V/A – Live From The Future

Live From The Future impose une image essentielle : celle de l’émergence claire d’une nouvelle génération de producteurs n’ayant rien à envier à ses aînés.

UALP001 - Night Scene

7.2

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 28 octobre 2013 | 11:31

Jusqu’où peut aller le minimalisme ? Cette question, qui a trouvé différentes occurrences et réponses en fonction des contextes dans lesquels elle s’est posée au cours du dernier siècle artistique, semble aujourd’hui prégnante dans une certaine frange du dubstep.
Construite en opposition avec la tendance maximaliste – et plus mainstream – du dubstep depuis quelques années, la scène « dungeon », fondée sur une extrême économie de moyen et une recherche sans fin de l’espace sonore, a ainsi pu être critiquée pour l’indistinction régnant sur une partie de ses productions, devenues aussi minimalistes que les différences entre ces dernières.

Proposée par Seven et très mise en avant par Youngsta, acteurs essentiels de la scène, cette compilation au titre programmatique semble donc marquée par un timing assez étrange, paraissant au moment où face à ces critiques, d’autres tendances du dubstep prennent le pas, revenant notamment aux sources du dub ou flirtant avec le grime.

 

Quels que soient le contexte et ses intentions, Live From The Future ne commence en tout cas pas de la meilleure façon : un morceau-titre pas désagréable, mais trop anodin pour convaincre, et surtout un Reflections gâché par un chant déconnecté d’un beat par ailleurs séduisant.
Et puis, au moment où notre attention commence à décliner, le Lost Highway de Stealth & Altair nous récupère sans prévenir, doucement, simplement, autour d’une ligne de basse voilée et de pads atmosphériques, et nous entraîne dans un flot qui ne cessera que sur une fin de disque en demi-teinte.

Car dès lors, c’est bien le talent qui prime. Talent prometteur, devrions-nous ajouter, tant les nouveaux venus cotoyant ici les vétérans renvoient ces derniers au tapis. Asylum – producteur drum&bass nouvellement reconverti au 140BPM – s’élève par exemple avec un Zero Gravity au titre adéquat, propulsé par une bassline grave, inondant l’espace sonore de sa présence massive. Le travail sur les percussions est tout aussi remarquable, la base rythmique étant soutenue d’ajouts discrets mais décisifs.
L’enchaînement du Spray Can de Taiko et du Link to The Past de Klax est tout aussi relevé, les deux morceaux semblant fonctionner en dyptique – mention donc au soin du tracklisting de la part de Seven – : le premier instaure un air confiné et sifflant, que le second s’empresse d’ébranler de secousses, au biais de beats claustrophobiques et sur la brèche.
Seule la combinaison de Seven et Youngsta, sur un Masai Masai VIP en forme de démonstration, semble ici parvenir à mettre en pause l’impertinence de la nouvelle génération. Même les excellents Néo-Zélandais Truth, au remix sur le Walter White de Seven, paraîssent ici un demi-ton en dessous du Silver de Chewie en matière de wobble.

En fin de compte, au-delà de considérations sur les micro-fragmentations de sous-tendances du dubstep, Live From The Future impose donc une image essentielle : celle de l’émergence claire d’une nouvelle génération de producteurs n’ayant rien à envier à ses aînés. Au vu des intentions ici manifestées, une chose est claire : celle-ci est appelée à jouer les premiers rôles dans les années à venir.

 

Tracklist :

01. Seven feat. Joe Raygun – Live From The Future
02. Wayfarer – Reflections
03. Stealth & Altair – Lost Highway
04. Seven & Youngsta – Masai Masai VIP
05. Asylum – Gravity
06. Chewie feat. Michael Rose – Silver
07. Taiko – Spray Can
08. Klax – Link To The Past
09. Dubtek – Kuiper Belt
10. Seven & Dubtek – Stratosfear
11. Seven – Walter White (Truth Remix)
12. Nanobyte feat. Mary Lambert – Pa

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