Interview : Classical Mechanics (FR/ENG)

Auteur d’un premier EP au son unique chez 20/20 Vision, Classical Mechanics nous en dit plus sur son projet.

classical mechanics
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 19 février 2019 | 12:46

On vous parlait de Classical Mechanics il y a quelques jours, à l’occasion de notre avant-première de l’un des titres de son premier EP solo, paru cette semaine chez 20/20 Vision. C’est que Classical Mechanics est l’un de ces profils atypiques, à même de se distinguer au sein de l’immense paysage actuel des musiques électroniques hybrides : si sa figure reste énigmatique, on sait que derrière ce nom se cache un artiste que l’on a retrouvé dans les sessions de projets musicaux variés au cours des dernières années, et que Jas Shaw de Simian Mobile Disco a contribué à la conception du rack modulaire à l’origine de ce son synthétique, fragmenté et décalé. Quelques questions à l’artiste pour en savoir plus sur le projet.


On ne dispose que de peu d’informations sur ton identité et sur le projet Classical Mechanics, mais il est clairement en bonne voie, avec pour commencer un guest mix pour BBC Radio 1, un premier morceau (ton remix pour DOKTA) chez 20/20 Vision, suivi d’un EP solo entier. Comment es-tu entré en contact avec 20/20 Vision, et comment l’idée de sortir un EP chez eux est-elle venue ?

Ralph Lawson est l’associé de mon manager, et c’était la deuxième personne à entendre les morceaux en question, qui avaient été refusés par The Leaf. Il a vraiment apprécié ce qu’il a entendu et ça lui a immédiatement parlé. Pour tout dire, je n’écoute pas beaucoup de musiques électroniques, mais tout ce que j’avais entendu sur ce label était positif, donc on a juste décidé de le sortir comme ça.

Ton style est assez expérimental et décalé, surtout quand on le compare aux sorties 20/20 Vision habituelles – comment est-ce que tu décrirais la connexion entre le label et tes propres sons ?

Ralph avait justement envie d’associer le label à quelque chose de plus expérimental : aligner 20/20 et Classical Mechanics rentrait précisément dans ce cadre.

Ton son est vraiment intrigant, mélangeant des fragments de sources hétérogènes pour former un ensemble assez épars et original. D’après ce que j’ai compris, tes travaux proviennent essentiellement de synthétiseurs modulaires. Comment se déroule ton processus d’écriture, en général ? Est-ce que les morceaux te viennent dans des improvisations, ou est-ce que tu as d’autres méthodes ?

Je pars toujours d’un concept qui vient de choses que j’apprécie dans la musique d’autres artistes. J’ai une sorte d’esthétique interne qui se précise en permanence, à mesure que ma capacité à écouter de la musique se développe. En général, j’entends quelque chose que j’adore et je me mets à le combiner dans ma tête avec un autre truc que j’aime, et l’idée me plaît. Je me fonde aussi sur les critiques que j’ai en tête sur la musique d’autres artistes, du style « ce truc aurait été excellent si seulement ils l’avaient plutôt fait comme ça », donc j’essaie de réaliser ce « comme ça » !

Jas Shaw de Simian Mobile Disco t’a aidé sur ce projet. Quel a été son rôle précis ? Est-ce qu’il continue d’avoir une implication dans le projet ?

Je voulais devenir meilleur en mix, donc à la base je l’ai contacté pour lui demander d’être assistant de l’ingénieur mix de Simian Mobile Disco. Je lui ai envoyé des démos des morceaux de l’EP et il a vraiment accroché. J’ai énormément appris en travaillant avec lui, et on a effectivement d’autres plans communs autour de nos machines.

Ta musique me semble vraiment ouverte, j’ai notamment l’impression qu’elle a beaucoup de potentiel pour des collaborations. Je trouve que tes productions sonnent vraiment d’une manière unique, mais qu’elles pourraient aussi accueillir l’apport d’autres artistes. Avec qui voudrais-tu collaborer pour le projet Classical Mechanics ?

