Partager

0
0
A+ A-

François X (FR/ENG)

On a saisi l’occasion fournie par la sortie de son nouvel album Irregular Passion pour poser quelques questions à François X sur son univers complexe.

François_X_lowres_ph_Vanni_Bassetti-047 (1)
Par Antonin Bohl
Publié le 30 octobre 2017 | 11:06

Avec la sortie de son nouvel album Irregular Passion sur son label DEMENT3D, François X développe un univers complexe et profond. Il dépeint sur onze titres un paysage sonore à la fois sombre et rêveur. Nous avons saisi l’occasion pour revenir avec lui sur son travail.


Félicitation tout d’abord pour cet album, qui selon moi est une vraie réussite ! C’est le dernier volet de ta trilogie sur Blade Runner. Quel est ton rapport avec le matériau de base et pourquoi avoir eu envie de rapprocher ta production à cette œuvre ?

Alors il n’y a pas vraiment eu de volonté particulière. Le premier EP que j’ai fait sur Dement3d s’en inspirait. Je ne sais plus exactement la véritable impulsion derrière cela mais de façon plus globale j’adore ce film, et les films de science-fiction en général. Pas nécessairement pour le côté espace et son lien usuel avec la techno, mais plutôt sur le côté anticipation. Lors de la production de ce premier maxi, je n’ai pas le souvenir d’une idée qui m’aie particulièrement fait penser à Blade Runner.

Plutôt un univers ?

Oui c’était l’univers. Ce que j’apprécie particulièrement dans Blade Runner c’est cette atmosphère sombre. Ça me rappelle lorsque je sortais étant plus jeune, j’adorais sortir d’un club en pleine nuit et marcher la tête dans les étoiles, plein de rêves. C’est donc un peu dans cet esprit noctilien que j’avais référencé le film. Le point de départ de l’album Irregular Passion est cette volonté de terminer ma trilogie sur le film, avec Rachel comme muse.

Dans cette adaptation du livre de K.Dick, la musique composée par Vangelis apporte beaucoup à l’élaboration de cette atmosphère si singulière. L’album que tu présente s’en approche dans ses teintes, son décor…

Parfaitement… Écoute, tu vas finir l’interview à ma place je crois (rires) ! Je voulais faire une ode, ou plutôt un clin d’œil à Rachel, étant selon moi une des pièces maîtresses du film. Une séquence m’ayant beaucoup influencé, tout au long de ma vie et pas exclusivement pour la musique, est l’introduction : la pyramide de Tyrell Corporation et la musique de Vangelis qui l’accompagne en accords triomphants. C’est cette atmosphère cinématographique que j’ai effectivement tenté de retranscrire dans l’album.

Y-a-t-il d’autres œuvres de science fiction que tu affectionnes ?

Alors on va faire du plus simple au plus compliqué si on peut dire ça comme ça. C’est de ma génération mais tu peux imaginer que si j’aime Blade Runner, je suis également un grand fan de Star Wars, avec bien entendu la musique de John Williams. Dans des univers plus sombres j’avais adoré L’Échelle de Jacob (réalisé par Adrian Lyne). Je pourrais citer également Solaris. La liste est longue mais j’ajouterai également ici les films de Nolan pour la musique de Hans Zimmer.

Pour continuer sur ce thème tu disais à une période rêver de composer la BO d’un film de science-fiction, c’est toujours le cas ?

Alors oui c’est un rêve, mais pas uniquement réservé à la science-fiction. C’est amusant car comme tu as pu le remarquer, l’album est assez lent. Pour revenir sur Hans Zimmer, dont j’aime beaucoup le travail, et pas uniquement sur les films de science-fiction, j’apprécie particulièrement ses collaborations avec Terrence Malick sur La Ligne Rouge ou Pocahontas. L’univers onirique qui s’en dégage. Ces plages sonores longues et le côté contemplatif de ces créations. On verra bien mais c’est toujours un objectif pour moi.

Ta production est plutôt instinctive, dans ce genre de projet comment composes-tu pour que l’ensemble reste cohérent ?

En réalité je n’étais pas parti initialement pour faire un album. C’est venu de façon instinctive, j’ai fait un, deux, trois morceaux et petit à petit, en prenant des accords, ou des structures de ces premiers morceaux, quelque chose s’est construit. Finalement, la cohérence vient probablement du fait que j’ai produit sur une période assez condensée et en résulte le résumé des idées, des inspirations, des envies de cette période. J’ai du mal à préméditer les choses.

