Various – Tympanik Audio : Emerging Organisms Vol. 4

Tympanik sort de son manteau le quatrième volume de ses compilations.

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7.8

10

Par David Robert
Publié le 4 septembre 2011 | 23:42

Fondé en 2007 à l’initiative de Paul Nielsen, Tympanik Audio s’est imposé en une poignée d’années comme un des piliers des musiques gravitant autours des étiquettes idm, breakcore, indus, dark ambient et consorts, aux côtés des incontournables du genre comme Ant-Zen et son sublabel Hymen, n5MD, Hands Production ou encore Ad Noiseam. Comme souvent dans les naissances de label, c’est la sortie d’une compilation, la “Emerging Organisms Vol. 1” dans le cas présent, qui ouvre son catalogue, lui permettant de se forger une identité. Et pour le coup, ce ne sont pas moins que des artistes comme Dryft, Architect, Ab Ovo, Nebulo, Tzolk’in, Hecq, Stendeck, etc, aux lettres déjà bien ancrées dans le paysage électronique qui sont inclus dans ladite release, mais aussi une bonne flopée d’artistes largement prometteurs qui permettront au label de commencer son activité sous les meilleurs hospices.
Aujourd’hui, après un nombre assez conséquent de release, marquant une productivité qui n’a d’égale que la qualité quasi immanquable de chacune des galettes publiées, Tympanik sort de son manteau le quatrième volume de ses compilations.

Hecq, qui a quelques peu claqué la porte de l’ambient pour se tourner vers les terres très prisées par Ad Noiseam ces derniers temps, à savoir celles du dubstep, se charge d’ouvrir l’EO4 avec un morceau qui annihilera la première partie de cette phrase : une succession de nappes à la progression irrémédiablement immersive pour l’auditeur. Le retour d’Haujobb se profile à l’horizon, mais en attendant, Daniel Myer sous l’alias Architect se pare de lignes aussi sombres qu’épiques, sur une rythmique et quelques wobbles se rattachant au dubstep. Véritable no man’s land digital, “Razorgirl” par Access To Arasaka se veut pesant à souhait, un peu comme si Scorn décidait d’enfiler des habits cyber punk. Celui qui nous a gratifié d’un podcast il y a plusieurs semaines, Diaphane, signe ici pour un “Insight” bougrement menaçant. Frank Riggio semble encore une fois en proie à une comparaison avec Amon Tobin : les cordes frottés, les collages et les glitchs généreux de “Tryk Alimba” ne sont pas sans rappeler un certain “Foley Room”.
Libido Formandi s’offre en suivant un auto remix sur son projet To Travel Without Any Certain Destination : samples urbains et industriels côtoient avec merveille nappes enchanteresques. Sur fond de drones abrasifs, Displacer insuffle de courtes synthline pour le moins cristallines. En suivant, DJ Sajko se livre à une deconstruction de “Con-Trust” par C.H. District, pas forcément le titre le plus intéressant de la compile. Stendeck, qui a sorti en mars ce qui s’avérera surement être un des meilleurs albums de l’année (chronique ici), sert un “The Secret Behind The Third Door” dans la lignée de ladite release. “Clustr2” par la moitié du tristement défunt Gridlock, Dryft, est un condensé de nappes salvatrices et de voix shoegazées à l’image de ce qui se fait de mieux sur n5MD. Nebulo triture et colle les glitchs de ses mains de chirurgien sonore avéré sur l’inquiétant “Abslog”.
Loin d’être le plus connu des artistes présents ici, Ocoeur signe pourtant un des meilleurs titres avec le divin “Ephemeral Beauty”, centré sur des lignes mélodiques au glock. L’enchainement avec Boy Is Fiction est ravageur : l’habituelle piano de ce dernier se marie à une envolée des plus majestueuses. Logical Disorder ouvre son coeur et délivre toute sa mélancolie au sein de “After The Battle”. La fermeture du premier Cd est pour le nouveau venu du label, Erode, avec un morceau tout en longueur et en langueur, avant qu’une rythmique concassée ne vienne progressivement aider les claviers à faire jaillir une dense lumière.

