Mr.K – Itch EP

Belle fin d’année pour la scène 140 avec Mr.K sur Wheel & Deal.

mrkimage

7.5

10

Par Emilien Dilly
Publié le 21 janvier 2019 | 9:50

Une année 2018 de folie pour Mr.K qui enchaîne les sorties sous plusieurs labels de la scène dubstep comme Deep Dark & Dangerous, White Peach ou encore Wheel&Deal, sur lequel il sortait Itch EP en fin d’année. Cette sortie se compose de trois morceaux, « Itch », « Belly » et « Control », et s’inscrit bien dans la lignée de ses compositions, dans une veine dubstep assez classique. Kicks, claps et wobbles sont omniprésents, les ambiances sont sombres et sérieuses, les drops décoiffent.

L’EP démarre avec les textures de qualité de « Itch », en progression tout au long de la piste. Le climat généré est très bien maitrisé et nous plonge dans la bataille entre lourdeur et ardeur, fer de lance du dubstep. Des voix de fonds et des cris introduisent le morceau, le ton est grave. L’ostinato mélodique à quatre notes qui entre ensuite est angoissant. Le drop dévoile une mélodie dans les moyennes/basses fréquences qui répond à la basse en wobble. On creuse sa lie dans cette ambiance lourde. Un « yeah!! » brise notre confort, préparant l’entrée d’une basse bien plus grasse reprenant le motif mélodique initial. C’est l’élément central qui dynamise l’écoute. Le pont reprend la voix et les cris de l’introduction avec une cymbale ouverte qui occupe bien l’espace et entretient l’ambiance. Arrive le deuxième drop, des doubles croches à la basse et au synthé  viennent briser le motif rythmique auquel on s’était habitué. Le morceau progresse rythmiquement et au niveau des textures, l’ambiance du morceau est très bien transmise. C’est toujours agréable d’avoir un deuxième drop qui ajoute une variation aussi forte mais qui reste cohérente.

Le sound design sur « Belly » saute largement la barre déjà placée très haute par la première track. Le morceau démarre avec un synthé ressemblant à celui de « Itch », on peut saluer Mr.K d’avoir donné une unité sonore d’au moins un instrument d’un morceau à l’autre. L’introduction est suffisante pour affirmer que le morceau prend une autre tournure : les sons importent plus que l’ambiance. Le kick sec et aigu accompagné d’un shaker en stéréo valent pour eux-mêmes. Le drop dévoile une structure très linéaire, le kick est présent à chaque temps, ainsi qu’un glissendo d’une basse. Celle ci participe pour beaucoup au remplissage du spectre sonore. La structure ne change que très peu, si ce n’est la texture de la basse, qui gagne en harmonie quelques dizaines de mesures après le drop. Elle est très bien texturée ; encore mieux travaillée au second drop, elle devient plus grasse. Les claps sont enlevés, on peut profiter pleinement de la basse. La piste est nettement moins intéressante d’un point de vue rythmique et mélodique, mais la précision sonore apportée par Mr.K ne peut être qu’appréciable.

Vient enfin « Control » :  « Nuclear Bomb » d’Egoless vous manquait, cette track est pour vous! Ce morceau se détache de ses deux partenaires. La courte introduction est mystérieuse avec un synthé soufflé, faux, de même que des descentes chromatiques de flûtes. Sans trop de chichi, ça droppe un kick gras, un clap avec plein de réverbération et une basse en wobble sur une note tenue. C’est simple mais ça décoiffe. La mélodie de la flûte est à se taper la tête contre un mur. Des inclusions de variations rythmiques et mélodiques nous occupent les oreilles (répétitions de claps, delay sur les shakers et hats, envolées mélodiques de la basse). Tout se charge de plus en plus, pour une piste qui fait son effet en soirée mais dont il ne faut pas abuser chez soi.

Les morceaux sont bien sûr tous honnêtes et très bien produits. Mais il faut noter que pour les deux premiers morceaux, les sons sont particulièrement bien choisis, que ce soit pour l’ambiance dans « Itch » ou pour la qualité sonore dans « Belly ». Quant au dernier morceau, si l’objectif était de faire quelque chose de profond qui droppe fort, c’est réussi. La structure à deux temps très marquée donne peut-être une impression de manque d’originalité dans les compositions et appelle probablement l’auditeur à en vouloir un peu plus (ce même auditeur qui pense que le dubstep est mort). Au contraire, la qualité de production de cet EP suffit à montrer que le dubstep est toujours aussi fertile.

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