Tu parles souvent de l’importance de Cyril Etienne de Rosaies (DJ Deep) dans ton parcours. Avec le temps prends-tu un peu ce rôle de “mentor” avec de jeunes dj/producteurs (étant toi-même devenu un des acteurs majeurs de la scène électronique en France) ?

Alors ce n’est probablement pas à moi qu’il faut poser la question (rires)… J’aime beaucoup transmettre, c’est très important pour moi. J’ai toujours apprécié avoir des conseils de gens expérimentés, même parfois sous la forme d’histoires que l’on raconte à un enfant. Aujourd’hui je ne suis pas beaucoup plus vieux que la moyenne, mais j’adore transmettre, raconter, parfois même aiguiller, des amis plus jeunes. Je n’irai pas jusqu’au terme “mentor” mais je suis suis toujours partant pour partager.

Ton ressenti c’est qu’il y a plus de gens qui se lancent, ou ça a toujours été plus ou moins pareil ?

Il y en a clairement beaucoup plus qu’avant, on serait tenté de dire trop parfois. Aujourd’hui c’est peut être plus facile techniquement ou plutôt technologiquement parlant avec des logiciels comme Ableton pour la production ou Traktor pour le mix. Cependant je ne considère pas cela comme une mauvaise chose. Cela démontre un réel engouement, et c’est tant mieux.

Permettant l’émergence de courants toujours plus pointus.

Exactement. Il y a selon moi toujours une sorte de scène principale avec les grosses têtes d’affiches, mais de plus petits évènements peuvent désormais être organisés (notamment Champ Libre ou La Station). Des familles se créent pour chaque mouvement et elles semblent coexister.

A l’époque vous accueilliez Sandwell District à Paris pour la première fois (ils étaient d’ailleurs presque inconnus en France), avant de devenir des incontournables aujourd’hui.

C’est le flambeau qui passe. Sandwell District ça fait maintenant près de sept ans. Tout a beaucoup évolué, on est toujours là et la scène est en constante effervescence.

Quels sont tes projets en cours à ce jour ?

Actuellement je sors donc l’album mais je suis déjà en train de travailler sur un autre disque. Nous devons avec Opuswerk finaliser un disque pour notre projet Hiss 1292. Il faut qu’on se mette à bosser avec Antigone pour refaire un disque. Et je pense que c’est déjà assez pour le moment (rires). Ceci en plus des remixes que je dois terminer. Le vrai projet pour l’instant c’est l’album. L’avenir nous le confirmera mais j’aimerais poursuivre cet exercice que tu as bien pu identifier d’intuition et de spontanéité. J’ai l’impression d’être plus en adéquation avec le long format. Je peux vraiment développer une narration et un univers personnel, à la manière d’un film (on y revient). Il y a cette envie, qui peut-être changera, de ne produire que des albums.

Et en terme de représentation du coup, tu imagines quelque chose de particulier, comme un live ?

C’est une question récurrente pour moi, et je reste, c’est ma première passion, un DJ. Je ne pourrais pas te répondre aujourd’hui si un live pourrait prendre forme. Cependant je sais que le live devrait me faire ressentir la même énergie qu’un DJ set. Être dernière des machines reste un peu statique pour moi. J’imaginerais donc ce live avec plusieurs personnes, comme un vrai groupe. A la manière du groupe Fever Ray dont les concerts sont dantesques et où le live prend tout son sens.

Un tel projet je ne l’imagine pas forcément sur de la techno et au contraire pourquoi pas sortir du format club. Avec l’album j’ai tenté de m’évader de ce format justement. Cette ouverture permet de laisser libre cours à mon imagination, de sortir de ma zone de confort. J’ai vraiment cette volonté de voir ma musique évoluer au fil des sorties. Malheureusement il y a toujours un aspect mercantile où l’on est soumis à la loi du maxi pour pouvoir tourner derrière.

Et quelle est ta vision du club aujourd’hui ?

Le club reste une pièce maîtresse pour moi. Dans ma vie j’ai eu trois passions : l’économie, le tennis et la musique électronique, et plus particulièrement la communauté autour de cette culture. Même si je sors moins en tant que spectateur aujourd’hui, j’en garde cette vision. Je fais facilement la comparaison entre le tennis et le club. Le dépassement de soi, l’adrénaline, l’atmosphère d’un public désinhibé, ce sont des émotions que l’on retrouve dans ces deux milieux. C’est une flamme qui reste allumée chez moi.

Il y a de nos jours une vraie culture autour de la musique électronique et paradoxalement c’est une musique à écouter chez soi et à la fois en club, à consommer seul ou à partager.

