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Simo Cell

Avant son b2b avec Oxyd à Concrete ce vendredi et la sortie d’un EP pour BFDM, on a parlé musique, scène et production avec Simo Cell.

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Par Antonin Bohl
Publié le 4 mai 2017 | 11:47

Simo Cell, jeune prodige français d’origine nantaise, s’est entretenu avec nous pour parler musique. On a pu discuter de son prochain passage à Concrete en B2B avec Oxyd, de son rapport à la scène et au stress. Entre DJing et production, ses envies et ses peurs, le parcours de l’artiste semble s’affirmer pour aller chercher un son toujours plus singulier. Au-delà du talent indéniable, un artiste sympathique et passionné, que l’on continue de suivre avec grand intérêt. Formé au conservatoire, il fait ses débuts avec Phonographe Corp puis Fragil. Il devient par la suite le premier Français à signer pour le légendaire label Livity Sound et depuis sa production n’a pas faibli. Avec une certaine passion pour la culture club et le mix, Simo Cell fait partie des artistes qui méritent définitivement la double casquette producteur/DJ.

 

J’aimerais savoir tout d’abord, tu écoutes quoi en ce moment ?

En ce moment je n’écoute pas beaucoup de musique électronique. Je suis dans une phase où je produis beaucoup, et j’écoute moins de musique dans ces périodes là… Sinon récemment j’ai pas mal écouté Muslimgauze. Ses maxis sont repressés en ce moment, et de nombreux inédits viennent d’être dévoilés. C’est un artiste hyper prolifique des années ’90. Ça sonne très actuel, c’était un visionnaire.
J’étais tombé là-dessus et c’est toujours le truc cool avec les repress et les reissues, ça te permet de redécouvrir des grands artistes qui ont été un peu oubliés. J’écoute un peu de grime aussi, Skepta, Stormzy etc.

Ta consommation de musique est plutôt axée vinyle ou digital du coup ?

Alors je ne suis pas un grand collectionneur, j’achète surtout des disques que je connais déjà pour les jouer. Quand je suis en club, je joue 50% vinyle et 50% CDJ mais je trouve ça plus amusant de jouer vinyle et ça dégage quelque chose d’assez joli. Tu n’es pas la tête rivée sur ton écran en train de chercher tes mp3 sur tes CDJ et cela crée une interaction plus cool avec le public.

Ta progression est incroyable, est-ce que tu sens que ton son évolue encore ou penses-tu avoir trouvé ta niche ?

Mon son évoluera continuellement quoi qu’il arrive, mais je pense que je commence à trouver ma place. Mon objectif principal était d’avoir un son identifiable. Mes producteurs préférés, que ce soit Bruce, Pearson Sound ou A Made Up Sound, possèdent chacun une patte reconnaissable entre mille. J’essaye de développer un son personnel avant tout. Avec mes derniers disques je sens que je sais où je veux aller, et ce que je veux faire. Il y aura toujours des changements et la production varie en fonction des humeurs, de tes influences du moment. Le travail de l’artiste n’est pas figé, il est en constante expérimentation.

Effectivement en écoutant tes dernières productions on sent que ce n’est plus une convergence d’influences mais que le son s’affine pour être plus identifiable.

C’est ça. Au début il y a énormément d’influences qui se mélangent, puis on finit par se trouver tout en gardant des références. Il y a également les outils que tu utilises, plus ça va plus tu trouves ton workflow, tes instruments… Maintenant, j’utilise souvent la même chose et ce sont des habitudes qui se développent et qui créent un son. Aujourd’hui je suis plus rapide, plus productif qu’avant, et même en expérimentant toujours autant, ces habitudes me permettent un plus grand contrôle sur mon son.

Tu sors le premier juin un EP avec les gars de Brothers From Different Mothers. Félicitations ! Qu’est ce qui te plait dans la scène française actuelle ?

Merci ! Je pense que c’est important en tant que Français de se développer ici en France. On a beaucoup d’artistes hyper talentueux et même si mon projet a commencé avec le son anglais, il me semble indispensable de développer un son avec les gens qui sont autour de toi. En Angleterre, la relation n’est pas la même. Bien que je me sente super bien avec les gars de Bristol, presque comme avec une famille, la distance qui nous sépare rend les choses plus compliquées. Ça fait du bien de sentir que l’on appartient à une scène commune, de pouvoir partager et se voir souvent. C’est important d’avoir une bande de potes et de se retrouver avec des personnes qui ont le même rythme de vie que soi, les mêmes habitudes, le même boulot… Il y a un côté rassurant. C’est ce qui me plait à Paris notamment.
J’ai rencontré les gars de BFDM il y a un an et demi environ et ça a tout de suite fonctionné avec Judaah. On est devenu proche, dès qu’il venait à Paris, on allait faire la teuf ensemble. J’aime beaucoup le label que je trouve hyper excitant et diversifié, tout en restant cohérent. Il y a une grosse équipe et j’avais vraiment envie de sortir quelque chose sur ce label. En étant ensemble et en construisant ensemble on ira beaucoup plus loin selon moi. L’émulation du groupe est très importante.

Tu as déjà fait trois woodfloor à Concrete, maintenant jouer en bas c’est une étape de plus ou juste une formalité ? Quel est ton rapport à la scène, tu stresses encore ?

