A Winged Victory For The Sullen – Atomos

A Winged Victory For The Sullen confirme avec cet Atomos s’élevant à des hauteurs insoupçonnables que la hype autour d’eux n’est pas usurpée.

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8.0

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 31 octobre 2014 | 10:25

Avec un premier album flirtant avec les sommets les plus hauts de l’Himalaya, sinon plus, A Winged Victory For The Sullen était attendu au tournant pour Atomos. Leur disque éponyme avait disposé d’une exposition remarquable, si bien que Wayne Mc Gregor, fondateur d’une compagnie de danse, avait commandé à Dustin O’Halloran et Adam Wiltzie (moitié de Stars of the Lid) une bande son pour son ballet. Ainsi est né Atomos et sans surprise la hype s’est emparée du duo pour ce deuxième long format.
Chroniqué par les plus grands magazines de musique, se pointant même dans une Boiler Room (chose extrêmement rare pour ce genre de musique), les superlatifs pleuvent au sujet d’Atomos, sorti début octobre sur Erased Tapes. Car A Winged Victory For The Sullen est un duo qui a l’art de prendre par les sentiments. L’onirisme est leur point fort, sans nul doute, avec leur néo-classique en slow motion et lyrique à souhait.
N’essayons donc pas de tomber dans le piège tendu par ces deux sacripants et restons un tant soit peu objectif.

Premier constat : Atomos s’avère tout aussi accessible que son prédécesseur. Du moins pendant les 40 premières minutes sur les 60 que comporte l’album. Lignes instrumentales en filigrane et très gracieuses, les violoncelles, violons et piano se succèdent et s’additionnent dans une valse extrêmement lente, à l’instar du premier opus.
Atomos I, s’étirant sur 10 minutes, est un modèle du genre et ouvre idéalement cet album. Les synthétiseurs sont introduits avec douceur, et servent de trame de fond sous forme de nappes éthérées. Ainsi, un contraste très net apparaît entre cette ligne conductrice et les instruments. Les notes graves ont d’autant plus de profondeur, conférant un caractère solennel à cet ensemble presque idyllique.
Mais Atomos diffère du précédent opus dans la mesure où les instruments électroniques prennent plus de poids dans ce ballet intemporel. Atomos VI laisse les synthés s’exprimer et prendre leur écho sans excès, idem pour Atomos VIII.

Néanmoins, les choses se gâtent à partir du 8e morceau (numéro IX sur la tracklist), car on a l’impression que le duo ne sait plus trop quel chemin prendre, quelle construction adopter pour sublimer ce final. Ce qu’on avait déjà entre-aperçu par fragments sur certains morceaux dont la durée ne se justifiait pas (Atomos III par exemple), se fait de plus en plus présent sur la fin.
O’Halloran et Wiltzie veulent légèrement modifier légèrement leur style et ajouter un peu plus d’expérimentations (Atomos X). Intention louable certes, mais l’œuvre perd de sa clarté, de ce côté immaculé qui la rendait si parfaite à nos yeux. Cette légère phase de déclin est peut-être là un rappel que toute beauté qui soit possède toujours une face sombre et mystérieuse. Comme un écho, les crins d’Atomos XII s’estompent dans leur triste solitude pour se fondre dans le silence.

Difficile d’être mauvaise langue lorsque l’on s’étend sur Atomos. Même si certains tracks sont parfois dispensables ou auraient eu le mérite d’être rabotés, on garde un œil bienveillant envers A Winged Victory For The Sullen, tant on a envie d’être emballé par leurs productions qui font toujours autant d’effets. Une véritable écoute immersive vous fera prendre toute l’ampleur de leur pureté et leur simplicité poignantes.
Nous vous avions prévenu… L’art de prendre par les sentiments.

Edit: il est à noter que le duo jouera le 20 novembre à la flèche d’or.

Tracklist :

1. Atomos I
2. Atomos II
3. Atomos III
4. Atomos V
5. Atomos VI
6. Atomos VII
7. Atomos VIII
8. Atomos IX
9. Atomos X
10. Atomos XI
11. Atomos XII

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