V/A – Metaphysix II: Rhythm

Un EP percussif de qualité, et un début de rédemption pour Ultramajic ?

COVER ART LVX007

7.5

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 2 mai 2014 | 8:19

On ne peut pas vraiment dire qu’Ultramajic, nouveau label monté par Jimmy Edgar, nous ait particulièrement impressionné depuis son lancement. Malgré des publications relativement fréquentes, les différents maxis jalonnant son catalogue jusqu’à présent ont ainsi oscillé entre le dispensable et le médiocre, malgré quelques instants de brillance. Les choses ne sont pourtant pas irréversibles : à vrai dire, un changement pourrait bien se profiler. Tout d’abord parce que le label annonce des sorties à venir de la part de producteurs tels que l’intrigant SOPHIE.

Surtout, parce qu’avec ce various, Ultramajic livre en six titres une débauche de rythmiques d’une terrible efficacité. Comme l’annonce son titre, Metaphysix II se concentre donc sur des percussions ficelées avec précision, à la production méticuleuse. Pour la peine, le label fait appel à quelques spécialistes du genre : Matrixxman occupant les deux tiers de l’EP, mais aussi Lando Kal de chez Lazer Sword et Dance System, nouveau projet de L-Vis 1990 (Night Slugs) – Jimmy Edgar étant également présent, sous son alias Creepy Autograph, au remix du dernier titre. Un programme chargé, mais que l’EP tient avec succès.

Matrixxman ouvre les hostilités avec deux versions d’un « Stop It » porté par des kicks d’une rondeur fascinante, relevé de syncopes de toms analogiques. Si l’originale agrémente l’ensemble de quelques rares samples vocaux et de synthés sporadiques, sa variante « Percapella » s’adresse aux puristes du rythme, se focalisant sur une succession d’attaques rythmiques minimalistes pour mieux toucher sa cible : le dancefloor.

Ce même but reste affiché dans la suite : Lando nous assène dès les premières secondes de « Loveplay » des symphonies de claps infinis, avant de se concentrer sur la perversion d’un pattern circulaire, lentement réagencé pour faire entrer l’auditeur dans un état de transe. Le « RZ1 » de Dance System prend le parti inverse, rejetant toute considération mélodique pour déchaîner ses arrangements de kicks et de toms déstructurés. Le titre dénote cependant légèrement par rapport au reste du maxi : s’il constitue un bon DJ Tool, « RZ1 » ne restera pas dans les mémoires comme le plus marquant fait de guerre de L-Vis 1990.

Impression renversée en fin d’EP : si Matrixxman se place depuis quelques mois très haut dans notre hiérarchie de producteurs à suivre, il ne nous avait probablement jamais autant impressionné que sur ce final incandescent et radical. « Simulation »  nous confronte immédiatement à ses roulements de toms et cavalcades de snares, laissant monter l’intensité avant de lâcher une armée de kicks lancinants. Sur plus de sept minutes, l’artiste va alors jouer de ces différents éléments pour organiser montées salvatrices et descentes tranquillisantes, maintenant une tension qui ne nous lâchera qu’une fois le silence revenu troubler nos tympans. Ce répit n’est que de courte durée : constatant les dégats, Creepy Autograph se fend d’un remix dans la droite lignée de l’original, lui apportant un souffle nouveau tout en gardant ses grands traits.

Au-delà de ce « Simulation » montrant un Matrixxman impressionnant, on retiendra donc un EP en forme de rédemption pour Ultramajic, qui pour une première fois nous convainc franchement. Attention à ne pas relâcher les efforts néanmoins : on attend désormais une suite du même acabit.


Tracklist

01. Matrixxman – Stop It
02. Matrixxman – Stop It (Percappela)
03. Lando – Loveplay
04. Dance System – RZ1
05. Matrixxman – Simulation
06. Matrixxman – Simulation (Creepy Autograph Translation)

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top