Complètement, et quand bien même demain je me mettrais à faire de la musique classique je ressentirais toujours le besoin d’aller en club. Plus tu vieillis plus tu es nostalgique de ta jeunesse, il ne faut pas se voiler la face. Dans un de mes communiqués de presse précédent je parlais de l’utopie du club, de cette image de la nuit en sortant d’un club avec des amis… C’est une image qui me hante et que je vais poursuivre pendant longtemps je pense.

Je n’ai pas forcément la nostalgie des années 90 ou des raves comme beaucoup de gens qui parfois ne les ont même pas connues, mais plutôt la nostalgie d’un ressenti personnel en tant que clubber, qu’auditeur, de mes expériences de jeunesse.

Et ce mythe du “c’était mieux avant”, ça n’arrive pas trop vite ?

C’est horrible ce que je vais dire, mais prenons par exemple un héroïnomane. La raison pour laquelle il est devenu addict si vite c’est que sa première expérience restera la meilleure et il tentera toujours de revivre ce moment. Si je parlais de l’utopie du club c’est pour les mêmes raisons. On essaie toujours de revivre ses premières émotions. A chacun sa première fois. Lorsque je me mets à me dire un truc du genre “c’était mieux avant”, c’est plutôt nostalgique. Pas une nostalgie aigrie mais plutôt rêveuse. C’est un paysage qui se forme souvent lorsque j’écoute au casque. C’est une nostalgie teintée de mélancolie, jamais dans l’aigreur ou la comparaison inutile.

La musique c’est un peu comme l’odorat, ce pouvoir dingue de transporter dans le passé de manière totalement inconsciente.

Définitivement. Ce sont des émotions ancrées profondément.

Par quels moyens trouves-tu les sons aujourd’hui et comment qualifierais-tu ta consommation de musique ?

Un peu moins en boutique ces temps-ci mais surtout je passe des heures sur internet. Des heures… sur Discogs, sur des blogs, des catalogues entiers de label. Parfois quatre, cinq heures d’affilées, et il m’est d’ailleurs impossible de rentrer dans une phase de production et de chercher de la musique. Ça me prend tellement d’énergie, j’aime bien être dans un seul univers à la fois. J’ai besoin d’être à fond dans mon truc.

Il me semble que c’était Gerald Donald de Drexciya qui disait s’interdire, dans ses phases de productions, d’écouter d’autres artistes, dans le but de façonner son propre son.

Je comprends. Je n’irais pas jusqu’à me l’interdire mais je suis obligé de scinder les deux choses.

J’imagine qu’il faut accompagner ça d’une certaine routine de travail, d’une mise en route du système.

Tu as tout à fait raison, il y a un moment c’est comme aller au boulot : il faut s’assoir, prendre son café et attendre deux-trois minutes avant de rentrer dans le dur. Les idées viennent à l’improviste. C’est pareil quand tu cherches de la musique : un son en mène à un autre et petit à petit la machine est en marche. Tu te réveilles trois heures plus tard en te disant qu’il faudrait peut être faire autre chose (rires) !

Mais il y a un vrai plaisir de se perdre comme ça !

C’est clair ! Et surtout avec l’arrivée d’internet. Mes toutes premières diggeries internet c’était des mixes dans les années 2000. Il y avait ce logiciel qui s’appelait Audiogalaxy où tu trouvais des milliers de mixes, de compilations… J’ai le souvenir de passer des nuits entières devant l’ordi !

La mine d’or !

C’est ça ! Il y avait également Deep House Page qui était un site américain qui était un peu le forum des mecs du Paradise Garage avec tous les mixes de Frankie Knuckles, Ron Hardy, etc. J’y passais des nuits entières !

Et cela a construit ton univers aujourd’hui.

Définitivement. Aujourd’hui il est certes plus facile de produire de la musique mais le temps d’élaboration d’une culture ne peut en aucun cas être compressé.

On peut en effet écouter un son et ne le comprendre que bien après.

Combien d’albums ou d’EP ne m’ont pas touché la première fois que je les ai écouté… C’est marrant mais je me souviens d’un mix de Dettmann en 2010 qu’il avait fait pour une boutique, que je n’avais pas aimé sur le moment. Je l’avais trouvé rugueux, un peu trop froid. Plus tard j’ai redécouvert ce mix et je l’ai trouvé incroyable. On appréhende la musique si différemment selon telle ou telle période de sa vie.

Merci à François Xavier pour son temps et comme dirait Roy Batty : « Tous ces moments se perdront dans l’oubli comme les larmes dans la pluie”.

