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Dalhas Umaï – Concrete

Le premier album de Dalhas Umaï est une oeuvre exigeante et vertigineuse, dans laquelle on ne peut que recommander de se plonger.

Artwork NZN013 (300dpi 1440pix)

8.1

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 25 février 2017 | 10:06

Au gré de sorties dispersées chez Empiric Records ou Lejal Globe, de titres et remixes parus sur LowRise ou Noizion, le Français Dalhas Umaï a su finement tailler un son ancré dans les scènes jungle, footwork et drum&bass actuelles, en harmonie avec leurs expérimentations et déferlements rythmiques, tout en donnant à ses productions une coloration spécifique et de plus en plus affirmée. C’est logiquement chez Noizion Records, irréprochable réservoir d’artistes capables de puiser dans des courants bien définis tout en démontrant titre après titre leur propre identité, que Dalhas Umaï publie son premier album, Concrete, qui porte à l’échelle d’un long-format la maîtrise du producteur.

Concrete révèle rapidement un autre point commun entre Dalhas Umaï et Noizion Records : une faculté certaine à coudre des titres les uns avec les autres dans des ensembles évocateurs, presque narratifs, qui pousse l’auditeur à se laisser porter par le récit de l’artiste. Dalhas Umaï révèle ici rapidement son adresse pour cet exercice. Alors que l’introduction de l’album, « Concrete Springs », semble jouer un rôle sédatif, anesthésiant doucement l’auditeur à grands renforts de basses lentes et intenses, de râles mécaniques et d’échos de rythmes UK Garage, le génial « Think 1 », qui suit immédiatement, s’accompagne d’une accélération brutale des BPM et d’une augmentation de la tension, s’adonnant à une drum&bass débridée, déchaînant sa fureur au travers de percussions implacables et d’arpèges étourdissants. Prenant les virages les plus imprévus, le titre se porte en son milieu vers des influences footwork qui complètent l’état d’hébétude provoqué par cet assaut inattendu.

L’album paraît ériger au rang de norme ce jeu de contraste, alternant les atmosphères développées par les différents titres pour décupler l’effet de chacun d’entre eux, en liant l’ensemble autour d’une identité sonore plus que stylistique. La charge que représente « Think 1 » apparaît ainsi comme un prélude au nouvel apaisement apporté par l’hypnotique « Brave Boy », mené par le chant aérien d’Artemus, mais aussi au retour vers des aires plus sombres du splendide « Concrete Jungle », qui dévoile à nouveau la finesse des breakbeats incisés par Dalhas Umaï, de ses synthés mélancoliques et de ses infrabasses imposant discrètement leur présence. Face à ce renversement systématique de nos attentes, on se laisse finalement guider par l’artiste, qui nous porte d’un rivage à un autre, avec comme points de repère ces arpèges magnétiques et un sound design inimitable. On admire, dès lors, les réussites qui se succèdent dans nos oreilles, à l’instar du décharné « Monark », aux rythmes UK Garage saccadés, du très beau « Nisu » ou d’un « Concrete Tape » convoquant le spectre d’un Chris Clark avec talent.

Ce premier album de Dalhas Umaï est une œuvre exigeante, demandant l’attention de son auditeur – sous peine de se perdre dans ses méandres –, tout en impliquant de suivre l’artiste dans les sinuosités de son univers musical. Des écoutes répétées suffisent pourtant à révéler toutes les qualités qui émanent de Concrete, album impressionnant et capable de surprendre sans jamais décevoir : malgré son aspect vertigineux, il semble difficile de ne pas recommander de s’y plonger.

Tracklist :

01. Concrete Springs
02. Think 1
03. Brave Boy ft. Artemus
04. Concrete Jungle
05. Monark
06. Knight Dance
07. Nisu
08. Concrete Tape
09. Shiver Bit

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