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Moonstones – Yen Pox / Inland

Moonstones rempilent de la plus belle des manières sur Crucial Recordings, avec un EP repoussant une nouvelle fois les frontières du dubstep.

moonstones

8.8

10

Par Guillaume Schillo
Publié le 19 octobre 2016 | 6:23

Au fil du temps et des sorties, Crucial Recordings s’est taillé une place de choix dans le paysage dubstep. Avec son empreinte dark et ses influences puisées chez Chestplate ou Osiris Music, le label de Sleeper à rapidement su s’imposer comme une référence dans ce mouvement du nouveau dubstep, qui repousse toujours plus loin les limites du genre. Et pour cette huitième galette (déjà!), c’est le duo néerlandais Moonstones qui s’est attelé à creuser les sillons d’acétate, pour livrer un deux-titres aussi schizophrène que fantastique. Explications.

Crucial fait partie des labels dont l’annonce d’une nouvelle sortie suscite autant de curiosité que d’excitation, tant il a su repousser les frontières conventionnelles du dubstep. Avec un catalogue composé, en plus de Sleeper, d’artistes d’avant-garde comme Foamplate, Oxóssi ou encore EVA808, il était clair que cette nouvelle release du duo Moonstones allait encore une fois franchir un palier dans l’expérimentation musicale.

La face A, « Yen Pox », annonce l’ambiance dès les premières notes. Nous sommes accueillis par un long pad statique, dissonant et oppressant, suivi peu après par un sample vocal quasi chimérique, qui semble nous susurrer à l’oreille des incantations chamaniques. La batterie, après le drop, vient rajouter une couche d’angoisse au tableau, avec une rythmique à la 808 syncopée, comme si la machine, possédée, essayait de vous traîner lentement dans sa paranoïa analogique. La batterie impose son atmosphère, mais n’est pas brutale pour autant, laissant la basse s’en charger : une grosse sub sombre et mécanique, oscillant comme un IRM. Le deuxième drop n’est pas en reste, quoi qu’un peu similaire à la première partie ; cet effet de répétition renforce la dimension oppressante de l’ensemble, comme si vous étiez piégé dans un mauvais rêve sans fin. « Yen Pox » est une fable cyberpunk, sale, sombre et dystopique, une sorte d’Akira tachycardique, violent et angoissant.

« Inland », sur la face B, dévoile le côté schizophrène de cet EP. S’ouvrant sur un arpège mélodieux, accompagné de samples du film Inland Empire de David Lynch, le morceau joue toujours sur la paranoïa, mais de manière bien plus subtile. La batterie hypnotise, allant presque chercher dans la polyrythmie Gantzienne, toujours accompagnée par ces notes d’arpège qui semblent nous guider dans cet étrange et abstrait paysage musical. Cet ensemble, oscillant de manière éthérée entre lumière et obscurité, est contrebalancé par une basse lourde et syncopée, transformant le tout en une sorte de motif hallucinatoire, un kaléidoscope musical dont les patterns n’auraient de cesse de changer. Dans la deuxième partie viennent s’ajouter des notes de pad longues et harmoniques, quasi surréalistes, qui viennent terminer « Inland » de manière abrupte. Un réveil brutal après une hypnose qui concluent cette release s’intégrant parfaitement dans le paysage auditif créé par Sleeper et Crucial Recordings.

Difficile donc de trouver quelque chose à redire sur cet EP, qui fait encore une fois avancer le mouvement dubstep dans sa dimension la plus forward. Après une sortie remarquée sur GourmetBeats, le label de Joe Nice, Moonstones a rempilé de la plus belle des manières sur Crucial. Angoissant, agressif, chimérique, mais aussi hypnotique et mélodieux, les Néerlandais ont réussi à intégrer sur seulement deux morceaux une palette d’émotions qui pourrait aisément tenir sur un concept-album complet.

Tracklist :

01. Yen Pox
02. Inland

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