En fait, la première fois que j’ai joué à Concrete c’était en bas pour la teuf Livity Sound. Je venais juste de signer les morceaux et je n’avais pas encore rencontré Pev. Je faisais le warm up avant eux. J’étais trop stressé, c’était horrible. Il fallait faire bonne impression devant ceux qui m’ont le plus influencé ces 5 dernières années, que je considère comme des légendes. J’ai commencé à jouer et une demi-heure plus tard ils étaient tous les trois (Kowton, Peverelist et Asusu NDLI) derrière dans le booth, à côté de moi pour m’écouter. Ce n’était pas mon meilleur set mais tout s’est bien passé, ils ont bien aimé.
Concrete les premières fois reste assez impressionnant. Ça reste le spot que tout le monde connaît et la première fois où tu joues, on t’envoie des SMS « défonce tout ce soir ». On a un peu l’impression d’être en finale de la Coupe du monde (rires). Maintenant il y a moins d’anxiété même si je reste de nature un peu stressée. Plus tu joues et plus tu apprends à gérer la pression. En général je ne stresse que la demi-heure avant de jouer, peu importe l’endroit ou je joue. Toutes les dates sont importantes !
L’atmosphère de Concrete est cool, le mood dépend énormément du public, de la soirée et des line up. Je me rappelle une fois avoir joué de la jungle et tout le monde s’est barré (rires), j’ai vidé le woodfloor ! Mais j’ai aussi d’autres souvenirs, comme la fois où j’ai joué a 80bpm, il y avait une super ambiance ! Il n’y a pas de règles, mais on se marre toujours. J’ai hâte d’y jouer ce week-end.

Ce vendredi tu joues donc en B2B avec Oxyd à la Concrete. Comment l’as-tu rencontré ? Qu’est-ce qui marche entre vous ?

On a déjà joué à la radio ensemble sur Rinse mais jamais en club. On a partagé l’affiche sur certains plateaux mais ça fait super longtemps qu’on veut jouer ensemble en B2B. Les gars de Concrete étaient au courant et nous ont laissé cette opportunité. On est dans le même délire. Aujourd’hui, on est presque les seuls à pousser le son anglais en France. Seb (Oxyd NDLI) était vraiment l’ambassadeur initial, en tournant avec Hessle Audio ou Objekt notamment. On a les mêmes influences et surtout les mêmes références. On s’est rencontré en soirée à l’époque où j’étais avec Phonographe Corp. Lorsqu’il a monté son label Intramuros, je lui avais envoyé des sons et on est devenu ami par la force des choses.

Vos manières de mixer s’accordent également ?

Carrément. Je suis hyper excité à l’idée de jouer avec lui. D’ailleurs, on joue ensemble la veille à Rennes.
Oxyd n’est pas producteur de musique électronique mais c’est un vrai DJ. Il mériterait de tourner beaucoup plus… Malheureusement c’est compliqué aujourd’hui quand on ne produit pas de musique. Et c’est d’autant plus injuste qu’il est meilleur que beaucoup de DJs qui tournent aujourd’hui, selon moi. Il a une super technique, une grosse culture. Moi-même je me considère plus comme DJ que producteur, ça fait 10 ans que je mixe maintenant et la production est arrivée plus tard, il y a 5 ou 6 ans. Je donne beaucoup d’importance à la culture club et au mix. On oublie un peu parfois que ce sont deux métiers différents, même si ils peuvent être complémentaires.

Y a-t-il encore des artistes avec lesquels tu rêves de collaborer ou jouer ?

Je commence à développer pas mal de collaborations, j’ai bossé avec les Pilotwings au studio Red Bull, avec Peverelist quand je suis allé à Bristol et Bambounou récemment. Avant, j’étais un peu effrayé à l’idée de bosser avec d’autres artistes car je n’étais pas très confiant dans ma manière de produire. J’avais l’impression de produire un peu n’importe comment et j’avais peur de montrer mon travail.
Au final, tu te rends compte que tout le monde fait du son différemment et qu’il n’y a pas qu’une seule manière de faire. C’est la raison pour laquelle c’est très intéressant de partager avec les autres.
Dans cette optique je vais continuer à faire du son avec Bambounou. On a déjà fait deux remixes mais là on veut faire des originaux. J’ai également envie de continuer de sortir des disques avec Livity Sound et BFDM et pourquoi pas un autre label plus tard.

Un label à toi peut-être ?

Je ne sais pas encore, je prépare une nouvelle sortie pour Livity Sound actuellement. Il y en aura a priori une par an. J’ai grosso modo trouvé mes familles et j’ai vraiment envie de grossir avec elles et surtout de tourner avec elles.

L’an dernier tu disais bosser pour un restau indonésien pour arrondir les fins de mois et interagir avec le monde extérieur, c’est encore le cas ? La question financière entre-t-elle souvent en jeu ?

En réalité, j’aimais beaucoup ce rythme, de bosser au restaurant, d’avoir un cadre, quelque chose de structuré, en dehors du milieu musical. C’est important de prendre un peu de recul par rapport à ça. J’ai diminué les heures au fur et à mesure et si je parle au passé c’est parce que j’ai arrêté … vendredi dernier en fait ! Ça faisait 3-4 mois que j’étais à 10h par semaines, plus grand chose donc. J’ai eu récemment le statut d’intermittent du spectacle, j’ai donc pu arrêter le restaurant. Je ne peux pas vraiment te dire ce que ça fait d’avoir arrêté car c’est très récent mais ça tombe pile au bon moment car je commence à être très occupé avec la musique. Je suis très heureux, ça fait longtemps que je voulais ça et pour l’instant ça se passe bien donc on verra combien de temps ça durera. C’est dur de se réinventer et de durer dans la musique mais j’en profite à fond aujourd’hui, avec la chance de pouvoir aller au studio tous les jours.

Simo Cell jouera en B2B avec Oxyd Vendredi 5 Mai à Concrete. Son EP sur Brothers From Different Mothers sortira le 1er Juin.

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