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Interview : Converge London [FR/ENG]

Dans le contexte d’une évolution de la scène britannique, entretien avec Ryan de Converge London sur son expérience au coeur d’une scène en mouvement.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 7 novembre 2016 | 8:22

Pour cette nouvelle interview, nous avons choisi de nous tourner notre regard vers les acteurs qui permettent de faire exister, à toutes les échelles, les musiques électroniques. Depuis 2014, Converge organise à Londres des événements dubstep, grime, entre bien d’autres genres, conviant dans des lieux tels que feu Plan B ou Rye Wax jeunes artistes prometteurs – Parris, Loom, Riz La Teef – désormais au coeur de la scène, et légendes telles que Joe Nice. Si les événements du collectif, composé de Ryan, Riddles et Ch3, restent d’une taille relativement modeste par rapport aux grandes soirées londoniennes alignant les DJs les plus célèbres, Converge peut ainsi se targuer de bien des moments de bravoure – parmi lesquels une boat party à l’Outlook Festival en 2015 et plusieurs passages sur Radar Radio. Dans le contexte d’une grande évolution de la scène électronique britannique, tant du point de vue musical qu’en termes de clubs et de structures, nous avons donc interrogé Ryan, fondateur de Converge, sur son expérience au coeur d’une scène en mouvement. Une bonne occasion de saisir le point de vue d’un acteur vivant ces mutations de l’intérieur, sans filtre, en se penchant sur sa propre perception de Converge et de la scène dans laquelle le collectif s’inscrit.

Comment est-ce que Converge a démarré ? Quels étaient vos plans à ce moment-là, et est-ce que tu vois des différences avec ce que le projet est devenu ?

Au tout départ, on voulait simplement faire une house party sans détruire nos appartements ou avoir affaire à la police à cause du bruit. J’ai commencé avec mon ami Luke, et on n’avait aucune idée de ce qu’on faisait. Mais grâce à son air assuré et à mes talents d’organisation, on a réussi à convaincre une salle de nous laisser faire quelque chose, dans le seul but de ramener tous nos potes qui mixent (et beaucoup d’entre eux mixent), pour leur donner une plateforme et les faire tous jouer ensemble dans un même lieu. On connaît aussi plein de gens en Europe que l’on allait voir, c’était aussi un moyen de les retrouver hors des soirées System, DMZ ou d’autres soirées dubstep.

En prévoyant la soirée, on s’est dit qu’on pourrait aussi avoir un set que tout le monde pourrait regarder, donc on a invité Parris. J’adorais aussi les trucs de Glacial Sound, donc je l’ai contacté, et c’est devenu une soirée plus « classique ». Je pense qu’avec Kasia (CH3), on a passé plus de temps à trouver un nom qui correspondrait et un logo, qu’à réfléchir à ce que serait le « projet ». Ca a juste décollé à partir de l’idée d’une house party à l’extérieur de chez nous, haha.

La seule différence que je vois par rapport à ce que c’est devenu, c’est que je suis plus confiant aujourd’hui sur ce que je programme. Mais Converge est vraiment resté un rassemblement de gens qui viennent d’un peu partout et mélangent leurs styles musicaux, et pas seulement « une soirée dubstep ».

Converge est principalement vu comme une soirée dubstep et grime, mais vous avez fait d’autres choses, et notamment des événements en début de soirée avec des DJs dubstep tels que Joe Nice ou le label vaporwave Dream Catalogue. Comment est-ce que tu définirais l’identité de Converge ? Est-ce que tu perçois ces événements avec Joe Nice ou Dream Catalogue comme des exceptions, ou comme faisant pleinement partie du projet ? Est-ce que tu comptes poursuivre dans ce sens ?

Haha, je pense que tu dois avoir raison, quand on regarde nos line-ups c’est effectivement plutôt dubstep et grime. Je pense que c’est parce que c’est ce qu’on connaissait vraiment : j’allais régulièrement aux soirées Boxed, on allait tous à System, on s’est même pour la plupart rencontrés à System. On achetait tous des disques dubstep, et à l’époque j’étais aussi à fond dans le grime instrumental.

