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James Shinra – Vital Heat

Belle surprise discographique de l’automne, l’artiste anglais donne avec Vital Heat une vision plus personnelle et plus hybride de sa musique.

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9.0

10

Par Idris Ghouati
Publié le 15 novembre 2018 | 13:21

Douze ans se seront écoulés entre les premières sorties de James Shinra et son premier album. Profitant mais également participant du regain d’intérêt récent pour l’électro et l’IDM, l’artiste anglais avait intensifié son rythme de production depuis 2015 avec quatre EPs très remarqués, dont deux sur Analogical Force. Ce label madrilène suscite l’engouement depuis sa création en 2016, en ne déviant jamais de son esthétique et en fédérant autour d’elle des artistes comme Brainwaltzera, u-ziQ et donc James Shinra, dont le premier album était très attendu.

Shinra a jusque là beaucoup officié dans une électro acid et stellaire, à l’image du nom de ses EPs Orbit et Supernova ou de ses morceaux “Interstellar” ou “Centaurus”. Mais le format album a, comme c’est souvent le cas, permis à l’artiste de sortir des registres dans lesquels il s’était installé, sans pour autant retrancher quoi que ce soit à son esthétique. Signe d’une démarche plus personnelle, c’est par une sublime mélodie au piano, instrument par lequel Shinra a commencé la musique, que s’ouvre l’album avec le morceau « Quickening ». Ce piano va revenir à plusieurs reprises au cours du disque, parfois sous des couleurs attrayantes et parfois sous un aspect plus terrifiant, à l’image de l’interlude « Bubborn », qui vient marquer un moment plus sombre. Des pads épiques, réalisés à partir de samples de voix, viennent également jalonner l’album et supporter les moments les plus intenses, comme sur « Window », « Ghost In the Machine » ou plus discrètement à la fin de « Spinet ».

La musique de Shinra nous donne l’impression d’être emporté dans un voyage entre brume et lumière, l’un mettant en valeur l’autre. Ces impressions sont suscitées par les nappes et les synthés, autant que par les batteries qui se font plus enlevées ou plus envoûtantes selon les escales de ce voyage. C’est ainsi que le morceau « Magikk » passe soudainement d’une ambiance aérienne et mélodique à une ambiance rave avec une rythmique techno et une basse agressive. Shinra se déploie ainsi dans des constructions rythmiques plus hybrides, n’hésitant pas à franchir les frontières entre techno et bass. Mais c’est dans le design sonore, l’art de l’agencement des éléments au profit de leur mise en récit que James Shinra excelle encore plus ; on ne s’étonnera pas d’apprendre qu’il a longtemps travaillé en tant qu’ingénieur du son. Contrairement à un album comme celui d’EOD, dont on vous parlait récemment qui s’emploie à brouiller les pistes, le récit est certes tourmenté, mais ses contours apparaissent plus clairs, plus lisibles au fil de l’écoute. C’est toujours une chaleur qui guide ou même, qui est l’horizon de cette quête, et qui donne une saveur si spéciale à cet album dans la discographie de l’artiste anglais.

Vital Heat sonne comme un aboutissement dans la recherche musicale de James Shinra, dans l’expression musicale de soi, un soi balancé entre des émotions contrastés. Non seulement il parvient à synthétiser des influences diverses de manière totalement maîtrisée, mais il arrive à faire sortir de sa musique quelque chose de singulier et personnel auquel on avait été peu habitué avec lui.

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