Interview : 6SISS (FR/ENG)

Quelques questions posées à un artiste discret mais néanmoins immanquable dans le paysage techno actuel.

6SISS Press Pic

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Par Martin Drazel
Publié le 19 juillet 2019 | 11:05

Artiste plutôt discret, 6SISS n’en est pas moins prolifique pour autant. Peter Adriaenssens peut s’appuyer sans honte sur un solide catalogue personnel, comprenant pas moins de six albums depuis 2013 sur des labels internationaux tels Comphusion, Acre Recordings ou encore les argentins d’Abstrakt Reflections. C’est pourtant son récent EP Prisma chez le légendaire R&S qui a attiré notre oreille sur ses productions, nous donnant l’envie de poser quelques questions à cet artiste prônant la liberté de création par-delà une prolifération de tracks dans un simple but mercantile.

 

1/ Peux-tu te présenter un petit peu ? Comment es-tu venu vers la musique électronique ?

Mon nom est Peter Adriaenssens, j’ai commencé à faire de la musique au début des années 90. J’avais 19 ans et en Belgique le délire new beat battait son plein. Mon beau-frère (Rembert de Smet) a eu un studio à côté de chez moi. Il produisait de nouveaux tracks proches de ça et j’étais un peu voyeur, je visitais le studio quand j’avais le temps. J’ai acheté un Sampler Akai S1000 d’occasion, un clavier MIDI, une Roland TB-303, un BOSS Dr Rhythm DR-550 et Cakewalk et j’ai commencé à faire ma propre musique en tant que « bedroom producer ». J’ai pu faire quelques tracks, je les ai présentés à mon beau-frère et il les a finis dans son studio. C’étaient mes premiers pas dans la musique électronique.
Quand j’ai déménagé de chez mes parents j’ai vendu tout mon matos. Beaucoup d’années plus tard, quand les ordinateurs portables sont devenus abordables et que des programmes comme Cubase étaient faciles à prendre en main, je me suis de nouveau intéressé à créer de la musique. J’ai commencé à explorer Cubase, j’ai fait quelques tracks et je les ai mis sur MySpace. Ça a intéressé un producteur belge connu, Luc Van Acker, et j’ai aussi gagné un concours de talents électroniques. Depuis, je travaille constamment sur des tracks, je sors sur différents labels et je les joue en live.

2/ Peux-tu nous en dire plus sur ton mode opératoire pour faire de la musique ?

J’utilise toujours Cubase et Ableton. J’ai fait une bibliothèque de sons créés avec des enregistrements (field/synthés/effets…) et je les utilise comme couches. Je passe la plupart du temps à chercher un groove… Il n’y a pas vraiment de mode-opératoire exact… Quand je commence je ne sais pas quand ça se termine, mais quand ça ne sonne pas bien après 2h de travail sur un track, ça va à la poubelle. Je fais beaucoup de tracks, ça dépend… Le contraire est tout aussi vrai : il y a des périodes où rien ne se passe.

2,5/ Tu disais que c’est comme faire des repas avec ce qui reste dans le frigo, mais si le frigo est vide ?

Hmmm il y a toujours une solution de repli : prendre à emporter ! Pourquoi je compare la cuisine avec la musique : je n’ai pas de gros studio avec beaucoup de matos, des modules ou une table de mixage de 4 mètres de long. Quand tu as peu, tu dois être plus créatif. Et ça marche pour moi… Non pas que je ne sois pas intéressé par de nouveaux trucs, des synthés… Mais pour l’instant ça va, ça peut toujours changer à l’avenir.

3/ Est-ce que ton son est toujours aussi breaké ? Ou est-ce que tu fais de temps en temps de la techno carrée ?

Non, j’ai fait beaucoup de techno aussi. Je viens de finir un set de techno carrée mais toujours dans le style 6SISS avant-gardiste. Je ne suis pas un grand fan du son chirurgical, j’aime ma techno sale. C’est difficile de faire de la techno rafraîchissante parce que c’est devenu une forme standard. De plus en plus de producteurs s’éloignent de ce standard mais ont toujours ce feeling techno. C’est aussi mon approche quand je commence à faire de nouveaux tracks.

4/ Comment as-tu eu la chance de signer sur R&S ?

Le label belge Caoutchouc, où j’ai deux sorties, a demandé un track (No Ism) pour une nouvelle compilation Rubber Beats. Ils ont fait passer le track à Renaat Vandepapeliere. Il était assez enthousiaste et a demandé d’autres tracks. J’ai commencé à faire de nouveaux tracks tout de suite et je les ai envoyés à Renaat. Il était toujours enthousiaste et j’ai fini par signer. C’était surréaliste !