Le terme de « projet » fait beaucoup plus professionnel que ce que Converge est en réalité – je finis toujours juste par programmer ce que j’aime et que je veux partager avec d’autres gens. Pour Akito par exemple, je l’ai vu jouer dans un appartement à Dalston, c’était génial, donc je l’ai contacté sur Facebook en lui disant « c’était cool, ça te dirait de jouer pour nous ? ». Bien plus tard, on s’est parlé lors d’une autre soirée et il m’a dit qu’il appréciait le fait que je programme simplement des artistes que j’aime, et pas des artistes « hype ».

Riz la Teef, E.M.M.A., c’étaient des artistes que j’étais super heureux de faire jouer, ça n’avait rien à voir avec le public qu’ils pourraient attirer. Je n’ai toujours pas vu un seul set de Riz sur lequel je n’ai pas fait un rewind sur le premier morceau haha.

Pour Coyote [Records], j’adorais toutes leurs sorties. Et regarde où Chemist en est maintenant, sur Planet Mu ! Loom joue en Asie ! Joe Nice est une légende, une force de la nature : tout le monde devrait essayer de le faire jouer, même à une semaine près, à 22h un mercredi soir. Je le referais sans hésiter.

Pour Dream Catalogue, encore une fois, je suis tombé sur cet album sur Bandcamp que j’adorais (le premier album de 2184), j’ai commencé à explorer et à écouter plus en détail, et je me suis juste dit « putain, c’est vraiment bien ». J’ai contacté HKE, le boss de Dream Catalogue, et je lui ai dit « j’aime beaucoup ça, ça et ça, est-ce qu’on pourrait faire un truc ensemble ? Il faut que plus de gens écoutent cette musique mec ». Et puis on s’est retrouvé à faire leur première label night et ça s’est vraiment bien passé.

On a beaucoup parlé récemment de l’état des clubs au Royaume-Uni, et notamment à Londres, avec la fermeture de clubs comme fabric. Je pense qu’en France, on ne voit qu’une partie de la question, parce qu’on n’en entend parler que quand les plus grands clubs – fabric, Dance Tunnel – ferment. Comment est-ce que ça se traduit dans ton expérience en tant qu’organisateur de plus petites soirées ? Est-ce que tu as directement ressenti un effet sur ton boulot ? Est-ce que les choses ont changé depuis le début de Converge en 2014 ?

La fermeture de fabric est vraiment d’une stupidité sans fin. La fermeture de Dance Tunnel est aussi liée à la mairie, qui répond aux coupes budgétaires et pressions du gouvernement. On vit vraiment une période assez morne pour le Royaume-Uni, qui revient en arrière et se referme sur lui-même.

C’est un cauchemar depuis 2014, en tout cas pour les lieux qui ont de bons soundsystems et une bonne ambiance. Même si je sais qu’on a maintenant un groupe de personnes qui viendront quel que soit le jour de l’événement, même si ce n’est pas un vendredi ou un samedi.

La fermeture de Plan B était franchement du même niveau que celle de Dance Tunnel. C’était une salle dans une cave, qui nous a vraiment donné la légitimité d’une « soirée de club ». Plein de petits labels et de soirées ont commencé là-bas, c’était la meilleure petite salle de la rive droite avant l’arrivée de Rye Wax. Ca m’énerve toujours de voir que phonox a transformé Plan B en un espace de « chill out ». Mais qu’est-ce qu’on peut y faire ?

Il ne reste plus qu’une poignée de salles maintenant, et j’ai l’impression que tout est encore plus DIY qu’auparavant. Il y a des énormes DJs qui programment juste leurs potes et lancent des soirées que les gens comme nous ne peuvent vraiment pas concurrencer, les labels font leurs propres trucs, donc trouver un lieu devient vraiment difficile.

