Tim Hecker & Daniel Lopatin – Instrumental Tourist

Magique.

OPNheckerCoverideas

7.9

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 8 janvier 2013 | 19:36

Tim Hecker d’un côté, Daniel Lopatin (Oneohtrix Point Never) de l’autre. On pourrait largement s’arrêter là, et vous conseiller d’écouter le résultat. Tout simplement. En effet, qu’ajouter de plus ?
D’un côté l’excellent compositeur canadien dont le dernier album, Ravedeath, 1972, sorti en 2011 culmine très haut dans nos charts; et de l’autre, Daniel Lopatin, acharné analogique depuis des années et auteur en 2011 d’un excellent album, Replica, qui donnait des lettres de noblesse à l’ambient synthétique.
Entre approches expérimentales de type modern classical et richesse des textures, langage des machines, force est de constater que l’alchimie est parfaite.

Inutile de s’acharner à essayer de reconnaitre qui a fait quoi. Bien sûr, certaines tracks sont pétries du génie harmonique de Hecker (Uptown Psychedelia, Scene From a French Zoo) tandis que d’autres font la part belle au chant des circuits cher à Lopatin (Intrusions). Mais il n’est aucunement question ici d’un face à face ou d’un split.
Même si, de l’aveu de chacun, cette collaboration n’allait pas de soi, tant sur le papier qu’humainement, il ne semble y avoir là aucun partage brutal des domaines. Vaccinations (for Thomas Mann) en est l’exemple parfait. Symbiose des sons, fluidité du geste musical, il n’est même plus besoin de dialogue ici, et s’il y a langage, il est commun. Si conversation il y a, elle est télépathique.
Même si le titre de l’album, ironique à plus d’un égard, peut laisser penser ici à un exercice de style désinvolte, ce serait oublier un peu vite la profondeur des styles en présence. Des titres comme GRM Blue I et GRM Blue II, même s’ils sont proches de jams studios, montrent un amour du son et une passion partagée qui ne détonne pas vis à vis du reste de l’album.
Textures, ambiances soignées et mélancoliques, variations de couleurs et de teintes, bruits, l’album tout entier est une sorte de voyage sans début ni véritable fin, une sorte de tourisme, oui, mais un tourisme de l’imaginaire.

Il peut paraître hasardeux de parler d’univers musicaux comme ceux de Hecker et Lopatin. Tout est mouvant, brumeux, indifférencié comme peuvent l’être des couleurs qui déteignent. Souvent les tracks se ressemblent et demandent à l’oreille des subtilités qui étonnent l’auditeur lui-même. Ici, il est question d’alchimie. De celle des toiles de Pollock, qu’on observe sans pouvoir détailler, qui ouvrent sur des forêts crépusculaires et enchanteresses, qui ont en elles ce je-ne-sais-quoi d’invitation au voyage. Magique.


 

Tracklist :

1. Uptown Psychedelia
2. Scene From a French Zoo
3.Vaccination (for Thomas Mann)
4. Intrusions
5. Whole Earth Tascam
6. GRM Blue I
7. GRM Blue II
8. Racist Drone
9. Grey Geisha
10. Instrumental Tourist
11. Ritual for Consumption
12. Vaccination No.2

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