V/A – Silver Soundbox

Le label russe Firering nous offre un voyage nostalgique avec Silver Soundbox, compilation scellant sur cassette recyclée douze morceaux aux tonalités électro froides et efficaces, et au caractère expérimental appuyé.

FRNG003-1

7.0

10

Par Charles-Louis Velieu
Publié le 1 novembre 2018 | 15:51

Jeune label russe aux sorties expérimentales qualitatives, Firering offre la démarche intéressante de releases digitales et sur cassettes recyclées promouvant de jeunes artistes en pleine ascension. Pour leur troisième sortie, le label moscovite nous livre une compilation dense et sombre avec Silver Soundbox, une cassette enrobée de papier argenté recyclé servant les productions de 12 artistes russes, canadiens et anglais, à la tonalité électro froide et efficace.

Au travers d’une grande diversité de genres, Firering nous offre un voyage nostalgique où les rares vocales nous viennent lointaines, à la manière des mélodies survivantes aux enclaves électroniques des pistes. Une série de morceaux à l’aspect expérimental appuyé, dispersés sur la bande, viennent narrer l’avancée de la tape. « J001010 » de Mlinarich nous plonge dans l’obscurité de Silver Soundbox par son fourmillement analogique, son jeu de piétinements en écho, dont survit un timide riff de guitare s’effaçant lentement. Ce curieux tumulte électronique se trouve développé plus tard par « Rubble Scrolling » et son chaos panoramique fait de bruissements et d’accords étouffés. Tout en usant d’une gamme semblable de sonorités, les morceaux se font face dans leurs évocations et leurs genres, à la manière de « How Can It Not Know What It Is ? » et « Things », le premier énigmatique surjouant d’une sub bass imposante et de l’effacement des bruits blancs, et le second usant de bruits blancs en nappe pour une mélodie timide, petite douceur ambient au milieu de cette intransigeante aventure sonore.

C’est sous ce même univers sonore dystopique qu’évoluent les pistes les plus dansantes de la compilation. La bande voit se succéder les genres et styles des artistes, avec une entrée en jeu minimale par le biais de Voctor Ken et Âmnfx. Le premier se joue d’une basse saturée et d’un kick gras en une sombre track au groove et à la mélodie glaciale dans « Lips ». Âmnfx, à la manière de sa précédente sortie sur le label, a une approche plus épurée, une mélodie légère venant habiller un minimalisme de construction où un bruit de cloche imposant nous intimide tout le long de la piste. L’acid est mis en avant alors que la compilation avance, en l’hypnotisant jam saturé de Inca Pax, l’entraînante techno rave de Eugeneismyname et l’obscure track (presque industrielle) de Soft Blade. Une dernière facette apparaît dès lors en une série de piste électro apportant une légèreté mélodique au détour de breaks attachants, à la manière d’« Accepted 2 » et « Untitled 1 », deux morceaux surprenant dans leur construction, que ce soit dans un jeu trépidant sur l’attente de l’auditeur ou dans d’inattendues harmonies ambiguës. Ovrld clôture l’album en un idylle rêveur, plein d’espoir, signant la fin de l’anxieuse pérégrination que représente la Silver Soundbox.

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