Subheim, qui a signé la pochette, ouvre le second. Lui qui a exposé un pouvoir lyrique presque indécent sur son album et ses derniers remixs (à l’image de celui pour Architect…) n’est pas à ranger au rang des déceptions. Peu de morceaux le sont. Et même si le second Cd semble un brin moins absolu que le premier, il y a largement de quoi s’émerveiller encore.
Preuve en est le formidable “Terminal” par Miroslav (inconnu au bataillon), sorte de ballade électronica cotonneuse à souhait qui croise le fer avec la wonky music. “Cranesong” par Keef Baker se démarque par une rythmique plus drum & bass, sans mettre de côté une grosse facette mélodique faite de cordes frappées et de synthétiseurs. Tapage n’est pas forcément le plus convainquant quand il s’exprime sur un fond de commerce technoïde comme celui de “Last”. Kilowatts, qui semble perdu en premier lieu dans des triturages sonores, donne libre cours à la contemplation et aux rêves en fin de morceau.
La présence de Matta est assez étonnante, mais en échantillonnant des vocaux façon house sur un dubstep suave, le duo s’éloigne du filthy et s’inscrit alors avec aisance dans cette compilation. Les italiens de Port-Royal, quelque part entre post-rock et shoegaze, sont quant à eux un peu trop mielleux pour être pleinement savoureux. A l’inverse, guitares, synthés éthérés et rythmique hip hop font bien bon ménage sur “0459” par SE. Les basses lourdes de Mobthrow sur “Birds Fly High” sont contre-balançées par des nappes salvatrices, des synthés aux mélodies et aux textures légères et quelques cordes avec un dosage parfait.
Fourmillant de glitchs, de voix difficilement disctinctes et de synthline un brin psychédéliques, “Meridian” par Flaque se veut presque mystique. c.db.sn tente encore de prendre de la hauteur en vu de la fin de compilation, non pas en terme de qualité, (ce qui se trouve de plus intéressant est désormais derrière), mais en infiltrant de longues nappes stellaires son titre “Snowday”, agréable mais un peu plat. Il en est de même pour “1am Transition” par Northcape, au pied léger et aux lignes gracieuses, bien que manquant tout autant de reliefs. Brouillé par une saturation constante, “Rearview” par Anklebiter n’en est pas moins lui aussi dirigé vers les cieux. L’auditeur suivra avec plus ou moins de motivation cette direction. Une version live de “Szeaafar”, électronica superbement méditative, par Bola (qui n’est autre qu’un membre du projet Gescom, emmené entres autres par Rob Brown et Sean Booth alias Autechre), sert finalement de clôture.

Bien que cette nouvelle compilation perde un peu de vitesse sur la dernière partie, il s’agit là d’un fait presque dérisoire au vu de la qualité global de l’oeuvre qui frise de près l’excellence. Cette EO4 est donc plus que jamais un ‘Must Have’ pour tout les amateurs du genre. Et les autres aussi.

 


Emerging Organisms vol. 4 compilation selections by Tympanik Audio

Tracklist :

Disc One :

01. Hecq – Ritual Study
02. Architect – Episode 7 (Tympanik Edit)
03. Access To Arasaka – Razorgirl
04. Diaphane – Insight
05. Frank Riggio – Tryk Alimba
06. To Travel Without Any Certain Destination – Night After The Carnival (LF Remix)
07. Displacer – Outland
08. C.H. District – Con-Trust (DJ Sajko Remix)
09. Stendeck – The Secret Behind The Third Door
10. Dryft – Clustr2
11. Nebulo – Abslog
12. Ocoeur – Ephemeral Beauty
13. Boy Is Fiction – Output 1-2 (33 1 1 1)
14. Logical Disorder – After The Battle
15. Erode – Disengage

 

Disc Two :

01. Subheim – Mir50
02. Miroslav – Terminal
03. Keef Baker – Cranesong
04. Tapage – Last
05. Kilowatts – Transmogrifier
06. Matta – Be There
07. Port-Royal – Spider Toupet
08. SE – 0459
09. Mobthrow – Birds Fly High
10. Flaque – Meridian
11. c.db.sn – Snowday
12. Northscape – 1am Transition
13. Anklebiter – Rearview
14. Bola – Szeaafar (Live)

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