Interview Multiveʁƨe : Joe Nice (FR/ENG)

Nos amis de Multiveʁƨe ont discuté avec Joe Nice à l’occasion de son récent passage en France : conversation avec une figure fondatrice du dubstep.

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Label

Genre

Par SB Legend
Publié le 10 juin 2019 | 10:25

Nous publions dans nos colonnes cette interview réalisée par nos amis du collectif bordelais Multiveʁƨe : merci à eux !

multiverseCondenser près de 2 heures d’une conversation profonde et passionnée avec Joe Nice en quelques pages a été un grand défi qui m’a apporté un grand plaisir. Je suis maintenant heureux de pouvoir enfin le partager avec vous.

Joe Nice est un DJ dubstep de Baltimore, Maryland USA et est connu pour avoir amené la musique de dubstep aux États-Unis. Joe est connu pour son charisme, ses émissions de radio sur SubFM et son sac rempli de dubplates vinyles, réputés pour briser toutes les pistes de danse. En 2015, Joe Nice a créé son propre label, GourmetBeats (GB), qui promeut et libère un large éventail d’artistes et de musiciens talentueux du monde entier. Joe est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs, sinon le meilleur DJ dubstep et deep music actuellement.

Nous nous sommes assis avec Joe le 14 avril, un jour après la soirée de lancement Outlook organisée par Bass Paradize le samedi 13 avril à Paris. L’événement mettait en vedette TMSV, Grrr B2B Soza, Hanuman Jr. ainsi qu’un  set « 100% dubplate » de soixante-quinze minutes signé par l’intéressé du jour. Nous avons partagé une conversation émotionnelle et intellectuellement stimulante sur la vie, ses antécédents musicaux, son point de vue sur la scène musicale et l’industrie, et évidemment sur sa carrière de DJ. Nous avons trouvé une brasserie confortable près du célèbre marché aux puces à Saint-Ouen, à Paris, et avons dégusté une délicieuse tasse de thé vert japonais. C’était peut-être la plus longue tasse de thé que nous ayons jamais bu !

Une mention spéciale et un grand merci à toute l’équipe de Bass Paradize pour avoir rendu cela possible.

Encore très animés au lendemain de la soirée précédente, nous avons beaucoup bavardé avant de nous mettre au jeu des Q/R. Voici quelques phrases prises sur le vif qui, selon moi, méritent d’être partagées:

Joe :

- J’ai 43 ans, mais j’en fais 17, le secret ? Une vie saine et du thé vert! (blague-t’il avec son grand sourire rassurant et amical)

- En live, tout se passe dans la foule, j’aimerais bien jouer mes track et venir ressentir ce qui se passe sur le dancefloor.

- Un jour, je ferai un set entier ou je laisserai le public choisir chaque tune que je vais jouer. (rires)

- Quand je joue ma musique, je ne pense pas seulement à ce que je fais à l’instant présent, mais je ressens tout autour de moi, mes sens sont super activés et je suis en éveil pour percevoir l’ensemble de la salle, comme Spider-man lorsqu’il découvre ses pouvoir d’hyper sensibilité.

- Il y’a deux choses qui rassemblent les gens et ce n’est pas étonnant que tu m’aies demandé de te rencontrer dans une brasserie car la première c’est la nourriture, dans toutes les cultures du monde entier, les gens se rassemblent pour manger, boire et célébrer la nourriture ensemble. La deuxième chose, c’est la musique. Cette connexion est importante et fait partie des gens, de chacun de nous.

Pourrais-tu nous faire un résumé de ta carrière, notamment les début à Baltimore autour de la musique et son évolution encore précoce?

Tout a commencé en 1992 avec mes premières tables de mixage. J’ai grandi à Baltimore et joué beaucoup de Soulful House en club. Tout ce que j’aime jouer maintenant dans le dubstep est une extension de ce genre là. À l’époque, je n’écoutais pas de Drum and Bass ni de Jungle, mais les clubs de Baltimore avaient une belle ambiance et le son sonnait très punchy et percutant, j’adorais!

Lorsque le UK Garage est apparu pour la première fois, cette musique avait un esprit… une énergie vivante qui me rappelait directement mes origines Soulful House. Ma transition des clubs de Baltimore vers la UK bass music paraissait naturelle. En 2001-2002, lorsque le  dubstep a émergé, ce qui m’intéressait était le spectre et la variété sonore plus riches par rapport au UK Garage.

Le premier disque de dubstep que j’ai acheté provenait de Big Apple Recordings. Dans les années 2000, il n’existait aucun média social comme Facebook, Instagram ou Twitter. Nous recevions nos informations sur des forums et des échanges de discussions pour découvrir de nouveaux artistes et échanger de la musique. Par exemple, le premier « dubplate » que j’ai pressé était une musique de Plastician. Il m’a envoyé une tune via AOL Instant Messenger, et nous nous souvenons tous de la lenteur de ces transferts. J’ai « cut » ce son sur un vinyle de 12 pouces et voilà comment a commencé ce grand parcours du « dubplate ». Plastician avait quelque chose d’unique à faire entendre avec sa musique. Ca semblait trop « grimy » pour être appelé dubstep et trop « dubstep » peut être pour être appelé grime music. Vous accrochiez à ce type de musique ou vous ne l’aimiez pas. Il n’y avait pas d’entre-deux.

