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Interview : Second Storey & Appleblim [FR/ENG]

A l’occasion de la sortie de leur nouvel EP, Gimme 6, sur R&S, Second Storey & Appleblim répondent à nos questions sur l’EP, le projet et son évolution.

secondstoreyappleblim
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 11 novembre 2016 | 9:32

Il y a deux ans, R&S annonçait la sortie d’EP01, premier EP – comme son nom l’indique – d’ALSO, projet commun mené par Appleblim et Second Storey. Déjà esquissée quelques années plus tôt avec un EP en 2010, cette collaboration regroupe ainsi Laurie Osbourne – Appleblim, fondateur du mythique label Skull Disco avec Shackleton, inlassable collaborateur de producteurs aussi divers que Ramadanman, Peverelist ou Komon –, et Alec Storey, anciennement connu en tant qu’Al Tourettes, auteur sous ce nom d’EPs géniaux chez Aus Music, Sneaker Social Club ou Apple Pips, puis, sous l’alias Second Storey, d’un excellent album chez Houndstooth. Depuis ce premier EP, le projet des deux natifs de Bristol s’est poursuivi, avec deux autres EPs réunis en 2015 sous la forme d’un premier album commun, ALSO. D’une grande liberté, la musique du duo s’applique à estomper les genres, prenant aussi facilement pied dans l’IDM que la techno, la bass music que la house, autour de sonorités futuristes et de rythmes tranchants. Paru, cette fois, sous le nom de Second Storey & Appleblim, le nouvel EP du duo, Gimme 6, continue de développer ce son ouvert et en évolution : nous avons profité de sa sortie récente, toujours chez R&S, pour poser quelques questions à Second Storey et Appleblim sur cet EP, ce projet collaboratif et son évolution.

 

Votre première collaboration date de 2010, pour l’EP Lipsmacker, à l’époque où Alec utilisait toujours l’alias d’Al Tourettes. Comment et pourquoi avez-vous choisi de collaborer à nouveau pour le projet ALSO il y a deux ans ? Comment avez-vous pris cette décision ?

Laurie (Appleblim) : On était des bons potes avant de se retrouver en studio, et on s’est rendu compte qu’on aimait vraiment travailler ensemble. Un été, on a été programmé pour jouer à Space Ibiza, et plutôt que de faire un autre DJ Set en b2b, comme on l’avait déjà fait là-bas, on s’est dit qu’on allait se mettre au défi de faire un live set, et d’écrire de la musique pour ce live. On a écrit la musique, on a fait le concert et c’était vraiment fun, les gens avaient l’air de vraiment aimer, alors que c’était dans la salle principale de Space, qui est peut-être plus habituée à entendre de la house et de la techno assez directe. Notre folie sonore a vraiment bien marché, c’est ce qui nous a poussé à continuer je pense.

Alec (Second Storey) : Pareil.

Vous avez sorti les trois premiers EPs et le premier album de votre collaboration sous le nom de ALSO, mais le nouvel EP est publié en tant que Second Storey & Appleblim. La pochette du nouvel EP est aussi l’artwork classique de R&S, au lieu des pochettes ALSO que vous utilisiez pour les disques précédents. Est-ce qu’il y a une raison particulière derrière cela ? Est-ce que c’était une décision consciente ? Est-ce que le projet ALSO est terminé, ou pourrait-il faire son retour à l’avenir ?

Alec : On a eu des problèmes avec le nom ALSO, parce qu’un groupe du même nom en Amérique publiait des albums de manière indépendante depuis quelques temps, et nous a envoyé une mise en demeure demandant d’arrêter d’utiliser ce nom. Quand il fallait nous trouver sur iTunes, on apparaissait dans la même recherche, donc c’était plutôt source de confusion. C’était bien sûr très frustrant pour nous, mais dans un sens, c’est cohérent de dire que cet album était quelque chose de ponctuel : comme Laurie le disait, ces morceaux étaient le résultat direct de notre live set à Space. Les nouvelles sorties se feront désormais en tant que Second Storey & Appleblim.

Je suis curieux de savoir comment vous produisez vos morceaux, de façon générale. Tous les morceaux que vous avez sorti depuis le premier EP d’ALSO sont très organiques, très cohérents, comme si vous aviez vraiment fondu vos identités musicales dans quelque chose de neuf. Comment est-ce que vous travaillez ensemble ? Est-ce que vous avez des méthodes spécifiques (par exemple, répartir les différentes parties d’un morceau entre vous deux) qui s’appliquent à tous vos morceaux, ou bien est-ce que ça bouge d’un morceau à un autre ? Est-ce que ça a changé depuis les débuts de votre collaboration ?

