Retour sur le showcase Template Records au Badaboum et discussion autour du label et du « Verger »

On a décrypté la première nuit parisienne du label, et on en a profité pour lui poser quelques questions

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Par Morgane Pelletier
Publié le 19 septembre 2014 | 12:41

Il y’a quelques semaines, j’assistais au premier showcase parisien du label Template Records. Après avoir convaincu Bordeaux, le collectif s’est en effet tourné vers la capitale, et plus précisément vers le Badaboum qui lui a fait confiance pour lui proposer sa scène. C’est donc sur un pari plus grand et vers un public plus important à atteindre que le label s’est engagé.
Retour sur cette nuit :

L’heure fatidique approche et tout le monde se presse en coulisses, attendant que les trois coups de bâtons retentissent. C’est Micky, de chez Voodoo Bookings, qui lance la première vibe de la soirée. Des notes douces, puis acides viennent teinter les murs de la salle. Les dès sont jetés et les premiers arrivants se laissent doucement enivrer. Indeëd vient ensuite poursuivre le travail amorcé : la house crépite, s’emballe, et l’ambiance devient plus chaude dans la salle.

 

1618680_674603582579151_205865216_nIvano Tetelepta – Bootleg, 15 février 2014
© Morad Ja-Neb

Le hollandais Ivano Tetelepta (EshuRue de Plaisance) prend alors place derrière la scène. Si on avait déjà pu apprécier sa subtile approche dub techno lors d’un des premiers showcases Template au Bootleg, quelque chose de plus épais transperce ici, à Paris. Et ce n’est pas pour déplaire : les rythmiques sont plus dures et l’atmosphère se fait plus froide et mentale. Les tools s’enchainent, la salle fait comble sous les salves de cette techno salace.
Après une heure de live, Superlate & Yougo aka 42195 prennent le relai et enchainent les plaques comme ils savent le faire. Une énergie placée sous le signe de la « House Nation », sans bavures, le rideau du club se tire sur des notes exquises.

 

On a commencé au moment où Bordeaux se réveillait tout juste, où l’offre était encore minime

 

Au cours de cette soirée, j’ai pu aborder avec l’équipe Template l’évolution du label depuis sa création. « J’ai fondé le label en octobre 2012. Nous étions une bande de potes qui s’est mise naturellement à bosser ensemble, pour créer quelque chose chez nous. Nous avions besoin de faire ça ici, c’était important de pouvoir défendre le mouvement de la musique électronique sur nos terres. On a commencé au moment où Bordeaux se réveillait tout juste, où l’offre était encore minime. » 

Thibaut, fondateur du label et également connu sous l’alias Ressmoon, m’explique d’ailleurs qu’il n’a pas été aisé de convaincre un public sur Bordeaux, mais que défendre des valeurs et partager une certaine musique étaient des enjeux trop importants pour les laisser filer : » Nous nous sommes investis dans une première sortie en digitale, il nous fallait de la matière : en avril 2013, on sortait ainsi le premier EP de Indeëd en quatre titres avec deux remixes. Deux mois plus tard, nous sortions un Various de cinq titres, offrant un panorama plus large de nos influences. »

 

On a décidé de casser les barrières, car nous avons tous des influences qui ne sont pas forcément dans la vibe du moment

 

Et si les goûts et les couleurs varient souvent entre les membres, l’éducation musicale de chacun trouve sa place dans le collectif, en cohérence avec ce qu’il souhaite proposer au public.
« On trouve notre propre ligne directrice dans nos influences distinctes. On a pas envie de s’enfermer dans un style en particulier, et puis, c’est délicat de suivre quelque chose de but en blanc. On préfère marcher au coup de coeur et défendre la musique qu’on aime, et pas la tendance actuelle !
On a décidé de casser les barrières, car nous avons tous des influences qui ne sont pas forcément dans la vibe du moment. Alors on se concerte, on discute, on fait un peu ce dont on a envie sur le moment, et on y va. C’est un kiff de potes, on essaye seulement de faire ce qu’on aime, et on a pas de prétention dans ce que l’on fait. » 


                                        James Dean Brown – Bootleg, 7 décembre 2013, © Nico Malet 

Un « kiff » de potes qui, s’est par ailleurs exprimé lors d’un tour pour fêter les un an du label à Rennes, Toulouse et Bordeaux entre le 23 et le 26 octobre 2013, avec des artistes comme MakamTerje Bakke ou John Dimas. Des artistes avec lesquels le collectif maintient un lien, à l’image de celui qu’il construit avec les salles et notamment le Bootleg (actuellement et temporairement fermé) :

« Nous aimons entretenir un réel échange avec l’artiste que l’on invite. Il représente aussi l’état d’esprit du label, et c’est ça qu’on a envie de montrer. Ivano Tetelepta que l’on a déjà fait venir au Bootleg, puis ici, à Paris, en est un des meilleurs exemples.
Concernant le Bootleg, ils nous ont soutenus et nous ont fait confiance pour que nous puissions y faire nos showcases. Sa fermeture a été une réelle surprise et les projets se sont vus stoppés net. »

 

Deux planches de bois et un coup de peinture


Mais depuis la fermeture qu’a subi le Bootleg et son équipe en mars dernier, certains des acteurs majeurs de ce lieu et d’autres joyeux partenaires de la musique et de la fête à Bordeaux se sont réunis pour créer Le Verger aux Vivres de l’Art, suite logique d’une fête alternative à la belle endormie… Le Verger a ainsi ouvert ses portes en open-air cet été, prouvant une nouvelle fois à tous que la culture de la musique électronique en Gironde est loin d’être éteinte.

« On s’est surpris à faire quelque chose de cool. On avait envie de casser l’image de tous ces crews qui se tirent dans les pattes, on s’est réunis pour défendre ce qu’on aime, on a rassemblé tout le monde, on a fédéré un public moyennant un coût neutre pour lui.
C’était du quitte ou double de faire des open-air sur Bordeaux, deux planches de bois et un coup de peinture… ça a pris l’ampleur que ça a pris, et on est contents d’avoir fait bouger les gens, c’est très difficile de faire ça en province. On a malgré tout réussi à fédérer un public, grâce au Bootleg, et aux bookings sur Template que les gens ne connaissaient pas forcément : ils nous ont fait confiance, et ça a plu. »  

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Le prochain et dernier Verger aura d’ailleurs lieu ce samedi 20 septembre et on vous conseille vivement d’y aller car ce sera certainement le meilleur truc que vous aurez à faire dans le week-end.
Template Records se projette quant à lui sur une prochaine sortie, qui devrait arriver entre fin 2014 et début 2015 avec un investissement important : cette sortie, signée Superlate, se fera en effet sur vinyle. Vous pourrez également retrouver le label sur les planches du Bootleg le 18 octobre prochain.
Et quant aux line-up prévus :
« Y’a des trucs cool dans les tuyaux. »

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