En France, la promotion de ce genre de musique présente des difficultés particulières. Comment ça a fonctioné dans ta ville natale et comment ça s’est passé au début?

Au début, quand je commençais à jouer du dubstep, je pouvais facilement compter les dizaines de personnes présentes à mes shows et ce n’était pas surprenant, surtout dans une ville influencée par la House music et la Drum and bass. Ca a marché chez nous par la persistance. À plusieurs reprises, j’ai voulu arrêter de jouer de la musique, mais j’ai toujours pensé qu’une percée allait se faire. Il s’agit au fond de faire naitre un sentiment chez les gens.

Le corps répond naturellement à la House et Drum and bass. Mais sur le Dubstep, avec 140 battements par minute, le tempo semble moins naturel et quand on est sur la piste de danse, on se demande ce qui se passe… Faut-il bouger la tête ? Faut-il bouger notre corps ? Devrions-nous laisser la musique nous émouvoir ? Les gens n’étaient pas habitués. Lorsque nous avons commencé à jouer dans des clubs, les systèmes son étaient bons, mais pas encore prêts pour ce type de musique.

Le dubstep est directement lié au dub et c’est donc là qu’il a fallu établir un lien avec la culture des Sound Systems. Les systèmes son devaient se concentrer sur les basses et mettre un peu moins l’accent sur les drums. Cette focalisation sur la basse est la pièce maîtresse de la musique dub, roots et reggae. Une fois ce lien établi, les gens pouvaient mieux comprendre le dubstep et sa culture au travers des systèmes de sons adaptés. Des années plus tard, je continue à en apprendre toujours plus.

Comment décrirais-tu la Bass Music et le genre Dubstep dans la pure forme qui lui est associée?

Je l’ai déjà dit avant et je le répète. Le dubstep c’est « Bass, Space & Pace ». Le dubstep provient de la culture roots, dub et Sound system, la basse doit donc être à la base de tout. Le dubstep doit avoir un fondement – la basse. Dans le Dub il y a de l’espace et de la place pour permettre à tous les sons de respirer. Nous permettons à chaque élément de la musique d’exister et d’être entendu indépendamment. Enfin, il y a le mouvement ou le rythme - Pace. Le dubstep a un rythme qui bouge à 140 battements par minute. Pour ceux qui écoutent de la musique électronique, le Dubstep a un tempo méconnu. Il a ses propres vibrations, sa propre identité et sa propre place dans le monde musical avec un véritable héritage.

Le Dubstep est maintenant assez vieux pour avoir une histoire qui peut être documentée et construite. Nous sommes en train de construire son histoire, toi, moi et chacune des personnes impliquées dans cette scène musicale. D’ailleurs je trouve toujours ca étrange de parler de DJs « légendaires » du dubstep. Je ne suis pas sûr que le dubstep existe depuis assez longtemps pour avoir des « légendes ». Nous existons depuis près de vingt ans, ce qui est long mais peu en comparaison de l’évolution de la musique électronique.

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Ton label GourmetBeats a connu un énorme succès en seulement 4 ans, comment expliquerais-tu cela sur une periode si courte ?

Les gens autour de nous connaissaient déjà GB en tant que marque parce que l’un de mes anciens camarades de chambre et moi avons réalisé une émission de radio et créé un collectif artistique appelé GourmetBeats. Lorsque le moment était venu de se concentrer strictement sur l’émission de radio, puis de créer le label, la transition était facile. Toute l’infrastructure des médias sociaux existait déjà. Les gens nous suivaient déjà. La partie la plus difficile a été de construire une vraie charte visuelle.

Au fur et à mesure que mes émissions radio gagnaient en popularité, la majeure partie de ce que je jouais était de la musique que je pressais sur vinyle. Après un moment, j’ai réalisé que la musique que je pressais en tant que « dubplates » était ensuite signée et sortait sur des labels existants. Plusieurs personnes m’ont demandé quand est-ce que j’allais créer mon propre label, et je sais qu’à ce moment là je n’étais pas encore prêt.

Je déteste le mot « regret » car le regret est un poison, mais sachant ce que je sais maintenant, j’aurais dû lancer GourmetBeats en 2009 ou 2010 et ne pas attendre jusqu’en 2015 ! Si j’avais commencé à l’époque, nous aurions déjà lancé notre cinquantième album…. peut-être même plus! (des rires) Je comprends maintenant le secteur et l’industrie de la musique, comment promouvoir les artistes, quoi jouer, comment être un influenceur dans ce genre, mais plus important encore, je prends la mesure de ce que j’ai accompli avec le Dubstep et la grande famille de la bass musique underground.

