Walls – Coracle

Kompakt justifie le regain d’intérêt dont il est l’objet au biais de ce second effort de Walls.

wallscoracle

7.5

10

Par David Robert
Publié le 28 septembre 2011 | 10:00

S’il est généralement admis qu’en matière de musique, qualité et quantité ne peuvent que difficilement être conciliées, le label allemand Kompakt, à l’instar d’un WARP et autre Ninja Tune, fait définitivement office d’exception.
Créé en 1998 à Cologne par Michael Mayer, Jürgen Paape et Wolfgang Voigt, ce dernier a progressivement acquis une réputation méritée en terme de qualité de ligne artistique, comme en témoignent la renommée et globalement très bonne série de compilations annuelles “Total”, tout en développant ses activités de manière fulgurante jusqu’à devenir le distributeur privilégié de nombreux labels et le quasi-major de la scène électronique que l’on connaît.
Fondé en 2009 suite à la rencontre entre Sam Willis et Alessio Natalizia, le duo britannique Walls a sans hésitation aucune choisi l’écurie Kompakt pour la sortie de son premier LP éponyme ; choix semble-t-il tout à fait cohérent tant le krautrock/electronica qu’explorent les anglais coïncident parfaitement avec l’orientation prise par celui-ci ces dernières années. Bien que très récente, l’union des deux hommes a indéniablement participé au récent regain d’intérêt pour la maison allemande, et ce n’est pas la sortie de leur excellent second album “Coracle” sur ladite maison qui risque d’inverser la tendance.

Comme les auditeurs avertis de la première heure avait pu le constater, “Walls” était avant tout fondé sur deux éléments : un fin mélange entre instrumentations acoustiques et explorations électroniques, et une volonté quasi-revendiquée de légèreté voire de naïveté, de non-prétention – de simplicité en somme. A l’écoute des premières minutes du titre introductif “Into Our Midst”, ces mêmes auditeurs vont promptement se rendre compte que la recette employée est inchangée : outre les éléments suscités, on retrouve ce parti pris psychédélique, cette douceur et cette spatialité dans les nappes synthétiques, et toujours ces atmosphères planantes et envoutantes à souhait.
Si une telle redondance dans le procédé pourrait bien hâtivement susciter la sordide pensée que les anglais recherchent la facilité, il suffira de suivre le développement limpide du disque pour s’en séparer : les textures sont plus travaillées que jamais, tantôt cristallines (“Heat Haze”, “Ecstatic Truth”), tantôt plus granuleuses (“Sunporch”, “Il Tedesco”), mais toujours lumineuses au possible ; la guitare d’Alessio Natalizia s’avère tout à fait indispensable et confère à l’ensemble un caractère des plus mélodiques (“Vacant”, “Drunken Galleon”) ; et les voix, bien qu’assez lointaines et utilisées telles un instrument à part entière, accentuent encore le psychédélisme inhérent à tous les titres.

Bien que la qualité globale du disque soit tout à fait honorable, le titre “Raw Umber Twilight” se place néanmoins un rang – aussi infime soit-il – au dessus des autres, les arbitrairement écourtées 3m47 du titre, son crescendo de nappes douces au possible et ses délicieux accords de guitare se révélant purement et simplement divins.

Tracklist :

01. Into Our Midst
02. Heat Haze
03.Sunporch
04. Il Tedesco
05. Vacant
06. Ecstatic Truth
07. Raw Umber/Twilight
08. Drunken Galleon

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