Comment est-ce que tu penses que ces changements affectent – et vont affecter – la culture club dans son ensemble – organisateurs, soirées, mais aussi labels, DJs – ? Est-ce que tu as senti des évolutions sur ce point depuis les débuts de Converge ?

Je pense que le clubbing « underground » est vraiment affecté et se retrouve repoussé de plus en plus loin. Shoreditch se trouve repoussé vers Dalston, donc Dalston est plus ou moins repoussé vers Hackney. C’est une évolution naturelle quelque part je pense qu’aller en club en zone 3 ou 4 devient quelque chose de normal, puisque les gens ne peuvent plus trouver d’endroit pour vivre et travailler dans le centre de Londres.

D’une certaine façon, peut-être que plus de scènes locales vont se développer, puisque les gens ne voudront plus se déplacer pendant plus d’une heure et demie d’un bout à l’autre de Londres ? Peut-être qu’il y aura aussi plus d’espaces collaboratifs, comme les espaces DIY à Londres qui organisent des soirées. Dans tous les cas, à moins qu’il n’y ait une vraie volonté politique derrière, les choses ne vont pas aller mieux pour le clubbing à Londres dans les prochaines années, parce que toutes les communautés et les scènes qui en sont la base ne seront même plus à même d’y vivre.

J’imagine que le fait d’organiser des soirées te pousse à rester relativement au courant de ce qu’il se passe sur la scène. Comment est-ce que tu perçois la scène UK actuelle, et quels sont à ton avis les courants les plus intéressants en ce moment ?

Hmm, je suis avant tout un fan de musique, donc j’ai envie de partager et de trouver de la nouvelle musique. Je continue de fréquenter les forums de musique, j’écoute quasiment tous les mixes de Fact, RA ou Crack, les podcasts de NTS ou de Radar aussi.

Pour ce qui est intéressant actuellement, j’aime vraiment les trucs de NAAFI, surtout depuis leur show à Unsound. J’adore une grande partie de ce que Tri Angle sort, tout ce que Dream Catalogue fait est très bon. Les line-ups de Tropical Waste sont toujours dingues. Sinon, je suis BEAUCOUP allé à Bristol ces 12 derniers mois, et j’ai vu des trucs géniaux aux soirées Cacophonous Sarcophogus

Les line-ups des premières soirées Converge mettaient en avant le grime instrumental au moment où la scène commençait à décoller, et le dubstep à une époque où la scène n’était peut-être pas aussi active que maintenant. Là encore, le fait de voir les choses depuis la France – où l’on a rarement plus d’un ou deux DJs britanniques par soiréee, même si les musiques britanniques montent un peu – distort probablement les choses, mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de grosses soirées à Londres actuellement qui accumulent tous les grands noms. Dans ce contexte, comment est-ce que tu conserves l’identité de Converge ? Quelle est, à ton avis, la place de Converge dans la scène ?

C’est intéressant que tu le remarques « de l’extérieur », parce que l’une des choses contre lesquelles on a toujours dû lutter était justement le nombre de soirées dans la même veine, qui alignent des gros noms. On n’a pas vraiment de moyen de les concurrencer – si c’est le bon mot –, donc on fait juste ce qu’on peut et veut, et j’aime bien la liberté que ça nous donne.

Par exemple, si tu programmes juste tous les DJs dubstep, tu finis par te heurter à un mur, tu cherches à programmer d’autres trucs mais – à mon avis – tu t’es toi même identifié comme une soirée dubstep. Depuis le départ, je dis que je veux pouvoir programmer Moodymann aussi bien que Mala, et voir des gens qui viennent écouter ce qu’ils font, donc je ne veux pas tomber dans ce piège.

J’étais un fan de grime instrumental relativement tôt, donc c’était logique pour moi de contacter ces gens qui étaient à notre niveau, et qui sont les personnes qui sont vraiment heureuses de jouer et de rester toute la soirée, ce qui est plus cool que des DJs qui débarquent juste pour leur set avant de partir immédiatement après.