Laurie : On n’a pas de méthode précise de travail, si ce n’est le fait de prendre un bon breakfast avant de commencer ! Au départ, on travaillait exclusivement avec le matériel d’Alec, mais j’ai progressivement pris plus de confiance pour le fait de jammer après le live set à Space, où l’on avait connecté nos ordinateurs par un câble Midi Ethernet. Ca nous permet de jammer ensemble et en synchronisation dans le studio, et d’aller dans la voie que l’on veut. Alec est un batteur, donc il tend naturellement plutôt vers les rythmes, alors que je suis plus traditionnellement musical, en ce sens que je sais un peu jouer de piano et tout ça, mais on échange très souvent nos rôles quand même. Il y a beaucoup d’expérimentation, beaucoup de moments de travail difficiles où les choses ne semblent pas marcher, et puis soudainement des moments où l’on avance, ce en quoi tous les artistes peuvent se reconnaître, je pense. Et puis, beaucoup d’éclats de rire en général aussi, surtout après avoir dépassé les phases d’exploration et, parfois ces phases plus difficiles.

Alec : Ouais, c’est le rire qui est vraiment la clé ! En général, je fais le gros des parties de percussions et souvent les basses, surtout sur ce dernier EP. Laurie se charge de la plupart des choses dans les hautes fréquences, et des textures plus dub. Ce n’est pas toujours comme ça, mais avec cet EP je trouvais que c’était une bonne manière de développer les idées, de se concentrer sur quelques parties du processus musical. Ensuite, on a tous les deux travaillé sur l’arrangement et le mix des morceaux.

Laurie, tu as fait beaucoup de collaborations avec beaucoup de gens, mais cette collaboration avec Alec semble être vraiment prolifique, au moins en termes de nombre de sorties. Comment est-ce que tu l’expliquerais ? Qu’est-ce qui fait que cette collaboration marche, d’après toi ?

On est des super potes, et on on a vécu proche l’un de l’autre pendant longtemps. Pour les autres collaborations, c’est difficile parce que les gens sont plus loin, ou qu’elles sont plus ponctuelles. Dans le cas d’Alec et de Komon, ça fait longtemps qu’on est ensemble à Bristol, donc faire de la musique ensemble était un truc naturel et thérapeutique. Alec et moi, on est comme des frères, on avait besoin de trouver quelqu’un comme ça au moment précis où on s’est rencontré, et nos vibes musicales vont toujours bien ensemble.

Alec, le début du projet ALSO coïncidait avec le moment où tu as choisi de sortir ta musique en tant que Second Storey, et non plus Al Tourettes. C’était aussi un moment où tu as commencé à publier plus de trucs – notamment ton album Double Divide en 2014. Est-ce que tu vois une corrélation entre ces deux projets ? Est-ce que le projet ALSO t’a donné une énergie neuve pour ton propre travail en solo par exemple ?

Oui, de bien des façons. Les deux projets se développaient au même moment, donc il y avait très certainement un mélange d’idées. Cela dit, je pense que la musique que je fais avec Laurie met l’accent sur des choses différentes, et me permet de développer d’autres choses qui n’auraient pas forcément autant de place dans mon travail en solo. La musique que je fais en solo est souvent très précise, alors que je sens que les choses peuvent être plus relâchées, plus improvisées avec Laurie.

Même si la techno a toujours été un élément important dans le son de votre collaboration, je trouve que votre nouvel EP ramène vraiment cet élément au premier plan de votre son, bien plus que dans vos sorties précédentes où des morceaux comme « Ashford Swaiths » ou « Arpegmonger » exploraient des tempos et sons différents. C’était quelque chose de conscient ? Comment est-ce que vous l’expliqueriez ? Est-ce que c’est la façon dont vous voyez les choses ?