With the release of the album Irregular Passion on his label, François X develops a complex and deep universe. He depicts through eleven tracks a landscape that is at once dark and dreamy. We seized the opportunity to discuss his work with him.


First of all, congratulations for this album, which in my sense is a true success ! It’s the last panel of your trilogy based on Blade Runner. What is your relationship with the original material and why did you want to draw this work into your production?

Well, I didn’t really want anything in particular. The first EP I did on Dement3d was inspired by it. I don’t exactly remember the real impulse behind this, but in a more global sense I love that movie, and science-fiction movies in general. Not necessarily their « space » aspect and its usual bond with techno, rather their foreshadowing vibe. During the production of this first maxi, I can’t remember any idea that would have made me think about Blade Runner in particular.

More like a universe?

Yes, it was the universe. What I appreciate most in Blade Runner is this dark atmosphere. It reminds me of my younger partying self, I loved to exit a club in the middle of the night and walk with my head in the stars, full of dreams. So it’s with this kind of nocturnal spirit that I made a reference to the movie.
The starting point of the Irregular Passion album is this will to finish my trilogy about the movie, with Rachel as a muse.

In this adaptation of K. Dick’s book, the music by Vangelis adds a lot to the elaboration of this utterly singular atmosphere. The album you’re presenting feels close to it through its hues, its scenery…

Exactly… well I guess you’ll finish the interview for me (laughs) ! I wanted to make an ode, or rather a nod at Rachel, who was in my sense one of the keystones of the movie. One sequence which has influenced me a lot during my whole life, and not only in music, is the introduction: the Tyrell Corporation pyramid with Vangelis’s music in the form of triumphant chords. That’s the cinematographic atmosphere that I’ve effectively tried to transcribe into the album.

Are there other science-fiction works that you’re fond of?

Let’s go from the simplest to the most complicated, if I may say so. It’s my generation but you can imagine that if I like Blade Runner, I’m also a big fan of Star Wars, with of course John Williams’s music. In regards to darker universes, I loved Jacob’s Ladder (directed by Adrian Lyne). I could also mention Solaris. The list is a long one but i’ll also add here Nolan’s films for their music by Hans Zimmer.

To carry on with this theme, you were saying once that your dream was to compose a science-fiction movie’s OST, is it still the case?

Well yes it is a dream, but not circumscribed to science-fiction. It’s funny because as you have been able to see, the album is rather slow. Talking about Hans Zimmer, whose work I like very much, and not only on science-fiction movies, I particularly appreciate his collaborations with Terrence Malick on The Thin Red Line or Pocahontas. The dreamlike universe oozing from them. These long sonic tracks and the contemplative aspect of these creations. We’ll see but it’s still an objective for me.

Your production is rather instinctive. In this kind of project, how do you manage to keep the whole thing cohesive?

In reality, I didn’t start off with the intention of making an album. It came instinctively, I made one, two, three tracks, and little by little, as I took chords or structures from these first tracks, something was built. In the end, coherence comes probably from the fact that it was produced over a rather short period, out of which came a condensate of the ideas, inspirations and desires of this period. I have trouble premeditating things.

You often talk about the importance of Cyril Etienne de Rosaies (DJ Deep) in your progression. With time, do you take on this role of « mentor » with young DJs/producers (having yourself become one of the major actors of the french electronic scene)?

Well it’s probably not me you should be asking this question (laughs)… I love to pass things on, it’s very important to me. I have always appreciated getting advice from experienced people, even sometimes in the form of stories you’d tell a child. Today I’m not much older than average, but I love to pass things on to, tell stories to, even sometimes direct younger friends. I wouldn’t go as far as saying the word « mentor », but I’m always ready to share.

Do you feel that there are more people starting off now, or has it always been more or less the same?

There are clearly more people than before, we could even say too many sometimes. Today it’s maybe easier technically, or rather technologically speaking, with software like Ableton for production or Traktor for DJing. However I don’t see it as a bad thing. It shows a genuine enthusiasm, and it’s for the best.

Allowing for ever more cutting-edge currents to emerge.

Exactly. In my sense, there is still kind of a main scene with big headliners, but today smaller events can be organized (for instance Champ Libre or La Station). Families are formed for every movement and they seem to coexist.

By the way, at the time you were receiving Sandwell District in Paris for the first time, they were almost unknown in France, but they’ve become key players today.

It’s the torch being passed. Sandwell District was now almost 7 years ago. Everything has evolved a lot, we’re still here and the scene is in a state of constant upheaval.