J’imagine que l’un des sommets de l’histoire de Converge jusqu’à présent était votre boat party à l’Outlook Festival en 2015. Comment est-ce que ça s’est produit ? Dans quelle mesure est-ce que c’était différent par rapport à l’organisation d’une soirée plus classique ?

Ouais, on peut dire que c’était l’un de nos sommets, c’était vraiment dingue.

Je suis un membre de Dubstep Forum depuis des années, et Converge est devenu une sorte de réunion non-officielle des gars du forum en dehors de DMZ / System. Les gens sur Dubstep Forum nous soutiennent énormément. Un jour, Ivan, le patron du festival m’a contacté pour faire un événement ensemble. Bien sûr, j’étais partant pour ça. Et puis j’ai réalisé que ça allait se passer sur un bateau à Outlook ?! J’ai demandé à gérer l’installation, pour le line-up et l’organisation j’ai travaillé en commun avec Outlook. C’était vraiment dingue, ça nous a donné l’occasion d’aller là-bas, de gérer le bateau le jour même et d’assister au festival. C’était vraiment l’une de mes meilleures semaines depuis des années. On a même pu ramener l’un de nos amis australiens, Bevin Campbell, qui était déjà programmé pour le festival.

Ca s’est vraiment bien passé, l’ambiance était géniale – tous les billets sont partis alors que c’était leur deuxième plus grand bateau –, et j’ai entendu des super commentaires dans le public, du style « les meilleurs £25 de ma vie », qui me filent toujours le sourire.

Je dois vraiment remercier Ivan, Pete et les gens d’Outlook pour cette opportunité. Je reçois encore des messages d’Australiens qui me demandent si on refait quelque chose l’année prochaine. Si Outlook nous lit – on est carrément partant ! Haha.

En plus d’une soirée, Converge peut être vu comme un collectif de DJs : Riddles, Ch3 et toi-même avez récemment joué à vos propres soirées, mais aussi en warm-up de The Bug ou pour les événements CTRL SOUND. Est-ce que c’est quelque chose que tu essaies de développer, d’encourager ? Est-ce que tu penses à d’autres évolutions en ce sens – démarrer un label par exemple ?

Riddles joue de plus en plus, ce qui me fait vraiment plaisir. Ca fait des années qu’il fait presser sur vinyle les morceaux que des artistes lui envoient, et beaucoup de ces artistes – Jook, Lyeform – montent en ce moment. Il le mérite vraiment.

Je n’aurais jamais imaginé qu’on me demanderait de jouer. The Bug était l’un des meilleurs moments de mon année, et CTRL ont vraiment été super avec nous, ils nous ont laissé des salles ou des places sur leurs line-ups pour jouer de plus en plus. Ch3 a une énorme collection de disques, on a évoqué le fait de faire une émission mensuelle à la radio, mais c’est difficile de trouver le temps pour le faire, on ne voulait pas commencer ça avant de laisser tomber trois mois plus tard. Mais ça me brancherait de faire ce genre de trucs. On a fait quelques trucs sur Radar Radio, mais on n’arrivait jamais à avoir un timing qui correspondrait à nous trois. Rien de tout ça n’était prévu de toute façon, on prend juste les choses comme elles viennent.

J’aimerais vraiment pouvoir jouer, mixer plus souvent, c’est vraiment fun. Les mecs de Subrewind m’ont demandé un mix où j’ai joué plein de trucs étranges que je ne mixerais pas dans une soirée, et ça a fini par se retrouver diffusé sur une radio irlandaise, un autre sommet de mon année !

Je pense qu’aucun d’entre nous ne pense à vraiment devenir connu, à devenir le prochain Ben UFO ou quoi. Pour le moment, se faire programmer, c’est juste un moyen de passer une bonne soirée. J’ai joué ce soir même, et j’ai pas trouvé mon set génial, mais des gens sont venus me demander des titres de morceaux, d’autres que je ne connaissais pas m’ont dit qu’ils avaient vraiment aimé : c’est vraiment cool.

