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Egyptrixx – Pure, Beyond Reproach

Nouvel album d’Egyptrixx, Pure, Beyond Reproach démontre une nouvelle fois sa capacité à créer et développer une atmosphère aux sonorités uniques.

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8.0

10

Par Mathieu Féchant
Publié le 15 mars 2017 | 7:38

Les sorties d’Egyptrixx sont toujours l’occasion de laisser entendre des textures indescriptibles, et pourtant pleines de mémoires et d’objets familiers. D’album en album, sa musique semble de plus en plus apte à créer des liens forts entre musique et image, comme le suggèrent ses artwork toujours plus travaillés, mais aussi entre musique et souvenirs. Les morceaux qui composent Pure, Beyond Reproach, nouvel album hyper-sensible ne sont cependant plus des « smudged fac-similé of club music », comme l’artiste lui-même l’expliquait, mais une peinture sonore d’un nouveau type.

En 2013, son troisième album, A/B Til Infinity, faisait encore écho à des souvenirs de sorties de clubs, la tête encore pleine de rythmes secs et fins. Deux albums plus tard, avec Pure, Beyond Reproach, les atmosphères prennent toutes les couleurs pour brosser une abstraction aqueuse, rêche, parfois synthétique, voire bruyante, dans laquelle les néons de l’époque Night Slugs d’Egyptrixx ne sont plus seuls. Intégrées dans un design sonore global, les sonorités se répondent dans une narration complexe. Eau tombante, moteurs et mécaniques, métaux, chaines puis respirations, espaces ouverts et larges, et même discussions entre amis : l’album ressemble autant à un monologue rêveur qu’à une peinture novatrice.

Là où, chez d’autres artistes, le son analogique paraît résulter d’une forme de fétichisme pour le retour à l’ancien, le jeu entre soies flottantes et textures rêches s’agence ici sans effort au sein de la palette sonore. Le démarrage bruyant et usinier de « VEPN » contraste par exemple avec sa fin aquatique et ouverte. Sur l’ensemble du disque, les kicks , chocs, basses sont teintés d’une couleur aussi futuriste que naturelle, à l’image du seul chant de l’album, sur le titre éponyme. Il faut finalement attendre la moitié de l’album, avec « Plastic Peeble », pour réentendre les beat massifs qu’Egyptrixx maniait volontiers dans ses premiers disques. En fin d’album, avec « Baby How Strong We Are », Egyptrixx signe par exemple le titre le plus abrupt de l’ensemble, le reste de l’album capitalisant davantage sur des chocs naturels. Ailleurs, l’album présente aussi des ensembles continus, qui remplissent entièrement l’espace sonore totalement, comme sur un « Show Me How You Live » dénué de tout beat, en contraste avec la suite de l’album.

Egyptrixx s’est toujours distingué par sa capacité à nous entraîner dans ses dédales sonore : ici, cette capacité à guider l’auditeur s’exprime si clairement que la fin de cet album sonne comme une forme de réveil. « Ti Exactamundo » reprend ainsi les sonorités d’eau s’écoulant qui démarraient l’album, puis réapparaissaient en plein milieu de « VEPN », avant de passer en revue, de manière tranquille, les différentes sonorités ayant marqué notre écoute, et de nous faire doucement sortir du rêve que constitue Pure, Beyond Reproach.

David Putska démontre encore une fois avec classe sa capacité à créer et à soutenir une vision, ses ambiances et ses sonorités si particulières sur un peu plus de quarante minutes. Ne serait-ce que pour sa construction à a fois diffuse et méthodique, ce nouvel album mérite d’y prêter une attention plus que redoublée.

Tracklist :

01. Lake Of Contemplation, Pool Of Fundamental Bond
02. We Can Be Concrete
03. Show Me How To Live
04. Pure, Beyond Reproach
05. V.E.P.N.
06. Plastic Pebble [Beat]
07. Anything U Say, Everything U Do
08. Anodyne Wants To Ammo
09. Baby How Strong Are We
10. Ti Exactamundo

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