Turnsteak – Digitale Pourpre

Un premier album réussi pour Turnsteak : Digitale Pourpre est un opus convaincant affichant une belle maîtrise, de bon augure pour la suite des choses.

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7.5

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 16 mars 2015 | 10:09

Au cours des dernières années, les projets travaillant à l’intersection des rythmiques débridées de Machinedrum, de l’énergie explosive de Rustie et des infusions mélancoliques teintées de pop de Mount Kimbie se sont multipliés. Malheureusement, beaucoup tombent dans un écueil principal, laissant la machine tourner seule, là où la force des artistes mentionnés réside dans leur faculté à proposer des titres capables de maîtriser ce noyau bouillonnant.

Entre en scène le duo français Turnsteak, avec ce premier album parvenant à tirer son épingle du jeu. Se positionnant à la croisée de ces différentes tendances, quelque part entre rythmiques bass, footwork ou beats, le groupe se démarque ainsi par un talent marqué pour la composition de mélodies intriquées dans des couches percussives chaloupées.

Dès « Purpurea », premier single tiré de l’album placé en tête de cortège, le duo démontre par exemple une maîtrise de ses différentes influences, faisant appel avec finesse à des rythmes UK Garage discrets, ou à des surgissements de bleeps évoquant les meilleures heures de la scène wonky. On note de même que le groupe ne se contente pas de sectionner quelques vocaux féminins pour en saupoudrer le titre : à l’instar des textures, les samples sont travaillés dans la précision et le détail, apportant de fait un nouveau regard sur le morceau.

L’album oscille dès lors entre les déflagrations électriques d’un « Woody Wood » haletant et les pads nocturnes et dilués du très beau « High Line », empreint d’un doux spleen. Au gré des titres, le groupe nous porte d’un pôle à l’autre, mettant en lumière les différentes lignes stylistiques englobant sa musique. Certains passages retiennent tout particulièrement notre attention, à l’image d’une deuxième moitié de « Réalité Augmentée » en apesanteur. Turnsteak s’autorise même quelques authentiques tubes, avec notamment un « Wind Up » à la construction brillante et, surtout, l’excellent « Erotica », Entre rythmes syncopés et samples vocaux fragmentés mais réarrangés avec succès en un gimmick entêtant.

Optant avec cet album pour une nouvelle approche dans l’ensemble plus apaisée, Turnsteak livre donc un opus convaincant, affichant une belle maîtrise de ses intentions : Digitale Pourpre est un premier album réussi, construit autour d’une esthétique cohérente. Souhaitons donc une bonne continuation au duo français, même si la suite paraît déjà bien engagée : d’ici quelques semaines, Turnsteak partagera du côté de Nancy l’affiche avec les maîtres Amon Tobin et The Third Eye Foundation. De bon augure.

Tracklist :

01. Purpurea
02. Woody Wood
03. High Line
04. So Good For Me
05. Réalité Augmentée
06. Wind Up
07. Anyday
08. Erotica
09. When We Were Young
10. All Right

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