The Field – Looping State Of Mind

The Field persiste, signe, et excelle.

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8.1

10

Par David Robert
Publié le 9 septembre 2011 | 12:00

Si les instigateurs musicaux du courant minimaliste (Steve Reich, Philip Glass, Terry Riley, entre autres), apparus dans les années 60 aux États-Unis, ont fait face à leurs débuts à un rejet systématique de la part des circuits dominants de la musique classique de leur volonté de placer la pulsation et la boucle – leurs concepts phares – au centre de leur art, l’influence de ces derniers sur l’ensemble de la production actuelle n’en reste pas moins patente, la quasi-totalité de celle-ci étant marquée par l’usage d’un tempo constant et de la répétition.
En digne héritier – bien que lointain – de ladite mouvance qu’il est, Axel Willner, mieux connu sous le pseudonyme de The Field, a su, en l’espace de deux albums de qualité indéniable (“From Here We Go Sublime” en 2007 et “Yesterday & Today” paru deux années plus tard) synthétiser les meilleurs éléments de cette musique minimale par essence : la précision mathématique du rythme et l’effet hypnotique qui en découle, et allier ces derniers aux plaisirs et surprises de l’art de l’expérimentation et de la progressivité, une recette infaillible. Avec son dernier opus en date, le bien nommé “Looping State Of Mind”, l’homme persiste, signe et excelle une fois encore.

A mille lieues d’une quelconque introduction grandiloquente, les premières secondes de “Is This Power” se veulent avant tout pragmatiques et posent immédiatement le postulat sur lequel se fonde l’album : une boucle monocorde et monotone, à la fois abstraite et organique, envahit peu à peu l’espace sonore accompagnée d’une rythmique fine et en retrait ; ces 6 secondes tout au plus d’échantillon sonore seront ainsi répétées à l’identique durant la quasi-totalité des 8 minutes restantes. A priori, rien de bien alléchant. Pourtant, à la manière d’un Robert Hood sur son titre phare “Minus”, Axel Willner va agir tout à fait subtilement sur le titre et créer de toute pièce une progressivité inespérée : un kick, puis deux ; une basse, puis deux ; une nappe, puis deux ; et ainsi de suite.
Si la plupart des titres qui suivent sont pour la plupart fondés sur un schéma similaire, aucun n’est à renier, chacun apportant son lot de surprises que ce soit dans la texture des sons (“It’s Up There” et sa nappe de fond rugueuse à souhait dégageant paradoxalement une jovialité intrigante), leur articulation dans l’espace (le jeu de réverbération progressif sur “Sweet Slow Baby” et les arpèges rotatifs de “Arpeggiated Love”) ou encore l’atmosphère choisie, parfois puissamment lumineuse (“Burned Out”), parfois plus proche de la mélancolie (“Then It’s White”).

Bien que l’album ne souffre d’aucun manque de cohérence en soi, c’est définitivement au titre éponyme de ce dernier que revient la mention spéciale, celui-ci symbolisant à lui seul parfaitement le retour à l’essentiel que prône son auteur, et rappelant par certains aspects les odes progressives et chamaniques des anglais de Fuck Buttons.

Tracklist :

01. Is This Power
02. It’s Up There
03. Burned Out
04. Arpeggiated Love
05. Looping State Of Mind
06. Then It’s White
07. Sweet Slow Baby

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