Partager

0
0
A+ A-

Nasty J – Tribe

Pour son premier EP, Nasty J s’affirme avec classe sur la carte de la bass music française avec une épopée envoûtante pour Noizion Recordz.

a1304435913_10

8.5

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 16 décembre 2016 | 12:08

Depuis déjà deux ans, le label Noizion Recordz, fondé par Hubwar, s’attelle à nous faire découvrir les recoins de la scène bass music française à travers des sorties franchissant allègrement les frontières des styles et détournant leurs codes, proposant des explorations inédites et toujours absorbantes. Un constat auquel ne déroge pas ce premier EP signé par le Lyonnais Nasty J, qui utilise les différents styles abordés au cours des trois titres qui le composent pour dépeindre des paysages mystérieux, dont les contours nous apparaissent en pointillés.

De manière caractéristique, « Tribe7even », premier titre de l’EP, s’ouvre sur des craquements qui nous laissent entrer dans un monde dont la silhouette se précise peu à peu. La mise en place du titre est lente, autour d’une rythmique UK Garage qui se façonne progressivement, pièce après pièce. Les choses se précisent à l’arrivée d’une basse hypnotique, qui répète son message obscur, imperturbable. En arrière-plan, les nappes bruitistes qui nous suivent depuis l’entrée du titre s’éclaircissent peu à peu, laissant entendre de lointains échos d’étranges mélopées. L’entrée en matière est ainsi impressionnante : « Tribe7even » est une marche passionnante dans des environs inconnus et dont la noirceur se dissipe progressivement.

La suite est du même acabit. Avec un sens du sound design toujours aussi remarquable, « Jdidah » nous ouvre les portes d’un dubstep percussif et trainant, au souffle puissant. Les sons semblent ici orbiter autour d’une rythmique organique : si l’on retrouve les craquements et vocaux réverbérés qui nous accompagnaient tout au long du premier titre, l’espace sonore est ici en large partie occupée par une ligne mélodique entêtante et instable, qui paraît  susceptible de rompre à chaque instant.

Magnétique, « Dope » referme l’EP avec le même talent. Les percussions se font moins présentes, se plaçant en retrait pour laisser des infrabasses envoûtantes organiser un titre complété par des voix hallucinées qui semblent flotter au-dessus de l’ensemble. Sans relâcher la tension patiemment mise en œuvre par les deux premiers titres, ce dernier morceau clôt ce Tribe EP de la meilleure des manières, sortant lentement l’auditeur du songe dans lequel il s’est retrouvé plongé 19 minutes durant.

Une belle entrée en matière pour Nasty J donc, qui s’affirme avec classe sur la carte de la bass music française. Véritable épopée dans les confins du genre, Tribe est également une nouvelle signature de choix pour Noizion, qui s’impose sortie après sortie comme une  aventure collective passionnante, dont on attend à chaque sortie l’épisode suivant avec impatience.

Tracklist :

01. Tribe7even
02. Jdidah
03. Dope

Vous aimerez surement

Leave a comment

Articles populaires

Chargement des articles...
Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

Back to Top