What are your ongoing projects to this day?

So right now I’m releasing the album, but I’m already working on another record. With Opuswerk we need to finalize a record for our project Hiss 1292. We have to start working with Antigone to make a record again. And I think it’s already enough for now (laughs). This and the remixes I have to finish. For the moment, the real project is the album. Future will tell but I’d like to go on with this use of intuition and spontaneity that you’ve well managed to identify. I have the impression that the long format fits me better. I can really develop a narration and a personal universe, quite like a movie (again). There is this desire, which will maybe change, of producing only albums.

Do you want to prepare a live set for this kind of projects?

It is a recurring question for me, and I remain, as my first passion, a DJ. I cannot tell you now if a live is going to happen. If so, Id have to feel the same energy as in a DJ set. It feels to static for me to stay behind machines. I’d prefer to play with other musicians, as in a real band.

I don’t necessarily think of this of a techno act and would on the contrary get out of the club format. I tried to escape this format with the album. This opening let me be out of my comfort zone. I really have this will to see my music evolve. Unfortunately the mercantile aspect of the music industry is real and you have to release a maxi to tour.

And what is your vision of the club today?

It is still a key element to me. In my life, I have three passions, economy, tennis, and electronic music, and particularly the community around this culture. Even I today I go out less often, I still have this culture running through my veins. I can easily compare tennis and clubbing. The transcendence, the adrenaline, the atmosphere of a disinhibited crowd, these are emotions that can be found in both. This flamme is still lighted in me.

There is today a real culture around electronic music and paradoxically it is a genre that can be listened to alone or in a club.

Completely, and if tomorrow I started to produce classical music, I’d still feel the need to go out clubbing. The older you get, the more nostalgic you get. In a previous press release I was mentioning the utopie of the club, this particular vision you have while exiting the club with you friends at night… It is a haunting image for me that I’ll pursue for a long time.

I am not especially nostalgic of the 90s or of raves like most people (most of these people weren’t there at the time by the way). It is mostly a personal feeling as a clubber or as an auditor that I can miss.

There is a well known myth: “it was better before” … Does this feeling happens quickly?

I’m gonna say something horrible but take an heroin addict for instance. The reason why he became addict that fast is because his first experience was the best and he will always try to relive this moment. I was talking about the utopie of the club for the same reasons. We are always trying to relive our first emotions. Everyone has its first time. If I begin to think that “it was better before”, it is rather nostalgic than critical. I often have this thoughts while listening to something alone. It is melancholic and never in vain comparison.

Music is like smell, both have the magical power to bring back memories and to transport someone through time unconsciously.

Definitely. Those are linked to deeply rooted emotions.

How do you explore music today and how would you qualify you music consumption?

Nowadays I spend less time in record stores but I can be hours online? Hours…. on Discogs, blogs, entire label catalog. Sometimes four, five hours in a row and I cannot dig for new songs and produce at the same time. It takes so much energy, I like my head to be in one place at a time.

I think it was Gerald Donald from Drexciya that once said he would forbid himself, in production time, from listening to other artists, aiming to create is own unique sound.

I get it. I wouldn’t be that extreme but I have to separate both.

I would imaging you need to have a certain routine, to start the system.

You are very right. It is like going to work: you need to sit, have a coffee, and wait two or three minutes before taking the bull by the horns. Ideas come randomly. It’s the same as looking for music: a track leads to another one and one step after the other. Three hours later you wake up thinking it might be time to do something else (laughs).

There is a real pleasure in losing yourself like that!

Right ! And even more after internet was born. My first explorations was in the early 00s. There was a software called Audiogalaxy where you would find thousands of mixes, compilations… I can recall spending entire nights in front of the computer.

A gold mine!

Exactly ! There was also Deep House Page that was an american website created by guys from the Paradise Garage with all the sets of Frankie Knukles, Ron Hardy, etc.

And in the end it has created your universe.

It has definitely. It is certainly easier to produce music today but you cannot compress your music education.

Songs or artists can indeed be understood so long after the first listen.

How many albums or EPs haven’t touched me the first time. I remember a mix from Dettmann in 2010 that he made for a shop that I didn’t like at the time. I thought it was too raw, too cold. I lately rediscovered the mix and thought it was amazing. We enjoy and understand music differently during the course of our lives.

Thanks deeply to François Xavier for his time and as Roy Batty would say : “All those moments will be lost in time, like tears in rain. “

Vous aimerez surement

Leave a comment

Articles populaires

Chargement des articles...
Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

Back to Top