Laurie : Je pense qu’après s’être exprimé avec la série ALSO, on était des personnes différentes quand on est retourné dans le studio, et on voulait une vibe différente pour nos nouveaux trucs. On est bien sûr tous les deux fans de beaucoup de genres, et j’espère qu’on les entend se mélanger dans notre son. L’electro et l’electronica sont très importantes pour nous, et bien sûr la house et la techno représentent aussi une part de ce qu’on écoute, de même que des trucs beaucoup plus étranges, et puis du funk, du rock, de la soul, de la musique expérimentale, et plein d’autres choses. Les autres morceaux qu’on a fait au même moment que les trois du nouvel EP combinent un sound design assez bizarre et des éléments d’electro plus classique, et puis de la techno un peu cassée. Ce sont les trucs qu’on aime, et on fait tout notre possible pour faire de la musique psychédélique, funky, qui parle au corps. L’objectif est toujours le même, mais il y a tellement de choses possibles dans ce but… J’espère que les gens retirent autant de plaisir à écouter cette musique au casque qu’à danser dessus.

Alec : Comme le dit Laurie, on écrit beaucoup de musique qui se place dans des sphères diverses, mais dans ce cas ces trois morceaux semblaient être les plus cohérents pour faire un nouveau 12″. Je pense que la techno a toujours été la ligne directrice qui nous donnait envie de collaborer, même si ce n’était pas forcément très apparent dans les résultats.

Plus généralement, comment est-ce que vous considérez cette collaboration par rapport au reste de votre carrière et de votre discographie ? Est-ce qu’elle se place dans la continuité de vos travaux précédents, ou est-ce que vous la voyez comme quelque chose de complètement neuf ? De quelle manière ?

Alec : Je n’ai jamais fait de musique avec qui que ce soit d’autre ! Ca me paraît très naturel de faire de la musique avec Laurie. Ca fait ressortir des idées qu’on ne trouve pas dans notre travail solo, mais en même temps, tu y retrouves quand même des traces de nos styles individuels.

Laurie : Pour moi, c’est vraiment une grande inspiration de travailler avec Alec, je pense qu’on crée des formes un peu dingues quand on écrit à deux. Ca a des conséquences sur ma propre musique, que je trouve plus difficile à compléter seul. La collaboration fait vraiment intégralement partie de ma vie, on est vraiment une famille.

En plus de vos sorties ensemble, vous avez donc joué des concerts en collaboration, que ce soit des lives ou des DJ Sets. Qu’est-ce que les lives donnent ? Est-ce que vous jouez les morceaux de l’EP tels quels, ou est-ce que c’est quelque chose de vraiment plus improvisé ? Pour les DJ Sets, qu’est-ce qui change à votre avis dans vos sets en commun par rapport à un DJ Set solo ?

Laurie : On a commencé avec une approche beaucoup plus structurée, parce qu’inévitablement, quand tu commences, tu cherches encore ce qui est le mieux. On a divisé les morceaux en parties, et on a laissé des espaces pour jammer, dès les premiers shows. Mais les derniers shows étaient beaucoup plus libres, je pense qu’on a bien avancé et qu’on a pris plus de confiance au fil des concerts. A Bloc, l’an dernier, on s’est regardé en souriant au milieu de morceaux, en pensant chacun de notre côté – ce dont on a reparlé plus tard – que ces morceaux sonnaient vraiment neufs et uniques, et qu’on avait aucune idée d’où ils venaient ! C’est quelque chose que l’on va tenter de poursuivre dans nos concerts à l’avenir.

Alec : Quand on mixe, on se surprend toujours l’un et l’autre avec les transitions imprévues qui peuvent se produire. On a commencé à faire des sets en b2b il y a longtemps, donc on mixe ensemble d’une manière très intuitive. On couvre un assez vaste terrain musical, le tempo est la seule chose dont on discute. De la même manière que les live sets, qui sont devenus plus ouverts et plus improvisés, nos DJ Sets sont rarement prévus à l’avance, à part éventuellement leur point de départ.

Les trois premières sorties de votre collaboration constituaient une série, finalement regroupée sous la forme d’un album. Est-ce que vous voyez le nouvel EP de la même manière ? Est-ce qu’il sera lié à d’autres sorties à venir, ou est-il prévu pour fonctionner seul ?

Laurie : Pour le moment, on fait juste des morceaux, sans plan précis, même si l’on a pour projet un album pour l’an prochain. Difficile de dire ce qu’il va se produire, mais maintenant je vis à Berlin, et Alec est de retour à Londres, donc ça va être une phase intéressante qui va impliquer de nouvelles manières de travailler.

Alec : Je pense que ça va être intéressant de voir comment les choses vont changer l’année prochaine. Dans le passé, on prenait un jour ou deux ici et là pour travailler. Maintenant que Laurie est à Berlin, les phases d’écriture vont devoir être beaucoup plus intensives, dans les moments où il vient ici pour deux semaines. A partir de là, on peut développer certains éléments dans notre coin puis les fusionner quand on travaille ensemble, ou essayer d’autres manières de travailler avec Internet et tout ça.

