Tite – Snare Roll

Un premier album solo intimiste, brut, spontané et surtout réussi

Tite - Snare Roll

7.8

10

Par Sylvain Pineau
Publié le 13 août 2015 | 13:07

Riche de ses expériences en duo avec Society Of Silence mais aussi Acid Square Dance, Tite sort avec « Snare Roll » son premier album en solo, mais deuxième release sur Fragil après l’ep « White Tracks » en 2014 (plus celles sous Society Of Silence, dont une remixée par Vakula). Le français y exploite à l’extrême les fondements de l’électronique, en construisant à sa manière des boucles évolutives, sèches et dures comme un coup de trique.
Ne cherchez pas ici en effet des mélodies langoureuses ou de nombreuses lignes de basses ventrues. Ce sont les parties rythmiques qui sont les piliers fondateurs de cet album, justifiant de fait son titre. Enregistrée en live et livrée à l’auditeur à l’état brut sans aucun mixage si ce n’est un édit stéréo, ce « Snare Roll » est une belle démonstration intimiste.

 

Le premier morceau « white track », est un exemple parlant de cet aspect directe et raw, laissant peu de place au contrôle de l’homme : la musique est totalement électronique, presque déshumanisée, laissant à la machine le dernier mot. Les sonorités sont originelles, spatiales et futuristes, héritées d’un passé dépoussiéré et revisité.

Ici, on se place en marge des productions tapageuses destinées au club. Mais ce n’est pas pour autant que l’artiste a oublié les planches des salles sombres : « Bell Glides », avec ses sonorités acid et son kick saturé est une véritable arme pour dancefloor. Il en est de même pour « Break Dance » qui ne laissera que peu de répit aux jambes folles.

Si la rythmique joue son rôle pivot tout au long de l’album, Tite apporte de manière fortuite des nappes ambiantes, évolutives et corrosives, des grésillements coquets, bricolés à l’aide de synthés d’un autre âge (notamment un Arp Avatar).

 

C’est ainsi un alléchant exercice de style qu’offre Tite, une exploration sonore et musicale parfaitement maitrisée, affublée d’un thème commun : la fameuse partie rythmique, tonitruante et omniprésente dans la plupart des morceaux, laissant tant bien même parfois sa place à des titres plus aériens, composés, comme tout le reste de l’album, de manière intuitive. Un lp spontané, qui semble laisser l’homme et les machines s’exprimer librement.

 

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