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Interview + Premiere : Dj Norman pour Underground Bordeaux Massive vol II

Après une première compilation bien réussie, Dj Norman sort cette année aussi Underground Bordeaux Massive vol II. Un bel objet en impression 3D et une release party pour célébrer cela plus une dizaine de questions pour tout comprendre de ce projet.

UBM2
Par Marco Kabbale
Publié le 24 mai 2018 | 5:33

Force est de constater que la culture bass music est peu appréciée à Bordeaux. Pourtant, des associations locales s’efforcent depuis plus de 15 ans à promouvoir cette culture en leurs terres : Sound Rising, Organ Phantom, feu 18 Pouces, Cubik, BassDay… ou encore Breakbeat Fury continuent d’organiser des événements où sont invités des pointures internationales comme Addison Groove, Pinch, Utah Jazz, Audio, Ed Rush, Dj Hype,… tout comme à soutenir la scène locale qui regorge de talentueux artistes dont certains ont déjà signé sur bon nombre de labels internationaux.

Après avoir partagé les platines avec maintes têtes d’affiche, notamment lors de ses soirées Bass Invaders, Dj Norman, leader de Breakbeat Fury, a décidé justement de lancer le projet de compilation Underground Bordeaux Massive afin d’aussi supporter cette scène aquitaine qu’il apprécie tout autant. Le premier volume sorti l’année dernière regroupait déjà de belles surprises, dans un spectre bass élargi allant du dub à la drum & bass tout en passant par le dubstep, le trap, le footwork ou le halftime.

Le dernier opus n’est pas en reste, bien contraire. Si on avait déjà remarqué les productions de Neofunkers, M. Burns, The Roofriders , The Subvivors ou Dj Norman lui-même sur le premier volume, c’est avec plaisir qu’on les retrouve de nouveau cette année pour des morceaux encore meilleurs. Quant aux nouveaux venus, Koma, Arkhè, Syn74x 3rr0r, Nasty Lewis,Easy Deviance ou encore MSTRV-1, ils nous livrent tous un niveau de qualité tout aussi élevé. D’autres noms déjà connus et reconnus comme Khords, Oudjat, 8er$ & Dewaxed ou Roots Zombie seront aussi à retrouver sur cette excellente compilation.

A quelques jours de la sortie de Underground Bordeaux Massive vol II, le 28 mai, nous avons décidé de questionner Norman pour en apprendre plus sur cette scène et son projet de compilations.

Pour nous situer le contexte, toi qui en es acteur depuis plus de 20 ans en tant que dj et organisateur, peux-tu nous décrire comment se porte la culture bass à Bordeaux, du côté artistique comme du côté du public ?

Comme tu l’as souligné, la situation à Bordeaux est assez paradoxale : malgré un terreau créatif assez fertile et la présence de nombreuses associations qui oeuvrent pour la promotion de la bass music, beaucoup d’organisateurs peinent à rentabiliser leurs projets de soirées. Seule la scène dub semble épargnée par ce phénomène et reste très vivace, sans doute parce que Bordeaux a été un des berceaux du Dub en France grâce à Improvisators Dub et Manutension (j’en profite pour préciser qu’on retrouve Fransax – un ancien d’Impro Dub – sur le morceau de The Subvivors présent sur la compilation ). En ce qui concerne la drum & bass qui reste mon terrain de prédilection, je ne peux que constater que depuis que l’on a arrêté les Bass Invaders, il y a vraiment très peu, voire aucune date avec de grosses têtes d’affiche comme on en voit presque chaque week-end à Toulouse…
Cela étant dit, le public que l’on retrouve dans les soirées bass music est un public de passionnés, et la plupart du temps les « good vibes » sont donc au rendez-vous.

Comment et pourquoi t’es venue cette idée de compilation ?

Pour être tout à fait honnête, j’ai contribué à d’autres projets de compilation en tant qu’artiste et je suis resté un peu sur ma faim sur certains points. Tu le sais, on trouve souvent beaucoup de gens pour critiquer une initiative, et beaucoup moins pour se bouger et monter des projets. Ce n’est pas dans ma nature de ruminer dans mon coin (ou sur les réseaux sociaux) que telle ou telle chose aurait du être mieux faite: je préfère le faire moi-même !
Je pense aussi qu’après plus de 20 ans passés dans le game, les anciens dans mon genre doivent jouer un rôle de catalyseur, fédérer les troupes et faire bénéficier les plus jeunes de leur expérience. Pour moi c’est là que le projet UBM prend tout son sens: c’est un plaisir immense de faire se rencontrer des artistes qui partagent la même passion, de permettre à des jeunes de mettre le pied à l’étrier avec une première sortie ou de voir des gens insister sur notre stand pour payer la compilation quand ils pourraient la télécharger gratuitement.