Pour finir, j’aimerais juste remercier Kate, Tom, Kas, Ben, Luke et Kirsty pour le temps qu’ils nous ont consacré et leur aide au cours des deux dernières années. Alice et Gordon qui sont nos meilleurs fans, les gens de Bristol et de Londres qui nous soutiennent depuis le début, Tom de Rye Wax qui nous laisse faire des choses qu’on ne pourrait pas faire ailleurs, E.M.M.A. pour son soutien. Dubstep Forum, Subrewind, les personnes qui nous envoient des morceaux, et tous ceux qui sont venus à nos soirées ou qui nous ont soutenu :)

With this new interview, we chose to set our sight on the people that enable electronic music to exist. Since 2014, Converge has been organizing events in London, whether they be dubstep, grime or other styles, inviting young, promising artists that have since become way bigger – Parris, Loom, Riz La Teef -, as well as legends such as Joe Nice, in places such as the late Plan B or Rye Wax. Made up of Ryan, Riddles and Ch3, Converge was also behind a boat party at Outlook Festival in 2015, and did a few shows on Radar Radio this year. In the context of important evolutions of the UK electronic scene, on musical terms as well as regarding to clubs and structures, we thus asked Ryan, Converge’s founder, a few questions on his experience at the core of a moving scene. A good occasion to take hold of the point of view of someone who sees these mutations from the inside, as well as its own perception of Converge and the scene in which the crew evolves.

 To begin with, how did Converge initially start? What were your plans then, and what differences can you see with what the project has become?

Initially in its most basic form, we wanted to have a house party without thrashing our houses and you can only get so loud in your one bedroom flat before the police come around. We both (at the time it was myself and my friend Luke) had literally no idea what we were doing. Between his confident chat and my organizing skills we talked a venue into letting us do something with the goal of having all our friends who DJ’d (a lot of them do!) to give them a platform and come play in one big space together. We also know loads of people in the EU who we would all visit and stay with so it was a way to meet up outside of System or DMZ’s and the other odd dubstep nights that would pop up.

As it went through planning, we thought “well what about a set everyone can watch as well?” which is how we got Parris involved, then I was really into Glacial Sound so I reached out to him and well it spiralled into I guess a “legit” night.  I think we spent longer with Kasia (CH3) coming up with a name that we felt “fit” and a logo than we ever put into what the “project” might ever be. Its really has spiralled well beyond “a house party vibe but not in our houses” haha.

The only real difference I can see is that I feel I have become more confident in what i can book but then it was always “Converge as in people coming from all over and a meeting of different musical styles” rather than “a dubstep night”.

Converge is mostly seen, I guess, as a dubstep and grime nights promoter, but you have also done different things, such as evening events with dubstep DJs such as Joe Nice, as well as vaporwave label Dream Catalogue artists for instance. How would you define Converge’s identity? Do you perceive the Joe Nice or Dream Catalogue events as one-offs, or as completely in line with the project, and do you plan on going further in this direction?

Haha, well I guess you are right, looking at the line ups from the past it’s very much that way, I think because that’s what we really knew? Like I was a Boxed regular, we all went to System, hell most of us met at System. We all bought dubstep records and back then I was also immersed in instrumental grime.

«Project» makes it sound a lot more professional that it really is, I really do just end up booking what I like and what I want to share it with people. I don’t know why this stuck with me but Akito for example, I saw him play in essentially a flat in Dalston, it was sick so I facebooked him and said that was live, would you want to play for us sometime? Much much later we spoke at another event and he said how he liked how I booked people that I just liked rather than those who are “hype”.

Both Riz la teef and E.m.m.a were both people I was 100% excited to have them come play, not their “pulling power”. Riz has yet to play a set that I havent wheeled the first tune lol.. Coyote, I just really rated all their output. Look at where Chemist is now, guy’s on Planet Mu!? Loom’s doing shows in Asia!?