Quel serait pour toi l’ADN de ton label, qu’est ce qui fait son coté unique?

L’ADN de GourmetBeats est de promouvoir des artistes inconnus ou moins connus qui méritent que leur musique soit mise en avant via un label. Cependant, ce qui m’anime c’est la promotion d’artistes en tant que personnes, pas seulement en tant qu’artistes. KoroStyle (GB020), par exemple, vient de France, de nationalité camerounais, ete il vit maintenant à Los Angeles. KoroStyle n’est pas qu’un musicien, il est aussi acteur, danseur et modèle. Promouvoir ces autres parties de KoroStyle est également important. Nous sommes une plate-forme pour les artistes. Nous accordons une grande attention au côté humain dans la musique. C’est ce qui me parle le plus avant tout. Enfin, GourmetBeats est un lieu pour ceux qui ne disposent pas nécessairement de leur propre plate-forme pour présenter leur art. Nous voulons faire de GB une maison dans laquelle les producteurs peuvent partager leur musique avec le monde entier, peu importe d’où ils viennent.

Pour nous, c’est d’autant plus intéressant si l’artiste ne vient pas de vos lieux de référence pour la musique électronique. Nous avons signé des producteurs de San Francisco, Denver, Virginie, Minneapolis, Los Angeles, Pays-Bas, Estonie, Slovénie, Croatie, Portland, Bristol, Copenhague, Canada et du Japon. Peu importe d’où vous venez, la musique est internationale, mondiale et universelle. Enfin, je m’assure toujours que chaque EP sonne différemment du précédent. Cette diversité musicale et cette fraîcheur sont cruciales à mon sens.

Des artistes qui te donnent le frisson en ce moment ? Des noms que tu aimerais signer peut-être, si tu peux en parler ?

J’ai les yeux et les oreilles focus sur les artistes japonais en ce moment : DayZero, Helktram, Karnage, Goth Trad, 100 Mado, Mondaigai et City 1, pour n’en nommer que quelques-uns. (À ce stade, Joe ouvre son ordinateur portable et me dit qu’il doit se connecter à FaceTime avec sa fille pendant quelques minutes. Pendant qu’il discute avec elle, Joe sort son téléphone et me fait écouter une dubplate inédite).

J’ai également un EP à sortir en White Label avec une autre version du classique de Mz Bratt, « Selecta », et un bootleg d’un titre de Richie Spice appelé « Marijuana » (qu’il me fait écouter). Sectra & Trisicloplox, Boneless & Inyoka, Ternion Sound, Bukkha & RDG, Sir Hiss et 207 sont également à venir sur le label.

Nous sommes tous surpris de voir une telle maîtrise du DJing, un tel entertainer et showman sur scène, qui es-tu vraiment Joe ? Quelle est la partie de toi que nous ne connaissons pas ?

Tu sais, je suis comme n’importe qui d’autre, je suis devenu une figure publique dans le milieu c’est vrai, mais je suis plus qu’un “simple gars qui traverse le monde en jouant ses Dubplate”. J’ai 2 diplômes en Master, je suis divorcé, j’ai une fille de 8 ans. Et rien que ces 4 dernières années, ma vie a beaucoup changé. Je suis l’aîné de trois frères. Je suis végétalien. Je suis investi dans l’équité raciale, sociale et l’égalité. Je veux que tout le monde ait des soins de santé. Je veux que tout le monde ait de l’eau propre. Je veux voir la fin de l’itinérance et des déserts alimentaires. Je souhaite la fin des guerres par procuration et la dépendance des États-Unis vis-à-vis du pétrole et des combustibles fossiles étrangers. Je veux un Green New Deal qui pourrait créer des salaires plus élevés qui feraient croître la classe moyenne. Je veux aider à rendre le monde plus habitable pour tous. Nous méritons cela, nous avons besoin de cela, et nous exigeons cela. Je suis émotif. Je suis un être humain et je partage mes émotions avec et par la musique. C’est le plus beau cadeau que la vie aurait pu m’offrir.

Quand je suis sur scène, je laisse aller mes émotions et je me sens complètement libre. Chacun de mes show est important et chaque contact avec le public l’est aussi. Je ne veux pas que ce soit juste un format classique de DJing de « Je joue, vous écoutez ». L’expérience musicale est une conversation émotionnelle et une vibration partagée entre moi et la foule, mais la conversation implique rarement des mots. Peu importe ce que vous m’entendez dire au micro, la musique parlera toujours plus fort que mes paroles et c’est ainsi que ca doit être.

Des projets personnels ou des objetifs à atteindre en parallèle ou en plus de la musique ?