5/ En tant qu’homme de famille, qu’est-ce que tu penses de la folie des tournées de certains DJs et/ou artistes de la scène ? Est-ce que tu penses que c’est un mode de vie sain ?

Je pense que tout ça fait partie du job. Le temps pendant lequel un DJ/artiste est populaire est limité donc il faut profiter du moment présent. Compare ça avec un sport de haut niveau. Si tu prends bien soin de toi-même c’est gagnant-gagnant. Mais tu n’as pas besoin d’être plus catholique que le pape, occasionnellement tu as le droit d’avoir tes excès :)

6/ Quels sont tes plans pour le futur ?

J’ai hâte de la prochaine sortie dans quelques mois. C’est une collaboration avec Tenebre avec des remixes de Eomac et Saint Pierre pour le label Eternal Damnation. Je prépare aussi de nouveaux tracks pour une suite avec R&S Records. J’espère avoir des bookings sympas, donc voici un appel d’offres… N’ayez pas peur de me contacter ! On a préparé un show live visuel et on est prêts à montrer ça au monde entier.

1/ Can you introduce yourself a little bit ? How did you came to electronic music ?

My name is Peter Adriaenssens, starting making music begin of the 90ties. I was 19 and in Belgium the new beat craze was in full force. My brother in law (Rembert De Smet) got a studio near by my home. He was producing contiguous new tracks and i was kind of a voyeur, visiting the studio when i had the time. I bought a second hand Akai S1000 Sampler, a midi keyboard, Roland tb-303, BOSS Dr Rhythm DR-550 and Cakewalk and started to make my own music as a bedroom producer. I was able to make some tracks, presented to my brother in law and he finished them in his studio. Those were my first steps in making electronic music.
When i move out of my parents house i sold all my gear. Many many years later when laptops came affordable and new software like Cubase was user friendly i was back interested in making music. Started exploring Cubase, made some tracks and put them on MySpace. I had some interested from a famous Belgium producer, Luc Van Acker and won also a Electronic Talent contest. Since then i’m working on tracks constantly, releasing on different labels and performing them live.

2/ Can you tell us more about your m-o for making music ?

I’m still using Cubase and Ableton. I have made a library of sounds created with recordings (field/synts/effects/…) using them as layers. I spend most of the time finding a beat/groove/rhythmic … there is no exact how-to … when i start i don’t now where it end … but when it doesn’t feel right after 2 hours working on a track, it will go to the trash. I’m making a lot of tracks, depending …. there are some periods nothing comes up, the opposite is also a fact.

2.5 / You said it’s like making meals with what’s left in the fridge, but if the fridge is empty ?

Hmm we have always some kind of back-up: Take Aways:) Why i compare making meals with making my music: I have no big studio with lot of gear, modules or a 4 meter long mixing table. When you have little, you have to be more creative. And it’s works for me … not that i’m not interested in new stuff, synths, … but for now it’s ok, future wise it can always changing.

3/ Is your sound always that breaked ? Or do you occasionnaly do straight / simple techno stuff ?

No i have made a lot of straight forward techno also. I just finished a 1 hour straight / simple techno set but still in the 6SISS edgy style. I’m not into the clinical sound, i like my techno filthy. It’s difficult to make techno refreshing because it became a standard form. More and more producers are going away from that standard but still have that techno feel. This is also my approach when i start making new tracks.

4/ How did you get the chance to sign on R&S ?

The Belgium record label Caoutchouc, where i have 2 releases, asked a track (No Ism) for a new Rubber Beats compilation. They have forwarded the track to Renaat Vandepapeliere. He was quite enthusiastic and asking for more tracks. Immediately starting making new tracks and send them to Renaat. He was still enthusiastic and i was signed. It was surreal:)

5/ As a family man, what do you think of the touring frenzy of some DJs and / or artists of the scene ? 5.5 / Do you think it’s an healthy way of life ?

I think it’s all part of the job. The time a dj/artists is populair is limited so they have to enjoy the time being. Compare it with top sport. If you take good care of yourself that’s a win win. But you don’t have to be more catholic then the pope, occasionally you have the right to have your excesses:)

6/ What’s your plans for the future ?

Looking forward to the next release this coming months. It’s a collab with Tenebre with remixes from Eomac and Saint Pierre for the Eternal Damnation label. Also preparing new tracks for a follow-up for R&S Records. I hope to have some nice bookings, so this is an open call … don’t be afraid to contact me:) We have prepared a live visual show and ready to show the world.

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