Youandewan – Times

Hautement recommandé à tous ceux qui se trouveraient à la recherche d’une hypnose cotonneuse et enivrante.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 24 mai 2013 | 20:00

Youandewan n’est pas du genre à presser les choses. Si ce Times est déjà son deuxième maxi paru en 2013, succédant au Disarray EP chez Hypercolour – auxquels il faut ajouter un titre sur la compilation Future Foundations de 2nd Drop Records –, ces deux disques font suite à un hiatus de plus d’un an dans la discographie de l’Anglais. Une éternité, au sein d’une scène en mouvement perpétuel. Et si ses productions, oscillant entre une face plus garage et une autre mirant vers les confins les plus deep de la house, ne se trouvent pas forcément limitées à des labels confidentiels – son Youandme (On My Mind) le fait ainsi figurer aux côtés de Digital Mystikz, Instra:mental ou Phaeleh au sein du label Disfigured Dubz de Skream –, elles semblent toujours conserver un certain aspect intimiste, discret. Ewan Smith n’est pas de ceux qui cultivent et entretiennent savamment le mystère autour de leur personnalité; il compte plutôt au nombre de ceux qui s’effacent pour laisser parler leur musique.
Times est à l’image de son créateur. Un simple coup d’œil à la tracklist montre que celui-ci n’a pas cherché à construire des titres à l’efficacité immédiate, mais bien à laisser ceux-ci souffler : plus de trente minutes pour à peine quatre pistes, dont deux excédant la barre des huit minutes. De fait, Youandewan laisse ici s’exprimer la part plus deep house de ses productions, la plus introspective aussi. On pourra dès lors penser à certains titres du récent Stash EP de Bicep, notamment le magnifique The Game, mais il y a chez Youandewan quelque chose de plus hypnotique, voire mécanique, venant étirer le temps au long de ces quatre pistes finement ciselées.

Pourtant, les choses ne commencent pas de manière particulièrement progressive: le morceau-titre qui ouvre l’EP démarre sans vraie introduction, mettant immédiatement en avant son thème principal et son kick métronomique. On entre dans un monde sonore sans véritable début ni véritable fin, évoquant une forme de chillout existant sans l’auditeur mais au sein duquel celui-ci peut se plonger à tout moment. La répétition, clé du morceau, fait son effet et l’on se perd lentement dans cet océan de synthés sous reverb au milieu desquels résonne l’écho de voix féminines. Tous ces éléments se fondent les uns dans les autres pour mieux nous faire entrer dans une transe apaisée, sereine. Les huit minutes du morceau s’écoulent sans que l’on s’en rende vraiment compte, nous faisant perdre la sensation du temps.
Ne manque peut-être qu’un soupçon de personnalité propre à youandewan ; fort heureusement, Be Dark vient alors insuffler dans l’EP cet esprit qui lui manquait. Démarrant de manière similaire, mais lorgnant cette fois ouvertement du côté de la dub techno, à travers ces vagues de pads délavés qui hantent l’introduction, le morceau se construit lentement, l’artiste laissant entendre distinctement chaque son avant de mettre en œuvre sa touche personnelle. Youandewan vient ainsi convoquer, après plus de trois minutes, une palette mélodique plus garage, qui confère une coloration spécifique au titre. Tous ces éléments remontent peu à peu, se mêlent dans une parfaite harmonie centrée autour de quelques notes d’une basse ronde : une réussite totale, de loin la plus grande du disque.

Pas que la suite soit une désillusion : Youandewan continue sur la deuxième moitié de l’EP d’orchestrer avec brio cette lente séance d’hypnose, réincarnant ces mêmes ingrédients dans des tonalités nouvelles. Si l’on retrouve ainsi sur Squared les mêmes éléments, la présence d’une vraie ligne de basse dans les fondations du morceau introduit un groove inédit, prévenant toute lassitude.
Tout aussi aérien, What You Mean apparaît alors comme le point d’orgue absolu du disque. Débutant comme ce dernier, en mettant à plat tous ses éléments – sa ligne de basse, sa mélodie en tourbillon, ses samples instillant une atmosphère nocturne –, cette ultime pièce s’autorise un authentique breakdown de cymbales garage pour mieux mettre en valeur la fin du morceau, decrescendo de toutes ses composantes, jusqu’à ce que ne subsiste plus que le beat pur, fil conducteur des trente minutes qui viennent de s’écouler. Hautement recommandé à tous ceux qui se trouveraient à la recherche d’une hypnose cotonneuse et enivrante.

 


 

Tracklist :

A1- Times
A2- Be Dark
B1- Squared
B2- What You Mean

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    2 Comments

    1. Noiselle 27 mai 2013 at 8:52

      Be Dark c’est la track la meilleure…. mais elle est imperfect… J’ai prové a la changer un petit peu avec virtual dj… c’est une petit idée…
      What You Mean c’est n’est pas mal mais elle est trop prevedible e pas originelle…

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