Honnêtement, il y a dans ma vie bien plus que la musique, et je sais que la musique ne sera pas le but ultime de la vie. Je dois aller plus loin. J’ai besoin de voir ce qui est au-delà. Quelque chose au fond de moi m’appelle à faire autre chose et ce moment est proche. Quelque chose où je serai plus impliqué dans le travail communautaire. Quelque chose où je serai plus connecté avec les gens. Tout ce que j’ai vu lors de mes voyages dans 47 pays m’a ouvert les yeux, l’esprit et le cœur. Trouver un but dans la vie est ce qui nous anime après tout. Pour le moment, la musique remplit ce rôle, mais je sais que je ne continuerai pas à faire ca toute ma vie. J’ai besoin d’explorer d’autres aspects de ma vie et je ne peux pas devenir la personne que je veux vraiment être en volant plus de 100 000 km par an. Le temps de trouver un nouvel espace d’expression approche. Je dois être dans un nouvel endroit où je continue d’avoir un impact positif sur la vie des gens. Je suppose que tu connais la « hiérarchie des besoins » de Maslow : le plus haut niveau de la pyramide est la réalisation de soi. J’ai besoin d’y aller. J’ai besoin de réaliser mon potentiel. (Joe pense également que la hiérarchie des besoins de Maslow devrait être en forme de cercle et non une pyramide, mais c’est un tout autre sujet de discussion.)

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Tu es impliqué dans la culture dubplate et Vinyle-only, que penses-tu du DJing numérique ?

J’apprécie les deux cultures. Je comprends tout à fait pourquoi certains DJ sont strictement numériques. C’est beaucoup plus pratique et simple, bien mieux pour votre porte-monnaie aussi (rires). Je sais que les vinyles coûtent cher et qu’il faut également beaucoup de travail pour « cut » ses propres disques. Acheter des disques et transporter 25Kg de vinyle dans chaque aéroport est tout sauf simple. C’est même en fait vraiment énervant. La sécurité de l’aéroport vérifie régulièrement mon bagage et parfois, chaque vinyle est vérifié. Cependant, je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. DJ est une abréviation de « Disc Jockey » et un disque est un objet circulaire en rotation. Être DJ pour moi implique de jouer des disques parce que c’est la représentation la plus précise de la signification du mot DJ. Jouer du vinyle, c’est rendre hommage à chacun des DJs qui ont joué avant moi et qui m’ont inspiré. De mon point de vue personnel, ca ne serait pas juste pour moi, pour les gens et pour mes prédécesseurs de jouer CD ou des MP3.

À l’époque, les DJ transportaient 2 ou 3 pochettes de disques et s’en voulaient de ne pouvoir pas tout jouer. Je sais que mon espace est limité dans mon sac. En conséquence, je dois choisir avec soin. Le contrôle de la qualité est une nécessité et chaque morceau ne doit pas forcément être un « banger  sound ». Vous avez besoin de chansons émotionnelles aussi dans le sac. Vous avez également besoin de morceaux étranges, qui rendent sceptique et te font cet effet «gratage de menton, mais qu’est ce c’est ?». J’ai une responsabilité envers la culture et les personnes qui viennent me voir jouer. Pour certaines de ces personnes, l’un de mes shows pourrait être leur première expérience avec ce type de musique. C’est pourquoi j’ai toujours besoin de faire de mon mieux.

Pourquoi n’y a t-il pas eu d’EP produit par tes soins? As-tu fait de la production à un moment ?

Il n’y a jamais eu d’EP Joe Nice parce que ma passion n’est pas de créer ma propre musique. Croyez-moi, j’ai essayé, mais je n’ai jamais vraiment compris les logiciels et je n’ai vraiment pas eu la patience de rester assis devant un ordinateur pendant des heures pour m’assurer que ma caisse claire était correctement posée. Je me souviens d’une chose que mon oncle m’avait dite il y a des années : « On ne peut pas chasser deux lapins à la fois ». Je n’avais pas compris ca à l’âge de 12 ans, mais je comprends maintenant bien mieux cette phrase. Je savais que je devais prendre une décision et j’ai choisi de créer un label et de concentrer mon énergie sur la performance.

Certaines personnes sont vraiment passionnées par la production, la création et sont excellentes dans ce domaine. Je ne serai jamais le prochain Mala, ni le prochain Goth Trad, ni le prochain V.I.V.E.K, ni le prochain Kromestar ou Skream, Benga ou Plastician. Cepandant je peux être la meilleure version de moi. Je suis fidèle à moi-même. Cette conscience de soi est primordiale, surtout lorsque vous êtes DJ.

Aurais tu un conseil à nous donner pour les jeunes collectifs et artistes qui cultivent cette passion pour cette scène et veulent la promouvoir ?

