Ulterior Motive – The Fourth Wall

Premier album d’Ulterior Motive, The Fourth Wall devrait marquer un tournant dans le genre drum & bass : indispensable pour tout junglist qui se respecte.

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8.4

10

Par Martin Drazel
Publié le 22 octobre 2014 | 12:01

Duo composé de James Davidson et Greg Hepworth, Ulterior Motive aura signé de nombreux tubes depuis 2009, notamment le monstrueux « Featherweight » chez Subtitles. Devenu membres actifs de la congrégation des têtes en métal, ils reviennent sur le label de l’homme aux dents dorées pour leur premier album, qui sent bon le futur classique : The Fourth Wall.

 

L’exercice n’étant pas de tout repos pour des producteurs aussi précis que nos deux compères, il en résulte un album entre-deux, à la fois efficace mais aussi sensible et nostalgique, s’adressant aux aficionados du genre. Introduit par « Stay », morceau orienté dance-floor qui voit apparaître pour la première fois le vocaliste James Sunderland sur de la drum & bass, l’album développe ensuite de nombreuses saveurs différentes. Ulterior Motive nous font naviguer dans ce qu’ils considèrent être leur essence (cf l’interview sur D&B Arena). « Sideways » est un réel retour aux sources. Groovy, techniquement parfait, rempli de samples funk, ce roller possède une fibre dansante indéniable. Puis « Open up » nous fait la démonstration de la musculature sonore qu’affectionne le duo. Quelques autres bombes parcourent l’album, telles « Short circuit », « Searchers », « Edges » ou encore « INTA national ». Systématiquement, la ligne de basse minimaliste est revalorisée par de légères modifications, ce qui empêche à ces marteaux-piqueurs de sombrer dans des boucles perpétuelles. La juxtaposition d’éléments antagoniques à ces grosses basses velues procure une certaine fraîcheur à ces morceaux, vision originale largement bienvenue.

La recherche ne s’arrête pas qu’à des relectures de recettes classiques. Ulterior Motive s’attaquent aussi à la jungle et à d’autres courants. « Keep it moving », souvenir-manifeste de ce que pouvait être 1996 (notamment les premiers albums de Teebee), s’articule sur une rythmique fouillée d’une précision redoutable, agrémentée d’une bass percutante et de vocales vindicatives. « Tape pack » salue tout ce qui a pu alimenter les années d’or de la d&b, avec cette vocale qui aimerait revenir dans le temps, ces stabs que plus personne n’ose utiliser et une rythmique sans concession. On reconnaît la ligne artistique de Goldie derrière ce genre de prises de position, dirigeant l’évolution de l’album pour qu’il insère des sonoritées typiques à Metalheadz.

« Muted », qui rappelle James Sunderland, s’oriente plus vers l’autonomic. Composé autour d’une rythmique où l’équilibrage de différents congas est plus important qu’une basse reléguée en fond, la voix trouve ici tout son espace, permettant à l’auditeur d’apprécier le talent de ce chanteur méconnu, sorti tout droit de YouTube. « Longshot » simplifie derechef l’approche du roller, laissant la caisse-claire en retrait pour valoriser une ligne de bass au premier abord simpliste à souhait, mais qui évolue vite vers des modifications assez intéressantes. L’habillage du morceau, avec ces espèces de chats cosmiques répondant aux basses, est suffisamment original pour lui permettre de se détacher des autres rollers,  lui octroyant la place du plus novateur de tous. L’album se termine en douceur sur « You must see » et « Chapters ». Le premier est un stepper orienté liquid, titillant l’autonomic, tout en préservant cette précision technique qui a fait la renommée du duo. L’arrangement harmonique permet à l’auditeur de glisser progressivement vers le morceau final. « Chapters », quant à lui, voit l’apparition de deux MCs, eux aussi inconnus dans le milieu d&b (c’est un point d’honneur du duo pour cet album) : Meyhem Lauren et Brotherman. On flirte ici avec le half-step étrange, à l’instar des collaborations entre Alix Perez et Foreign Beggars. Cette dernière note hip-hop conclut l’album avec brio. Une flopée d’instrumentaux se nichent ensuite, outils pour DJ très appréciables.

 

Nous voici donc en face d’un album qui devrait marquer un tournant dans le genre. A la fois riche et ne cherchant pas non plus la complication à outrance, The Fourth Wall remplit son contrat : il est l’essence d’Ulterior Motive, et ne s’éloigne pas non plus de l’empreinte métallique des productions Metalheadz. Un exercice réussi donc, même si l’on pourrait regretter la répétition de certaines formules. Malgré tout, chaque junglist digne de ce nom devrait en avoir une copie dans sa discothèque, à moins d’assumer les railleries de ses compères !

 

Tracklist :

01. Stay (feat. James Sunderland)
02. Sideways
03. Open Up
04. Keep It Moving
05. Searchers
06. Short Circuit
07. Tape Pack
08. INTA-National
09. Muted (feat. James Sunderland)
10. Edges
11. The Rattler
12. Longshot
13. You Must See
14. Chapters (feat. Mayhem Lauren & Brotherman)

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