Gimme 6, nouvel EP de Second Storey & Appleblim, est disponible chez R&S.

Two years ago, R&S announced EP01, ALSO’s first release. Following a joint EP in 2010, ALSO gathered Laurie Osbourne – Appleblim, founder of the legendary Skull Disco label alongside Shackleton and tireless collaborator of the likes of Ramadanman, Peverelist and Komon – and Alec Storey, previously known as Al Tourettes, who released numerous excellent EPs on Aus Music, Sneaker Social Club or Apple Pips, then, as Second Storey, a fantastic album on Houndstooth. Since the release of that first EP, the two Bristolian’s project has developed, with two more EPs that were united, in 2015, as an album, ALSO. Characterized by its freedom, the project’s music dims the contours of genres, taking its roots in IDM as well as techno, bass music of house, with futuristic sounds and cutting rythms driving the music forward. Released as Second Storey & Appleblim, the duo’s new EP, Gimme 6, out on R&S, follows in this direction, with an open and moving sound. Following this release, we asked Second Storey and Appleblim a few questions on this EP, their collaboration and its evolution.

You first collaborated in 2010, on the Lipsmacker EP, when Alec was still known as Al Tourettes. How and why did you choose to start collaborating again for the ALSO project two years ago? How was this decision taken?

Laurie (Appleblim): We were good mates before we got in the sudio and found we really enjoyed working together. We had a summer where we got booked to play at Space Ibiza and instead of doing another b2b DJ set as we had already done there, we thought we’d challenge ourselves with doing a live set, and writing a whole bunch of material for it. The music got written, gig happened, was really fun, and people seemed to really love it, even in the Main Room of Space which is perhaps more used to more straight-ahead house and techno. Our sonic madness went down really well so it gave us faith I think.

Alec (Second Storey): Seconded.

You released the first three EPs and the first album of your collaboration as ALSO, while the new one comes out as Second Storey & Appleblim. This also goes with the cover of the new one beging a « typical » R&S artwork, instead of the ALSO artworks used for the previous releases. Is there any particular reason for that? Was this a conscious decision? Is the ALSO project over, is could it come back in the future?

Alec:  We ran into some trouble with the name ALSO as a band in America with the same name had been self releasing albums for some time and sent us a cease and desist on using that name. When it came to finding us in iTunes we showed up in the same search so it was obviously confusing to people. It was obviously pretty frustrating for us but in a way it makes sense that that Album was a one off, as Laurie mentioned earlier those tracks came about as a direct result of our live set at Space. The new stuff will be by Second Storey & Appleblim from now on. 

I’m curious as to how you typically produce your tracks. All the tracks you did since the first ALSO EP sound very organic and cohesive to me, as if both your musical identities really melted into something new. How do you two work together? Do you have specific working methods (like dividing the different parts of a track between you two) that apply on all of your tracks, or does that depend from track to track? Has this changed since you began working together?

Laurie: We have no set way of working, other than always having a lovely big fry-up or similar breakfast before starting! We used to work exclusively on Al’s set-up but then I started to become more confident at jamming after the Space live set, where we connected our laptops via Midi Ethernet link. This way we can both jam together in sync in the studio and go down whatever route we want. Al is a drummer so by nature he tends towards the rhythms, and I am quite traditionaly musical in the sense of knowing some piano and so on, but we swap roles a lot too. There’s lots of experimentation, lots of hard work bits where things dont work, and then these breakthrough moments, as im sure any artist will attest to. And lots of laughter generally too, especially after we’ve broken through the exploratory and sometimes hard phases…

Alec : Yeah laughter is definitely key! I generally do the bulk of the drum parts and often the bass end, particularly in this latest EP. Laurie does a lot of the higher frequency stuff and dubbed out textures. It’s not always this way but with this one i found this to be a good way to develop the ideas and hone in on just a few parts of the musical process. Then we both worked on the arrangement and mix of the tracks.

Laurie, you have had a long list of collaborators and collaborations, but this one with Second Storey seems to be fruitful – at least in terms of the output of the project. How would you explain it? What is it about the collaboration with Second Storey that makes it work in your opinion?