Il y aurait clairement le pianiste Ashley Henry sur ma liste. Son style me rappelle beaucoup Ahmad Jamal, qui est une sorte de dieu pour moi. J’aimerais aussi vraiment faire de la musique avec la violoncelliste Kate Ellis. Le rêve ultime, ce serait Mica Levi. Sinon, j’admire beaucoup Matt Calvert et Gabriel Prokofiev, et j’ai la grande chance d’avoir des projets à venir avec les deux.

Pour l’heure, la majeure partie de ce que l’on trouve sous le nom de Classical Mechanics se compose de DJ Mixs et de remixes plutôt que de productions originales. Est-ce que le fait de mixer fait partie intégrante du projet, ou plutôt une manière de mettre en avant ce qui est à venir ?

Ma version de « Straight Lines » de DOKTA n’est pas vraiment un remix – c’est quasiment un titre original. Mon premier EP va être suivi d’un second assez rapidement. J’aimerais bien sortir plus de musique, mais je supprime 90 % de ce que je fais. Mais j’adore mixer, et j’aimerais bien pousser cet aspect beaucoup plus loin.

Les quelques mixes que tu as publié m’ont vraiment impressionné par leur étendue musicale, qui va de la pop expérimentale à de l’électronique abstraite, de trucs jazz au glitch, tout en intégrant tout ça dans un ensemble cohérent. Est-ce que tu dirais que tous ces sons filtrent dans tes propres productions, ou ces mixes sont-ils simplement une illustration de ton éclectisme ?

Mes mixes donnent un aperçu de la manière dont la musique vit à l’intérieur de moi-même. A l’intérieur, il n’y a pas de contradiction entre les différentes approches, les différents styles – c’est juste de la musique, certains morceaux fonctionnent en partie, d’autres dans leur ensemble. Les choses vers lesquelles je me tourne quand je sélectionne des titres pour mes mixes sont les mêmes que celles que j’utilise pour composer.

Comment définirais-tu ton propre son, en termes de style notamment ?

Je pense que je suis mal placé pour répondre à cette question, mais je sais qu’il y a des constantes dans mon son – une obsession pour l’espace, pour l’instabilité, le funk, et le son de choses qui se cassent.

Tes productions sonnent très live, avec cette dimension très libre et ouverte, l’impression qu’elles pourraient partir dans toutes les directions à tout moment. Est-ce que tu as prévu des lives du projet Classical Mechanics ?

J’adorerais jouer en live, mais l’idée de reproduire les morceaux que j’ai enregistrés me terrifie vraiment.

Jusqu’à présent, tu sembles avoir été discret mais très occupé ; cet EP pour 20/20 Vision a été en chantier pendant un moment. Est-ce que tu pourrais nous en toucher quelques mots ?

Il est sorti le 18 février, et il a été conçu pour être écouté plutôt qu’expliqué.

Est-ce que tu travailles déjà sur d’autres projets ?

Je suis en train de produire un disque pour une major, et j’enregistre en permanence des nouvelles choses pour Classical Mechanics. Comme je le disais plus tôt, je suis en train de collaborer avec Matt Calvert, Gabriel Prokofiev et Jas Shaw. Si quelqu’un connaît Ashley Henry, dites-lui de m’envoyer un message !

We already mentioned Classical Mechanics a few days ago, as we premiered one of the tracks from his debut solo EP, out this week through 20/20 Vision. In the wide field of contemporary hybrid electronic music, Classical Mechanics appears as one of these immediately distinguishable profiles: even though his precise identity isn’t known, he has been involved in various projects over the years, and Simian Mobile Disco’s Jas Shaw helped him build his modular rack, which he uses to produce a synthetic, fragmented and original sound. We asked him a few questions about his project.


