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Former – Edge Mecha

A l’occasion de son premier EP époustouflant à paraitre sur Division, Former nous dépeint avec brio son univers : mécanique, torturé et envoûtant.

edge mecha

8.9

10

Par Antoine Arcade
Publié le 14 octobre 2017 | 14:06

Aux côtés d’artistes tels que Freak4nc ou Posij, Former fait partie de cette sphère de la ville de Groningen qui gravite autour des têtes d’affiche locales que sont Noisia. C’est donc logiquement sur un des trois labels du trio star, Division Recordings en l’occurrence, que le Hollandais s’est fait remarquer avec des apparitions fracassantes, comme avec le malsain « Aleph Here » ou encore « Sympathy Mutant ». Et c’est tout aussi logiquement sur ce label que l’artiste sort son premier EP en solo, Edge Mecha.

Pour mieux comprendre le personnage, il faut savoir qu’il n’est pas seulement producteur de musique mais aussi designer. Il a par exemple signé plusieurs couvertures d’EP, comme celle d’Attention, dudit Posij. Ce debut EP est donc l’opportunité pour lui de donner pleinement corps à son univers. Dans cette optique, le morceau d’ouverture, « Altar », et le clip qui l’accompagne (réalisé par Former lui-même) se chargent d’annoncer la couleur. L’aventure sera évidemment mécanique, comme le laisse suggérer le titre du disque, mais pas pour autant dénuée de sensibilité puisque teintée d’une poésie abstraite.

« Pleasure Model », en collaboration avec les patrons du label, est certainement la piste la plus réussie de l’EP. Les ingrédients manipulés tout au long du disque s’accordent en effet à la perfection lors des refrains de ce morceau, qui glacent le sang de par la puissance froide et hypnotisante qu’ils dégagent. Le morceau suivant, « No Display », est clairement plus orienté club, avec un beat plus marqué, des vocaux et une basse agressifs, quand « Enemy Real » se vit comme une chute interminable via son clavecin factice qui peine à tenir debout. « Karambit » accroit le sentiment de perte de contrôle, en adoptant une structure rythmique qui véhicule un sentiment d’urgence.

Arrive ensuite « Edge Mecha », qui remplit sa mission de morceau-titre et se place en porte étendard de l’EP. Le vocal féminin torturé et re(dé)composé y occupe le rôle principal, rôle qu’essaie de lui voler par moment la basse industrielle désarticulée, comme par volonté de dominer et faire taire les dernières teintes organiques de l’œuvre en cours de création. L’aventure se termine avec « Matriarch », qui confirme que tout ne s’est pas passé comme prévu. Dans une ambiance anxiogène, les signaux d’alarme retentissent sans discontinuer, masquant à peine les cris plaintifs qui se laissent entendre irrégulièrement.

L’EP est indéniablement marqué par la confrontation des sonorités industrielles saturées et des vocaux hantés (sur lesquels l’artiste signe un travail époustouflant) qui créé un étrange ressenti de douleur robotique curieusement humaine. L’expérience de 25 minutes est envoutante, nous baladant en permanence entre construction et déconstruction, comme bloqué dans un processus sans fin.

Tracklist :

01. Altar
02. Pleasure Model (feat. Noisia)
03. No Display
04. Enemy Real
05. Karambit
06. Edge Mecha
07. Matriarch

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