Wolfgang Voigt – Rückverzauberung 6

Du Voigt, du vrai : superbe et intransigeant.

954401

8.2

10

Par David Robert
Publié le 3 mai 2012 | 20:34

Wolfgang Voigt est un électron libre dans l’univers des musiques électroniques. Pourtant, il faut avouer que c’est le terme techno qui apparait à l’esprit lorsque l’on évoque son nom, fait lié peut-être en partie a sa qualité de co-créateur d’un des plus regardés labels du genre : Kompakt. Mais là déjà, le label de Cologne n’a jamais eu grand chose de stationnaire. Et en tant que producteur, l’homme, mythique, s’est largement illustré et s’illustre par ses innombrables alias, sa vision décomplexée de la musique et son jusque-boutisme absolu.

Alors que les partisans d’un meilleur contrôle des frontières (musicales évidemment) retournent à leurs occupations, Voigt se fait avec ce nouvel EP une fois de plus l’artisan du décloisonnement.On avait déjà découvert le projet “Rückverzauberung” axu détours des compilations 2011 et 2012 “Pop Ambient” de chez Kompakt, ou par le biais de galettes sur Profan et En/off, plateforme de Bottrop-Boy. Cette fois-ci, c’est sur le label Magazine (créé en 2010 par Barnt, Crato et Jens-Uwe Beyer) qu’il sert sur un plateau son talent, et ce en trois étapes.

 

La première, “Rückverzauberung 6.1”, se fait tout d’abord sournoisement la déesse de la sérénité. Calme, paix et volupté sont incarnés par une pulsation étouffée, des nappes légères et quelques cordes métalliques éloignées. Les chants d’opéra viennent ensuite prendre la place centrale du titre. Mais les glottes deviennent progressivement complétement hystériques. Les voix s’emballent et se perchent là où le diapason ne trouve presque plus d’écho, dans le strident pur et simple, transformant le lyrisme en sépulcral. La partie 2 se veut tout autant opaque et mystico-mystique, jouant de l’harpstring comme pourrait en jouer un fantôme et déversant des choeurs qui devraient être exorcisés.
Deux pièces donnant à l’impression d’assister à une représentation d’opéra posthume figée dans le temps.
Enfin, la dernière partie donne l’occasion à la techno de prendre enfin sa dîme. Profonde et toute en reverb, la 6.3 séduit par sa puissance immédiate. La rythmique martèle sans aucun compromis avec la fatigue, et les nappes flirtant avec le drone font violence à la lumière. La progression est lente, l’hypnose se propage petit à petit et l’extase se fait crescendo pendant plus de douze minutes. On en sort assommé.

 

Deux fresques aussi tarabiscotées et difficiles d’accès qu’impressionnantes en ouverture, pour une conclusion jubilatoire qui rappelle les meilleurs heures de Gas. Voilà du Voigt, du vrai : superbe et intransigeant.


Tracklist :

01. Rückverzauberung 6.1
02. Rückverzauberung 6.2
03. Rückverzauberung 6.3

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