Oui, en un mot : Communauté. C’est tellement important. La communauté est tout. Quand j’étais à Baltimore, j’avais mon crew. J’ai fait beaucoup de lives là-bas et dans d’autres pays, mais lorsqu’on joue « à la maison » ca prend un sens différent et fort. Quand je voyage dans une autre ville, je veille toujours à rappeler au crews présents l’importance de la communauté. Peu importe où je vais. Nous (les gens) sommes notre plus grande ressource. J’utilise les mots « communauté » ou « crew » pour décrire un groupe de personnes qui mettent leur énergie ensemble pour une mission spécifique. La communication est également importante. Faire comprendre à chacun ce qui se passe dans le groupe pour avancer ensemble. C’est pourquoi le Dubstep est une communauté si intéressante. J’ai vu des gens qui ne se sont pas reconnus dans un autre type de musique mais qui se sont retrouvés dans la communauté Dubstep. C’est la partie la plus incroyable de cette culture. Ce n’est pas comme les autres. Cette culture crée des relations entre les peuples du monde entier. Je serai toujours reconnaissant pour cela.  Comprendre le pouvoir de la communauté et le pouvoir des gens sera toujours plus important que le profit. Cet aspect communautaire, axé sur les personnes est ce qui me procure le plus de récompense, et en plus il se trouve que je peux partager cette passion au travers de la musique.

Seb : Merci beaucoup Joe pour cette conversation profonde et inspirante.

Joe : Je voudrais remercier quelques personnes (avec un début de larmes dans les yeux). Merci à tous ceux qui ont déjà écouté ou assisté à chacun de mes lives. J’ai pu réaliser et vivre mon rêve. Je ne peux toujours pas y croire. Merci à Dan Gee et John Ask de Baltimore. Ils étaient là au début, en plus de mon ancien compagnon de chambre Tyler, et ils ont renforcé le pouvoir de ma persistance. Les remercier mille fois ne suffirait jamais. Je voudrais également remercier Dave Q. Nous avons commencé les soirées « Dubwar » à New York en 2005. Il est pour moi un frère pour la vie. Je pense à Alex, Juakali et Seckle également. Nous faisons partie des fondations et je leur en serai toujours reconnaissant. Je dois absolument remercier aussi Tomas Hidalgo et Miguel Vega, GourmetBeats ne serait pas ce que c’est maintenant sans eux. Je dois aussi nommer mon ancien camarade de chambre Tyler, GourmetBeats était son idée. Il fera toujours partie de tout ce qui se passe. Grand merci à mon père, c’est de lui que je tire mon amour de la musique. Il a joué dans un orchestre Steel Drum quand j’étais petit et le disque dont il faisait parti ne quitte jamais mon sac. Je suis tellement reconnaissant pour ce qu’il m’a transmis. Mes frères, Jérôme et Jason. Nous avons tous notre propre vie et vivons dans des endroits différents, mais notre lien est incassable, pour toujours. Mon frère Jason a dit: « L’amour est la devise. » Bon sang, oui frérot ! Ma cousine Gillian est l’une des meilleures personnes de tous les temps. Je peux lui parler de tout et de rien, et croyez-moi… nous avons parlé de tout et de rien. Je te vois Cusine ! Les trois dernières personnes à remercier sont ma mère, ma partenaire Joanna et ma fille Parker. Je ne suis rien sans ces trois femmes. Je ne sais pas du tout où je serais ni de ce que je ferais sans elles. Ma mère est la personne la plus généreuse de tous les temps. Elle m’a montré ce qu’est l’amour. Joanna rend les moments les plus simples de la vie si excitants. Joanna, je n’ai aucune idée de ce que j’ai fait pour te mériter, mais je suis heureux de l’avoir fait. Ma fille Parker est tout, elle va changer des vies. Personne ne brille autant qu’elle. Je lui envoie de l’amour pour toujours.

Et bien sûr, Seb, merci pour cette interview. C’était un excellent moment!

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This interview was conducted by our good friends at Bordeaux crew Multiveʁƨe: thanks to them!

multiverseCondensing almost 2 hours of a deep and passionate conversation with Joe Nice into just a few pages was a big challenge that brought me great pleasure.  I am now happy to finally share it with you.

Joe Nice is a dubstep DJ from Baltimore, Maryland, USA, and is known to have brought dubstep music into the US. Joe is known for his charisma, radio broadcasts on SubFM,  and his bag full of vinyl “Dubplates”, which are known for smashing up dance floors on every scene worldwide. In 2015, Joe Nice started his own record label, GourmetBeats (GB), which promotes and releases a wide range of talented artists and musicians from around the world.

We sat down with Joe on April 14, one day after the Outlook Launch Party hosted by Bass Paradize on Saturday, April 13 in Paris.  The event featured TMSV, Grrr B2B Soza, Hanuman Jr. as well as a seventy-five minute “100% dubplate” set by the man himself. We shared an emotional and intellectually stimulating conversation about life, his musical background, his perspective on the music scene and industry, and obviously his DJ career. We found a cozy Brasserie close to the famous “Marché aux Puces” in Saint Ouen, Paris and enjoyed a delicious cup of Japanese green tea.  It was possibly the longest cup of tea either of us had ever drunk! Many consider Joe as being one of the best, if not the best dubstep and deep music DJ currently.

