Woob – Return To The City

Woob transforme l’essai soundtrack avec aisance, tirant le meilleur parti des oeuvres habituelles du genre sans pour autant perdre son âme dans la foulée.

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6.8

10

Par David Robert
Publié le 9 décembre 2011 | 20:05

Les eclipses sont parfois longues et les astres lumineux disparus en sont bien souvent presque oubliés. L’attente laisse alors sa place à une sorte de nostalgie passive, transformant les étoiles en légendes, leurs lettres restant en général définitivement gravées dans le ciel.
C’est ainsi que la sortie consécutive sur le vénéré label Em:t des deux chefs d’oeuvres que sont “1194” et “4495” au milieu des années 90 et la disparition en suivant de leur géniteur l’ont élevé au statut de figure presque mythique de la musique ambient. Woob aurait alors très bien pu rester là haut, mais il en a décidé autrement. Et c’est en 2009 qu’il se décroche de sa voute stellaire pour refaire son apparition sur le plancher des vaches, sortant une poignée d’EP sur son propre label  Bigamoebasounds, et un album en 2010, largement réussi, intitulé “Repurpose”.
Mais si chacun de ses trois longs formats aurait pu être une bande son pour film, leur pouvoir cinématographique étant plus qu’avéré, “Return To The City” apparait comme le premier véritable excercice du genre.

Associé au trailer, “Cinematic” semble présenter dans les grandes lignes la soundtrack. On découvre alors un Woob qui use d’envolées grandiloquentes de cordes frottées dans la lignée de la majorité des compositeurs du genre et de leur pontes que sont Hans Zimmer et consort. Voilà qui est plutôt déstabilisant en premier lieu pour les amateurs de Paul Frankland, la recette étant trop facile.
Mais un jugement en ce sens serait bien trop hâtif, et surtout totalement erroné car ce bref résumé ne représente au final pas la majorité des pistes présentes (qui se comptent au nombre de 10 regroupées sous 3 grands ensembles, plus un titre ‘caché’). Et tant bien même, il est impossible au final d’en faire les parias de l’album car le mélange de modern classic et d’électronique est ici une sincère réussite (là ou pléthore d’hommes font dans la banalité fade) à l’image du main Title où la puissance des synth-drone et de leurs vrombissements s’étendent sur une rythmique emplit de fougue après une grande échauffée d’archets.
Niveau ardeur, “To The City I II III” et son orages sinistre déployé aux termes de lignes de carillons et de lignes hyalines n’est pas en reste. Les jeux de glocks font d’ailleurs partie prégnante de l’album au même titres que les fields recordings, nappes atmosphériques et les coeurs féminins envoutants (faisant écho à du Future Sound Of London) ; en témoignent “Alpha” premier tiers de “To The City”, “Snow Covered Akihabara”, dans un registre un brin différent car plus lugubre, “Showdown”, et enfin “Static Remain”, tout trois étant des fragments de “Electric City”.

Pari relevé, pari réussi. Woob transforme l’essai soundtrack avec aisance, tirant le meilleur parti des oeuvres habituelles du genre sans pour autant perdre son âme dans la foulée.


Tracklist :

01 – Return to the City (Cinematic)
02 – To the City I – Alpha
03 – To the City II – Unexpected
04 – To the City III – Take Me With You
05 – Return to the City I – Fragments
06 – Return to the City II III – Main Title Datastream
07 – Electric City I – Snow-covered Akihabara
08 – Electric City II – Showdown
09 – Electric City III – Static Remains
10 – Fragment Analysis [Hidden Track Preview]
11 – To the City I II III
12 – Return to the City I II III
13 – Electric City I II III
14 – Fragment Analysis

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