Laurie: We are great friends and lived near each other for a long time. Other collabs are harder cause they are further away or more one-offs. With Alec and Komon we were in Bristol a long time together and it was a natural and therapeutic thing to do, to make music together. Me and Al are like brothers, we needed to find someone like the other at the particular time we met and the musical vibes always flow!


Alec, the beginning of the ALSO project coincided with the moment you began releasing music as Second Storey instead of Al Tourettes, and started publishing more stuff – notably your Double Divide album in 2014 –. Do you see a correlation between these two projects? Did the ALSO project bring new energy into your own solo work, for instance?

Alec : In lots of ways yes, the two projects happened around the same time so there was certainly some bouncing of ideas. That said, I do think the music I do with Laurie brings out a different emphasis and allows me to develop other things that wouldn’t necessarily be given as much space in my solo work. Most of my solo music tends to be very precise where as I feel i can be bit looser and improvised when i’m making stuff with Laurie.

Though techno has always been an important element for the sound of your collaboration, I feel like the new EP really brings that element to the forefront of your sound, much more than in the previous releases, where tracks like « Ashford Swaiths » or « Arpegmonger » explored other tempos and sounds. Was this something conscious on your part? How would you explain it, and is this the way you would articulate it?

Laurie: I think once we had expressed ourselves with the ALSO series, we went in the studio different people and on a different vibe for this stuff. We are both massive fans of different genres obviously and hopefully you can hear that all bleed through into our sound. Electro and electronica are very important to us, and of course house and techno are part of what we listen to as well, along with much further out stuff, and funk, rock, soul, experimental music and so on. The other tracks we made around the same time as these 3 on the release are a combination of very ‘out there’ sounddesign and then perhaps more classic electro, and some jacking broken techno I mean, these are things we love and we strive to make psychedelic, funky ,body music, the aim is always the same – but there’s so much you can do in that… Hopefully people will get as much enjoyment in the headphones from the music as dancing

Alec: Like Laurie says we write a lot of music occupying different spheres but in this case these 3 tracks seemed the most cohesive for a new 12”. I think Techno has always been the driving force which led to us wanting to collaborate in the first place, whether or not it was necessarily that apparent in the results.

More generally, how would you articulate this collaboration with the rest of your respective career /discography? Do you see this collaboration in the continuity of your previous/other works, or as something completely new? In which way?

Alec: I’ve never made music with anybody else! It feels very natural making music with Laurie. It brings out ideas that we wouldn’t do so much in our solo work, but at the same time there is still a semblance of our individual styles in there.

Laurie:
For me working with Al is such an inspiration, and I think we create some crazy forms when we come together. It feeds into my own music which I find harder to complete as a solo producer. The collaboration is an integral part of my life, as we are family really.

In addition to your releases together, you have played collaborative shows, both live shows and DJ Sets. What were the live shows like? Did you play the tracks from the EP, or was it something looser, more improvised? Regarding the DJ Sets, what do you feel playing together change as compared to a solo DJ Set?

Laurie: We started with a more structured approach because inevitably as you debut something you are still finding what is best. We broke the tracks down and then created areas for jams even in the early shows. But the last few show we did were much more loose, freeform, I think we developed a lot and got more confidence as we did more shows, until at Bloc last year we were looking at each other in the middle of tracks grinning and both separately thinking as we would discuss later, that these tracks sounded completely new and unique, and had no idea where they sprang from! Very exciting… Something we will be pursuing in future gigs.

Alec: When it comes to Dj’ing we always surprise each other with the unexpected blends that can happen. We started doing b2b sets many years ago now, so how we mix together is very intuitive. We cover a lot of ground musically with tempo being the only thing we discuss. Much like the live sets have evolved to be more open and improvised, our DJ sets are rarely planned apart from perhaps the starting point.

The three first releases of your collaboration came as a series, with all the releases eventually having been melted together as a sole album. Do you see the new release in the same way – do you intend onlinking it with more upcoming releases, or is it supposed to work on its own?

Laurie: We are just making tracks at the moment, without a set plan – but aiming for an album project next year.  Who knows what will develop but now that I am in Berlin and Al is back in London it will be an interesting phase that will throw up new ways of working.

Alec: I think it will be interesting seeing how things change over the next year as in the past we’ve done a day or two here and there. Now that Laurie’s in Berlin it means we will be doing the writing phase in much more intensive blocks while he’s here for a couple of weeks or so. From there we can either develop certain elements alone and bring them back together or possibly try other ways of working over the internet and so on.

Second Storey & Appleblim’s Gimme 6 is out on R&S Records.

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