 A special mention and a big thank you to all the Bass Paradize team for making this happen.

Still buzzing from the night before, we talked about random music stuff and had plenty of banter before getting down to business. Here are some of the highlights I feel are worth sharing with you.

Joe:

-  See, I’m 43, but I look like 17 right? I’m joking! My secret? Healthy life and green tea!  (Laughs)

- When I play a live set, everything is happening in the crowd and one of these days,  I’d like to let my tunes play themselves so I can get on the dance floor and feel what’s really happening. You know what I mean? I want to experience the same feelings as the crowd and vibe with them.

- One day, I’ll do an entire set in which I’ll let the crowd chose every single tune I play. A “grab-bag” set for a full 90 minutes. Watch!

- When playing music, I don’t only think of what I’m doing right at that moment. I’m feeling everything that surrounds me. I feel like there is a heightened sense of being while I am on the decks. Do you know how SpiderMan has his “spidey-sense”? That is how I feel. (Laughs)

 -There are two things that gather people together. The first one is food (and it’s not surprising that you asked me to meet you in a restaurant)! In every culture, food brings people together. The second one…you know what it is — it’s music. That connection is incredibly important and plays a big part in every one of us.

 Could you make a quick summary of your career, especially about your early days in Baltimore as well as its music scene?

Well, it all started in 1992 with my first pair of mixing decks. I grew up in Baltimore and I played Baltimore Club and soulful house. Everything that I like to play now in dubstep is an extension of those genres. At the time, I wasn’t listening to Drum and Bass or Jungle, but Baltimore club had a great vibe that sounded very percussive and punchy and I loved it! When UK Garage first appeared, the music had a spirit…a living energy that directly reminded me of my Soulful House origins. The transition to UK Bass music from Baltimore Club felt natural. In 2001-2002 when dubstep emerged, what had interested me was the richer spectrum and variety compared to UK Garage for instance. The first dubstep record I bought was from Big Apple Recordings. Back in the 2000’s, there wasn’t any social media like Facebook, Instagram, and Twitter. We got our information from forums and message boards to discover new artists and exchange music. For example, the first dubplate I pressed was a Plastician tune. He sent me a tune via AOL Instant Messenger (and we all remember how slow those transfers were). I cut the tunes on a 12” dubplate and that began by dubplate cutting journey. Plastician had something unique happening with his music. He sounded too grimy to be dubstep and too dubstep to be simply called “grime”. You either like his music or you didn’t. There was no in-between.

In France, there is a particular difficulty in promoting this genre of music. How did you make it work in your hometown and how was it at first? How did it go in your state/city?  

At first, when I started playing dubstep, I could easily count the ten people who turned up at my show and it wasn’t surprising, especially in a city which had been influenced by House music and Drum and Bass. We made it work through persistence. There were a few times when I wanted to stop playing music, but I always felt a breakthrough was going to happen. It’s all about a feeling. The body naturally responds to House and Drum and Bass. With 140 beats per minute in dubstep, the tempo feels less natural and when we are on the dance floor, we wonder what’s happening…Should we just bob our head? Should we move our body? Should we let the music move us? People weren’t used to it. When we started to play it in clubs, the soundsystems were good, but still not fully ready for this type of music. dubstep has a lineage to dub and the connection with soundsystem culture had to be made. The soundsystems had to focus on the bass and place slightly less emphasis on drums. That focus on bass is the centerpiece of dub, roots, and reggae music. Once that connection was made, people could better understand dubstep and the culture. Years later, I am still going and growing.

How would you describe Bass Music, which associates dubstep, in it’s purest form?

I have said this before and I will say this again. dubstep is “bass, space, and pace”. Again, dubstep comes from soundsystem culture, so the bass has to be at the root of all of this. dubstep must have a foundation — the bass. Dub has space and room to allow all the sounds to breathe. We allow every element of the music to exist and to independently be heard. Finally, there is the movement, or, the pace. dubstep has a rhythm that moves and 140 beats per minute. Dubstep is an unfamiliar tempo for many who listen to electronic music. Yet dubstep has its own vibrations, its own identity, and its own place in the musical world. Dubstep has a legacy and is now old enough to have a history that can be documented and built upon. We are actually building its history, you, me, and every one of us involved in this scene. I always find it strange when people talk about « legendary » dubstep DJs. I am not sure that dubstep has been around long enough to have “legends”. We have been around for nearly twenty years, which is a long time but pales in comparison to the evolution of electronic music.

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Your Label GourmetBeats (GB) has turned 4 years old this year and has become a big success.  How would you explain that?