Pour ce volume II, as-tu cherché à le concevoir différemment ou est-il clairement pour toi dans la continuité du premier ?

Globalement le concept est resté le même : une sélection d’artistes locaux catalogués « bass Music » dans son interprétation la plus large, de jeunes talents qui côtoient les vieux routards de la scène, et surtout des morceaux inédits.

Les Chti’s à Ibiza ou à Mikonos, Les Marseillais à Cancun…. un projet de Underground St Etienne Massive ou de Underground Roubaix Massive dans les tuyaux ?

Si je déménage dans le Nord ou le Massif Central, pourquoi pas ! Je me suis souvent fait la réflexion que dans les villes un peu plus petites, les mouvements alternatifs ont souvent une scène très vivace : si tu aimes tel ou tel style, tu es obligé d’être un peu activiste et de te bouger un peu si tu veux vivre ta passion. Rien ne te tombe tout cuit dans le bec comme à Paris par exemple où ton principal problème serait de choisir parmi les 4 ou 5 soirées du style en question qui sont organisées chaque week-end.

Ce projet de compilation t’amène aussi à un nouveau rôle, celui de directeur artistique – à la croisée entre programmateur et dj que tu connais déjà. Comment perçois-tu cette nouvelle expérience ? Faire un choix de tracklist n’est-il pas difficile ?

C’est vrai que certains aspects du projet sont assez nouveaux pour moi, mais en tant que DJ ce n’est pas le choix de la tracklist qui a été le plus dur, même si ça a été un peu difficile de refuser des tracks qu’on m’avait envoyé. Pour moi le vrai challenge était plus dans le mastering : arriver à conserver une certaine cohérence dans la compilation sans jamais trahir l’intention artistique des différents producteurs. Je transpire toujours un peu avant la première écoute de mes masters par les gens présents sur la compilation.

Sans pour autant t’inciter au favoritisme et créer des jalousies, y’a-t-il des artistes que tu es particulièrement fier d’avoir découvert dans le cadre de cette démarche ?

J’ai bien sûr mes préférences pour certains artistes mais je n’aurais pas la prétention de dire que je les ai « découverts ». Par exemple j’aime particulièrement Oudjat et son dubstep super Deep, le live Electro/Dub de Roots Zombie et bien sûr Neofunkers qui porte haut la bannière Breakbeat Fury.

En plus des formats CD et .wav habituels, la première compilation avait eu la chance de sortir en édition limitée sous forme de clé USB incrustée dans un support en impression 3D représentant le logo du projet. Le support matériel est-il important pour toi ? Et ce volume bénéficiera-t-il aussi d’un support particulier ?

Oui, tout comme le premier volume, le second sera également distribué sur une clé USB en édition limitée, grâce à notre partenariat avec Ideokub, une franchise qui propose des services d’impression 3D. C’est Manufaktur, un artiste plasticien bordelais , qui est en charge de cette partie du projet. Il en parlerait sûrement mieux que moi, mais l’idée globale est de rematérialiser la musique qui aujourd’hui est majoritairement immatérielle et digitale, à travers un objet rare qu’on peut collectionner à l’instar des vinyles ou des CD.

La sortie du premier volet était accompagnée d’un release party. Une soirée de ce type en prévision cette année aussi ?

Bien sûr ! Rendez-vous le 25 Mai au BT59 ( à Bordeaux bien sûr ) pour une soirée où seront présents la plupart des artistes présents sur la compilation.

Question plus personnelle : tu organises des événements, produits des morceaux, mixe, anime le show hebdomadaire Fresh & Furious sur Sub.fm, produit les compilations UBM, t’occupe du design graphique et de la communication de tout ce que tu entreprends plus une vie privée bien chargée. Aurais-tu trouvé une façon pour étirer le temps ?

J’aimerais bien ! Je n’ai plus trop le temps d’organiser des événements, et pour l’instant j’arrive à faire tout le reste avec un peu d’organisation et surtout une famille tolérante : ce n’est pas facile de partager sa vie avec un Dj !

Pour finir, projettes-nous dans l’avenir : les prochains projets, sorties ou soirées ?

J’ai un EP dans les tuyaux qui devrait sortir bientôt sur Breakbeat Fury. Côté dates, vous pourrez me retrouver au Millésime Festival, un des rendez-vous électroniques de cette fin de saison, le 1er Juin à la Réole (33)

Pour conclure, j’aimerais aussi profiter de cette interview pour remercier du fond du coeur toutes les personnes qui se sont investies dans ce projet et qui m’ont fait confiance. Underground Bordeaux Massive, c’est avant tout un projet collaboratif , et rien n’aurait été possible sans vous. ONE LOVE !

Sorry, but this interview isn’t available in English.

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