Joe Nice? That guy is a legend, a force of nature. Everyone should be trying to get him to play even if you have under a week and it’s 10PM on a Wednesday set, I would do it again in a heartbeat. Dream catalogue was, again, I heard this LP on bandcamp that i rated a lot (2184’s first), I started digging and listening and yeah was just like “holy shit this is good”. I went straight to HKE (Dream Catalogue owner) and said “I rate this, this and this alot, can we do something together? More people need to hear this music man”. Next thing I know we are doing their first label night and it went really well.

There’s obviously been lots of talk lately regarding the state of clubs in the UK, and more specifically in London, with clubs such as fabric closing. I guess we, in France, only get part of the picture, as we only hear about these things when the bigger clubs – fabric, Dance Tunnel – close. So how does that translate into your experience as a promoter of relatively smaller nights? Have you directly felt an impact on your work? Have things evolved since you started Converge in 2014?

 Fabric closing is on a whole new level of stupidity. Dance Tunnel as well was forced out by the Council which I would say then lends to the government cutting funds and applying pressure. It’s a pretty bleak time to live in the UK right now, regressing and insular are recurring themes.

It’s been a nightmare since 2014, at least for spaces with good sound systems and overall vibes if Im honest. Only now I know we have a core group of people who will come no matter the day, am I confident enough to not rely on a Friday or Saturday show. Plan B closing was honestly as bad as Dance Tunnel. That basement venue was literally the place that legitimised us as a “club night”. So many small labels and nights started out of there. It was the best small space south of the river until Rye Wax really got going. That fact phonox turned it into a “chill out” room still pisses me off to this day, but what can you do?

Now it’s a handful of venues left and really it seems to me that everything is even more DIY than ever before, you have MASSIVE DJ’s just booking their mates and starting nights that people like us can’t compete with at all, labels doing their own things and so on, it makes just getting a space very competitive.

How do you feel such changes affect and will affect club culture as a whole – promoters, nights, but also labels, DJs –? Did you perceive evolutions on that aspect since Converge began?

I think “underground” clubbing is taking a real beating and being pushed further out, I know for example Shoreditch pushed into Dalston and now Dalston is more or less pushed into Hackney so it is a natural progression in one respect, I can see clubbing in Zone 3 and 4 as being the new standard as people fail to find a place to live and work in “central” london.

In a way maybe more local scenes will develop as people won’t want to travel for well over an hour and a half from one side of London to another to part? Also possibly more community led spaces opening up like DIY space for london that have nights run out of them perhaps. Either way unless some people from high up step in and do something fast, London is not going to fare well for clubbing in the coming years as all the communities and scenes that support it wont be able to actually live here in the first place.

I guess your promoting work means you have to stay relatively in touch with the scene. How do you perceive the UK scene these days, and what do you feel are the most interesting musical trends at the moment?

Hmm to a degree, I am first and foremost a fan of music and I’m keen to share and find new music. I still frequent music forums and listen to nearly all the mixes the usual places like Fact, RA, Crack, etc put out each month aswell as all the things like NTS and Radar podcasts.

Interesting right now? I’ve been really into NAAFI especially after their show at Unsound, still into most of what Tri Angle is putting out. Dream Catalogue always has good stuff. Tropical Waste always have mad line ups, and I’ve been to Bristol ALOT the past 12 months and seen some great stuff via Cacophonous Sarcophogus’s nights.

The line-ups for the first few Converge events show you were pushing instrumental grime at a time when the scene was blooming, as well as dubstep at a moment when its scene didn’t seem as active as it is right now. Though seeing things from France – where even though UK music is on the rise, we rarely get more than one or two UK DJs per night – probably distorts our vision, it seems that right now, there are quite a lot of bigger-size nights in London that line up name after name. In this context, how do you maintain Converge’s own identity, and how do you see Converge’s place within the scene?