People already knew GB as a brand because one of my old roommate and I did an online radio show and started an art collective called GourmetBeats. When the time was right to focus strictly on the radio show and then to create the record label, the transition was easy. All the social media infrastructure already existed. We had our people who were already following us. The hardest part was getting the artwork done. As my show gained popularity, most of what I played on the show was music that I cut on dubplates. After a while, I realized that the music I cut on dubplates were getting signed and released. I had more than a few people ask when I was going to start a record label, but I know I was not ready for a label yet.

I hate the word « regret » because regret is poison, but knowing what I know now, I should have started GourmetBeats in 2009 or 2010 and not waited until 2015. If I had started back then, we would be on our fiftieth release….maybe even more! (laughs)

I now understand the music business and industry, how to promote artists, what to play, how to be an influencer in this genre.  Most importantly, I know what I have accomplished in dubstep and the larger family of underground bass music.

What is the DNA of your label?  What makes it unique?

The DNA of GourmetBeats is to promote unknown or lesser-known artists who deserve to have their music released on a record label. However, I am more interested in promoting the artist as a person, not just an artist. For example, KoroStyle (GB020) is from France with a Cameroonian background who now lives in Los Angeles.

KoroStyle is not just a musician; he is also an actor, dancer, and a model. Promoting those other parts of KoroStyle is also important. After all, we are a platform for artists.

We pay great attention to the human side in the music. That is what actually talks to me the most before anything else. Finally, GourmetBeats is a place for those who do not necessarily have their own platform to showcase their art. We want to make GB a home in which producers can share their music to the world, no matter where they come from. And to us, that is more interesting if the artist does not come from your typical hotbeds for electronic dance music. We have signed producers from San Francisco, Denver, Virginia, Minneapolis, Los Angeles, The Netherlands, Estonia, Slovenia, Croatia, Portland, Bristol, Copenhagen, Canada, and Japan. So, no matter where you come from, music is international, global, and universal. Last, I always make sure that each release sounds different than the previous release. That musical diversity and freshness are crucial.

Are there any artists who thrill you at the moment? Some names that you would like to sign in the near future?

I have eyes and ears focused on Japanese artists at the moment! DayZero, Helktram, Karnage, Goth Trad, 100 Mado, Mondaigai, and City 1 to name few. (At this point, Joe opens his laptop and tells me that he has to FaceTime with his daughter for few minutes. While on FaceTime, Joe pulls out his phone and played some unreleased dubstep for me to hear).

I also have a forthcoming White Label release with another version of the Ms. Bratt classic “Selecta” and a bootleg of a Richie Spice tune called ‘Marijuana’.  Some other forthcoming releases include Sectra & Trisicloplox, Boneless & Inyoka, Ternion Sound, Bukkha & RDG, Sir Hiss, and 207.

We are all surprised to see such mastery in DJing. You are such an entertainer and a showman on stage. Who are you really Joe? What part of YOU don’t we know?

Thanks so much. I appreciate the kind words! I became a public figure in this music world, but in all reality, I am no different than anyone else. I am more than just “a guy who travels around playing dubplates”. I have two master’s degrees. I am divorced. I have an eight-year-old daughter. I am the oldest of three. I am a vegan. I am invested in racial and social equity and equality. I want everyone to have healthcare. I want everyone to have clean water. I want to see an end to homelessness and food deserts. I want to see an end to proxy wars and to eliminate United States dependence on foreign oil and fossil fuel. I want a Green New Deal that creates higher-paying salaries which would grow the middle class. I want to help make the world a more livable place for everyone. We deserve that. We need that. We demand that.

I get emotional. I am a human being and I share my emotions with and through music. It’s the most beautiful gift that life could have offered me.

When I’m on stage, I let go of my emotions and I feel completely free. Every show is important and every connection with the public is too. I don’t want it to be just a typical DJ/show format like, « I play, you listen ». The musical experience is an emotional conversation and a vibration shared between me and the crowd, but the conversation rarely involves words. No matter what you hear me say on the mic, the music will always speak louder than my words and that is the way it should be.

Do you have any other personal projects or targets to achieve in parallel or in addition to music?

Honestly, there is more to my life than just music and music will not be the ultimate goal in life. I have to go further. I need to see what’s beyond music. Something deep inside of me is calling me to do something else and that time is soon. Something where I will be more involved in community work. Something where I will be more connected with people. Everything that I have seen while traveling to 47 countries has opened my eyes, mind, and heart. Finding purpose in life is what interests us after all. At the moment music fulfills this role, but I know that I won’t keep doing this all my life. There are other parts of my life that I need to explore and I cannot become the person I truly want to be while flying over 100,000 miles a year. The time to find a new space is coming. I need to be in a new place where I am continuing to positively impact people’s lives. I assume you are familiar with Maslow’s “Hierarchy of Needs”. The highest level on the pyramid is self-actualization. I need to get there. I need to fulfill my potential. (Joe also believes that Maslow’s Hierarchy of Needs should be a circle and not a pyramid but that is an entirely different discussion.)

