Woob – Ultrascope

Que reste-t-il de Woob ? Cet OVNI dont il est seul capable.

woob-ULTRASCOPE-cover

7.3

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 30 septembre 2013 | 17:32

Amoeba (mis à part le fait qu’il peut faire référence à l’un des plus gros revendeurs indépendant de disques au monde, ou à un groupe de death métal français) est le nom d’un organisme unicellulaire qui n’a pas de forme solide définitive. Mais Amoeba c’est aussi un morceau de Woob, tiré du cultissime album 1194 (sorti en 94 et qui n’a rien à envier aux autres pontes du genre à l’époque).
On retrouvera la particule Amoeba près de quinze années plus tard sur le label de Paul Frankland, l’humanoïde à l’intérieur de Woob, intégrée dans bigamoebasounds. Après plus d’une décennie d’absence, que reste-t-il de cette rythmique syncopée, légèrement exotique qui faisait jadis fureur ? Pour répondre franchement, pas grand-chose, ou en tout cas, la ressemblance est vraiment infime. Et quand on y réfléchit c’est plutôt normal, car après quinze années de jeûne et la perspective d’un nouveau millénaire, un compositeur tel que lui ne peut qu’avoir évolué.

Repurpose, album marquant le véritable retour de Woob aux affaires en 2010 est malheureusement passé inaperçu alors qu’il regorge de qualités. En 2011 sort une OST intitulé Return To The City, chroniquée dans notre demeure et qui pose les véritables bases nouvelles de la musique de l’artiste, bien plus aérienne et cinématique. Have Landed sorti en 2012 compile la plupart des titres encore unreleased et composés durant différentes périodes. Un album fait de bric et de broc mais qui tenait plutôt bien la route, avec des titres assez stupéfiants, The Great Divide et If I Don’t Make It Home en ligne de mire.
Ultrascope paru en septembre est le nouvel OVNI que seul l’américain aurait pu être capable de concevoir.

 

Pour parer la musique de Paul d’un quelconque adjectif, il faut tout d’abord appréhender son œuvre comme une machine à explorer le continuum espace-temps. Une machine qui, vue de l’extérieur, serait quelconque, mais recèleraient monts et merveilles à l’intérieur. Un Tardis musical en quelque sorte. L’image de l’ameoba prend alors tout son sens à l’écoute, car bien que n’ayant pas encore de cœur, cette machine vivante aux contours indéterminées modifie son aspect à chaque nanoseconde de son existence. Cette légèreté arachnéenne est d’autant plus vraie avec le retour de l’artiste depuis les années 2010, où les ambiances se font plus bruitistes que luxuriantes.

Si bien que cela peut en devenir légèrement décousu. Woob a en effet abandonné sa drum machine sur la plupart des morceaux. Ultrascope deuxième du nom tout en drone embué qui s’étire en longueur sur vingt minutes peut paraître un trip génial pour certain, un peu longuet sur certains abords pour d’autres. Il y aura bien entendu d’autres interférences durant cet album, comme A Guide to Amplitude Re-calibration Techniques Vol.1 et Earlier qui décrit une transmission provenant d’un temps inconnu.

Cependant certaines autres pistes aux nappes plus lisses avec un synthétiseur huilé à bonne température ne démordent pas d’intérêt. Woob jongle ainsi à l’intérieur de notre cortex entre atmosphères surréalistes provenant d’un univers parallèle, et d’autres plus épiques à l’instar d’Ultrascope, où l’on a affaire semblerait-il à un véritable orchestre dirigé par Hans Zimmer. Grâce à l’Inception Paul arrive à modeler les songes à travers cette odyssée de l’espace un chouia grandiloquente. Mais, soyons francs, pour concurrencer Kubrick il faut avouer qu’il ne fallait pas y aller avec le dos de la cuillère.

 

Alors certes, il sera aisé de ce perdre dans ce vaste univers au climat intriguant qui s’offre à nous. Mais avec Ultrascope, cette perdition s’avèrera bienfaisante et ouvrira d’autres horizons. Plusieurs chemins scabreux s’ouvrent devant nous. Droit devant, c’est l’ennui, mais d’autres sentiers, dissimulés par Woob, sont praticables et sans doute plus palpitants. De toute façon, depuis quand un véritable aventurier choisit-il la direction la plus aisée à prendre?

Tracklist:

01 – The Surface
02 – Horizon Vectors
03 – Ultrascope
04 – Earlier
05 – Over World
06 – A Guide to Amplitude Re-calibration Techniques Vol.1
07 – Ultrascope II
08 – The Last

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