Interesting you notice this “from the outside”, one thing we have always had to grapple with is the amount of nights of a similar vein that seem to book massive name after massive name, we’ve no way to really compete, if thats the right term? So we just do what we can/want and I kind of like the freedom that gives us.

If you for example book endless dubstep guys, you will eventually hit a wall and want to book some other stuff but then (in my opinion) feel you’ve pigeonholed yourself into being a “dubstep night”, and I’ve said from the beginning I would want to book Moodymann as easily as Mala and have people want to come and hear what they are doing, so I don’t want to do that.

I was a fan of instrumental grime from early on (comparatively) so it made sense to me to reach out to these people who were on our level as it were, as these are the people that are actually happy to play out and hang out all night and thats really cool verses people who just rock up for their set then leave right after clearly just doing the circuits as it were.

I guess one of the highlights in Converge’s history so far has to be the boat party you hosted at Outlook Festival in 2015. How did that happen? In which way did the experience vary from promoting a more traditional night?

Yeah you can say that again, that was pretty mad. So I’ve been a member of DSF (dubstep forum) for years and Converge became a kind of unofficial meet up for people outside of DMZ/System. Everyone on there is super supportive.

One day I was approached by the owner (Ivan) about doing a joint event and of course I was up for that, except this was actually an Outlook boat (!?). I asked to run the setup of it and it was left to me and Outlook to curate the line up and organize it all. It was pretty insane to say the least and we got to go over, manage the boat on the day and have the whole festival there. Easily one of the best weeks in years. We even got a friend of ours, Bevin Campbell, who was over from OZ on board to play (as he was already booked for the festival itself). It went really well, it was crazy lively (sold out the second biggest boat they have in fact) and I heard a few great comments in the crowd like “this is the best £25 I ever spent”.To this day still makes me smile. I should definitely thank Ivan, Pete and the guys at Outlook for that opportunity and I still get people for Australia asking if were doing another X year. Outlook if you’re reading, yes we will do another!! haha.

As well as a night, Converge can be seen as a crew of DJs, as you guys – Riddles, Ch3 and yourself – have not only been playing at your own night, but also recently opening for The Bug or playing at CTRL SOUND events. Is this an aspect you are trying to develop, to push further? Can you see further evolutions in this direction – for instance starting a label?

Riddles getting to play out more and more is really great to see, he’s been cutting peoples tunes for years and a lot of these people are now on the up and up (like Jook and Lyeform) and he totally deserves it.

Myself, I never imagined in a million years I’d be asked to play out, The Bug night is one of my highlights this year and CTRL have been great in offering us rooms or spots on their line ups to play out more and more. Ch3 has an obscene amount of records and we spoke about trying to do a monthly radio show but finding the time is quite hard, and we didn’t want to just jump in and have to drop it after 3 months from poor planning, but I’m definitely keen to do something. We had a short stint on Radar Radio but we could never make the timings work between us.

None of this was planned so we are just rolling along with everything. I’d love to be able to play out more, do more mixes and that. It’s fun! The guys at Subrewind were cool enough to ask for a mix from myself where I played all kinds of weird stuff I wouldn’t play out and it ended up being broadcast on Irish radio, another highlight of this year!

I also think none of us are under the illusion we are trying to “make it” to be the next Ben UFO or whatever, so getting “booked” is just a fun night out right now. I played earlier this evening and thought it was ropey as all hell, but after got song ID requests and people I’ve never met saying that they enjoyed it a lot so that’s pretty awesome.

If I can fit this in at the end… I want to thank Kate, Tom, Kas, Ben, Luke and Kirsty for all their time and help across the past 2+ years, Alice and Gordon for being joint no1 Fans, all the Bristol and London people supporting us from day 1, Tom at Rye wax for letting us do things other places wont, E.M.M.A for her support. DSF crew, Subrewind, all the guys sending us dubs and tunes and anyone else that has come down or gave us props :)

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