This Will Destroy You – Tunnel Blanket

Tunnel Blanket fait partie de ces albums qui s’écoutent fort, très fort, en cela qu’il est basé sur une véritable réflexion sur le silence et le bruit, sur le calme et l’énergie.

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7.0

10

Par David Robert
Publié le 26 mai 2011 | 1:06

Fuck post-rock and fuck being called post-rock

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient bien naïvement penser à la lecture des sympathiques mots sus-cités, ceux-ci ne sont nullement issus d’un fan tarabusté de Céline Dion ou encore de notre mésestimé “enfant du rock” (du nom de son autobiographie) Philippe Manoeuvre, mais sont en réalité ceux de Donovan Jones, batteur du quartet américain This Will Destroy You ; chose étonnante lorsque l’on sait que la musique des quatre hommes est fréquemment comparée à celle de leurs compatriotes d’Explosions In The Sky ou encore des écossais de Mogwai, groupes représentatifs du genre s’il en est. Aucune corrélation n’ayant néanmoins jamais été étudiée entre le fait de briller dans un genre et d’en renier l’étiquette, mieux vaut s’attarder sur l’aspect musical.
S’il y a bien un domaine dans lequel This Will Destroy You excelle indéniablement, c’est la représentation live ; en témoignent non seulement les nombreuses vidéos du groupe sur scène, mais également son histoire : en 2005, les quatre acolytes enregistrent “Young Blood”, un CD démo qu’ils distribuent en clôture de leurs concerts. Rapidement encensé par nombres de critiques, le quator signe sur le label Magic Bullet, sur lequel sort son premier album, éponyme, en 2008.
Plus sombre mais également plus calme, le disque reçoit à son tour un accueil positif, et marque aussi bien l’ancrage d’une patte musicale propre au groupe que l’avènement de sa réputation.
De nombreuses tournées, plusieurs maxis et près de trois années plus tard, les quatre hommes reviennent avec un second LP : “Tunnel Blanket”, véritable diamant noir qui les place définitivement, ne leur en déplaise, parmi les émérites représentants du post-rock.

Avant toute chose, il convient de partir d’un postulat tout à fait dangereux et, de fait, probablement stupide, mais absolument intransigible pour tout auditeur qui souhaiterait apprécier le disque à sa juste valeur : “Tunnel Blanket” fait partie de ces albums qui s’écoutent fort, très fort, en cela qu’il est basé sur une véritable réflexion sur le silence et le bruit, sur le calme et l’énergie.
Le premier titre, “Little Smoke”, témoigne avec brio du paradoxe sonore sur lequel repose ledit objet : aux délicates ligne de basse et aux savoureuses notes de clavier qui introduisent l’oeuvre, succède un véritable mur sonore, sombre et âpre à souhait, d’une intensité et d’une puissance purement et simplement stupéfiantes, le tout progressant crescendo jusqu’à atteindre l’apothéose plus de six minutes plus tard. Après une telle expérience, inutile de dire que l’ambient cristalline de “Glass Realms”, qui n’est pas sans rappeler la pureté des nappes de la musique du canadien Tim Hecker, se révèle incontestablement salvatrice.
Une fois n’est pas coutume, le troisième titre, “Communal Blood”, réitère le piège de la douceur mièvre annonçant la proche apocalypse, un nuage funèbre et anxiogène de cymbales et de guitares à la saturation macabre supplantant bien promptement les accords léchés des trois premières minutes. De même que précédemment, “Reprise”, interlude drone/ambient cosmique et planant à souhait, vient reposer l’ambiance avec brio ; chose que ne modifiera pas le très surprenant et presque inopiné “Kill The Lord, Left For The”, ode instrumentale lumineuse et épurée que l’on croirait sortie tout droit des précédents opus du groupe tant l’aspect mélodieux qui la caractérise y était présent.
Il faudra dès lors attendre “Black Dunes” pour retrouver une dernière fois la matière sonore frénétique et dantesque qui fonde l’identité hors-norme de cette œuvre magistrale, après quoi les oreilles meurtries mais ô combien satisfaites de l’auditeur pourront opérer un retour progressif au silence ambiant bien morne grâce aux nappes decrescendo de “Powdered Hand”.

Tracklist :

01. Little Smoke
02. Glass Realms
03. Communal Blood
04. Reprise
05. Killed The Lord, Left For The New World
06. Osario
07. Black Dunes
08. Hand Powdered

 

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    1 Comment

    1. NiV 26 mai 2011 at 11:45

      C’est la première fois que je poste un commentaire (bien que je suive le site depuis trèèès longtemps), mais là tout de même je dois exprimer le fait que cette musique met dans une transe tout simplement énorme. Pas besoin de substance illicite, juste de mettre le son fort, comme le dit très bien la description… Magnifique.

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