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You are involved in the “dubplate and vinyl-only’’ culture, what do you think of digital DJs?

I do appreciate both cultures. I completely understand why some DJs are strictly digital. It’s much more convenient and clearly, much better for your pockets. I know that vinyl is expensive and that it also takes a lot of work to cut dubplates. Buying records and then carrying 25Kg of vinyl in every airport is anything but easy. It’s actually really annoying. Airport security regularly checks my bag and at times, every record gets checked. However, I would not want it any other way. DJ is an abbreviation for « Disc Jockey », and “a disc” is a circular rotating object. A record is a circular rotating object. Being a DJ for me includes playing records/dubplates because that is the most accurate representation of what the word “DJ” means. Playing vinyl is paying a tribute to every DJ that played before me and that has inspired me. In my personal view, it wouldn’t be fair to me, to people and to my predecessors to play CDs or mp3.

In those days, DJ’s carried 2 or 3 record bags and were pissed when they did not get to play everything in their bags. I know that I have limited space in my bag for dubplates. As a result, I have to choose carefully. Quality control is a must and every tune does not have to be a banger. You need those emotional tunes in the bag. You need those “chin-scratcher” tunes also. I have a responsibility on behalf of the culture and to the people who come to see me play. For some of those people, one of my shows might be their first experience with this type of music. That is why I always need to give my best.

There isn’t any Joe Nice EP as we know. Have you ever done any production?

There has never been a Joe Nice EP because my passion is not to create my own music. Believe me, I tried but I never truly understood the software and I really did not have the patience to sit at a computer for hours just to make sure my snare was layered properly. I remember something my uncle said to me years ago: « you cannot chase two rabbits at once ». I didn’t understand that when I was 12 years old, but I understand that phrase now. I knew I needed to make a decision and I chose to curate a record label and focus my energy on performing. Some people are really passionate about producing, creating and are excellent at it. However, I will never be the next Mala, or the next Goth Trad, or the next V.I.V.E.K, or the next Kromestar or Skream, Benga or Plastician. I can only be the best version of me. I am true to myself.  That self-awareness is everything, especially when you are a DJ.

Do you have any advice for the young collectives and artists who cultivate this passion for the scene and that want to promote it?

Yes, in one word: Community. It’s so important. The community is everything. When I was in Baltimore, I had a crew. I did a lot of shows there and in other countries, but the shows take on a different meaning when you come back home. When I travel to another city, I always make sure to remind the crew about community. Does not matter where I go. We (people) are our greatest resource. I use the words « community » or « crew » to describe a group of people who put their energy together for a specific mission.

Communication is also important. Let everyone understand what is happening in the group to move forward together. This is why dubstep is such an interesting community. I have seen some people who didn’t recognize themselves in any other type of music but found themselves in the dubstep community. This is the most incredible part of this culture. It’s like no other. This culture creates relationships between people around the world. I will always be thankful for that.

Understanding the power of the community and the power of people will always be more important than profit. That community-based, people-focused aspect is what brings me the most reward. I just happen to be able to share that passion through music.

Seb: Thank you so much Joe for this deep and inspiring conversation.

Joe: I’d like to thank a few people (with some tears in his eyes). Thanks to everyone who has ever listened to or attended any show of mine. I got to live out my dream. I still cannot believe this. Thanks to Dan Gee and John Ask from Baltimore. Those brothers (and my former roommate, Tyler) were there in the early days and reinforced the power of my persistence. Thanking them a thousand times would never be enough. I also would like to thank Dave Q. We started the « Dubwar » nights in New York City back in 2005. He is a brother for life. Out to Alex, Juakali, and Seckle as well. We are a part of the foundation and I will always be thankful for them. I absolutely need to thank Tomas Hidalgo and Miguel Vega. GourmetBeats would not be what it is now without them. I also need to recognize my former roommate, Tyler. GourmetBeats was his brainchild. He will always be a part of everything that happens. Huge thanks to my Dad. My father is really where I got my love of music from. He played in a Steel Drum orchestra when I was a little boy. The record/album he was part of never leaves my record bag. I am so grateful for what he passed on to me. Out to my brothers, Jerome and Jason. We all have our own lives and live in different places, but our bond is unbreakable. Always. My brother Jason said, “Love is the currency.” Damn right, bro. My cousin, Gillian is one of the best people ever. I can talk to her about anything and everything, and believe me….we have talked about anything and everything. I see you Cuzzo! The last three people who I need to thank are my Mom, my partner Joanna, and my daughter Parker. I am nothing without these three women. I have no idea where I would be or what I would do without them. My Mom is the most generous person ever. She showed me what love is. Joanna makes the simplest moments in life so exciting. Joanna, I have no idea what I did to deserve you, but I am happy that I did. Parker is everything. She will change lives. No one shines quite like her. Forever love.

And, of course, thank you for this interview. This was excellent!

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