Varg – Ursviken

Ursviken, ou le froid abrasif venu tout droit de Suède

Varg - Ursviken

8.1

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 16 juin 2015 | 12:26

Fjärds et Inlandsis à profusion sur des terres nordiques austères et glacées : voilà le cadre parfait pour que l’art germe et la musique aussi. Shxcxchcxsh, Andreas Tilliander, Dag Rosenqvist et bien d’autres font partie de cette scène suédoise qui regorge de talents. Et à ces artistes il faut encore ajouter par exemple le label dirigé par Abdulla Rashim appelé très justement Northern Electronics. Ce dernier a en effet fait de la Suède et des contrées du Nord de manière générale sa source d’inspiration, son territoire de chasse.

Le membre évoquant le plus cet amour équivoque pour cette terre qui les a accueillis et nourris musicalement est sans doute la figure montante Varg. Son premier LP Misantropen sorti en 2013 nous avait particulièrement marqués par la profondeur des textures et son grain analogique.
Et depuis, Varg s’est montré extrêmement prolifique, puisqu’il a fondé son propre label, Blodörn, et a sorti une petite dizaine de long formats avec différents projets (dont 2 avec Abdulla Rashim). Ce Ursviken, paru sur Northern Electronics en avril dernier, est son deuxième véritable album solo.

 

Ursviken est le nom de la petite bourgade située à côté de Skellefteå, dans le golfe de Botnie, où Varg a passé son enfance. L’éponyme titre d’intro est donc une parfaite immersion vers les terres de naissance de notre homme où les rayons du soleil ne percent que très rarement durant l’hiver. Les glaces de l’arrière-pays, auréolées d’un certain mysticisme, se propagent sur cette toile extrêmement sombre. Une pluie de cendres éclabousse alors ce paysage dans lequel l’auditeur sombre.

La pulsation se met ensuite en place doucement, syncopée, psychédélique. « Asocial 46 »  et ses synthés hypnotisent en effet nos oreilles, son beat nous fait tranquillement dodeliner de la tête sans en avoir conscience. Les basses et les bas médium sont au coeur de ce mouvement instauré par Varg. Ces fréquences forment des vagues sonores aux allures inquiétantes et qui affluent régulièrement.
A la croisée des chemins entre techno, acid, ambient et indus, la musique hybride de Varg se détache des autres producteurs par son sens de la précision assez bluffant. Pour rendre le voyage plus agréable et plus immersif, des tracks ambient comme «  » parsèment l’album. Pourtant c’est lorsque la rythmique est plus cadencée que Varg dévoile toute sa science, à l’image de «  » en forme de métronome-rouleau compresseur.

 

La patte de Varg est très vite reconnaissable à l’écoute d’Ursviken. Mais s’il y a bien un domaine où Varg a bien progressé, c’est dans la diversité des textures et des nappes qui sont proposées. On obtient ainsi une belle variation de la palette sonore du suédois, et chacun trouvera forcément son bonheur dans ce tableau boréal. La prudence est de mise pour cet album si glacé qu’il en deviendrait presque brûlant par moment.

 

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