vOPhoniQ – Cosmogonie Essence

Un retour aux fondamentaux tout ce qu’il y a de plus plaisant.

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7.7

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 18 avril 2013 | 17:54

Parler concept, c’est souvent casse gueule. Soudain, lorsque le mot est lâché, vous passez pour la pire des espèces, celle de ceux qui subliment la masturbation d’en bas par la masturbation d’en haut. Socialement, ça fait désordre. Pourtant, il est de beaux concepts. Lier les choses par des fils de soie qui dépassent les liens évidents. Parlons concept.
vOPhoniQ, digne représentant de la jeune écurie Dawn, est de ceux qui donnent de la grâce au concept. Pas vraiment une nouveauté, ce Cosmogonie Essence qu’on se propose de savourer avec vous est en fait constitué de quatre tracks issues du dernier album Cosmogonie (très remarqué, à juste titre) ainsi que d’un morceau inédit. Pourquoi en parler alors ? Vrai, on pourrait être surpris de ce choix au prime abord, ne sachant trop si on se fout de notre gueule volontairement ou involontairement. Il n’en est rien. Changer d’angle, réécouter comme on verrait différemment, le tout dans un découpage fin qui change la donne. Voilà toute la subtilité de cette sortie.

S’il manquait quelque chose à Cosmogonie, c’était, dans sa logique duale (l’album était séparé en deux «chapitres »), une sorte de lame de fond. Deux faces, une unité, mais un découpage quelque peu arbitraire. Ouverture, titre inédit de cet EP, annonce la couleur. En deux minutes, nappes spatiales et horizon imaginaire immense dessinent à la fois le paysage sonore à venir et la logique du tout. Les tracks deviennent mouvements, l’EP devient la symphonie de cette Ouverture.
On retrouve avec autant de plaisir Animals et Human Tribute, issus du premier volet du diptyque intitulé The Origin. La génèse se fait plus évidente, l’ambient riche en texture et sons concrets de nature luxuriante du premier débouchant sur une progression electronica plus percussive dans le deuxième. Tirée du deuxième chapitre, le volet de l’Homme, l’histoire se poursuit en ombres et révélations. Il ne manquait plus d’une âme au tout pour insuffler à la naissance du cosmos ce qu’il faut de tragique, Enter The Mystic Truth portant en soi un poids toutefois moins grave dans le ton que ne pouvait l’être l’album. En effet, si Speculus projette la méditation vers des brumes encore incertaines, point de Origin of Madness pour clore le tout. Revirement dialectique pour ce retour aux sources ? On laissera la réponse en suspens, tant la beauté sait si bien se passer de sens.

Concept, disions-nous. Qui sait se faire oublier délicatement dans le sublime. Pari réussi pour vOPhoniQ. Revisiter sa propre création qui était une bulle en soi, en lui donnant une nouvelle portée, de nouveaux reflets. C’est aussi l’occasion de saluer une très belle première sortie physique pour Dawn, sous la forme d’un vinyle bleu lové dans son écrin d’artwork fait maison avec la passion qui caractérise les labels indépendants. Un retour aux fondamentaux tout ce qu’il y a de plus plaisant.

 


 

Tracklist :

1 – Ouverture
2 – Animals
3 – Human Tribute
4 – Enter The Mystic Truth
5 – Speculus

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