Little information is available on your identity and the Classical Mechanics project, but it definitely seems to be on the right tracks, with a guest mix for BBC Radio 1, a debut track (a remix for DOKTA) on 20/20 Vision, and now your own debut EP on this label. How did you meet 20/20 Vision, and how did the idea of releasing a full EP through their label come through?

Ralph Lawson is an associate of my manager and was the 2nd person to be presented with the material (we’d been turned down by The Leaf). He was really positive and (that old cliche) ‘got it’ immediately. I don’t actually listen to much electronic music but had only heard good things about the label so we just went with it.

Your style is much more leftfield than that of usual 20/20 Vision releases – how would you pinpoint the connexion between the label and your own sounds?

Ralph wanted to associate the label with something more experimental and aligning 2020 with Classical Mechanics serves that purpose.

Your sound is intriguing, blending fragments from heterogeneous sources together to shape something sparse and new. From what I could gather, your works mostly stem from modular synths – how do you typically write a track? Are they born from live improvisation sessions, or are there more complex processes at work?

I am always motivated by a concept borne from appreciating the music of others. I have a kind of inner aesthetic that is constantly refining as my ability to appreciate music develops. I tend to hear something I love and combine it with something else that I love imaginatively and get excited by that idea. I’m also responding to criticisms I have of other people’s music – like ‘that would have been brilliant if only they’d done such and such’ – so I try to do the ‘such and such’!

Simian Mobile Disco’s Jas Shaw is said to have helped you on this project. How exactly did he assist you? Does he still sometimes take part in the project?

I wanted to get better at mixing so originally approached him to see if I could be an assistant mix engineer for SMD. I sent him early versions of the tracks that are on the EP and he was very enthusiastic about them. I learned so much from working with him and we have further plans to fuck about with our machines.

Your music sounds really open to my ears, and I think there is a lot of space for collaboration in your works – your productions sound unique, but they also seem like they could welcome intercession from other artists. Who would you love to collaborate with as Classical Mechanics?

Pianist Ashley Henry is definitely on my list. His playing reminds me so much of Ahmad Jamal who is a sort of God to me. I’d love to do something with cellist Kate Ellis. Mica Levi would be the ultimate. I’m a huge admirer of Matt Calvert and Gabriel Prokofiev and am lucky enough to be in line to work with both.

So far, the majority of audio that can be found under the Classical Mechanics moniker consists of DJ mixes rather than productions. Is Djing an integral part of the project, or rather a way to showcase what is to expect?

My version of ‘Straight Lines’ is not a remix as such – its almost entirely an original track. This EP will be followed by another relatively quickly. I want to put out much more music but I throw away 90 % of what I make. I do love DJing and would love to take that much further.

Those mixes you published impressed me with their broad musical span, which goes from weird pop to abstract electronics, from jazzy sounds to glitch music and more, while managing to integrate them within a cohesive whole. Would you say all these sounds directly channel into your own productions, or would you rather consider these mixes as a display of your eclectic tastes?

My mixes are a kind of insight into how music actually lives inside me. Internally there is no contradiction between different approaches and styles – its all just music some of which succeeds partially or occasionally wholly. The material I tend to gravitate towards when selecting is identical to that I compose with.

How would you define your own sound? Where would you place it, stylistically-wise?

I’m poorly placed to answer that, obviously. I do notice things about what I do that are constants – an obsession with space, instability, funk, the sound of things being broken.

Your productions are definitely live-sounding, with a free, open aspect and the impression that they could go in any direction at any moment. Do you intend to play live shows under this project in the future?

I would love to play live but reproducing the things I’ve recorded scares the shit out of me.

It seems you’ve been quiet but busy, with this 20/20 Vision release having been in the works for a while. Could you tell us a bit about this one?

It was released 18th Feb. It was made to be listened to rather than explained.

 Are there already other projects you are working on at the moment?

I’m producing a record for a Major Label and constantly recording new Classical Mechanics material. As mentioned I’m collaborating with Matt Calvert, Gabriel Prokofiev and Jas Shaw. If anyone knows Ashley Henry tell him to hit me up!

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