « Desperate ». On perçoit dans les textures des nappes des influences chez Mala ou encore DMZ des débuts. L’intervention au micro paraît évidente à ce stade de l’album, ce dont se charge avec brio Pupajim, MC attitré de Stand High Patrol. « Non-Stop » raconte le combat quotidien du gribouilleur de rimes face à sa page blanche, dont le seul salut ressortira d’un travail acharné. Travail qui paye, au vu de l’impressionnante qualité du flow du français. On reste dans le dubstep avec « Nemesys », qui syncope le pied pour un rendu proche des premières expérimentations de Kryptic Minds. L’ajout de ce petit sample jungle au milieu du morceau lui donne un second souffle bienvenu.
La descente progressive s’amorce sur « Paddy », qui renoue avec ce dub mélodique dont Step-Art a le secret. A l’instar des morceaux introduisant l’album, la science harmonique d’Arthur prend des dimensions inattendues. Cet équilibre ténu entre jeu rythmique et envolées lyriques est superbement manié par le protégé de Stand High, on sent bien les heures passées à calibrer chaque élément. Ce souci du détail est tout aussi perceptible sur « Africa », possédant un boulot monstre sur l’agencement des éléments rythmiques. L’album se conclut avec un « Papaya » ouvertement dub : trompette spatiale jouée par Merry, skank halluciné et basse variable, tout y est !

C’est un fait mondialement reconnu que la scène dub française s’est toujours bien portée, même si elle perdait un peu de sa superbe ces dernières années. C’était sans compter sur Step-Art et Stand High, qui nous livrent ce Playground savoureux dont les sucreries devraient attiser les papilles des amateurs de grosses basses enfumées. On vous conseille vivement de surveiller de très près ce français à qui on ne la fait pas. Il y a de grandes chances que ses prochaines sorties soient tout aussi exquises, et ce serait bien regrettable de passer à côté du monsieur !

Tracklist :

01. Jungle
02. Lovin’ Death
03. Groove Lost
04. Angel Dust
05. Gangsta Riot
06. Desperate
07. Non Stop – ft Pupajim
08. Nemesys
09. Paddy
10. Africa
11. Papaya – ft Merry

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